9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 19:38

 

      OU L’ON APPREND L’EXISTENCE

           DE BOBBY RANDECONEUX

Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Me voici bidonnant sur mon ventre bedonnant à la Ubu,  trouvaille de mon vieux copain potache Alfred Jarry... Cornegidouille !

De par ma chandelle verte, que fièvre me mine et qu’un mal me broie si mon amusement est feint. D'où vient cette hilarité ? D'ici : "Bernard-Henri Lévy s’est fait piéger en citant dans un livre Jean-Baptiste Botul, auteur qui n’a jamais existé" écrit Libé, juste après "Canular" en caractères gras "lie de vin" page 27 aujourd’hui. L’information s’est répandue comme lave en fusion. Une bonne fois pour toutes intégrée et actée cette belle invention de Frédéric Pagès, journaliste au "Canard Enchaîné" et agrégé de philosophie, et après m’être (re)percuté, du côté de la rue d’Ulm sur un philosophe sur qui il ne fallait pas compter pour animer les réveillons, Louis Althusser pour ne pas le citer, (Lire sur ce présent blog "Carnets"), mon hésitation d’un instant  à faire des choux gras assez faciles en cette tribune n’a pas fait long feu. Des mots affluaient à foison et c’était l’occasion rêvée de vous révéler enfin l’existence de Bobby Randeconeux. (Prononcer "Rang de Cône").

Si Jean-Baptiste Botul est tombé de branches imaginaires, Bobby Randeconeux, que j’ai la chance de très bien connaître, est un homme de l’ombre, en nul endroit répertorié, qui gagne pourtant à être connu. En un mot comme en mille, c’est un génie malmené. Comme il n’est pas homme de réseau, mais laborieux pagayeur en rivières souterraines, il y a fort parier que son nom restera plus longtemps imprimé sur l’annuaire téléphonique que sur les gazettes prescriptrices. Homme de lettres tourmenté, il se dit dramaturgiste et non dramaturge parce ce que "dramaturge, ça rime avec urge et Panurge, alors que dramaturgiste, ça rime avec métallurgiste et sidérurgiste". (1) On voit où on est ? Son sens de la formule, sa fausse fatuité, ses excès et démesures, sa vie tout entière et  son appréhension -dans TOUS les sens d’appréhender- en font un être atypique.

Si Bernard Henri-Lévy tombe sur ces lignes, je lui conseille vivement de s’intéresser d’un peu plus près à ce mystérieux Bobby Randeconeux. (2) Il y a de la matière et il ferait oeuvre utile en extirpant de son magma un homme rare et utile qui, comme Mozart, demande qu’on l’aime un tout petit peu, et alors il pourra émerveiller. Je me tiens  à sa disposition pour la prise de contact.

 

JF

(1) "Les cahiers d' "Ecoute s'il pleut" , Avril 1998
(2) "Mon patronyme peut paraître ridicule, mais il est ainsi inscrit sur les registres de l'Etat-Civil." (Bobby Randeconeux in "Les Cahiers d' "Ecoute s'il pleut", Avril 1998.

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 19:28

img550Georges Wilson (à gauche), Michel Bouquet et Rufus dans "En attendant Godot" de Samuel Beckett, dans la Cour d'Honneur d'Avignon, en 1979. (Photo DR)

"ESTRAGON : Endroit délicieux. (Il se retourne, avance jusqu'à la rampe, regarde vers le public.) Aspects riants. (Il se tourne vers Vladimir.) Allons-nous en.
VLADIMIR : On ne peut pas.
ESTRAGON : Pourquoi ?
VLADIMIR : On attend Godot.
ESTRAGON : C'est vrai. (Un temps.)
Tu es sûr que c'est ici ?
VLADIMIR : Quoi ?
ESTRAGON : Qu'il faut attendre.
VLADIMIR : Il a dit devant l'arbre. (Ils regardent l'arbre.)
Tu en vois d'autres ?
ESTRAGON : Qu'est-ce que c'est ?
VLADIMIR : On dirait un saule.
ESTRAGON : Où sont les feuilles ?
VLADIMIR : Il doit être mort.
ESTRAGON : Finis les pleurs."

