12 août 2007 7 12 /08 /août /2007 11:50
La maison Verte et Grise redevient toute grise : mon père a fait arracher la vigne vierge, au motif qu'elle grimpait sur le toit et menaçait les tuiles.

"Je n'ai plus rien à me mettre".
La machine à coudre Singer (l'ami sincère) est devenue une pièce de musée. Elle se morfond dans le vieux poulailler. Je l'ai vue en activité, mue par ma mère, bonne couturière, bonne tricoteuse, respectueuse des patrons de "Modes et Travaux".
Où est cette période d'insouciance quand je me réfugiai dans les jupes de ma mère, quand quelqu'un "venait à la maison" et que je me cachais... ? Cette période où elle gardait des boutons et des fermetures-éclair dans des boîtes... (Ca peut toujours servir...)
Je n'ai plus personne à qui demander : "Qu'est-ce que je mets ? Dans quel état de santé sont mes slips ? Et mes chaussettes, elles sont trouées ?" Je ne l'entends plus me dire : "Tu as pris un mouchoir ?"
Les armoires sont pleines de vêtements. La femme de ma vie "fait une machine", fait sécher au grand air -ça sent la lavande-, repasse, plie... Je ne me pose pas de questions. Il aurait peut-être fallu...
Me revient en mémoire la fois où ma mère, "robot-ménager", a bravé la route, avec sa "Visa Citroën", pour m'apporter du linge propre, alors que j'étais en maison de santé...

Les armoires sont pleines, elles débordent, et elle dit : "Je n'ai plus rien à me mettre", comme un leitmotiv. "Je suis habillée comme une gitane." Sur une patère, je compte soixante-dix tabliers de tergal.

Rappel du complexe d'Oedipe.
Un petit rappel qui n'est pas inutile.
Oedipe. Mythologie Grecque. Fils de Laïos, roi de Thèbes, et de Jocaste. Laïos, averti par un oracle qu'il serait tué par son fils et que celui-ci épouserait sa mère, abandonna son enfant sur une montagne. Recueuilli par des bergers, Oedipe fut élevé par le roi de Corinthe. Devenu adulte, il se rendit à Delphes pour consulter l'oracle sur le mystère de sa naissance. En chemin, il se disputa avec un voyageur, qu'il tua : c'était Laïos. Aux portes de Thèbes, il sut résoudre l'énigme du sphinx, dont il débarrassa ainsi le pays ; en récompense, les Thébains le prirent pour roi, et il épousa la reine Jocaste, veuve de Laïos, sa propre mère, dont il eut deux fils : Etéocle et Polynice, et deux filles : Antigone et Ismène. Mais Oedipe découvrit le secret de sa naissance, son parricide et son inceste. Jocaste se pendit, et Oedipe se creva les yeux. Banni de Thèbes, il mena une vie errante, guidé par sa fille Antigone, et mourut près d'Athènes, à Colone. -
Le mythe d'Oedipe a notamment inspiré des tragédies à Sophocle, Sénèque, à Pierre Corneille.

Le syndrome de Stockholm.
Il est des bourreaux qui fournissent les vivres. Il est de gentils assassins à qui on ne peut vraiment pas en vouloir.
La femme de ma vie m'a couvé, surprotégé, étouffé, asphyxié.
En voulant me faire beaucoup de bien, elle m'a fait beaucoup de mal.
Ma mère m'a détenu en captivité, m'a retenu en otage. Elle a dicté toutes mes décisions, fait infléchir toutes mes résolutions, tué dans l'oeuf toutes mes propositions.
Ou bien elle n'en est pas rendu compte, ou bien elle n'a pas voulu l'admettre.
Si elle ne s'en est pas rendu compte, je lui pardonne les beaux dégâts.
Si elle n'a pas voulu l'admettre, au jour d'aujourd'hui, je lui pardonne aussi.
Elle a fait ce qu'elle a pu, là où elle était, avec ce qu'elle avait.

Je peux pas dire "maman".
Ca m'écorche les lèvres. Je ne sais pas pourquoi. J'ai dû dire "maman" quinze ou vingt fois dans ma vie.
Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman.  Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Mam 

Ca y est ! J'ai rattrapé le temps perdu.

(A suivre.)

Joël Fauré

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BILLET D'HUMEUR


IN CAUDA VENENUM ?


