17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 17:42


Source : DR

              LA SNCF PREND LA TETE


Mais que s’est-il donc passé dans la tête des publicitaires chargés de promouvoir notre bonne vieille société ferrugineuse ? Trop de matière grise les a-t-il fait dérailler ?

Que dit le placard, actuellement ouvert dans les journaux ? Ceci : 800 000 cerveaux valent mieux qu’un" en très gros et en très gras et en très gris foncé pour ne pas dire "noir Soulages", le chiffre seul colorisé comme on l’aurait fait pour un vieux film en noir et blanc. Suit : Tant qu’à faire un site pour vous autant le faire avec vous. Chaque jour, vous êtes 800 000 utilisateurs à vous rendre sur voyages-sncf.com. Et parce que votre avis nous est précieux, nous avons mis en place :
- La Love team, une équipe spécialement dédiée à votre écoute, qui repère vos poblèmes d'utilisation personnels et apporte des améliorations constantes sur le site.
- Le Lab, pour vous permettre de tester en avant-première les nouveaux services du site et recueillir vos avis."

Et c’est signé : "Voyages-sncf.com" assorti du slogan "Plus loin que vous ne l’imaginez."


Il peut tout sortir d’un crâne, des humeurs aqueuses aux humeurs pécantes. Des idées géniales aux idéologies meurtrières. N’est pas Minerve qui veut qui sort du crâne de Jupiter, Jupiter dont la productive anatomie présente aussi des cuisses d’où certains prétendent être issus.

"800 000 cerveaux valent mieux qu’un. Donnez-nous votre avis." L’invite est de taille mais elle est effrayante. Et peut-être vaine. Reste-t-il encore "du temps de cerveau humain disponible", depuis qu’une célèbre boisson gazeuse l’a phagocyté", selon le bon vouloir d’un Président-Démiurge-Général d’une grande chaîne de télévision ?

Ne regardant la télévision que lorsque j’y passe, et une fois le mot "cerveau" posé sur la table -le mien, bien que truffé d’une multitude d’obsessions et de compulsions, comme un rôti copieusement aillé- j’ai mordu à l’hameçon, et pour mieux faire avancer les trains, les faire partir et arriver à l’heure, j’ai contribué à la construction du site.

J’ai donc pianoté sur l’adresse indiquée et marqué :

"Afin de répondre favorablement à votre demande, je vous saurai gré de bien vouloir m’éclairer sur les énoncés du problème que vous nous soumettez. "Love team" et "Lab", késaco ? Lol mdr. ;-). Une orgie au CNRS ? Une partouze dans une cellule de crise ? Une partie de jambes en l’air dans mon laboratoire d’analyses médicales où je possède ma carte de fidélité ? Une bonne fellation dans le salon "Avale" de la "Maison Blanche" ?

A vous l’honneur ! Il reste 799 999 jus de crâne à récolter.

 

JF

PS : [Celles et] ceux qui m'aiment prendront le train.

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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 16:47


Audrey Tautou. Photo DR.
        UNE MOISSON DE POUPEE
 


"Une femme fait ou défait une maison"
. Facile, pour le mauvais échotier, d'amorcer, avec ce proverbe, ce qu'il va dire.

"Qui a deux femmes perd son âme. Qui a deux maisons perd la raison." Facile aussi, de reprendre l’exergue des "Nuits de pleine lune", du déjà regretté Eric Rhomer..

Moins facile de parler de mon vieil ami norvégien Henrik Ibsen, dont je n’ai jamais su si c’était par paresse ou par snobisme qu’on l’appelait Ibsen. Sa "maison de poupée" en a fait un fameux architecte, et il est heureux de savoir que son théâtre n’a pas une seule fissure, et que le toit ne prend pas l’eau.