En attendant Godot (Samuel Beckett)
  

            IL AVAIT ATTENDU GODOT

 

En s’éteignant hier à l’âge de 88 ans, Georges Wilson, l’une des grandes figures du théâtre français, c’est tout le quatrième mur du théâtre qui se trouve ébranlé.

Georges Wilson, c’était une gueule et une voix -pour une diction parfaite, il s’entraînait en répétant des "Am - ster - dam"- au service des plus grands auteurs.

Comment, en cette pénible circonstance, ne pas évoquer Jean Vilar, l’homme qui a sorti le théâtre du carcan élitiste où il était à l’étroit et lui a fait prendre l'air ?

Et comment, à titre personnel, ne pas penser plus que jamais à mon grand ami Roger Borlant, 81 ans aux prochaines cerises, élève de Vilar, éloigné de l’art dramatique trente ans durant -quelle hérésie, Roger !- qui a endossé avec superbe et panache, le rôle de mon "Personnage Tout Rouge" de papier. (1) Personnage  à qui il a donné une incarnation et une épaisseur remarquables.

Comment ne pas mesurer la chance, le privilège d’avoir eu, vu, entendu, tout orgueil déployé et revendiqué, un acteur de cet ordre emboucher les mots qu’on a fait se toucher les uns avec les autres sans bien savoir comment ?
Comment contenir la joie aux larmes d’avoir, au téléphone, dans le lobe de mon oreille, pas plus tard qu’il y a deux semaines, le timbre clair de Roger me dire :
  "Je ne voulais pas monter sur scène (2) sans savoir comment tu allais, sans t’avoir parlé, sans avoir entendu ta voix" ?

Orgueilleux, peut-être,  suis-je, cher journal ? Sans doute. Orgueilleux mais heureux.


Et puis Brel lui-même n’a-t-il pas dit, lorsque Franck Sinatra a interprété "Ne me quitte pas" : "Nous avons tous un bon fond de vanité" ?

 


JF

 


(1) Le texte du "Personnage tout Rouge" est publié sur ce blog.

(2) "Je me révolte, donc je suis" la Cave-Poésie de Toulouse.

img551

Coupure de presse "La Dépêche du Midi" - Critique de la pièce "Orbe" (Le Personnage Tout Rouge)
En photo : Roger Borlant.
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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 21:30
img548.jpg

                                Hors-série du "Figaro". Fac-similé. En vente actuellement.

             LETTRE OU NE PAS L'ETRE

S
i ce "piqué à cheval" pour les mordus des lettres, cet hors-série du "Figaro", -auquel j'ai seulement décollé l'affreuse pastille racoleuse qui, en voulant servir de mouche (de burqa ?) à ma grande amie George Sand la masquait (5€,90 seulement. 300 jeux sur la littérature française pour apprendre en s'amusant) pour l'appliquer en "quatre de couv" sur la face d'une jeune pousse en pose de promotion, ayant encore tout à prouver pour atteindre la postérité ; si cet opuscule vous séduit comme il m'a séduit, au point de délaisser un instant mon ouvrage de fonctionnaire "en sursis", potentiellement licenciable par le fait du prince, alors, vous serez une femme ou un homme heureux.
"La littérature prouve que la vie ne suffit pas" a dit mon vieil ami Pessoa.

JF

Extrait. (Page 16)

Identifiez la citation correspondant à chacun des romans [de Georges Perec] suivants :

La Disparition, La vie, mode d'emploi, Les Revenentes.

a. "La sallle de bains attenant à la chambre du Docteur Dinteville. Au fond, par la porte entrouverte, on aperçoit un lit couvert d'un plaid écossais, une commode en bois noir laqué et un piano droit dont le pupitre porte une partition ouverte : une transcription des Danses de Hans Neusiedler." : .......................................................

b. "Telles des chèvres en détresse, sept Mercedes-Benz vertes, les fenêtres crêpées de reps grège, descendent lentement West End Street et prennent senestrement Temple Street vers les vertes venelles semées de hêtres et de frênes..." : ...................................

 

c. "Anton Voyl n'arrivait pas à dormir. Il alluma. Son Jaz marquait minuit vingt. Il poussa un profond soupir, s'assit dans son lit, s'appuyant sur son polochon. Il prit un roman, il l'ouvrit, il lut ; mais il n'y saisissait qu'un imbroglio confus, il butait à tout instant sur un mot dont il ignorait la signification." : .................................................

