8 novembre 2007 4 08 /11 /novembre /2007 20:16
"Les grands cirques
de passage...

Les grands cirques de passage eurent tout le loisir, à une certaine époque, de s'installer au centre-ville, sur les ruines d'une caserne.
C'était au cirque Zavatta. A la sortie du spectacle, "séance" de la soirée. De l'autre côté du boulevard, -qui ressemble à s'y méprendre à celui qu'on voit longeant la fête foraine dans "L'inconnu du Nord-Express" d'Alfred Hitchcock-  adossée à un mur, une grande et belle dame ne faisait rien pour cacher ses activités. Mon regard fut surtout happé par ses longues jambes encoconnées dans de superbes bottes-cuissardes. En fait, la grande et belle dame n'en était pas une. Pas tout à fait. Malgré apparences, attitudes et attributs, fort joliment restitués, cette "eau-forte" était une "eau trouble". 
Il n'empêche : l'équivoque était équivoque, mais une équivoque bottée. Ma libido manquait d'esprit de discernement : l'eau-forte et trouble prit place dans ma galerie de musée baroque. Au premier rang de ses convervateurs, on pouvait voir Cendrillon et le Chat Botté en conversation avec le Chevalier d'Eon.

Dans mes phantasmes, j'aurais bien fait briller les yeux à tout ce qui portait bottes-cuissardes, et peu importe ce qu'il y avait entre les dites bottes et les yeux.
Si la sodomie m'a toujours répugné, en revanche, la fellation, dans ce qu'elle a de plus subtil dans sa caresse, prenait toujours chez moi deux aspects : celui qui la fait, celui qui se la fait faire.
Inconscience ? Energie d'égarement ? Expérience à tenter pour sortir de l'ornière ? Il était facile de demander aux Chevaliers d'Eon sur le boulevard leur avis sur la question. Des questions : aurait-il fallu s'en poser ? Sans aucun doute ? J'ai beau jeu de l'écrire aujourd'hui.
Je me revois dans une chambre avec une équivoque grandement bottée. L'équivoque garda ses bottes mais descendit sa culotte : il en sortit quelque chose qui n'était pas un prototype.
A la fois saisi et dégoûté, je demandai bien vite à ce que l'on range ces affaires.
Pour cette fois, le phantasme en resta un.
Il y a parfois loin de la coupe aux lèvres.

L' équivoque garda ses bottes
mais descendit sa culotte"

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commentaires

théo 11/11/2007 00:36

De la coupe aux lèvres, parfois un instant, juste un battement de cils, et parfois un monde. Alors les cils battent à nouveau et les billes s'arrondissent, presque incrédules.
à bientôt, Joël :-)

AURORA 09/11/2007 02:32

Quel texte formidable!
Le souvenir y teinte d'ironie l'équivoque qui pourrait en jaillir et les bottes y brillent comme les yeux avides...

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