9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 18:38

Les nuits fauves

Pourquoi les romanciers transforment-ils les puanteurs en parfums ?

Ca sent le fauve. Ca pue, ça fouette, ca cocotte, ça schlingue... le fennec chez la dame du zoo. Et alors ? Beaucoup moins que des pieds d'ados en colonies de vacances , un soir d'été, après une journée de randonnée.
On a mis sur le compte du zoo de Jeannette les puanteurs qui venaient en fait de l'épandage des vidanges des fosses septiques, dans les champs environnants !

Il ne se passe pas de vie sans salir, sans entamer, sans user, sans rejeter.
Jeannette me disait : "Laisse-les dire... C'est des enculés. C'est des mange-merdes".
Jeannette ne va pas chercher midi à quatorze-heure. Elle ne se masturbe pas avec des mots compliqués. Pour elle, une verdine, c'est une roulotte ; une gardine, un rideau ; un réquisit, un tabouret. Elle laisse ces mots aux théoriciens et aux collectionneurs...
Ce qui ne l'empêche pas d'aimer les mots. Elle en a toute une collection de bons, et d'anecdotes qu'elle débite avec son accent de Montrouge.
Elle écoute aussi beaucoup la radio, surtout la nuit. Nous tombons d'accord sur la qualité des "Choses de la Nuit"  de Jean-Charles Aschéro, sur France Inter, dans la nuit du dimanche au lundi. Nous échangeons nos impressions sur "Les enquêtes du commissaire Joubert" et "La fille derrière le paravent".

Jeannette et Tarass, dans "leur" caravane, on servi de visuel à l'affiche de l'exposition de Gilles Favier. Galerie Différence à Toulouse, du 27 avril au 24 mai 1981

"Toute ressemblance ou similitude avec des personnages vivants ou ayant vécu ne serait pas fortuite..."
Dépliant "Le Monde du Cirque de passage aux Mazades" Mairie de Toulouse. Fevrier / Mars 2005.
Ass. "Les Insolites".


Les nuits fauves.

La nuit, tous les chats sont gris. La nuit, toutes les crevettes, même roses, sont grises. Tous les lions aussi sans doute.
Qui n'est pas entré dans l'antre de Jeannette la nuit, a raté un grand moment de sa vie.
Les contes et les légendes autour des forêts ne sont pas des contes et des légendes : Jeannette Mac-Donald a bel et bien joué au tiercé avec Robin des Bois, a recueilli des quantités de "Petits Poucets", a refait le monde avec l'enchanteur Merlin, a dormi avec "la belle au bois dormant", s'est promenée autour de "la mare au diable".
Les nuits de grand vent, les frondaisons des chênes ondulaient en chantant. Les nuits de pluie promettaient flaques, chantoirs et gadoue. Quand il s'arrêtait de pleuvoir, chez Jeannette, il pleuvait encore : les arbres s'essoraient. Il pleut toujours sur le mouillé.
Pour les grand froids, Jeannette faisait confiance au poële à gaz ; pour les coupures, les blessures, les entailles occasionnés par son travail, elle se donnait au léchage des plaies par les chiens : il n'existe pas de meilleur traitement émollient et antiseptique.
Jeannette, blottie dans sa caravane, dans la chaleur animale, allumait une lampe tempête, grillait une cigarette, écoutait la radio : "Tu sais, me disait-elle, il y a des nouvelles que l'on n'entend que la nuit." La météo de Jacques Kessler, sur France Inter, était confirmée par les bêtes. Les bêtes sont sensibles aux changements de temps, et plus fiables que les plus sophistiqués des ordinateurs.
Les hurlements d'un loup, les rugissements d'un lion deviennent alors des indicateurs, des sémaphores.
Quand il m'arrivait d'embarquer Jeannette, pour une soirée au cirque, je voyais arriver, dans le faisceau de phares, trouant la nuit noire accentuée par les rideaux noirs des arbres, une apparition fellinienne, une petite lampe de poche en collier. C'était "la petite fille aux allumettes" devenue la vieille dame à la lueur vacillante.