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 17:28

Je dédie ce texte à A., à B., à C., à D., à E., à F., à G., à H., à I., à J., à K., à L., à M., à N., à P., à Q., à R., à S., à T., à U., à V., à W., à X., à Y. et à Z.  (Que ceux que j'ai oubliés me pardonnent.)   

img547                                              Photo  (Détail) Philippe Wojazer / Reuter.

            
          NOCES DE CUIR A L'ELYSEE


N
icolas Sarkozy offrira-t-il à son épouse une paire de cuissardes en cuir d’agneau ? Le geste ne serait en rien déplacé et ses plus féroces contempteurs se verraient retoqués : c’est en effet en ce jour de la Chandeleur l’anniversaire des noces de cuir de Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bosca, né le 28 janvier 1955 à Paris (17e), ci-devant Président en exercice de la République Démocratique Française et de Carla, Gilberta Bruni Tedeschi, née le 23 décembre 1967 à Turin (Italie), chanteuse et mannequin. Voici pour l’information officielle.

Qu’il me soit permis de confier à mon journal extime, et seulement à lui, les quelques réflexions que m’inspirent -outre le fait que le temps passe vite- ces deux ans pleins où Chouchou et Carlita ont uni leurs destinées et sans doute autre chose que "rigoureusement ma mère m’a défendu de nommer ici".

Il nous a été donné de suivre, passifs, la rencontre dans un Lunapark que n’aurait pas renié Hitchcock pour un remake de "L’homme qui en savait trop", "l’annonce faite à Gilberta", l’idylle, la demande en mariage, le sérieux de cette demande dûment "Youtubisé" et versé à l’INA, le mariage, la lune de miel, tout le bonheur du monde cristallisé.

Celles et ceux qui ont lu mes "carnets" ici-même savent "le malheur, le deuil et la souffrance / Et l’angoisse et la guigne et l’excès de l’absence / [...] l’abîme obèse où gît la maladie / et le temps et l’espace et les torts de l’esprit" qui furent et demeurent miens, empruntés pour la circonstance mon grand ami Raymond Queneau (1).

Qu’est-ce dire ? Dire que je suis jaloux ou aigri me desservirait encore un peu plus et écarterait mes semblables. Dire, à la manière de Felix Leclerc que "quand je vois une fontaine ou fille / Je fais un grand détour ou bien je me ferme les yeux." ?

Redire le leitmotiv authentique et vérifiable :

Repenser au conseil donné dans les cliniques psychiatriques, et principalement, la mienne, là où j’ai mes habitudes ; où , immanquablement, des couples se forment et se déforment ; conseil que feraient bien de suivre Chouchou et Carlita : "Si vous souhaitez faire un petit bout de chemin ensemble [NDA : j'utilise un euphémisme], faites le discrètement  : il y a plein de gens dans la misère sentimentale [ NdT : sexuelle] et la carence affective."

La dernière belle histoire en date -la plus douloureuse- est venue confirmer la malédiction et remplir de tessons ma tête, alourdie de chagrin. "Aujourd’hui bien lassé par l’heure qui s’enroule / Tournant comme un bourrin tout autour du cadran / Permettez, mille excuses ce crâne -une boule- / De susurrer plaintif la chanson du néant." (1)

Et pourtant, allez donc y comprendre quelque chose, j’ai tant d’amour et de tendresse à donner. Mais je ne suis pas investi de pouvoir et ne fréquente pas les Lunapark.

Non. Ne pas dire, redire et ressasser tout cela.

Mais n’y ai je pas droit, journal, moi aussi,  à ma part de bonheur, même s'il n'est pas parlécritradiodiffusé ?

Mais le temps passe. Et après le cuir, il y a le froment, puis la cire, puis le bois, puis le chypre, puis la laine... Je m’en tiendrai là ... J’ai entendu à la radio ce matin que les "couples qui duraient étaient ceux qui acceptaient la mortalité."... J’ai aussi entendu que "pour se marier, il fallait être deux et pour le rester, il fallait être trois."

Carla Bruni-Sarkozy offrira-t-elle à son époux un slip en cuir de kangourou ?

