1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 17:05

                  A la page

Nous nous délectons, tous les matins, mon kiosquier et moi à lire et commenter les savoureuses considérations que ce bas-monde génère, et qu’Alain Rémond va chercher dans ses plis pour les mettre en relief, l’humour et l’absurde pas de sitôt divorcés, dans son billet du quotidien "La Croix". Sa plume alerte et son trait tantôt ironique, dubitatif, volontiers espiègle, souvent bon joueur et surtout jamais méchant alimente notre petit commerce oratoire, auquel nous invitons aussi Raymond Devos, Pierre Dac et Courteline.

Or, voici qu’en ce premier jour de février, le petit cadre en haut droite de 11 cm 5 mm de long et 6 cm 7 mm de large (sauf exception, comme ce jour), soit une superficie de 77, 5 cm² avec (o)pignon sur rue nous a donné la même fièvre, et la même frustration que la NASA, dont il est question ; NASA à qui Obama a demandé de ne plus mettre un pied sur la lune.
Pour être plus amplement informés, une indication en italique et entre parenthèses nous renvoie en page 5 du quotidien. (lire en page 5). Ce que nous n’avons pas manqué de faire. Mis en orbite, nous avons donc feuilleté le quotidien. Las ! parvenus sans encombre à destination, point de "coeur de cible."
"Quel farceur cet Alain, il nous a posé un lapin". En explorateurs, pionniers et défricheurs, dans le cosmos intergalactique des papiers, entrefilets, articles, encadrés, nous avons eu la présence d’esprit de tourner une page. La six. Bien nous en a pris. "Les Etats-Unis renoncent à retourner sur la lune" était en son "ventre," et nous aurions pu nous taper dessus, avec par dessus le marché le rire du "Sergent"(Denis), signataire du papier.

Mon ami kiosquier et moi nous sommes dit que nous étions bien peu de chose perdus dans l’univers, et que pour effectuer "des visites de plus en plus lointaines a des astéroïdes ou à des points stratégiques de la lointaine banlieue terrestre" sans trop s’égarer, mieux valait utiliser fusées et capsules pour aller sur Mars ou sur la lune que le "chemin de fer" d’un journal pour aller à proximité. "Il faut tourner la page" chante Nougaro.

Quand à Obama, il serait peut-être opportun de lui soumettre l’idée qu’il revoie sa copie.

 
JF

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                                                 Le billet d'Alain Rémond
                                                 "La Croix" Lundi 1er février 2010.
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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 21:26

A A.

                                 
BDSM soumission: En bas et talons hauts.
Photo Aurora.                                                                                                 

            Battement d'ELLE

ELLE n'est pas de celle qui va à AUCHAN le samedi après-midi, à dix-sept heures.
ELLE n'est pas de la masse moutonnière.
ELLE n'est pas de la majorité silencieuse, mais de la minorité agissante.
Si ELLE est Eva, ce n'est pas la BRAUN, mais la PERON.

Son esprit et son corps ne sont pas divorcés.
Ses convictions sont bien ancrées.
Je regrette de ne pas l'avoir connue sur tin en radoub.
Je la connais en goëlette,
Moi, le sauvage solitaire, je l'ai aperçue sur la neige de mon ordinateur.
Sa croisière déjà bien avancée.
J'ai axé mon esquif dans son sillage.

ELLE est colosse aux pieds d'argile.
Chaussée de l'escarpin cardinalice.
Est-ce ELLE "la femme ayant tiré son bas"
Après que Toulouse-Lautrec l'eût peinte ?
Essaye-t-elle la chaussure qui sied à ravir,
Garante quelle est l'Elue du Prince ?

ELLE croise les jambes et sa vie devient mathématique.
ELLE les décroise et sa vie devient histoire.

La vraie liberté est de choisir son Maître.
D'en accepter l'amoureuse possession.
ICELLE offre son corps, chevalet où le fouet vient écrire
Des chants séraphiques ; et sur la nuque où ses cheveux dansent
A chaque claquement, à chaque battement,
ELLE atteint les racines du ciel.