Dans cette maison, Nora, une poupée, comme Agnès dans "L’Ecole des femmes" de Molière, fait des bêtises quand son mari n’est pas là ... Je vous résume, pour faire court. Enfin, ce ne sont pas tout à fait des bêtises, puisque des "Nora" et des "Agnès", il en reste encore -et au XXIème siècle- et ces soumises-là aux ukazes de leurs "gentils" maris, élevées comme dindes en batterie, pensent bien faire par pure naïveté.

A lire la presse, on apprend, avec des variantes, que deux, trois, quatre ou cinq "maisons de poupées"(1) seront montées cette saison par le Théâtre Français. Un lotissement !

Celle dont j’ai vu les fondations et la principale habitante était dans "Le Journal du Dimanche" d’hier. La mise en scène est signé Michel Fau et Nora interprétée par Audrey Tautou, dont la destinée est fabuleusement attachée à une Amélie Poulain comme on en voudrait à la place des médiateurs et des conciliateurs de justice.

Audrey Tautou est une bonne comédienne. Sera-t-elle une bonne actrice ? Il faudra entrer dans sa maison et dans sa pièce qui se joue au Théâtre de la Madeleine, à Paris.

A-t-elle le trac ? Elle préfère ne pas trop y penser, dit-elle au "JDD". Et Jean-Pierre Jeunet, interrogé, la blinde d’une jolie formule "Audrey ? C’est un tank dans une théière de porcelaine." Le pendant du "ruban autour d’une bombe" d’André Breton qualifiant Frida Khalo.

"Cadet Rousselle a trois maisons...." Facile, de terminer ainsi.

 
JF

 
(1) Mon ami Israël Horowitz ("Le premier", "Le baiser de la veuve") a coutume de dire : "Partout où l’une de mes pièces est jouée, j’ai une maison".

 
A lire :

"Une maison de poupée" (Henrik Ibsen). En poche, chez "Lgf" ou "Flammarion", à prix modique.

 

 
Théâtre Ibsen de Vienne
Lithographie de Frank Wedekind (1898) 

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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 18:59

img554.jpg                                      Fac-similé "Lire aux cabinets". Henry Miller. Folio.
            "MERDRE" ALORS !

Allons, ne pensez surtout pas que ce blog devienne scatologique. Je "nourrirai" même jusqu’à une sorte d’aversion vis-à-vis du vocabulaire tournant autour des excréments. Je me suis arrêté à une devinette, du temps de l’oralité, avant qu’elles ne perdent, sur Internet, tout leur effet et tombent à plat sur :

"Savez-vous pourquoi il ne faut pas déféquer sur une voie ferrée ? Car la matière fait cale (fécale)."  ou encore celle-ci, que je tiens d'un mien ami : "Les pigeons : la fiente. Le vaches : la bouse. Les mouches : les pets. Les chiens : les crottes. Moralité : chacun sa merde !"

J’ai applaudi la trouvaille d’Alfred Jarry, qui a habilement recyclé cette matière dernière lorsqu’il a placé dans la bouche de son Père Ubu le mot "merdre".

J’ai lu le mythique "Lire aux cabinets" d’Henry Miller, et passé bien du temps à mettre sa proposition en pratique...

J’ai entendu à la radio, aujourd’hui-même, cette citation de Dario Fo :

"Nous sommes dans la merde jusqu’au cou. C'est pour ça que nous marchons la tête haute."

Et c’est pas plus tard qu’hier que je suis tombé sur un étron qui est devenu pépite de langage, de sens, dans un texte court et dense, fort bien "senti".

Il est écrit par Clara, dont les fidèles de ce blog peuvent lirent les commentaires.

Deux mots sur Clara. Clara est une chanson de Brel et de Chamfort. Mais pas seulement. Clara est un abîme et un abysse, en quête de dards et de jets puissants, de saillies et de "sexitude" non formatée. Clara n’aime pas l’eau tiède.