Elle ferait bien de lui offrir aussi le "Grevisse", "Dictionnaire des difficultés du français" ou encore "Le Bon usage de la langue"(pour celle de bois, il n'y aura pas à attendre 5 ans !) pour que notre petit Nicolas commette moins de "cuirs", qui sont des erreurs de langage, des liaisons mal-t-à-propos... A propos de bottes bien entendu !

 

  
JF

(1) Je crains pas ça tell'ment (Raymond Queneau)

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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 17:05

                  A la page

Nous nous délectons, tous les matins, mon kiosquier et moi à lire et commenter les savoureuses considérations que ce bas-monde génère, et qu’Alain Rémond va chercher dans ses plis pour les mettre en relief, l’humour et l’absurde pas de sitôt divorcés, dans son billet du quotidien "La Croix". Sa plume alerte et son trait tantôt ironique, dubitatif, volontiers espiègle, souvent bon joueur et surtout jamais méchant alimente notre petit commerce oratoire, auquel nous invitons aussi Raymond Devos, Pierre Dac et Courteline.

Or, voici qu’en ce premier jour de février, le petit cadre en haut droite de 11 cm 5 mm de long et 6 cm 7 mm de large (sauf exception, comme ce jour), soit une superficie de 77, 5 cm² avec (o)pignon sur rue nous a donné la même fièvre, et la même frustration que la NASA, dont il est question ; NASA à qui Obama a demandé de ne plus mettre un pied sur la lune.
Pour être plus amplement informés, une indication en italique et entre parenthèses nous renvoie en page 5 du quotidien. (lire en page 5). Ce que nous n’avons pas manqué de faire. Mis en orbite, nous avons donc feuilleté le quotidien. Las ! parvenus sans encombre à destination, point de "coeur de cible."
"Quel farceur cet Alain, il nous a posé un lapin". En explorateurs, pionniers et défricheurs, dans le cosmos intergalactique des papiers, entrefilets, articles, encadrés, nous avons eu la présence d’esprit de tourner une page. La six. Bien nous en a pris. "Les Etats-Unis renoncent à retourner sur la lune" était en son "ventre," et nous aurions pu nous taper dessus, avec par dessus le marché le rire du "Sergent"(Denis), signataire du papier.

Mon ami kiosquier et moi nous sommes dit que nous étions bien peu de chose perdus dans l’univers, et que pour effectuer "des visites de plus en plus lointaines a des astéroïdes ou à des points stratégiques de la lointaine banlieue terrestre" sans trop s’égarer, mieux valait utiliser fusées et capsules pour aller sur Mars ou sur la lune que le "chemin de fer" d’un journal pour aller à proximité. "Il faut tourner la page" chante Nougaro.

Quand à Obama, il serait peut-être opportun de lui soumettre l’idée qu’il revoie sa copie.

 
JF

img546

                                                 Le billet d'Alain Rémond
                                                 "La Croix" Lundi 1er février 2010.
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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 21:26

A A.

                                 
BDSM soumission: En bas et talons hauts.
Photo Aurora.                                                                                                 

            Battement d'ELLE

ELLE n'est pas de celle qui va à AUCHAN le samedi après-midi, à dix-sept heures.
ELLE n'est pas de la masse moutonnière.
ELLE n'est pas de la majorité silencieuse, mais de la minorité agissante.
Si ELLE est Eva, ce n'est pas la BRAUN, mais la PERON.

Son esprit et son corps ne sont pas divorcés.
Ses convictions sont bien ancrées.
Je regrette de ne pas l'avoir connue sur tin en radoub.
Je la connais en goëlette,
Moi, le sauvage solitaire, je l'ai aperçue sur la neige de mon ordinateur.
Sa croisière déjà bien avancée.
J'ai axé mon esquif dans son sillage.

ELLE est colosse aux pieds d'argile.
Chaussée de l'escarpin cardinalice.
Est-ce ELLE "la femme ayant tiré son bas"
Après que Toulouse-Lautrec l'eût peinte ?
Essaye-t-elle la chaussure qui sied à ravir,
Garante quelle est l'Elue du Prince ?

ELLE croise les jambes et sa vie devient mathématique.
ELLE les décroise et sa vie devient histoire.