Non, ELLE n'ira pas à AUCHAN samedi après-midi, à dix-sept heures.

JF

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                                   Toulouse-Lautrec. "Femme qui tire son bas" (1894)
                                   Musée Toulouse-Lautrec. Albi.
                                   (APA-POUX)
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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 21:18

         Fouette, couturier !

Une polémique est passée presque inaperçue : une "ligue, une clique, une troupe" comme aurait dit Brassens s'est émue des coups de cravache donnés par les jockeys lors des courses hippiques et a émis l'idée d'une taxe à chaque excitation de l'équidé. Or, voici qu'un autre milieu réhabilite l'instrument et le place entre les mains de donzelles anorexiques ; celui de la mode et de la Haute Couture...  De la pelouse verte au tapis rouge, il n'y a qu'une course en taxi, qu'ont franchie comme un saut d'obstacle les journalistes de Libé Cécile Daumas et Olivier Wicker. "Le premier mannequin écrivent-ils à deux mains, veste rouge et jupe de laine, tient une cravache dans sa main gauche. Cette écuyère, imaginée par John Galliano, est une enfant sage, plus lectrice de Jane Austen que de Sacher-Masoch. Quand cette jeune fille aura grandi et trouvé un mari, elle ira aux courses en famille, un panier d'osier à la main et des jumelles en bandoulière. Ira-t-elle en cachette dans les écuries respirer l'odeur si prenante des chevaux trempés par l'effort ?" Quoi, s'approcher si près du couvent, un scapulaire sur le dos, et ne pas y entrer !
Il y aura photo !

JF

img541                                                         Photo Fred Stucin. M.Y.O.P.

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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 19:20

img538Claude François et les "Clodettes". (Détail) Photo CORBIS/SYGMA
           A quoi tu danses ?
"Les lumières du phare d'Alexandrie [ne chantent plus] la même mélodie, mais se braquent sur ces jeunesses au rythme endiablé, gigotant comme un lombric sectionné par une bêche, ou faisant mine de tirer une sonnette d'alarme : "les Clodettes" de Claude François. Les voici déssillées par l'ère du tout image, et regardant sur l'écran plat de leur souvenance le gâteau laissé par celui qui passait ses "lundis au soleil", décidées à réclamer leur "côte"-part.
Dans feu le journal "Le parisien libéré" qui ne l'est semble-t-il plus, devenu "Le parisien" tout court à Paris et "Aujourd'hui en France" en France, réacheté samedi, j'apprends la nouvelle  : "La révolte des Clodettes. [Elles] demandent des comptes. Inséparables de la star, les danseuses s'estiment lésées et réclament des droits liés à la diffusion d'images d'époque où elles apparaissent. Elles viennent d'engager un avocat pour les défendre" écrit Hubert Lizé dans le quotidien délibéré.
Diantre ! Une jacquerie -une clauderie ?- chez celles dont il me souvient pourtant qu'elles chaussaient des bottes plus ou moins hautes couleur argent !
Le conflit les oppose à la Spedidam (Société de perception et de distribution des droits des artistes-interprètes de la musique et de la danse). "Certaines connaissent des difficultés financières. Il est légitime qu'elles obtiennent les sommes qui leur sont dues. [...] Si l'on remonte trente ans en arrière, à raison de 400 € ou 500 € par an, ça peut commencer à chiffrer" témoigne Slim Pezin, l'ancien chef d'orchestre de Claude François.

La Spedidam n'est pas contre une rétribution tardive, mais elle réclame en contrepartie des fiches de paye. "Or, certaines filles ne possèdent plus ces documents" assène Ketty Naval, l'une des Clodettes les plus "révoltées".
Que n'ont-elles lu, dans les tabloïds feuilletés pendant les séances de coiffage et maquillage la double page, là, vous savez bien : "Quels sont les papiers à conserver et combien de temps ?"
Vous dansiez, j'en suis fort aise, et bien, (verbe au choix) maintenant !
D'autres vedettes n'ont pas connu pareil sort : les "jupettes", qui étaient des "ministresses" ; les "baladurettes", des voitures, et les bien connues "joëlettes", demeurées de bien jolis bateaux.