Son texte, que je souhaite vous faire partager, aurait pu être écrit par Lawrence d’Arabie, qui ne souhaitait rien d’autre qu’effacement masochiste alors qu’il menait un gigantesque combat.


Ce texte, le voici :

 

A nouveau anéantie.

Plus rien.

Un rebut. De la merde.

Même pas. Car la merde, ça se ramasse, se jette, s’enjambe...

Il y a action vis-à-vis d’elle. Il y a regard, au moins de pas marcher dedans.

Moi, rien.

Je n’existe pas.

Juste "rien".

Un rien qui pèse des tonnes.

 

Clara

JF

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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 19:38

 

      OU L’ON APPREND L’EXISTENCE

           DE BOBBY RANDECONEUX

Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Me voici bidonnant sur mon ventre bedonnant à la Ubu,  trouvaille de mon vieux copain potache Alfred Jarry... Cornegidouille !

De par ma chandelle verte, que fièvre me mine et qu’un mal me broie si mon amusement est feint. D'où vient cette hilarité ? D'ici : "Bernard-Henri Lévy s’est fait piéger en citant dans un livre Jean-Baptiste Botul, auteur qui n’a jamais existé" écrit Libé, juste après "Canular" en caractères gras "lie de vin" page 27 aujourd’hui. L’information s’est répandue comme lave en fusion. Une bonne fois pour toutes intégrée et actée cette belle invention de Frédéric Pagès, journaliste au "Canard Enchaîné" et agrégé de philosophie, et après m’être (re)percuté, du côté de la rue d’Ulm sur un philosophe sur qui il ne fallait pas compter pour animer les réveillons, Louis Althusser pour ne pas le citer, (Lire sur ce présent blog "Carnets"), mon hésitation d’un instant  à faire des choux gras assez faciles en cette tribune n’a pas fait long feu. Des mots affluaient à foison et c’était l’occasion rêvée de vous révéler enfin l’existence de Bobby Randeconeux. (Prononcer "Rang de Cône").

Si Jean-Baptiste Botul est tombé de branches imaginaires, Bobby Randeconeux, que j’ai la chance de très bien connaître, est un homme de l’ombre, en nul endroit répertorié, qui gagne pourtant à être connu. En un mot comme en mille, c’est un génie malmené. Comme il n’est pas homme de réseau, mais laborieux pagayeur en rivières souterraines, il y a fort parier que son nom restera plus longtemps imprimé sur l’annuaire téléphonique que sur les gazettes prescriptrices. Homme de lettres tourmenté, il se dit dramaturgiste et non dramaturge parce ce que "dramaturge, ça rime avec urge et Panurge, alors que dramaturgiste, ça rime avec métallurgiste et sidérurgiste". (1) On voit où on est ? Son sens de la formule, sa fausse fatuité, ses excès et démesures, sa vie tout entière et  son appréhension -dans TOUS les sens d’appréhender- en font un être atypique.

Si Bernard Henri-Lévy tombe sur ces lignes, je lui conseille vivement de s’intéresser d’un peu plus près à ce mystérieux Bobby Randeconeux. (2) Il y a de la matière et il ferait oeuvre utile en extirpant de son magma un homme rare et utile qui, comme Mozart, demande qu’on l’aime un tout petit peu, et alors il pourra émerveiller. Je me tiens  à sa disposition pour la prise de contact.

 

JF

(1) "Les cahiers d' "Ecoute s'il pleut" , Avril 1998
(2) "Mon patronyme peut paraître ridicule, mais il est ainsi inscrit sur les registres de l'Etat-Civil." (Bobby Randeconeux in "Les Cahiers d' "Ecoute s'il pleut", Avril 1998.