La vraie liberté est de choisir son Maître.
D'en accepter l'amoureuse possession.
ICELLE offre son corps, chevalet où le fouet vient écrire
Des chants séraphiques ; et sur la nuque où ses cheveux dansent
A chaque claquement, à chaque battement,
ELLE atteint les racines du ciel.

Non, ELLE n'ira pas à AUCHAN samedi après-midi, à dix-sept heures.

JF

img543
                                   Toulouse-Lautrec. "Femme qui tire son bas" (1894)
                                   Musée Toulouse-Lautrec. Albi.
                                   (APA-POUX)
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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 21:18

         Fouette, couturier !

Une polémique est passée presque inaperçue : une "ligue, une clique, une troupe" comme aurait dit Brassens s'est émue des coups de cravache donnés par les jockeys lors des courses hippiques et a émis l'idée d'une taxe à chaque excitation de l'équidé. Or, voici qu'un autre milieu réhabilite l'instrument et le place entre les mains de donzelles anorexiques ; celui de la mode et de la Haute Couture...  De la pelouse verte au tapis rouge, il n'y a qu'une course en taxi, qu'ont franchie comme un saut d'obstacle les journalistes de Libé Cécile Daumas et Olivier Wicker. "Le premier mannequin écrivent-ils à deux mains, veste rouge et jupe de laine, tient une cravache dans sa main gauche. Cette écuyère, imaginée par John Galliano, est une enfant sage, plus lectrice de Jane Austen que de Sacher-Masoch. Quand cette jeune fille aura grandi et trouvé un mari, elle ira aux courses en famille, un panier d'osier à la main et des jumelles en bandoulière. Ira-t-elle en cachette dans les écuries respirer l'odeur si prenante des chevaux trempés par l'effort ?" Quoi, s'approcher si près du couvent, un scapulaire sur le dos, et ne pas y entrer !
Il y aura photo !

JF

img541                                                         Photo Fred Stucin. M.Y.O.P.

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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 19:20

img538Claude François et les "Clodettes". (Détail) Photo CORBIS/SYGMA
           A quoi tu danses ?
"Les lumières du phare d'Alexandrie [ne chantent plus] la même mélodie, mais se braquent sur ces jeunesses au rythme endiablé, gigotant comme un lombric sectionné par une bêche, ou faisant mine de tirer une sonnette d'alarme : "les Clodettes" de Claude François. Les voici déssillées par l'ère du tout image, et regardant sur l'écran plat de leur souvenance le gâteau laissé par celui qui passait ses "lundis au soleil", décidées à réclamer leur "côte"-part.
Dans feu le journal "Le parisien libéré" qui ne l'est semble-t-il plus, devenu "Le parisien" tout court à Paris et "Aujourd'hui en France" en France, réacheté samedi, j'apprends la nouvelle  : "La révolte des Clodettes. [Elles] demandent des comptes. Inséparables de la star, les danseuses s'estiment lésées et réclament des droits liés à la diffusion d'images d'époque où elles apparaissent. Elles viennent d'engager un avocat pour les défendre" écrit Hubert Lizé dans le quotidien délibéré.
Diantre ! Une jacquerie -une clauderie ?- chez celles dont il me souvient pourtant qu'elles chaussaient des bottes plus ou moins hautes couleur argent !
Le conflit les oppose à la Spedidam (Société de perception et de distribution des droits des artistes-interprètes de la musique et de la danse). "Certaines connaissent des difficultés financières. Il est légitime qu'elles obtiennent les sommes qui leur sont dues. [...] Si l'on remonte trente ans en arrière, à raison de 400 € ou 500 € par an, ça peut commencer à chiffrer" témoigne Slim Pezin, l'ancien chef d'orchestre de Claude François.

La Spedidam n'est pas contre une rétribution tardive, mais elle réclame en contrepartie des fiches de paye. "Or, certaines filles ne possèdent plus ces documents" assène Ketty Naval, l'une des Clodettes les plus "révoltées".
Que n'ont-elles lu, dans les tabloïds feuilletés pendant les séances de coiffage et maquillage la double page, là, vous savez bien : "Quels sont les papiers à conserver et combien de temps ?"
Vous dansiez, j'en suis fort aise, et bien, (verbe au choix) maintenant !
D'autres vedettes n'ont pas connu pareil sort : les "jupettes", qui étaient des "ministresses" ; les "baladurettes", des voitures, et les bien connues "joëlettes", demeurées de bien jolis bateaux.