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commentaires

Joël Fauré 13/08/2009 20:47

Ne nous fâchons pas encore. L'époque a plus que jamais besoin de solidarité. Et les différents psys qui se sont penchés sur mon cas ne cessent de dégainer une "névrose narcissique"...
C'est Jeannette, qui, là ou elle se trouve, doit bien rigoler...

Philippe 13/08/2009 20:09

Dernière intervention ici... de peur d'être totalement Hors Sujet...
Ce sera pour répondre à tes trois dernières questions :
- Narcissisme... au risque de nous fâcher, je dirai "un peu", mais c'est humainement normal.
- Besoin de reconnaissance... un peu aussi, mais c'est humain là aussi... tout le monde à besoin d'être reconnu, que ce soit par un supérieur, un(e) ami(e) ou toute autre personne.
- Immaturité... cela par contre je n'y crois pas. Je pense te connaître assez pour pouvoir dire que tu n'est pas du tout immature.

Donc oui, on court tous (ou quasiment tous) pour être reconnu. Mais parfois la reconnaissance arrive avec du retard...
Je croise les doigts pour qu'un jour, un journaliste ou une personne "influente" dans le monde des écrits "tombe" sur ton blog. Une chute qui risque d'être le coup de pouce qui manque.

Joël fauré 13/08/2009 19:04

"J'entends" ce que tu me dis, mon cher Philippe, et j'y adhère en tous points. Mais je suis comme Mozart qui disait : "Je veux bien vous jouer un peu de musique, mais d'abord, dites-moi que vous m'aimez !"
Narcissisme ? Besoin de reconnaissance (Sans aucun doute me concernant) ? Immaturité ?

Philippe 13/08/2009 09:38

"Le peu d'intérêt qu'il suscite" que tu dis...
Est-ce que l'intérêt suscité se mesure aux réaction provoquées ? Si tel est le cas, il faut de l'agressivité, poser des questions... mais lorsque l'on a rien à dire, on se sait.
On peut suivre le blog, le trouver intéressant sans pour autant réagir. On peut avoir peur de réagir en public par des écrits qui vont être lus. On peut avoir peur d'être jugé par des personnes que l'on ne connais pas... et que l'on ne connaîtra probablement jamais.

A mon avis, un blog n'est pas intéressant sous le seul prétexte que de nombreuses personnes réagissent... sinon... si le but recherché est de faire réagir et d'avoir un "traffic" important de posteurs, ce n'est pas un blog qu'il faut faire mais un forum.
Parce qu'un forum mesure son intérêt a son activité. Un blog, c'est plutôt à sa fidélité. A la fidélité des lecteurs.
Pour cela, mais cela n'engage que moi, tu parviens à fidéliser tes lecteurs/lectrices. Donc tu as un blog intéressant. Pas réactif ? Mais comment réagir ?
Lorsque tu nous fais vivre des personnages, que pouvons nous dire/faire ? Nous pouvons vivre avec eux, suivre leurs aventures. Nous n'avons pas la possibilité d'interagir avec eux et leur histoire. Ou alors, il faudrait une totale interractivité. Une histoire qui ne serait pas écrite mais totalement ouverte... et ce n'est pas le cas d'un ouvrage ou de ceux que tu publies.

Pour Jeannette par exemple, que pouvons nous dire en réaction ? C'est son histoire que tu nous fait vivre... mais que pouvons nous en dire de plus dans la mesure où c'est une vie qui nous est raconté. La seule chose que nous pouvons faire c'est la remarque qui a déjà été faite : vu tes connaissances sur le personnage, aller au delà du blog en vue d'une publication serait une "belle" chose. Mais évidemment, ce n'est pas chose aisée et cela a déjà été évoqué, alors que dire de plus... nous... simples spectateurs et lecteurs.

Joël fauré 12/08/2009 11:05

Merci, Philippe. Mais, tu vois, je déplore le peu d'intérêt qu'il suscite...alors qu'une multitude d'internautes sont connectés... Bah ! C'est peut-être moi qui ne sait pas me mettre en valeur...

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