7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 13:01

Le bleu (Son regard s'enfuit de l'autre côté de la vitre.) : Je vois un petit enfant qui joue avec un petit bateau en papier avec une cargaison de feuillets pense-bête et de trombones lie-de-vin. Il va jouer près du bac à influençable. "Maman, les p'tits bateaux qui vont sur l'eau ont-ils des hommes ?"

L'infirmière : Je vous ai bien suivi dans vos histoires, mais il y a une chose que je ne saisis pas : c'est votre passion pour les bateaux. Qu'est-ce que ça vient faire là ?

Le bleu : Vous ne comprenez pas ?

L'infirmière : Non.

Le bleu : Rassurez-vous, moi non plus.

(Le bleu s'approche de la caméra ; son image se reflète sur l'écran. Il se frotte le visage et se retourne.
Un temps.
L'infirmière s'approche du bleu ; ce dernier la regarde.)

Le bleu : Moi, je...

L'infirmière : (L'interrompant.) Vous, vous... (Le bleu va parler ; l'infirmière lui applique son index sur ses lèvres.
Un temps.
L'infirmière retire son index.)

Le bleu : Mot.

L'infirmière : Venez... (Un temps.) Je vais vous montrer mes bleus.


Noir.
Rideau.

------
PROCHAINEMENT SUR CET ECRAN
"CALANDRE" de Joël Fauré

Avec "Calandre", j'ai voulu approcher au plus près le cadeau empoisonné qu'est le secret de famille, et en déchirer avec le plus de délicatesse possible le papier qui l'entoure.
Comment une voiture banalisée peut-elle devenir l'enjeu d'une quête au demeurant sans intérêt ?
Au cours d'un voyage immobile, un homme et une femme, pourtant entravés dans leur manoeuvre par des êtres concupiscents, vont restituer à petites touches une histoire qui valait vraiment le déplacement.

JF



Partager cet article

Repost 0

commentaires

Joël Fauré 18/04/2008 15:46

Aurora : J'aime cette phrase. Je la prends.

AURORA 18/04/2008 00:17

Ah! "Le bleu du ciel" comme titrait le Grand autre...

Pour vous, ces quelques phrases de "L'Avant-Propos":
"Un peu plus, un peu moins, tout homme est suspendu aux récits, aux romans, qui lui révèlent la vérité multiple de la vie. Seuls ces récits, lus parfois dans les transes, le situent devant le destin. "

Joël Fauré 09/04/2008 11:13

Mère-si. Mère-si. Mère-si.
Je suis devenu dramaturge pour tenter de rémédier à une atrophie matriarcale... Mère-si.
Vendredi, ce blog aura un an, et ce siècle 7.

Camille 08/04/2008 23:55

La fin est toute surprenante !
Bra-vo! Bra-vo ! Bra-vo ! Et trois rappels des comédiens qui saluent bien bas.

Présentation

BIENVENUE

ESPACE LITTERAIRE ET EROTIQUE

Soyez les bienvenus sur cet "égoblog",
petit jardin virtuel.

N'oubliez pas, quand même, d'aller vous aérer.

"Vivre,
c'est passer d'un espace à un autre
en essayant le plus possible
de ne pas se cogner."

Georges PEREC



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Recherche

Liens