"Le Journal du dimanche" d'aujourd'hui :
"Vandalisme. Des milliers de livres saccagés lors d'un salon littéraire à l'abbaye de Lagrasse (Aude) "Autodafé dans les Corbières"

"La Dépêche du dimanche" d'aujourd'hui :
"Aude. Agression dans l'abbaye. Qui a saccagé les 6 000 livres du Banquet ?
Des inconnus ont déversé de l'huile de vidange et du gazole sur plusieurs milliers d'ouvrages, exposés dans le cadre d'une manifestation culturelle, le Banquet du Livre, qui se tient chaque année à l'abbaye de Lagrasse dans l'Aude. Cette année, le thème retenu -"La nuit sexuelle", d'après le prochain livre de Pascal Quignard- avait entretenu une polémique, certains milieux catholiques considérant qu'un tel thème n'avait pas sa place dans une abbaye..."

J'avais lu le "flyer" qui annonçait cette manifestation sur un présentoir. Je m'étais dit, -le rose au front de l'érotomane contrarié que je suis- : "Ils ont du courage. Si ma vieille carcasse me l'avait permis, j'y serais bien allé."
Le jeu social est un jeu érotique.
Au nom de tous les miens, cathos jusqu'à la moelle, et en mon nom, néo-catho, je dis aux vandales : "Vous êtes bêtes. Vous avez tout faux."
Par pitié, par "charité chrétienne", n'abimez-pas les livres.
"In cauda venenum ?" Le venin dans la queue ? Alors, oui, j'éjacule sans retenue sur l'image d'une sainte au beau visage. Parce que ça me fait bander, et que je n'y peux absolument rien. Et pour moi, ce n'est pas ça, un blasphème. Et, pour une fois, je n'ai pas peur ; vous savez, j'ai visité le musée de l'Inquisition à Carcassonne. A l'époque, il se trouvait près du musée de la bande dessinée...

Joël Fauré

Petite bibliographie sélective :

- Histoire d'O (Pauline Réage)
- L'image (Jeanne de Berg)
- Le fétichiste (Michel Tournier)
- Traité du fétichisme à l'usage des jeunes générations (Jean Streff)
- Carnets d'une soumise de Province (Caroline Lamarche)
- La chair de la passion (Une histoire de foi : la flagellation) Patrick Vandermeersch (Les éditions du Cerf) 2002 (J'ai trouvé ce livre -assez érudit je dois dire- dans une librairie religieuse.)
- L'annuaire des pages blanches (France Télécom)




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commentaires

Joël Fauré 13/08/2007 23:17

Camille : Oui. Il y a dans "Colline" de votre ami Jean Giono ces phrases superbes :
" - Comment ça va, Janet ?
- Mal et ça dure.
- Tu souffres ?
- De la tête.
- La tête te fait mal ?
- Non, elle ne fait pas mal comme aux autres ; elle est pleine, voilà, et elle craque toute seule dans l'ombre, comme un vieux bassin. (...) Il en coule bien un peu par les yeux, mais LES GROS MORCEAUX, CA PEUT PAS PASSER, ILS RESTENT DANS LA TETE.
- Les gros morceaux de quoi ?
- De vie, Jaume. (...) Je me souviens de tout. (...) Et c'est comme ça de tout ce que j'ai fait. Maintenant que je t'en ai parlé, ça passe un peu...
- Tu te souviens de tout ?
- De tout. Même des choses...
- Des choses ?
- Je veux dire des choses qu'on fait parfois, en croyant que ça s'effacera, et puis ça reste ; après on les retrouve dans le temps toutes droites, qui vous attendent.
- Des mauvaises choses ?
- Tu sais, toi, ce qui est mauvais et ce qui est bon ?"
A vous Camille... et à cette "EXPRESSION DE LA SOUFFRANCE DANS L'OEUVRE DE GIONO" Vous l'avez sublimée, votre "souVenance de Thèse..."

Camille 13/08/2007 22:44

A vous lire me revient en mémoire un passage de "L'art de la joie" de G. Sapienza: ..."Oui, il devait en être ainsi. Et je décidai qu'à partir de ce jour je me rappellerais toujours tout du passé, les belles choses et les mauvaises, pour qu'il reste présent à mon esprit et pour prévenir au moins les erreurs déjà commises". Camille C.

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