24 juillet 2007 2 24 /07 /juillet /2007 15:56
"LA MAISON (D'EDITION ?) BRULE..."

De Joël Egloff, j'avais tant aimé son "Etourdissement"  (Un livre "à atmopsphère" (Prix du Livre Inter en 2005) -Un ouvrier aux abattoirs, dans un pays imaginaire toujours gris, espère, sans trop y croire, changer un jour de vie- ), que je lui avais écrit, aux bons soins de son éditeur, la maison Buchet-Chastel.
"Toulouse, le 14 juin 2005
Bonjour. Je ne vais pas être original en vous avouant que j'ai adoré "L'Etourdissement". Commencé à 22 h 30. Terminé à 23 h 40. Bien sûr, j'ai établi des passerelles et des résonnances avec mon propre vécu. Le transfert -c'est pas original. Je vous épargnerai un long courrier. Simplement, je serais heureux si vous répondiez, même en bas de page de cette lettre, en note, à ces quelques questions (Je suis d'un naturel curieux...)

- Avez-vous travaillé dans un abattoir ?
- Auriez-vous aimé être pilote d'avion ?
Si vous venez signer votre livre dans une librairie Toulousaine, je ne manquerai pas de venir vous saluer.
Bien à vous.
P.S. : Quel beau prénom vous avez !!!
Re P.S. : J'ai regretté l'absence de 2 mots dans le livre : "ECHINE" et "EQUARISSEUR".
Je ne sais pas vous, mais moi, je suis très heureux quand les écrivains écrivent et répondent.
Voici donc ce que m'a écrit à la main Joël Egloff :
"Paris, le 15.VIII.05
Bonjour.
Ce petit mot simplement pour vous remercier de votre lettre qui m'a vraiment fait très plaisir. Pour répondre à vos questions, je n'ai jamais travaillé dans un abattoir mais j'ai eu l'occasion de travailler sur des images d'abattoir. Il m'en restait quelques souvenirs flous. J'ai également fait quelques recherches en ce qui concerne certains détails techniques. Le nom des machines, notamment. Le reste, il m'a suffit de l'imaginer.
Concernant mon désir d'être pilote d'avion, inutile de m'en défendre, vous avez mis le doigt sur l'une de mes innombrables frustrations.
Je n'ai pas encore de rencontre prévue dans une librairie toulousaine, mais si cela s'organise, un de ces jours, j'espère moi aussi que nous aurons le plaisir d'échanger quelques mots. Encore merci ! Très cordialement.
P.S. : Je trouve que votre prénom n'est pas mal non plus.
Re P.S. : Pour le mot "équarisseur", je dois reconnaître son absence, mais en ce qui concerne "Echine" : Objection ! Il y est page 23..."
Au dos de l'enveloppe, il y avait la contre-adresse. Je n'en ai pas abusé, et j'ai laissé Joël tranquille.
Et voici que Joël m'adresse, en ce vendredi 20 juillet, une carte postale !
Enfin, "m'adresse" est un peu présomptueux ; je devrais plutôt dire qu'il "nous adresse", à nous ses lecteurs, via les colonnes du "Figaro" des nouvelles terrifiantes :
"Nice, le 20 juin 2007.
Cher Vieux,
(...)
Lorsque tu nous a proposé ta maison de la Côte, pour les vacances, cela partait d'une généreuse intention et encore une fois nous t'en remercions. (...)
Ta proposition nous a touchés, mais souviens-toi, je t'ai répondu que nous n'avions pas l'intention de partir, à cause de ce roman que je comptais finir. Tu as insisté pourtant. (...)
Alors au bout du compte, j'ai fini par céder. (...)
La suite, tu la connais. Tu as été prévenu, on t'a expliqué tout en détail. (...)
Ta maison, évidemment, l'assurance te la remboursera. Tu la feras reconstruire, plus belle encore, et pour toi qui semblais t'en lasser, c'est peut-être même une aubaine. Le jardin aussi renaîtra de ses cendres, tout comme les forêts aux alentours. La terre brûlée n'en sera que plus fertile.
Nous pourrions nous estimer heureux, en fait, si seulement j'avais pu sauver mon manuscrit des flammes. Deux ans de travail partis en fumée. Mon meilleur roman, je le pressentais. Celui pour lequel je nourrissais les meilleurs espoirs.
Je ne t'en tiens pas, bien sûr, pour responsable, mais ce manuscrit, dont je n'ai retrouvé que les quelques pages calcinées que le vent, comme pour me narguer, a accrochées dans ce qu'il reste des arbres, personne ne me le rendra jamais et tu imagines à quel point cela me désespère. Comment vais-je m'en remettre ? Que comptes-tu faire ? Comment peut-on s'arranger ? As-tu une idée ?"
Animé d'une authentique compassion, j'ai écrit à Joël Egloff, puisqu'il avait donné son adresse :
"Le 21 juillet 2007.
Bonjour Joël.
J'ai lu dans "Le Figaro" du 20 votre carte postale.
J'ai éprouvé l'irrépressible besoin de prendre la plume.
La perte d'un manuscrit est une épreuve.
La question que je me pose est la suivante :
- Si votre texte est fictionnel, je vous comprends ; si votre texte est autobiographique, je vous comprends et je vous plains. M'en direz-vous plus ?
Cordialement à vous.
P.S. : Et merci d'avoir répondu à ma 1ère lettre."

Celle-ci a été postée hier, le 23 juillet.

Joël Fauré

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Quelques nouvelles de Camille C.

Camille a répondu aux grands sourires des vieilles dames édentées, vêtues de noir jusqu'au cou. Camille a croisé un vieux monsieur, sur un vieux vélomoteur auquel était accroché une remorque, et dans la remorque, il y avait un énorme cochon. Camille l'a croisé plusieurs fois... On lui a dit que le vieux monsieur amenait le cochon "saillir" des truies... C'est un cochon-étalon...
Camille ira samedi à la fête au village, à l'ancienne... 
Camille poussera sa route jusqu'à Lisbonne, où l'on sait maintenant que Fernando Pessoa l'attend...
Je suis heureux de savoir que Camille se trouve actuellemnt dans ce beau pays, même su l'un de ses principaux cours d'eau s'appelle "Sado".


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commentaires

Joël Fauré 26/07/2007 22:11

Alba : Peut-être, mais les pompes funèbres s'occupent-elles mieux des calcinés que des enterrés ?
PS : J'avais presque envie d'inviter -si ça n'avait pas été de mauvais goût- Joël Egloff à venir visiter l'oeuvre d'art "installée" dans la nouvelle station de métro "Les Carmes", à trois mètres cinquante de chez moi : c'est une grande voûte composée de feuillets A4 manuscrits, annotés, et pour certains... calcinés ! (L'ensemble, sorti de son contexte, est très beau !)

Alba 26/07/2007 20:44

Pour l'enterrement de ces feuilles mortes, Prévert aurait - il fait appel à "Edmond Ganglion et Fils"?...
PS : dans ce roman j'ai retrouvé, à la lecture de certains passages, l'univers de Mingarelli dans "La Beauté des Loutres"

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