9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 19:00

LES CHÊNES ROUGES DE LUCIEN ONT 20 ANS

 

"Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent."

 

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                         La chênaie de Lucien en 2012. (Photo JF)

 

Nous nous étions, ici-même, promis de nous revoir.1992. 1997. 2002. 2007. 2012. Le compte est bon. Ici-même, défiant le temps, tous les cinq ans depuis vingt ans, nous sommes fidèles au rendez-vous. La chênaie de Lucien, comptable des tempêtes qui ne l’ont pas atteinte, archiviste de miscellanées se prête au jeu de notre toise. Mais pour la première fois, Lucien Sigaudès, "l’homme qui plantait des arbres", nous laissera mesurer seuls. 84 ans aux prochains glands, il a quitté sa propriété des Bardis. "Tu n’auras qu’ dire que je suis en Foyer Logement" depuis 3 mois, glisse-t-il au téléphone, où on l’a joint. Il ne viendra pas sur place pour la photo habituelle. On comprend. Il dit des choses où il est question de coeur. Mais pas de naufrage. On se sent un peu synchrones mais on fait celui qui n’a pas entendu. "Fais-le quand même, ton article, que veux-tu, c’est la vie."

Comme une ironie, le quinquennat politique est venu se calquer sur le quinquennat sylvestre.

Ceinte par des fossés herbeux où s’improvisent, par temps de pluie, des petites cascades, la chênaie est belle, tout en majesté. A l’heure où l’on bétonne à tout va, Lucien a gagné son pari : une oasis. On ne sait si quelque bolet pousse de sa tête têtue l’humus folioté des années. Ce qu’on voit, c’est qu’entre les branches qui s’écartent comme des bras, des ronciers semblent se chercher une identité. Les intrus ! Pour l’instant, pas de trace de gui sur les troncs. Mais à la cime de l’un, comme un mât de misaine, un nid de pie atteste que l’endroit est tout a fait fréquentable. La biodiversité est respectée, cher Lucien. On pourra le confirmer sur les ordinateurs, ceux-là même sur lesquels on voit la chênaie vue d’en haut. C’est très impressionnant. On est comme un petit oiseau... et on voit presque le nid. Eh oui, mon vieux Lucien, il faut vivre avec son temps. Ce qui n’empêchera pas de découper dans "La Dépêche" ce petit carré de journal. Il ira rejoindre les autres dans les archives du souvenir.

Voir "La Dépêche", édition Nord-Est du 2 janvier 1992, 4 janvier 1997, 5 septembre 2002 et 23 octobre 2007.

 

Joël Fauré

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                                                     Le nid de pie (Photo JF)

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L'article publié dans La Dépêche, édition Nord-Est, le 4 février 2012.

 

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