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 19:28

img550Georges Wilson (à gauche), Michel Bouquet et Rufus dans "En attendant Godot" de Samuel Beckett, dans la Cour d'Honneur d'Avignon, en 1979. (Photo DR)

"ESTRAGON : Endroit délicieux. (Il se retourne, avance jusqu'à la rampe, regarde vers le public.) Aspects riants. (Il se tourne vers Vladimir.) Allons-nous en.
VLADIMIR : On ne peut pas.
ESTRAGON : Pourquoi ?
VLADIMIR : On attend Godot.
ESTRAGON : C'est vrai. (Un temps.)
Tu es sûr que c'est ici ?
VLADIMIR : Quoi ?
ESTRAGON : Qu'il faut attendre.
VLADIMIR : Il a dit devant l'arbre. (Ils regardent l'arbre.)
Tu en vois d'autres ?
ESTRAGON : Qu'est-ce que c'est ?
VLADIMIR : On dirait un saule.
ESTRAGON : Où sont les feuilles ?
VLADIMIR : Il doit être mort.
ESTRAGON : Finis les pleurs."

En attendant Godot (Samuel Beckett)
  

            IL AVAIT ATTENDU GODOT

 

En s’éteignant hier à l’âge de 88 ans, Georges Wilson, l’une des grandes figures du théâtre français, c’est tout le quatrième mur du théâtre qui se trouve ébranlé.

Georges Wilson, c’était une gueule et une voix -pour une diction parfaite, il s’entraînait en répétant des "Am - ster - dam"- au service des plus grands auteurs.

Comment, en cette pénible circonstance, ne pas évoquer Jean Vilar, l’homme qui a sorti le théâtre du carcan élitiste où il était à l’étroit et lui a fait prendre l'air ?

Et comment, à titre personnel, ne pas penser plus que jamais à mon grand ami Roger Borlant, 81 ans aux prochaines cerises, élève de Vilar, éloigné de l’art dramatique trente ans durant -quelle hérésie, Roger !- qui a endossé avec superbe et panache, le rôle de mon "Personnage Tout Rouge" de papier. (1) Personnage  à qui il a donné une incarnation et une épaisseur remarquables.

Comment ne pas mesurer la chance, le privilège d’avoir eu, vu, entendu, tout orgueil déployé et revendiqué, un acteur de cet ordre emboucher les mots qu’on a fait se toucher les uns avec les autres sans bien savoir comment ?
Comment contenir la joie aux larmes d’avoir, au téléphone, dans le lobe de mon oreille, pas plus tard qu’il y a deux semaines, le timbre clair de Roger me dire :
  "Je ne voulais pas monter sur scène (2) sans savoir comment tu allais, sans t’avoir parlé, sans avoir entendu ta voix" ?

Orgueilleux, peut-être,  suis-je, cher journal ? Sans doute. Orgueilleux mais heureux.


Et puis Brel lui-même n’a-t-il pas dit, lorsque Franck Sinatra a interprété "Ne me quitte pas" : "Nous avons tous un bon fond de vanité" ?

 


JF

 


(1) Le texte du "Personnage tout Rouge" est publié sur ce blog.

(2) "Je me révolte, donc je suis" la Cave-Poésie de Toulouse.

img551

Coupure de presse "La Dépêche du Midi" - Critique de la pièce "Orbe" (Le Personnage Tout Rouge)
En photo : Roger Borlant.
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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 21:30
img548.jpg

                                Hors-série du "Figaro". Fac-similé. En vente actuellement.

             LETTRE OU NE PAS L'ETRE

S
i ce "piqué à cheval" pour les mordus des lettres, cet hors-série du "Figaro", -auquel j'ai seulement décollé l'affreuse pastille racoleuse qui, en voulant servir de mouche (de burqa ?) à ma grande amie George Sand la masquait (5€,90 seulement. 300 jeux sur la littérature française pour apprendre en s'amusant) pour l'appliquer en "quatre de couv" sur la face d'une jeune pousse en pose de promotion, ayant encore tout à prouver pour atteindre la postérité ; si cet opuscule vous séduit comme il m'a séduit, au point de délaisser un instant mon ouvrage de fonctionnaire "en sursis", potentiellement licenciable par le fait du prince, alors, vous serez une femme ou un homme heureux.
"La littérature prouve que la vie ne suffit pas" a dit mon vieil ami Pessoa.

