13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 13:29

"Lire et écrire."

Les TOC, exponentiels, deviennent de plus en plus nombreux, de plus en plus sévères, de plus en plus invalidants.
Lire et écrire me sont devenus des manoeuvres cruellement difficiles à réaliser.

Je n'ouvre plus de livres : j'y resterai piégé et aliéné. Je suis sans cesse freiné au cours de la lecture. Un détail me séquestrerait trop longtemps.
Je n'écris presque plus. Ca me manque ? Oui.
J'ai acheté deux livres. "Jacques Brel. J'attends la nuit", de Paul-Robert Thomas (Le Cherche-Midi éditeur) et "Petite géographie intime", ouvrage collectif (Le Pré aux clercs). Ils ont été achetés, ainsi qu'en atteste le ticket de caisse, le 2 juillet 2001. Ils sont restés sous embargo dans le sachet d'emballage jusqu'à leur libération, le 7 avril 2002.


"Compter."

Parmi les complications directement nées des TOC, les inévitables évitements. Ainsi, j'ai du mal à pointer les mouvements de mon compte bancaire. Trop d'angoisse à la clef. Les enveloppes qui contiennent les relevés restent fermées. Politique de l'autruche. Une fois par mois, après préparation psychologique, je tapote sur le pavé numérique du guichet automatique et je demande du bout des doigts fébriles un historique de compte. Que va-t-il y avoir au bout du compte ? En fin de compte, l'appareil gargouille, tire la langue, éructe et sort son crachat financier. Pour ne pas m'y noyer, je retire rapidement le petit papier, et surtout, sans le regarder, je le glisse dans ma poche. Je diffère. La moitié du travail est faite. J'attendrai d'être dans un état d'esprit serein pour savoir "où j'en suis", savoir si je suis dans le rose, le rouge, ou le rouge foncé.

A la faveur d'une période d'état de grâce, de rémission ou d'audace, je regarde bien en face les derniers relevés mensuels des paiements par carte où sont listés les libellés d'opérations et leurs débits correspondants. Je n'ai pas un train de vie pharaonique, et une somme un peu importante, inhabituelle, m'écorche les yeux. Bénéficiaire : la SNCF. Or, il y a fort longtemps que je n'ai pas pris le train ! Bizarre... Je me lance dans une enquête personnelle, à la manière du lieutenant Columbo ; vous savez, le petit détail qui fait que... celui auquel on ne songe pas...
J'appelle la banque. Mon interlocutrice me renseigne sans tarder. Un petit malin vient de se faire passer pour moi et m'escroquer sans vergogne. La somme, somme toute assez coquette, correspond à un dossier voyage dûment référencé, billet Paris Montparnasse / Toulouse. Pourquoi se gêner ? Un petit malin : pas si malin que ça, en fait. Son achat a été effectué par minitel ; il lui a suffi de donner mon numéro de carte bleue. Où l'a-t-il trouvé ? Je suppose sur une facturette oubliée, froissée, jetée dans une poubelle. Le système n'est absolument pas sécurisé. Un petit malin : pas si malin que ça finalement puisque son nom, son prénom et son adresse me sont communiqués par ma banque sans hésitation. Un autre que moi lui aurait rendu une visite que je doute être de courtoisie. Mais ma mansuétude est légendaire. La banque régularise la situation.
Le mois suivant, j'ouvre sans compulsion le courrier contenant le relevé. Nouveau retrait frauduleux et récidive de l'escroc qui, décidément, ne tient pas en place et voyage beaucoup. Cette fois-ci, il s'offre une villégiature plus lointaine. C'en est trop. Je porte plainte, je fais opposition à toute utilisation de ma carte bleue de peur, et le service monétique de la banque me crédite de la somme soustraite et de toute sa compréhension.

Voilà l'histoire.
Que se serait-il passé si je n'avais pas mis mon nez dans mes comptes puisque les TOC et les évitements m'empêchent de le faire souvent ?
Mon escroc au minitel se serait-il hasardé à faire des voyages plus coûteux, plus fréquents, à voir du pays sans même m'envoyer une carte postale ?

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commentaires

AURORA 14/06/2008 03:30

Oui, les fondamentaux: lire, écrire et compter!
Quelle terrible mésaventure qui aurait pu amener un voyageur "faisant du surplace" à devoir payer les tours du monde d'un voleur...

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