9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 17:05
La femme qui fait ça en blanc : C'est bien joué.

L'inventeur de la machine à peser  la souffrance : C'est bien joué ? Mais je ne joue pas, moi, madame.

(Depuis un petit moment, le brûleur de  cageots accuse des signes de malaise.
On peut le lire sur son visage.
Il tente de se lever et semble pris d'un vertige.)

La femme qui fait ça en blanc : Qu'est-ce qui se passe ? Ca ne va pas ?

Le brûleur de cageots : Je n'ai plus de terre sous les pieds. Je n'ai plus de jambes dans mon pantalon. Tout se dérobe. Tout s'effondre. Toutes ces histoires m'ont remué. Je me sens tellement proche de ces gens-là...

La femme qui fait ça en blanc : Allons, que diable, ça n'arrive qu'aux autres...

Le brûleur de cageots : Je me sens mal. Quand on a  mal, on le dit, mais souvent, on le dit mal. Il me semble que... J'ai l'impression... C'est un peu comme si... On dirait... Je ne sais pas... Je ressens... J'éprouve...

L'inventeur de la machine à peser la souffrance : Vous ressentez ou vous éprouvez ?

Le brûleur de cageots : Quand je pense à une chose, je ressens. Et quand je pense à une autre chose, j'éprouve. Une douleur... Une souffrance...

L'inventeur de la machine à peser la souffrance : Une douleur ou une souffrance ?

Le brûleur de cageots : Une douleur ici. (Il désigne son coeur.) Et une souffrance là. (Il désigne sa tête.)

La femme qui fait ça en blanc : Vous devriez vous allonger... Ou vous adosser en tous cas.

(Le brûleur de cageots s'adosse à l'anneau.
La femme qui fait ça en blanc prend une photo.)

L'inventeur de la machine à peser la souffrance : C'est très ennuyeux. Comme vous ne l'ignorez pas,  ma machine est en pièces détachées. Et de plus, l'une d'elles est manquante : la courroie.

(Silence.
La femme qui fait ça en blanc va alimenter le feu, puis regarde le ciel.

Une femme arrive sur le plateau, hésitante, penaude d'être là.)

(A suivre.)

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commentaires

AURORA 10/03/2008 02:44

Ho! Ho!
Une femme de plus?
J'ai hâte d'être à demain...

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