15 mars 2008 6 15 /03 /mars /2008 13:41
Le brûleur de cageots : J'ai fait le tour de mes démons et je les ai dépassés. Vivre n'est plus qu'un amusant jeu de société. Je suis conscient de vivre un instant-charnière.

La femme qui fait ça en blanc : Alors, racontez comment cela s'est-il passé ?

Le brûleur de cageots : La co-gérante du manège de tampons-dateurs s'est montrée très compréhensive à notre égard. Elle a assisté au démontage de sa pièce sans le babillage habituel des femmes en pareil cas. Nous sommes revenus chez mon ami inventeur. Il a réitéré l'opération à l'envers. Il commence à avoir l'habitude ! Sa machine remise en état, j'y suis monté dedans. Quand je suis sorti, il m'a tendu la main et me l'a serrée avec chaleur. "Ca n'a pas dû être drôle tous les jours", m'a-t-il dit. Il tenait le résultat dans l'autre main. Le chiffre inscrit était exorbitant.

La femme qui fait ça en blanc :
Il avait bien pris soin de remettre les compteurs à zéro ? Parfois, on supporte la souffrance des autres...

Le brûleur de cageots :
Il avait remis le compteur à zéro et la courroie était presque neuve. Le chiffre, exorbitant... Mais, maintenant que je sais, ça va beaucoup mieux. J'ai acquis une philosophie personnelle, une force tranquille... Oui, ça va beaucoup mieux... Et ici, rien de nouveau ?

La femme qui fait ça en blanc :
J'ai laissé mourir le feu.

Le brûleur de cageots : Vous faites semblant mais vous ne le faites pas exprès. Rassurez-vous, c'est du bois tendre dont on fait les allumettes et les boites de camembert ; c'est du peuplier : ça brûle vite, ça repartira...

La femme qui fait ça en blanc : Alors, revenons là où nous en étions restés.
(Elle sort son bloc de papier, le chronomètre qu'elle enclenche.
Elle "évalue" un instant le brûleur de cageots.
Vos traits ont épaissi, mais votre âme s'est affinée.

(Elle prend un cliché du brûleur de cageots.
Elle s'agenouille et ouvre la braguette du brûleur de cageots.
Elle fait claquer ses doigts.
Noir total sur le plateau.
Court silence.)

La femme qui fait ça en blanc : Décrochez-nous !... Décrochez-nous !... C'est une erreur... Décrochez-nous !...

FIN

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PROCHAINEMENT SUR CET ECRAN

"TOUT BLEU"

de Joël Fauré

"Avec "Tout bleu", j'ai voulu dire -sans le souci d'être complet- ce que pouvait être la vie d'un homme où l'amour fait cruellement défaut.
Ses carences affectives l'ont conduit et cloué en un lieu de nulle part, de personne et de tout le monde, où il s'est inventé un univers onirique qui n'est autre que le reflet de son âme.
Il n'est pas le critique acerbe de la propre image qu'il renvoie, mais l'acteur-spectateur-voyeur d'épisodes auxquels il ne peut rien changer.
Près de lui, d'autres viennent pour le regarder et l'écouter.
Devant ce déballage, somme toute pudique et poétique, "une certaine" ira jusqu'à être séduite. Jusqu'où ?.."

JF


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commentaires

Joël Fauré 17/03/2008 22:18

Bienvenue ici.
Ressourcer et apaiser sont de si beaux verbes, surtout quand ils prennent chair.

patrice 17/03/2008 20:18

Bonsoir !

j'ai apprécié les idées véhiculés par vos textes, ressentis, réflexions, et introspection ou l'onirisme se conjugue comme le poireau et le beaujolais dans la soupe brûlante. Sincèrement, courage et poursuivez.

Pour anecdote, vous me faites penser, quelque peu, à l'acteur principal d'un roman BD : Adrien, un "DECADENT", qui n'en est pas un d'ailleurs.
LE TITRE : LA LIGNE DE FUITE
AUTEURS : Christophe DABITCH et Benjamin FLAO
EDITEUR : FUTUROPOLIS
Px : 19 EUR ( au 1er mars 2008)

Je reviendrais me ressourcer, m'apaiser, en ce lieu.

Cordialement,

Patrice.

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