4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 20:58

Les mains de Claude Lévi-Strauss. Décembre 2004. Photo (Détail) Stéphan Gladieu.

       Cent ans de tropitude

Je ne vais pas y aller de mon clairon, que j'emboucherai trop mal, pour le concert donné en hommage à Claude Lévi-Strauss. Il n'était pour moi, hier, à la même heure, je l'avoue en toute humilité, qu'un nom, grand assurément, mais dont j'aurais eu du mal à dire quel homme il identifiait. Je connaissais un peu mieux celui qui s'était assis sur le même fauteuil, le 29e, à l'Académie Française : Henry de Montherlant.
Sa longue vie et ce qu'il en fit me sont donc parvenus en troupeau serré aujourd'hui, par transmission livresque.
"L" plus que "S" dans mon parcours scolaire, je retiens de ce jeune centenaire -car le temps qu'il fait aujourd'hui, désordonné et pathogène, va paradoxalement en accorder beaucoup plus (du temps), aux génies comme aux médiocres- qu'il a trouvé une "grille de lecture" de quelque chose d'assez important : l'homme.
Les mots que je lis sur Lévi-Strauss sont couillus : géant, monument, référence, maître à penser, le plus grand anthropologue...
Anthropologue, je m'amuse à l'être quelquefois quand j'observe les gens. Et parce que j'ai compris le sens du mot.
Mais je bute sur "structuralisme", et j'ai beau faire appel à quelqu'un dont le nom plaît au fétichiste, Ferdinand de Saussure, un maître en la matière, le "monstre" va rejoindre les mots "paradigme", "artefact", "spécieux", cent fois consultés dans le dictionnaire, cent fois impénétrables.  Pour ce qui est de "tropisme", ça y est ! C'est rentré ! "C'est un truc qui pousse à faire quelque chose". La réaction émue après la mort de Claude Lévi-Strauss par exemple, en est un.

Où d'autre que dans ce "Journal Extime" aurai-je pu dire ces lacunes ?
"Quand je me regarde, je me désole. Quand je me compare, je me console." Avouer son inculture, ses incertitudes, est-ce peut-être là un acte de bravoure ?

 

JF

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commentaires

Joël Fauré 08/11/2009 22:17


JLG : Je ne connaissais en fait pas grand chose, sinon rien, de cet homme, mais quelque chose me disait qu'il fallait que le salue. A ma manière...
Aujourd'hui, dans "Le Journal du Dimanche", Laure Adler (dernier livre paru : "Les femmes qui aiment sont dangereuses") écrit : "Je relis la fin de "Tristes tropiques" : "Le monde a commencé sans
l'homme et il se terminera sans lui. Les institutions, les moeurs et les coutumes que j'aurais passé mon temps à inventorier et à comprendre, sont une efflorescence passagère d'une création par
rapport à laquelle elles ne possèdent aucun sens sinon celui de permettre à l'humanité d'y jouer son rôle."


JLG 07/11/2009 17:56


Oui c'est sans doute de la bravoure et de l'humilité - dont acte -
Qui connait en fait si bien le père "spiritueux" de Lacan et surtout le chemin de toutes ces années qui l'ont mené à atteindre un siècle de regards qui se lissent dans ses mains arthritiques...
Merci de cet hommage incertain, mieux que celui que je n'ai même pas su écrire.


AURORA 06/11/2009 02:41


Joël, je voulais seulement vous faire sourire en rebondissant non sur le fond de votre texte (l'ayant déjà traité chez moi et vous, m'y ayant commentée) mais sur la situation que vous évoquez,
lorsque celle-ci surgit quand l'on doit obligatoirement répondre à une phrase dont le sens d'un mot nous échappe complètement...


AURORA 06/11/2009 02:39


Joël, je voulais seulement vous faire sourire en répondant non sur le fond de votre texte (l'ayant déjà traité chez moiet vous, m'y ayant commentée) mais sur la situation que vous évoquez lorsque
celle-ci surgit quand l'on doit obligatoirement répondre à une phrase dont le sens d'un mot nous échappe complètement...


Joël Fauré 05/11/2009 22:20


Aurora : "C'est pas faux", moins médiatique a dit la camarde...

Jeanne : La photo pose la loupe sur l'ethnie, avec tout ce que cela suppose de commun pour toutes...

Lebrac : Ainsi nous pourrons lire "en double aveugle" et nous comparerons...
Amitiés.

Clara : Acte d'humanité. Quand l'homme n'est pas un loup pour l'homme.


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