1 novembre 2007 4 01 /11 /novembre /2007 21:17
A Fripounette

Les échecs répétés
m'obsèdent

 
Les échecs répétés m'obsèdent. Ma Renault 4  avinée me ramène en ville une douce nuit d'avril. Je m'engage dans la noria des véhicules, dans le vaste manège qui tourne, tourne jusqu'à donner l'ivresse, dans ce quartier d'affaires où l'amour est tarifé. Après quelques tours de carrousel, je me gare, et le coeur battant, haletant, je me dirige vers une grande dame de "petite vertu". J'avais répété la scène dix, vingt fois dans ma tête et je m'étais promis de jouer les "machos", les marins "qui ont une femme dans chaque port". Après les traditionnels pourparlers pour aimer, je suis reçu dans une grande chambre aux couleurs assez gaies, avec un grand lit. Un électrophone trône dans un coin, avec des disques d'Edith Piaf, dont on célèbre cette année-là le vingtième anniversaire de sa disparition.
"La fille de joie est belle / Au coin de la rue là-bas / Elle a une clientèle / Qui lui remplit son bas..."

Sur les indications de mon hôtesse, personnage de chanson de Piaf, Brassens, Reggiani et Brel, j'ai surmonté et mon trac et son corps, ce long corps de femme échancré en son milieu et j'y ai fait jouer de mes hanches le hochet que l'on avait pris soin de plastifier.
Enfin, je faisais l'amour.
Ce ne fut pas décevant ; ce ne fut pas exaltant : ce fut simplement un acte naturel et orinaire de la vie, accompli en me cachant des miens, dans l'artifice d'une étreinte où l'on ne se dit pas : "Je t'aime".

J'ai surmonté
et mon trac et son corps

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Brèves:


CE NE SONT QUE QUELQUES MOTS

 
Ce ne sont que quelques mots. De simples mots mis bout à bout. Tous les mots sont dans le dictionnaire. Les mots sont à tout le monde. La valeur de ce qu'il représentent, non. Tout dépend de qui les dit et qui les reçoit.

"- Joël ?
- Oui ?
- C'est Victor. Vous pouvez publier. Léopoldine me charge de vous saluer."


Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor Hugo
(Les contemplations)

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commentaires

Fripounette 07/11/2007 15:54

"Chacun de nous a sa blessure: j'ai la mienne.
Toujours vive, elle est là, cette blessure ancienne.
Elle est là, sous la lettre au papier jaunissant
Où l'on peut voir encor des larmes et du sang !" E. Rostand

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en essayant le plus possible
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