JF

img539
Claude François et les "Clodettes". (Détail) Photo ABACA

img540
Maddly Bamy, la compagne des années "îliennes" de Jacques BREL qui fut, un temps, "Clodette", face à Joël Fauré. 9 septembre 1988. Photo Philippe COVES.

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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 18:42

  img535BB copieusement cuissardée dans le clip "Harley Davidson" - Photo DR

           La bottée des laids

"La laideur est supérieure à la beauté en ce sens qu'elle dure".
La citation est de Serge Gainsbourg, sur qui pleine lumière est faite, ces jours-ci, avec le film d'un homme, Joann Sfar, dont le chanteur préféré est Georges Brassens. Le joli bruit fait autour de cette pellicule, son concert de louanges ne m'interdira pas de mentir en disant que, de son vivant, le personnage avait mes faveurs. J'ai, tout au plus, une cassette, du temps où on en fabriquait encore, qui regroupe ses textes les plus précieux -car il fut véritablement un virtuose de la plume-. L'homme, dont la densité de vie n'asséchera pas de sitôt les gazettiers, fut un homme de mots et de maux.
Qu'il me soit permis de ne pas parler du long métrage, que je n'ai pas vu, que j'ai envie de voir, ne fut-ce que pour admirer Laëtitia Casta en Brigitte Bardot et en cuissardes, puisque "jusques en haut des cuisses, elle est bottée / Et c'est comme un calice à sa beauté", phrase dont je suis jaloux comme il n'est pas permis.
Serge Gainsbourg, Lucien Ginsburg, né le 2 avril 1928 pour l'Etat-Civil de la ville de Paris et pour les policiers qui le ramenaient chez lui, rue de Verneuil, du coton dans la tête (pour se l'annuler un instant) a fait dire à ma voisine Pilar, une "tantine" austère comme une duègne d'une mienne amie : "Oh, moi, quand je le vois à la télé, c'est bien simple, je coupe !", et, dans la même geste, a été un demi-Bouddha pour toute une génération contemporaine, et sans doute le sera pour celles à venir, encensé comme ces produits d'épicerie fine, confits dans l'alcool, et fumés, saurs à souhait.
Je laisse les mots que vous lirez ailleurs, et les actes-clefs de la vie de ce mec bien, mort sexa (le mot devait lui plaire) le 2 mars 1991 pour cibler sur ce que cet esthète a partagé avec moi : les excès et les démesures, cet "inconvénient d'être né" ; ce frustré comblé ayant passé sa vie à compenser.
J'aime ces femmes, belles aux longs cheveux ; cheveux qui lui servaient de rideau au visage, et dont il a honoré le théâtre.
J'aime sa voix, ses mots choisis et "classieux" ; j'aime ce qu'il a caché, son trait de peintre et son tracé, ses pleins et ses déliés, sa folie raisonnante.
J'aime ses papiers buvards, ses sucettes et par dessus tout les cuissardes qu'il a fait porter...

Qu'il me soit permis de confier seulement à ce journal extime l'audace qui m'a apprivoisé ce matin. Je voulais savoir -c'est Gainsbourg qui me le dictait- ce qu'étaient devenues les fameuses cuissardes de Bardot, alors que cette dernière enfourchait, il y a quelque quarante ans, une Harley Davidson, et où "les trépidations de la machine lui procuraient des désirs dans le creux de ses reins".
Lubie d'artiste contrarié, j'ai donc, sur les conseils du "beau Serge" appelé la Fondation Brigitte Bardot (28, rue Vineuse, 75116 Paris. Téléphone : 01.45.05.14.60). J'ai expliqué qu'à la faveur de la sortie du film, j'avais fait le pari, avec des amis, connaissant ma marotte des hautes bottes, de savoir ce qu'étaient devenues ces hypermédiatisées chaussures (conçues par le célèbre chausseur Roger Vivier), et rajouté, pour désamorçer un possible diagnostic médical à l'autre bout du fil, que ma requête, aussi saugrenue qu'elle puisse paraître, était destinée à alimenter un blog fétichiste.
Que croyez-vous qu'il arriva ?
Mon interlocuteur -le secrétaire de la Fondation Bardot- s'est montré non seulement fort accorte, mais a fait diligence. Il y a eu plusieurs paires de cuissardes dont nul ne sait ce qu'elles sont devenues, et il semblerait que le débardeur de cuir (quelques gouttes de Guerlain échappées des cheveux en ont-elles parfumé le grain ?) ait trouvé preneur.  Dans quelle penderie se trouve-t-il ?
Et vous, cuissardes, calices de toute honte bue jusqu'à la lie, sachez que vous avez été les caryatides de l'oeuvre d'un homme qui aurait pu écrire et chanter, comme le fit mon grand ami Jacques Brel, que j'ai très bien connu : "Etre une heure, une heure seulement, être une heure, une heure quelquefois, être une heure, rien qu'une heure durant, beau, beau, beau et con à la fois".


