3 août 2007 5 03 /08 /août /2007 16:07

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Square Wilson, Toulouse.
Le poète occitan Goudouli et sa muse Liris.
(Cliché JF)


C
amille sera de retour du Portugal prochainement. Elle ne fera pas de "soirée diapos", elle me l'a promis. Elle fera mieux. Elle vous fera partager ses ressentis et émotions avec des mots...
A propos de mots, juste avant son départ, je lui avais suggéré d'écrire un petit texte érotique...

VOUS M'AVEZ DEMANDE...
par Camille C.

Vous m'avez demandé un texte érotique et c'est un vaste défi car vous savez que je ne saurai pas l'écrire.
Tout de même, je le relève.
Il y a bien cet homme et cette femme, sur le rocher blanc, au centre de l'urbaine placette.
C'est un poète. Il est assis d'une manière assurée, une jambe tendue et l'autre ramenée vers sa large ceinture. La taille est fine et contraste avec de costaudes épaules dont les muscles développés marquent la chemise de serge froissée. C'est suggestif.
Si je pouvais toucher, ne serait-ce qu'effleurer le galbe de sa peau... la sentir.
Je suis trop loin et je me contente d'imaginer, mais des frissons me parcourent, premières sensations...
Son visage de plâtre ne doit pas être si blême ; je le sens hâlé par les rayons du soleil occitan. Les cheveux de cet homme sont assurément blonds comme des épis de blé, ce sont des critères de beauté. C'est excitant. Si les cheveux sont clairs, ses yeux sont bleus ; cela je le veux et j'en décide ainsi. Après tout, c'est à moi qu'il convient d'évoquer, pauvre martyre ; que ne ferai-je pour votre plaisir ?
C'est un caprice car mon ventre vide commence à se tordre ; l'appétit me vient en regardant...
Son chapeau de feutre lui sied parfaitement, il est assuré de son effet ; je le lui retirerai bien volontiers pour passer mes doigts laqués dans ses cheveux bouclés qui lui barrent les sourcils et se perdent dans son dos.
Maintenant, je le contourne, car je n'ai pas songé à regarder de ce côté. Je crois que je commence à me faire plaisir. D'ici, la carrure est plus cambrée ; qu'à cela ne tienne, je suis trop tentée pour m'arrêter à cet endroit où deux jolis creux marquent le bas des reins. Ma langue s'y retrouvera. Je suis affamée.
La ceinture fait obstacle ; je passe la boucle de métal sur mes lèvres rosées afin d'étancher ma soif... de mâle. 
Et c'est là qu'il faut rêver, imaginer, fantasmer, délirer à la manière de Joël Fauré, sur ses longues jambes gainées de cuissardes fauves à l'odeur entichante et musquée !
Je peux le faire aussi et je passe mes mains sur le cuir dans un geste de sensualité que vous ne pouvez pas imaginer... car elles sont déjà remontées pour toucher, pour fouiller, pour déshabiller et flatter, lécher... la sueur...
Qu'alliez-vous imaginer ? C'est un plâtre ! Une statue ! Il n'y a ni feutre ni cuir. 
Comment pourrai-je un instant oublier que cet homme figé n'a d'yeux que pour sa muse Liris à ses pieds alanguie.
Oui, elle est nue.
Oui, elle est belle.
Non, vous n'allez pas recommencer ! Candide Camille.

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commentaires

AURORA 04/08/2007 03:21

Malicieuse Camille...
Un texte craquant à souhait!

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