13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 13:16

La femme qui fait ça en blanc (Au public.) : Votre plan d'occupation du temps vous a mené ici. Certains peut-être le regrettent ?

(Silence.)

Le temps, c'est de l'argent. L'éternité, une fortune. Exonérée d'impôt.

(Silence.)

Je m'ennuie.

(Silence.
Elle se relève, s'approche du tas de cageots, en brise un et le jette au feu.
Retour à l'avant-scène. Elle se rassoit.
Silence.
Elle prend une photo du public.)

Le temps passe si vite et saupoudre les choses de poudre de perlimpinpin. Tout s'use, se salit et se souille. Le temps patine et patine tout : la pierre, le bois, la terre, la chair. Offf... Je ne vais pas vous faire un dessin. Et puis, il ne faut pas se bercer d'illusions. Un de ces quatre matins de la semaine des quatre jeudis...

(Hurlement d'un chien.
Rafale de vent.
Chant de rainette.
Un geai cajole.)

Un geai cajole. Il y a de ces aberrations dans notre langue. On dit : "J'ai un geai". Quand il n'y en a qu'un. Mais quand il y en a plusieurs, nous devrions dire : "Nous avons un nous avons". Autre aberration : "Ma belle-soeur". BELLE-soeur ! Si vous voyiez la tête de la mienne !

(Hurlement d'un chien.)

Un jour, j'ai retrouvé un vieux journal d'il y a quinze ans. Dans ses colonnes, j'ai trouvé une petite annonce ainsi libellée : "Jeune homme doux et gentil, bien sous tous rapports, recherche jeune femme même profil en vue mariage." Suivait un numéro de téléphone. Par déduction, j'ai rajouté quatre chiffres à l'ancien -tout augmente dans ce pays- et j'ai appelé. Un homme a répondu. Je me suis présentée et j'ai dit que je répondais à son annonce. Ca l'a mis dans une de ces colères... Il m'a dit : "Vous vous rendez compte ! Et si c'était ma femme qui avait répondu !..." C'est fou ce qu'on peu changer quand même.

(A suivre.)


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