JF

Extrait. (Page 16)

Identifiez la citation correspondant à chacun des romans [de Georges Perec] suivants :

La Disparition, La vie, mode d'emploi, Les Revenentes.

a. "La sallle de bains attenant à la chambre du Docteur Dinteville. Au fond, par la porte entrouverte, on aperçoit un lit couvert d'un plaid écossais, une commode en bois noir laqué et un piano droit dont le pupitre porte une partition ouverte : une transcription des Danses de Hans Neusiedler." : .......................................................

b. "Telles des chèvres en détresse, sept Mercedes-Benz vertes, les fenêtres crêpées de reps grège, descendent lentement West End Street et prennent senestrement Temple Street vers les vertes venelles semées de hêtres et de frênes..." : ...................................

 

c. "Anton Voyl n'arrivait pas à dormir. Il alluma. Son Jaz marquait minuit vingt. Il poussa un profond soupir, s'assit dans son lit, s'appuyant sur son polochon. Il prit un roman, il l'ouvrit, il lut ; mais il n'y saisissait qu'un imbroglio confus, il butait à tout instant sur un mot dont il ignorait la signification." : .................................................

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 17:28

Je dédie ce texte à A., à B., à C., à D., à E., à F., à G., à H., à I., à J., à K., à L., à M., à N., à P., à Q., à R., à S., à T., à U., à V., à W., à X., à Y. et à Z.  (Que ceux que j'ai oubliés me pardonnent.)   

img547                                              Photo  (Détail) Philippe Wojazer / Reuter.

            
          NOCES DE CUIR A L'ELYSEE


N
icolas Sarkozy offrira-t-il à son épouse une paire de cuissardes en cuir d’agneau ? Le geste ne serait en rien déplacé et ses plus féroces contempteurs se verraient retoqués : c’est en effet en ce jour de la Chandeleur l’anniversaire des noces de cuir de Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bosca, né le 28 janvier 1955 à Paris (17e), ci-devant Président en exercice de la République Démocratique Française et de Carla, Gilberta Bruni Tedeschi, née le 23 décembre 1967 à Turin (Italie), chanteuse et mannequin. Voici pour l’information officielle.

Qu’il me soit permis de confier à mon journal extime, et seulement à lui, les quelques réflexions que m’inspirent -outre le fait que le temps passe vite- ces deux ans pleins où Chouchou et Carlita ont uni leurs destinées et sans doute autre chose que "rigoureusement ma mère m’a défendu de nommer ici".

Il nous a été donné de suivre, passifs, la rencontre dans un Lunapark que n’aurait pas renié Hitchcock pour un remake de "L’homme qui en savait trop", "l’annonce faite à Gilberta", l’idylle, la demande en mariage, le sérieux de cette demande dûment "Youtubisé" et versé à l’INA, le mariage, la lune de miel, tout le bonheur du monde cristallisé.

Celles et ceux qui ont lu mes "carnets" ici-même savent "le malheur, le deuil et la souffrance / Et l’angoisse et la guigne et l’excès de l’absence / [...] l’abîme obèse où gît la maladie / et le temps et l’espace et les torts de l’esprit" qui furent et demeurent miens, empruntés pour la circonstance mon grand ami Raymond Queneau (1).

Qu’est-ce dire ? Dire que je suis jaloux ou aigri me desservirait encore un peu plus et écarterait mes semblables. Dire, à la manière de Felix Leclerc que "quand je vois une fontaine ou fille / Je fais un grand détour ou bien je me ferme les yeux." ?

