13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 19:17

Des images saisissantes

L'univers, le caractère, la situation, le personnage de Jeannette Mac-Donald ont tout pour  séduire un créateur. Gilles Favier, jeune photographe, a su entrer dans l'intimité de la dompteuse, au moment où elle se méfiait le plus de ceux qui voulaient donner un reflet de sa vie. Il a pu faire des images saisissantes. Aujourd'hui, Gilles Favier est un photographe réputé, qui travaille a l'agence VU. Trente ans après sa première rencontre avec Jeannette, il se souvient. Il se souvient de "son sale caractère. Elle a été dure à apprivoiser. Elle avait été très échaudée par des gens qui lui avaient fait du mal. Je retiens, dit-il, l'absurde de certaines situations. Un jour, un jeune lion s'était échappé dans les bois. J'ai rameuté des copains et avec des bâtons, nous sommes partis à sa recherche. Nous l'avons retrouvé et ramené dans une 2 chevaux."

Avec Gilles, Jeannette est mise en confiance. Accepté, pénétré dans son antre, il a pu figer sur la pellicule des scènes hors du commun.
Gilles reconnaît que ses travaux sur Jeannette l'ont servi, tant sur le plan humain que sur le plan professionnel.
Lorsqu'il présente ses planches à la rédaction du journal "Libération", qui est l'un des premiers organes de presse à innover, en publiant des photos sous un angle inattendu, l'équipe est "soufflée".

"Libé" n'hésite pas à publier dans son cahier central pas moins de quatre pages sur "Jeannette et ses animaux".

Les photos, en "pleine page", signées Gilles Favier montrent Jeannette, un couteau à la main, s'apprêtant à dépecer un veau ; une hache à la main, débitant des quartiers de viande ; un seau à la main, faisant boire une chèvre ; un biberon à la main, donnant a tétée à un lionceau ; les mains à plat sur une couverture où repose un lion mort ; une cigarette à la main ; et comme dans la chanson de Barbara, "L'Aigle Noir" : Dans ma main, il a glissé son cou" (1), caressant une oie blanche...
"Buzet, écrit Michel Lepinay dans le texte qui accompagne le portflio, est une petite commune de la Haute-Garonne. Pour trouver le zoo à la morte-saison, il faut être du coin. Tous les bois se ressemblent et celui qui l'abrite ne se distingue pas des autres... (...) Puis il évoque les tournées, la gloire, le drame en Algérie. Et il conclut son papier par une phrase sans appel de Jeannette : "Vous savez, s'il ne vient pas de monde cet été, je ne m'en sortirai pas. Vous savez, je préfère crever de faim que de manger une de mes poules. Si je n'ai plus d'animaux, je me fous en l'air."

 


Oui, Jeannette est une "bonne cliente" pour les médias. Pour les faiseurs d'images et de sons...
A quelques exceptions près...

Qu'est devenu ce photographe, dépressif et dépité car Jeannette refusait une interview, et qui m'avait écrit : "Jeannette a tort de ne pas vous confier ses anciennes photos" ?

Quel beau documentaire aurait pu réaliser ce doumentariste qui trouvait le parcours de Jeannette "cohérent", mais qui se heurtait, malgré son insistance, au refus obstiné du sujet !


(1) Bien que, en l'occurrence, et malgré démentis et avis brouillés et divergents, il s'agisse là de l'allégorie du viol de Barbara par son père. 

 

Page une du Cahier central "Jeannette et ses animaux". "Libération" du 29 janvier 1982.
Photos : Gilles Favier. Texte : Michel Lepinay.

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commentaires

AURORA 16/08/2009 02:02

Merci pour cette réponse.
Je ne comprends pas d'ailleurs que ce livre n'ait pas encore vu le jour tant il me semble qu'il pourrait réellement intéresser les éditeurs...

Joël Fauré 14/08/2009 22:45

PS : Merci pour votre fidélité, chère Aurora.

Joël Fauré 14/08/2009 22:38

A dire vrai, lorsque j'étais "dans le cambouis" près de Jeannette, il me paraissait inconcevable de mettre en mots son histoire, d'écrire quelque chose de "solide", tant il y avait de matière.
Malgré tout, j'ai rédigé des "papiers" dans diverses publications pour alerter la "profession" et l'entourage de la dompteuse.
Des velléités d'écriture m'effleuraient, et Jeannette n'a jamais été la dernière à me donner une plume d'une de ses oies.
Je lui ai toujours lu ce que, sur elle, j'avais écrit avant "publication" ici ou là, et notamment la "mini-bio" que le quotidien régional "La Dépêche du Midi" a accueillie (en pleine page !) dans ses colonnes.
Pour "Comme un tableau fauve", j'ai fait, dans la première partie (1918 - 1973), un travail d'historien, enquêté, interrogé des témoins, recoupé... Ce fut passionnant. Et surtout, je me suis défendu de parler de moi (exercice de style !) Je me suis rattrapé dans la seconde partie...
Je crois qu'on ne parle vraiment bien des choses que lorsqu'on s'en éloigne ; que le temps permet le recul et que distance est prise...
Le plus surprenant est que, le point final posé (et il sera bientôt sur ce blog), de nombreuses anecdotes et de nombreux documents ont afflué...
J'ai un peu honte de dire que j'ai pris beaucoup de plaisir à écrire ce texte.
Je reconnais par ailleurs que le "format" blog n'est pas le meilleur véhicule de cet écrit...
Seul un livre, un vrai de vrai, pourrait être le "lieu d'accueil" idéal...

AURORA 14/08/2009 04:15

Et quel beau texte, quel beau mémorial elle vous aura inspiré!
L'a-t-elle su seulement, qu'un jour vous écririez sur elle?
C'est la question qui me taraude...

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