7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 19:20

"Un lieu de mémoire (...) va de l'objet le plus matériel et concret, éventuellement géographiquement situé, à l'objet le plus abstrait et intellectuellement construit." (Pierre Nora - "Les lieux de mémoire")

Photo Philippe Covès

La mémoire des lieux


Mon émotion du jour est arrivée tôt ce matin. Elle a pris voix dans celle de Bruno Duvic et sa revue de presse sur "France Inter". L'homme de radio prévient qu'il a trouvé un article passionnant dans "La Croix", que beaucoup ne lisent pas, au prétexte qu'ils ne sont pas allés à confesse depuis belle lurette et qu'ils ne souhaitent pas la porter ; ils ont déjà la leur. Alors que ce journal est de grande qualité, sans sectarisme primesautier. (Je vous conseille particulièrement la "quatre" de couverture de l'édition du week-end : Bruno Frappat écrit une chronique bien sentie et sans embrigadement, assortie d'une délicate et délicieuse illustration d'Annie Goetzinger, toujours ad hoc.)
Or donc, quelle laudes Bruno Duvic a-t-il sonnées ?
Eteint mon poste, station debout (pénible), trajet maison-maison de la presse, paysage de papier parcouru (Mon ami kiosquier me permet de "télécharger" : "Pourvu que vous ne dérangiez pas l'ordre des mots" me dit-il ; le cadre bleu de "La Croix" s'est retrouvé voisin, dans ma main, du losange rouge de "Libération".

C'est page 17 de "La Croix" que je retrouve les mots du speaker. Sous le titre "Internet déplace les murs des monastères" et sous le chapeau "Une trentaine d'abbés bénédictins se réunissent pour réflechir aux enjeux du Web pour la vie contemplative", Céline Hoyeau écrit : "Ebahie, Soeur Marie-Odile retient à peine une exclamation de joie. Grâce à Google Earth et ses photos satellites, la clarisse, qui n'a pas quitté son monastère depuis vingt ans, survole soudain la Bretagne. Et voit apparaître, en zoomant, la maison familiale qu'elle n'a pas revue depuis qu'elle s'est retirée du monde."

Futile nouvelle ? Pas tant que ça, il me semble. Elle résume la mutation d'un monde où "un nouveau rythme de communications et de relations [...] se glisse comme une poussière fine dans le souffle du temps monastique" dit un abbé. (Ibid.) Vous avez vu, Benoît ?

Mémoire des lieux et lieux de mémoire si chers à Pierre Nora, la petite fenêtre ouverte de Soeur Marie-Odile a apporté à mes narines un air vivifiant et parfumé comme la chevelure d'une jolie dame.

JF

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commentaires

lebrac 10/10/2009 10:22


Je vous ne le " parfait " pas dire .
Petit jardin extraordinaire que le vôtre .
Il fleurit au rythme du semis de vos mots le champs clos d'une vie bien ordinaire , la mienne .
Le monde , le monde ... Cette hérésie sublime et funestement périssable dans lequel chacun de nous dépose l'urne anonyme de ses cendres succintes .
Je ne saurais dire lequel de nous deux serait le plus pourpré .
" Monter au front " cette image me donne à méditer qu'il s'agit d'en descendre le moins mort possible . Afin d'éviter la pourpre posthume des honneurs contristés comme des silences d'une minute.


Joël Fauré 09/10/2009 22:07


Lebrac : Le pourpre me monte au front. Mais si mon petit jardin est une étape salutaire pour vous, j'aurais un peu servi dans ce monde qui s'émonde...


lebrac 09/10/2009 19:52


Je ne suis pas mystérieux mais mon âme peut l'être ; ni Cabrel qui appelle à moins de ferveur de ma part que vos écrits que je trouve excellents , fins , documentés ; enrichissants les friches
lointaines et innommables dont je me sens agglomérées depuis les années d'avant ; d'avant ce que je ne suis toujours pas .
Bien à vous .


Joël fauré 09/10/2009 17:23


Aurora : Ce sera fait. Pour celles et ceux qui liront ceci et portent intérêt à cette grande dame :
Elle "conduira" trois "prestations" de "Cérémonies de femme" d'une durée de 20 minutes dans le salon vert du Musée des Augustins de Toulouse, l'une à 22 h, la seconde à 22 h 45, la troisième à 23 h
30, ce samedi 10 octobre.
L'entrée est libre mais attention, la jauge de la salle est petite. Soyez-là en avance ; oubliez le quart d'heure toulousain.


Joël fauré 09/10/2009 17:15


lebrac : Bienvenue ici mystérieux(se) Lebrac. Vous n'êtes pas Cabrel ? C'est son anagramme !...


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