Redire le leitmotiv authentique et vérifiable :

Repenser au conseil donné dans les cliniques psychiatriques, et principalement, la mienne, là où j’ai mes habitudes ; où , immanquablement, des couples se forment et se déforment ; conseil que feraient bien de suivre Chouchou et Carlita : "Si vous souhaitez faire un petit bout de chemin ensemble [NDA : j'utilise un euphémisme], faites le discrètement  : il y a plein de gens dans la misère sentimentale [ NdT : sexuelle] et la carence affective."

La dernière belle histoire en date -la plus douloureuse- est venue confirmer la malédiction et remplir de tessons ma tête, alourdie de chagrin. "Aujourd’hui bien lassé par l’heure qui s’enroule / Tournant comme un bourrin tout autour du cadran / Permettez, mille excuses ce crâne -une boule- / De susurrer plaintif la chanson du néant." (1)

Et pourtant, allez donc y comprendre quelque chose, j’ai tant d’amour et de tendresse à donner. Mais je ne suis pas investi de pouvoir et ne fréquente pas les Lunapark.

Non. Ne pas dire, redire et ressasser tout cela.

Mais n’y ai je pas droit, journal, moi aussi,  à ma part de bonheur, même s'il n'est pas parlécritradiodiffusé ?

Mais le temps passe. Et après le cuir, il y a le froment, puis la cire, puis le bois, puis le chypre, puis la laine... Je m’en tiendrai là ... J’ai entendu à la radio ce matin que les "couples qui duraient étaient ceux qui acceptaient la mortalité."... J’ai aussi entendu que "pour se marier, il fallait être deux et pour le rester, il fallait être trois."

Carla Bruni-Sarkozy offrira-t-elle à son époux un slip en cuir de kangourou ?

Elle ferait bien de lui offrir aussi le "Grevisse", "Dictionnaire des difficultés du français" ou encore "Le Bon usage de la langue"(pour celle de bois, il n'y aura pas à attendre 5 ans !) pour que notre petit Nicolas commette moins de "cuirs", qui sont des erreurs de langage, des liaisons mal-t-à-propos... A propos de bottes bien entendu !

 

  
JF

(1) Je crains pas ça tell'ment (Raymond Queneau)

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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 17:05

                  A la page

Nous nous délectons, tous les matins, mon kiosquier et moi à lire et commenter les savoureuses considérations que ce bas-monde génère, et qu’Alain Rémond va chercher dans ses plis pour les mettre en relief, l’humour et l’absurde pas de sitôt divorcés, dans son billet du quotidien "La Croix". Sa plume alerte et son trait tantôt ironique, dubitatif, volontiers espiègle, souvent bon joueur et surtout jamais méchant alimente notre petit commerce oratoire, auquel nous invitons aussi Raymond Devos, Pierre Dac et Courteline.

Or, voici qu’en ce premier jour de février, le petit cadre en haut droite de 11 cm 5 mm de long et 6 cm 7 mm de large (sauf exception, comme ce jour), soit une superficie de 77, 5 cm² avec (o)pignon sur rue nous a donné la même fièvre, et la même frustration que la NASA, dont il est question ; NASA à qui Obama a demandé de ne plus mettre un pied sur la lune.
Pour être plus amplement informés, une indication en italique et entre parenthèses nous renvoie en page 5 du quotidien. (lire en page 5). Ce que nous n’avons pas manqué de faire. Mis en orbite, nous avons donc feuilleté le quotidien. Las ! parvenus sans encombre à destination, point de "coeur de cible."
"Quel farceur cet Alain, il nous a posé un lapin". En explorateurs, pionniers et défricheurs, dans le cosmos intergalactique des papiers, entrefilets, articles, encadrés, nous avons eu la présence d’esprit de tourner une page. La six. Bien nous en a pris. "Les Etats-Unis renoncent à retourner sur la lune" était en son "ventre," et nous aurions pu nous taper dessus, avec par dessus le marché le rire du "Sergent"(Denis), signataire du papier.

