22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 17:38

               BREL, POSTE RESTANTE

"Mais le temps que s'allume
L'idée, sur le papier
Le temps de prendre une plume
Le temps de la tailler
Mais le temps de me dire
Comment vais-je l'écrire
Et le temps est venu
Où tu ne m'aimais plus"

Jacques BREL, "Chanson sans paroles"

Que l'on disserte aujourd'hui sur Brel, que l'on dissèque son oeuvre n'est pas gênant en soi. Ce qui l'est plus, c'est le caractère que revêt parfois cette manoeuvre. Si l'acte est dicté par une tension émotionnelle, il me semble posé est pardonné. Être sous le regard et l'appréciation des autres est l'un des statuts de l'homme populaire. Populaire, Brel le fut, certes, non pas comme une vedette adulée des masses -à ma connaissance, Brel n'a jamais lancé sa chemise en pâture au public- mais en tant que tribun. "Mes chansons me permettent d'exprimer certaines de mes indignations" se plaisait-il à dire. Il est très possible que le public ait trouvé en cet homme un "miroir familier" qui réflechissait certaines images et certains lieux communs...

Aborder des thèmes éternels, qu'il fut un des rares à savoir transcender était pour lui, au vu et au su de tout un chacun, vital. "Un jour, je pourrai m'arrêter de chanter, mais je ne m'arrêterai pas d'écrire." Il faut dire que les sources auxquelles cet assoiffé puisait son inspiration étaient intarissables : l'humain est démesurément grand et il en jaillit sans cesse du feu, de la sève, de l'eau et du sang et de la liqueur lacrymale et féconde. Lui, brave scribe, trempait sa plume dans l'encrier de sa sueur et écrivait...

En retour, il ne réclamait pas de réaction photo-sensible.

Brel fut avant tout un maçon instinctif façonnant sans cordeau ni fil à plomb des monuments intemporels dédiés aux choses de la vie.

Combien brûlent de lui dire aujourd'hui "Vous aviez raison" ou "Vous aviez tort", ou encore "Votre cathédrale de tendresse, elle tient toujours debout" ou  "Tous les matins, nous passons devant votre maison avec des tas de fenêtres" ?
J'ai donc tenté d'imaginer une correspondance fictive émanant d'êtres qui auraient ressenti la nécessité, sous le joug d'un souvenir personnel ou sous l'impulsion d'un mouvement de poésie, d'écrire à un homme tel Jacques Brel.

Joël Fauré

Demain : le marchand de couleurs.

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commentaires

jeanne 23/03/2010 16:38


j'aime cet homme
brel jacques
jamais vu sur scène et c'est regrets
ces paroles toujours correspondent à un moment
à une pensée qui peut me traverser
bises


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