14 mars 2008 5 14 /03 /mars /2008 10:16
(Hurlement d'un chien.
La femme qui fait ça en blanc est maintenant effrayée. Pour se rassurer, elle chantonne une chanson d'autrefois.
Elle se dirige en coulisses et revient, tenant par la main une fillette qui tient elle-même par la main une poupée et un livre.
La femme qui fait ça en blanc s'assoit et invite la fillette à faire de même.
Elle ouvre le livre et lui donne, de l'index, des  indications. Peut-être lui apprend-elle à lire ?
La fillette, à son tour, installe sa poupée près du livre, et lui donne, de l'index, des indications.  Peut-être lui apprend-elle, à son tour, à lire ?
La femme qui fait ça en blanc, émue, prend une photo et ramène l'enfant en coulisses.)

La femme qui fait ça en blanc : Qu'est-ce qu'ils fabriquent ? Des courroies ? Ou des machines à peser la souffrance ? Ou des moissonneuses-dateuses en série ? Pour le Tiers-Monde ?

(Silence.)

Je m'ennuie.

(Silence.)

Dernièrement, j'ai lu dans la presse les réflexions d'une actrice de premier plan. Elle disait : "Le cinéma (Et moi, je rajouterai le théâtre), c'est l'art de l'ellipse. Quand il s'agit de suggérer, c'est le véhicule le plus adapté". C'est à l'opposé de ce que disait l'autre : "Un seul lieu, un seul jour, un seul fait accompli tient jusqu'à la fin le théâtre rempli."

(Silence.

Le brûleur de cageots revient sur le plateau.

Il porte très ostensiblement un panneau sur lequel on peut lire : "QUELQUES INSTANTS PLUS TARD..."

La femme qui fait ça en blanc : Ah ! C'est vous ! Je ne vous attendais pas si tôt...

(A suivre.)



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