15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 19:58


François de CLOSETS :

   L'ORTOGRAF, KOMAN SA MARCH ?

Les bras m'en tombent. Je tombe des nues. J'y perds mon latin, mon grec, et peut-être bien vais-je aussi y perdre mon français. François de Closets, oui, le François de Closets qui vulgarisait les mécanismes compliqués, les systèmes tarabiscotés, n'est pas homosexuel ! Le "coming-out" qu'il vient de faire (1) -il devait porter ça très lourd comme une navette spatiale sur la conscience- ne concerne pas son "virement de cuti" mais sa nullité en orthographe ! Autrement dit, sa bosse des maths est inversement proportionnelle à son trou de français.
En bon "françois", ça m'en bouche un coin. En mon for intérieur, je m'imaginais l'homme à particule, bien propre sur lui, sourire aux lèvres, grand possédant et sachant, pluriel en toutes disciplines puisque je voyais un "s" clore ses "Closets".
Je comprends mieux maintenant pourquoi je ne l'ai jamais vu en invité "guest-star" à la fameuse dictée de Pivot.
Cet aveu est courageux. Faute avouée est à moitié pardonnée.
Je sais bien que le français est une langue complexe à conduire, bourrée d'exceptions, truffée de chausse-trapes, saupoudrée d'accents tantôt vers la droite, tantôt la gauche -va-t-en savoir ?- , émaillée de cédilles et de trémas, étonnante de toutes ces curiosités, ces "freaks" : les deux "o" d'un shampooing, les "e" dans l'"o" et dans l'"a"...
Sortie élevée d'un socle de connaissances, la filière scientifique, tout aussi difficile à maîtriser, a partie gagnée sur la filière littéraire. Nous le savons. On nous l'a assez asséné, seulement en voulant le suggérer. Nous en avons pris note. Les poètes et les écrivains sont des chercheurs ; les scientifiques des trouveurs. Chrysale contre Galilée fait bien triste figure.
Malgré tout, les multiples tentatives de réforme de l'orthographe ont toujours achoppé devant la beauté du "monstre" : dans sa recension du livre de De Closets, Bernard Pivot écrit : "Le français est une langue difficile à écrire. Faut-il procéder à une nouvelle réforme ? François de Closets en serait un chaud partisan s'il n'était convaincu de son impossibilité. Je suis de son avis. [...] en 1990, lors de la dernière tentative de "rectification" des anomalies les plus criantes (redoublement de consonnes, traits d'union, pluriel de mots composés, etc.). Je faisais partie de la commission ad hoc. François de Closets rappelle que lorsque les conjurés se sont attaqués à l'accent circonflexe, j'ai dit que cette réforme-là ne passerait pas parce que les écrivains y verraient une atteinte à l'esthétique de la langue française. Je n'ai pas été entendu et, de fait, sitôt connues les propositions de la commission, c'est, si j'ose dire, l'accent circonflexe qui a porté le chapeau. Ce refus-là a provoqué le rejet de tout le reste." (2)
Mon cher François, moi qui fus tétanisé à l'idée d'être envoyé au tableau noir résoudre une division à virgule, qui ai quitté l'école en grande partie à cause de la tyrannie des mathématiques ; moi qui avais vraiment envie de vomir avant un cour d'algèbre, je compatis à votre profonde détresse. Mais songez que vous avez assuré le salaire des correcteurs de vos livres, et que les lecteurs de votre "Zéro faute" sauront à quoi s'en tenir : vous avez le grain ; on vous a aidé à le moudre. Yes, you can !

JF


(1) "Zéro faute". François de Closets. Mille et une nuits. 322 p. 20,90 €
(2) "Le Journal du Dimanche". 13 septembre 2009.

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commentaires

Joël fauré 17/09/2009 10:39

Aurora : Je savais que je prêchais une convaincue. Si le Roi devient nu, le roi se mourra.

Chantalou : Merci d'avoir désigné l'horrible faute que j'avais commise : conscience sans "s" (n'est que ruine de l'âme ?) ; faute qui t'a écorché les yeux.

Jeanne : Lorsque j'étais en classe de seconde littéraire, ma prof de math, enceinte jusqu'aux dents et se sachant proche du congé maternité, avait adopté une méthode pédagogique massacrante. Elle emplissait le tableau noir de son long cours-souvenir algébrisé, puis, au petit bonheur la chance, convoquait un élève au tableau effacé pour résoudre un problème. Elle se basait sur sa prestation pour établir les notes trimestrielles. Pour celui qui avait assimilé, c'était du gâteau ; pour les autres (dont j'étais), c'était cacahuète, zéro pointé.
[C'était] le tango du temps des zéros / J'en avais tant, des minces, des gros / Que j'en faisais des tunnels pour Charlot / Des auréoles pour saint-François...
Jacques Brel (Rosa)

jeanne 16/09/2009 16:23

vos frayeurs en maths
me rappellent les miennes
un prof tyranique
horreur je tremblais vraiment...
quand à l'orthographe
j'ai toujours un certain mal..
alors
ne touchez rien syu plé
coucou AURORA

chantalou 16/09/2009 11:25

je suis d'accord avec ton texte, ne touchons pas à notre belle langue française.

AURORA 16/09/2009 03:20

Très belle note: je suis contre toute réforme de l'orthographe. Si cela devait arriver, ce jour-là le Roi serait vraiment nu !

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