22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 15:29

L'homme qui a planté des arbres

2002. Les chênes de Lucien ont dix ans ! La maquette de "La Dépêche" a changé. Nous aussi.

Il s'est passé dans le monde des évènements historiques. Un monde en mutations se dessine.

C'est ici que nous venons nous ressourcer, comme nous nous l'étions promis.

Réponse au petit jeu proposé hier : c'est Chateaubriand qui a dit : "Les forêts précédent les peuples, les déserts les suivent".
A demain... Autant dire dans cinq ans.


Coupure de "La Dépêche du Midi", édition Nord-Est, 5 septembre 2002

"A l'aube de l'an 1992, Joël Fauré qui n'avait pas encore brûlé les planches de théâtre avec la sève des troubles obsessionnels, s'était penché avec des yeux énamourés sur l'initiative de Lucien Sigaudès qui avait planté 3 000 arbustes sur 3 hectares d'un terrain au lieu-dit "Les Bardis".
Joël Fauré rendait hommage à Lucien, paysan-poète : "Il ressemble un peu à un arbre : quand il déplie sa haute stature, il a la sveltesse du peuplier et la force tranquille du chêne. Et le bois travaille Lucien qui l'a travaillé, en bon menuisier, toute sa vie durant."
Notre chroniqueur sylvestre avait rendu à nouveau visite à Lucien "libre en chênaie" au début de l'année 1997. Et il notait : "Si la chênaie n'est pas encore futaie, elle reste à découvrir... Lucien est heureux. Ses feuilletés qui vont croissant le comblent d'aise."
Revoilà Joël Fauré, au sommet de sa forme et aux pieds des chênes qui nous livre ces observations :
"Pour que les doigts parviennent à faire le tour des troncs, il faut avoir de longues mains... Les plants que Lucien avait délicatement posés, ce sont des I majuscule coiffés de points fantaisie, qui moussent et qui moutonnent vers le ciel... "Pas un enfant des chaumières qui glane sur les bruyères le bois tombé des forêts" en vue mais des petits grimpants plus vite qu'hier, s'accrochant aux branches où le vent susurre des mélodies à la mode.
Pour l'instant, pas de sente ni de champignonnière. Au mieux quelque trace de sauvagine. Et peut-être, sur un tapis de feuilles, des promesses de rendez-vous tendre ey d'amours passagères entre coquins de garenne.
Sur les bords de Garonne, les saules pleureurs ont pleuré toutes les larmes de leur corps. Le 21 septembre (1), les chênes de Lucien ont frémi de toutes leurs feuilles...
Mais Lucien, philosophe et sage, rassure. Il ne souhaite que des bons voeux, et des jonchées de feuilles pour des mariages heureux.
Un vibrato ondule alors la terre qui s'assouplit sous le pied du promeneur : "le bonheur est dans le pré, cours-y- vite, il va filer."

(1) Jour de l'explosion de l'usine AZF à Toulouse.

Lucien, à l'orée de sa chênaie. Août 2002. Photo JF.

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commentaires

Joël fauré 23/10/2009 14:30


Aurora, Jeanne : Je suis persuadé que Paul, Georges (et les autres...) auraient trouvé dans la chênaie de Lucien une généreuse moisson de mots. Un seul exemple ?
"Car j'ai marché par les chemins de la forêt...
Et j'ai cueilli, en passant, à l'automne qui dort, le bouquet des trois feuilles d'or" (Réminiscence scolaire... Merci, madame l'institutrice... de m'avoir présenté les poètes...)


jeanne 23/10/2009 13:04


belle citation de georges aussi
qui aimait tant les arbres
comme nous
comme nous...
ils sont beaux les chênes de lucien...


AURORA 23/10/2009 00:56


Ah! La belle citation du "Le Bonheur" de Paul Fort!
Un vibrato et un trémolo donc car ce poème simple, si bien mis en valeur ici, a toujours été l'un de ceux qui m'émeuvent le plus...


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