20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 12:31
Le personnage tout rouge : Beaucoup de gens se sont écartés de moi parce que je n'étais que le miroir de leurs propres angoisses. Ceux qui se sont approchés ont cru qu'ils allaient mourir d'ennui. Je suis un poète un peu fou qu'on assassine. Firmament et Barbe-à-papa ont été pour moi de vrais gentils assassins à qui on ne peut rien reprocher. Moi, je serai pour vous ce que vous voudrez...

Première femme à la carotte à poignée : Un assassin.

Deuxième femme à la carotte à poignée : Un fou.

La responsable des fêtes terminées :
Un poète.

Le chef du bureau des fêtes terminées :
Nous allons voir et vérifier ça. Dites-nous une jolie phrase, monsieur l'hieraujourd'huiste, même si elle n'est pas de vous. Au point où vous en êtes, je vous permets de voler.

Le personnage tout rouge : Je suis un albatros.

Le chef du bureau des fêtes terminées : Mais vous ne savez pas voler...

La responsable des fêtes terminées :
Le faisceau de charges convergentes s'étiole.

Le chef du bureau des fêtes terminées : Quelle heure est-il ?

Le décrocheur de blasons :
Trois heures et quart. Pile.

Le chef du bureau des fêtes terminées : (S'adressant aux femmes aux carottes à poignées.) Vous n'avez pas des choses à vous dire ?

Première femme à la carotte à poignée :
...

Deuxième femme à la carotte à poignée :
...

Le chef du bureau des fêtes terminées : Vous n'avez pas des choses à vous dire ? (Les deux femmes aux carottes à poignée semblent sortir d'une léthargie.
Elles se lèvent et se placent en retrait, en vis-à-vis.
Dialogue.)

Première femme à la carotte à poignée : Mais qu'est-ce que ça veut dire, ça : "Le faisceau de charges convergentes s'étiole."

Deuxième femme à la carotte à poignée :
A mon avis, il y en a qui confondent le rouge avec d'autres couleurs.

Première femme à la carotte à poignée :
Ne croyez-vous pas qu'on est en train de le blanchir, ce type ?

Deuxième femme à la carotte à poignée :
Grincez des dent. Vous pouvez grincer des dents si vous êtes toujours de son côté. Je grincerai avec vous.

Première femme à la carotte à poignée :
Et alors, il ne nous restera plus qu'à retourner à nos carottes pour en faire de la purée. Ou du râpé, puisque les poignées le sont déjà un peu.

La responsable des fêtes terminées :
(Elle s'approche des femmes aux carottes à poignées.) Mesdames, faites de ces ombellifères turgescentes le meilleur usage qu'il se peut. Mais maintenant, foutez-nous la paix. La sortie, c'est par ici.

(Les femmes aux carottes à poignée s'en vont avec force mimiques outrées.)

(A suivre.)














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commentaires

Joël Fauré 21/01/2008 15:18

Merci pour ces louanges. C'est volontairement que je ne publie aucune photo de la pièce. Pour laisser inentamé l'imaginaire du lecteur. J'en prévois une seule à la fin...
Pour votre blog, Aurora, gardez patience, vous en avez "vu d'autres"...

AURORA 21/01/2008 00:53

Ah! Ces répliques! Cette atmosphère!
Vous êtes un bonheur de lecture et une représentation de théâtre "donnée-à-imaginer"...

Pour mon compte, mon blog a un bug depuis trois-quatre jours,qui est devenu total depuis hier, l'admin fait le sourd et ne me répond pas (l'embarrasserais-je, quelque part?).
Je ne peux plus rien publier.
Très frustrant!

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