Mon ami kiosquier et moi nous sommes dit que nous étions bien peu de chose perdus dans l’univers, et que pour effectuer "des visites de plus en plus lointaines a des astéroïdes ou à des points stratégiques de la lointaine banlieue terrestre" sans trop s’égarer, mieux valait utiliser fusées et capsules pour aller sur Mars ou sur la lune que le "chemin de fer" d’un journal pour aller à proximité. "Il faut tourner la page" chante Nougaro.

Quand à Obama, il serait peut-être opportun de lui soumettre l’idée qu’il revoie sa copie.

 
JF

img546

                                                 Le billet d'Alain Rémond
                                                 "La Croix" Lundi 1er février 2010.
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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 21:26

A A.

                                 
BDSM soumission: En bas et talons hauts.
Photo Aurora.                                                                                                 

            Battement d'ELLE

ELLE n'est pas de celle qui va à AUCHAN le samedi après-midi, à dix-sept heures.
ELLE n'est pas de la masse moutonnière.
ELLE n'est pas de la majorité silencieuse, mais de la minorité agissante.
Si ELLE est Eva, ce n'est pas la BRAUN, mais la PERON.

Son esprit et son corps ne sont pas divorcés.
Ses convictions sont bien ancrées.
Je regrette de ne pas l'avoir connue sur tin en radoub.
Je la connais en goëlette,
Moi, le sauvage solitaire, je l'ai aperçue sur la neige de mon ordinateur.
Sa croisière déjà bien avancée.
J'ai axé mon esquif dans son sillage.

ELLE est colosse aux pieds d'argile.
Chaussée de l'escarpin cardinalice.
Est-ce ELLE "la femme ayant tiré son bas"
Après que Toulouse-Lautrec l'eût peinte ?
Essaye-t-elle la chaussure qui sied à ravir,
Garante quelle est l'Elue du Prince ?

ELLE croise les jambes et sa vie devient mathématique.
ELLE les décroise et sa vie devient histoire.

La vraie liberté est de choisir son Maître.
D'en accepter l'amoureuse possession.
ICELLE offre son corps, chevalet où le fouet vient écrire
Des chants séraphiques ; et sur la nuque où ses cheveux dansent
A chaque claquement, à chaque battement,
ELLE atteint les racines du ciel.

Non, ELLE n'ira pas à AUCHAN samedi après-midi, à dix-sept heures.

JF

img543
                                   Toulouse-Lautrec. "Femme qui tire son bas" (1894)
                                   Musée Toulouse-Lautrec. Albi.
                                   (APA-POUX)
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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 21:18

         Fouette, couturier !

Une polémique est passée presque inaperçue : une "ligue, une clique, une troupe" comme aurait dit Brassens s'est émue des coups de cravache donnés par les jockeys lors des courses hippiques et a émis l'idée d'une taxe à chaque excitation de l'équidé. Or, voici qu'un autre milieu réhabilite l'instrument et le place entre les mains de donzelles anorexiques ; celui de la mode et de la Haute Couture...  De la pelouse verte au tapis rouge, il n'y a qu'une course en taxi, qu'ont franchie comme un saut d'obstacle les journalistes de Libé Cécile Daumas et Olivier Wicker. "Le premier mannequin écrivent-ils à deux mains, veste rouge et jupe de laine, tient une cravache dans sa main gauche. Cette écuyère, imaginée par John Galliano, est une enfant sage, plus lectrice de Jane Austen que de Sacher-Masoch. Quand cette jeune fille aura grandi et trouvé un mari, elle ira aux courses en famille, un panier d'osier à la main et des jumelles en bandoulière. Ira-t-elle en cachette dans les écuries respirer l'odeur si prenante des chevaux trempés par l'effort ?" Quoi, s'approcher si près du couvent, un scapulaire sur le dos, et ne pas y entrer !
Il y aura photo !

JF

img541                                                         Photo Fred Stucin. M.Y.O.P.

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