10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 18:59

img554.jpg                                      Fac-similé "Lire aux cabinets". Henry Miller. Folio.
            "MERDRE" ALORS !

Allons, ne pensez surtout pas que ce blog devienne scatologique. Je "nourrirai" même jusqu’à une sorte d’aversion vis-à-vis du vocabulaire tournant autour des excréments. Je me suis arrêté à une devinette, du temps de l’oralité, avant qu’elles ne perdent, sur Internet, tout leur effet et tombent à plat sur :

"Savez-vous pourquoi il ne faut pas déféquer sur une voie ferrée ? Car la matière fait cale (fécale)."  ou encore celle-ci, que je tiens d'un mien ami : "Les pigeons : la fiente. Le vaches : la bouse. Les mouches : les pets. Les chiens : les crottes. Moralité : chacun sa merde !"

J’ai applaudi la trouvaille d’Alfred Jarry, qui a habilement recyclé cette matière dernière lorsqu’il a placé dans la bouche de son Père Ubu le mot "merdre".

J’ai lu le mythique "Lire aux cabinets" d’Henry Miller, et passé bien du temps à mettre sa proposition en pratique...

J’ai entendu à la radio, aujourd’hui-même, cette citation de Dario Fo :

"Nous sommes dans la merde jusqu’au cou. C'est pour ça que nous marchons la tête haute."

Et c’est pas plus tard qu’hier que je suis tombé sur un étron qui est devenu pépite de langage, de sens, dans un texte court et dense, fort bien "senti".

Il est écrit par Clara, dont les fidèles de ce blog peuvent lirent les commentaires.

Deux mots sur Clara. Clara est une chanson de Brel et de Chamfort. Mais pas seulement. Clara est un abîme et un abysse, en quête de dards et de jets puissants, de saillies et de "sexitude" non formatée. Clara n’aime pas l’eau tiède.

Son texte, que je souhaite vous faire partager, aurait pu être écrit par Lawrence d’Arabie, qui ne souhaitait rien d’autre qu’effacement masochiste alors qu’il menait un gigantesque combat.


Ce texte, le voici :

 

A nouveau anéantie.

Plus rien.

Un rebut. De la merde.

Même pas. Car la merde, ça se ramasse, se jette, s’enjambe...

Il y a action vis-à-vis d’elle. Il y a regard, au moins de pas marcher dedans.

Moi, rien.

Je n’existe pas.

Juste "rien".

Un rien qui pèse des tonnes.

 

Clara

JF

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commentaires

C

Merci.
Que j'aimerais plus encore,aimanter celui qui m'a attacher et qui me prive de respirer...


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J

ce "rien" qui respire
qui pèse des tonnes
est attachant aimant


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A

J'aime ces mots de Clara.
Merci de nous les avoir "offerts" pour nous permettre de le lui dire, ici chez vous...


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A

De par ma chandelle verte je viens de l'acheter !!


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A

De par ma chandelle verte, je viens de l'acheter !!! mais ne l'ai pas encore lu...


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