16 juillet 2007 1 16 /07 /juillet /2007 16:02

NOTES DE LECTURE

"Comment j'ai vidé la maison de mes parents."
Lydia Flem. (Editions du seuil)

Lydia Flem sait de quoi elle parle quand elle place ce titre en couverture de son livre, très à propos publié au "Seuil".
Ne dit-on pas d'un gardien de discothèque qu'il est "videur" dans une boîte ? 
Les "vide-greniers" ne sont-ils pas à la mode ?
L'ampleur de la tâche est donnée. Elle est rude. Parce que "rien n'est neutre dans une maison."
A la mort de ses parents, Lydia Flem se retrouve face à un inventaire impressionnant. Elle cite Pérec, et ses choses minuscules ; et Pierre Nora et ses "Lieux de mémoire".
Que faut-il garder ? Que faut-il jeter ? En tous cas, il faut "vider" comme on "vide un poulet". Très vite, nous apprenons que Lydia Flem est fille unique (ça a son importance), donc sans conflit avec une fratrie, et que ses parents étaient manifestement des "accumulateurs". Dans la maison, elle retrouve des tickets de métro, des serviettes en papier annotées, et surtout tous ses biberons qui l'alimentèrent bébé.
Les objets donnent ici matière à réflexion, à émotion, et à question. Devant cette "brocante de l'âme", l'héritière l'apprendra à ses dépens. 
Sur le thème, on pense à "Une maison n'est rien" de Michel Besnier ; "La Maison Mélancolie" de François Nourrissier, et surtout à "La Cerisaie" de mon camarade Tchékov.
Le travail de mémoire et de sélection que Lydia devra mener à bien est des plus ardus qui soient... Les "ça peut servir", "ça me rapelle", "Je jette pas, ça porterait malheur" feront écho chez de nombreux obsessionnels et compulsifs.
Lydia Flem signe là un beau livre sans point final, utile et précieux, pour "l'aide à la décision" de celles et ceux qui sont dans l'évitement et la procrastination
Il faut savoir y mettre un point final.
img009.jpg

"Comment j'ai vidé la maison de mes parents ?"
J'ai fait comme j'ai pu, pas comme j'ai voulu.

Joël Fauré

"Vous savez, une maison où on a passé quarante-cinq ans, c'est quelque chose, vous connaissez toutes les pierres, tous les grains de sable, toutes les bosses des champs. Ce n'est pas comme ici où chaque geste demande réflexion et où, quand vous vous réveillez la nuit, vous restez à vous demander dans quel mauvais rêve vous êtes tant que vous ne vous reconnaissez pas, puis vous comprenez que vous êtes réveillé, la mélancolie vous prend, la pire de toutes les maladies pour un vieux, et où vous enfuir ?"
Inès Cagnati "Mosé ou le lézard qui pleurait" - Denoël - 1979


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Brèves:

Quid Doc Gynéco

Je n'ai jamais compris qui était vraiment Doc Gynéco. Docteur ? Gynécologue ? (Un gynécologue, c'est quelqu'un qui travaille là où les autres s'amusent.)
Son nom ne m'est pas étranger puisqu'il est parvenu jusqu'à moi. Dans les colonnes de "La Dépêche du Dimanche" d'hier, la journaliste Françoise Cariès semble le connaître aussi. Et elle rapporte ses propos receuillis au milieu des "sarkozysés" du 14 juillet "nouvelle fourmule" : "Je préfère les femmes en uniforme plutôt qu'en bas résille." Fétichiste avec ça ?

*

Dialogue

Echange.
J'ai croisé chez l'épicier une amie que je n'avais pas vue depuis longtemps.
Moi : "Alors, qu'est-ce que tu deviens ? Tu travailles toujours là ?"
Elle : "Et oui ! Je suis toujours dans mon donjon !"
Moi : "Dans ton donjon sadomasochiste ?"
Elle : "Oh non ! De princesse. Moi, je suis plutôt princesse."

JF

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PROCHAINEMENT SUR CET ECRAN
"LA FEMME DE MA VIE"
Une confession bouleversante et drôle de Joël Fauré consacrée à la femme qui a le plus compté dans sa vie.




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commentaires

Joël Fauré 17/07/2007 16:16

Camille : "S'il pleuvait dans ma chambre", c'étaient des gouttes de rêves...

Alba : Oui. Exsangue. Saigné à blanc.
"Les choses ont leurs secrets, les choses ont leur légende, mais les choses murmurent, si nous savons entendre.." (Barbara)

Jeanne : " - S'il y a le feu dans la maison, que prenez-vous en priorité ?
- Le feu !"
Malgré la folie des cigales, ne soyez pas fourmi.

jeanne 17/07/2007 10:28

bonjour joel, camille
vider une maison...
je pense parfois à vider la mienne
au moins ce qui est à moi
et je ne sais pas faire
que laisser ?
qui va ranger "mes" affaires
les souvenirs que j'acumule
qui pourra entrer dans mon intimité ?
bon nous verrons demain
les cigales sont folles ce matin...

Alba 17/07/2007 09:52

Ce matin je dis "Bonjour Tristesse"
Une maison est vidée de ses meubles quand elle s'est vidée de son sang : la vie de ses occupants.
PS : "objets inanimés avez vous donc une âme"?

Camille ("Caractères") 16/07/2007 23:35

"Sa maison, dans sa maison, il n'y avait pas de vent, pas de pluie, pas trop d' ombre ni trop de soleil...Sa maison, c'était un abri bien meilleur qu' un nid, plus grand qu'une coquille d'escargot, plus petit que la carapace d' une tortue. Sa maison, c'est là où il aurait aimé revenir, car c'est là qu'il avait grandi, GRandi, GRANDI..." Pour Joël, Camille.

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