JF

img536.jpg

Serge Gainsbourg à Toulouse, en novembre 1984.
Photo Michel Labonne.
(Cette photo me "parle" à double titre : on y voit, à droite
le dernier autopont de la Ville Rose, avant destruction ;
En ce même endroit, à deux pas du Palais de Justice,
je passe tous les jours.... sur les pas de Gainsbourg !)

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 15:46

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Notice du "Petit Larousse Illustré" (Années 50)
Haïti compte aujourd'hui un peu plus de 8 millions d'habitants.

                  PERSONNE NE VA RIRE

Même les humoristes les plus ravageurs ont eu la décence de rengainer, le temps qu'il faut, des "Tahiti, île de rêve ; Haïti, ile de crève" et autre "Port-au-Prince ; Mort-au-Prince". Je suis moi-même effaré que ces formules soient parvenues à mon esprit de nostalgique toujours, pessimiste souvent, optimiste parfois.

De la catastrophe qui vient de toucher Haïti, cette île dans l'anse des deux Amériques, il est difficile de parler, mais impossible de ne pas parler, même ici où le propos aura peu de poids.
On aimerait, avant d'écrire, s'armer de pelles et de pioches et partir là-bas, avec des gourdes, et au bruit sourd d'un cri, d'un appel, ou d'un grattement contre un bloc déconstruit, sauver des vies.
Des savants pleins de plaques (tectoniques) ont expliqué ce que je n'ai pas voulu comprendre.
Les "entre cinquante mille et cent mille morts" du tremblement de terre ne pourront être vengés puisque l'ennemi n'est pas une main qui actionne mais la fatalité.

Si quelqu'un d'important existe, il fait payer un lourd loyer à quelques uns et se montre léger avec d'autres. Il faut croire que cet être difforme tient aussi les rênes du temps. Juillet venu, on repartira avec seaux et pelles construire des petits châteaux sur les plages de sable fin en Espagne... Et Haïti ne sera plus dans les mémoires.
Voilà pourquoi dès aujourd'hui, "ici et maintenant", pour que demain, les survivants à tous les esclavages puissent se reconstruire, il faudra de l'argent. Il sera toujours aussi temps d'envoyer des colis en Pologne ou en Roumanie... Vous aviez peut-être déjà oublié... Il existe plein de "Haïti" de par le monde, des êtres emmurés, endoloris, meurtris... quand il n'arrive qu'une détresse individuelle rejoigne un drame collectif.
Les armoiries de Haïti le disent : "L'union fait la force". Force est de constater que la devise prend tout son sens.


Pour avoir, en son temps, suite au drame AZF à Toulouse, accompli une mission caritative avec "La Fondation de France" -et pour ne pas tomber dans le piège habilement résumé par José Artur : "Ce sont toujours les pauvres des pays riches qui donnent pour les riches des pauvres", je vous invite, garant du sérieux de l'organisme, à adresser vos dons à

Fondation de France - BP 22 - 75008 PARIS

(Chèques libellés à "Fondation de France - Solidarité Haïti"

ou dons en ligne sur

www.fondationdefrance.org


JF

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ESPACE LITTERAIRE ET EROTIQUE

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"Vivre,
c'est passer d'un espace à un autre
en essayant le plus possible
de ne pas se cogner."

Georges PEREC



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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