JF

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Claude François et les "Clodettes". (Détail) Photo ABACA

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Maddly Bamy, la compagne des années "îliennes" de Jacques BREL qui fut, un temps, "Clodette", face à Joël Fauré. 9 septembre 1988. Photo Philippe COVES.

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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 18:42

  img535BB copieusement cuissardée dans le clip "Harley Davidson" - Photo DR

           La bottée des laids

"La laideur est supérieure à la beauté en ce sens qu'elle dure".
La citation est de Serge Gainsbourg, sur qui pleine lumière est faite, ces jours-ci, avec le film d'un homme, Joann Sfar, dont le chanteur préféré est Georges Brassens. Le joli bruit fait autour de cette pellicule, son concert de louanges ne m'interdira pas de mentir en disant que, de son vivant, le personnage avait mes faveurs. J'ai, tout au plus, une cassette, du temps où on en fabriquait encore, qui regroupe ses textes les plus précieux -car il fut véritablement un virtuose de la plume-. L'homme, dont la densité de vie n'asséchera pas de sitôt les gazettiers, fut un homme de mots et de maux.
Qu'il me soit permis de ne pas parler du long métrage, que je n'ai pas vu, que j'ai envie de voir, ne fut-ce que pour admirer Laëtitia Casta en Brigitte Bardot et en cuissardes, puisque "jusques en haut des cuisses, elle est bottée / Et c'est comme un calice à sa beauté", phrase dont je suis jaloux comme il n'est pas permis.
Serge Gainsbourg, Lucien Ginsburg, né le 2 avril 1928 pour l'Etat-Civil de la ville de Paris et pour les policiers qui le ramenaient chez lui, rue de Verneuil, du coton dans la tête (pour se l'annuler un instant) a fait dire à ma voisine Pilar, une "tantine" austère comme une duègne d'une mienne amie : "Oh, moi, quand je le vois à la télé, c'est bien simple, je coupe !", et, dans la même geste, a été un demi-Bouddha pour toute une génération contemporaine, et sans doute le sera pour celles à venir, encensé comme ces produits d'épicerie fine, confits dans l'alcool, et fumés, saurs à souhait.
Je laisse les mots que vous lirez ailleurs, et les actes-clefs de la vie de ce mec bien, mort sexa (le mot devait lui plaire) le 2 mars 1991 pour cibler sur ce que cet esthète a partagé avec moi : les excès et les démesures, cet "inconvénient d'être né" ; ce frustré comblé ayant passé sa vie à compenser.
J'aime ces femmes, belles aux longs cheveux ; cheveux qui lui servaient de rideau au visage, et dont il a honoré le théâtre.
J'aime sa voix, ses mots choisis et "classieux" ; j'aime ce qu'il a caché, son trait de peintre et son tracé, ses pleins et ses déliés, sa folie raisonnante.
J'aime ses papiers buvards, ses sucettes et par dessus tout les cuissardes qu'il a fait porter...

Qu'il me soit permis de confier seulement à ce journal extime l'audace qui m'a apprivoisé ce matin. Je voulais savoir -c'est Gainsbourg qui me le dictait- ce qu'étaient devenues les fameuses cuissardes de Bardot, alors que cette dernière enfourchait, il y a quelque quarante ans, une Harley Davidson, et où "les trépidations de la machine lui procuraient des désirs dans le creux de ses reins".
Lubie d'artiste contrarié, j'ai donc, sur les conseils du "beau Serge" appelé la Fondation Brigitte Bardot (28, rue Vineuse, 75116 Paris. Téléphone : 01.45.05.14.60). J'ai expliqué qu'à la faveur de la sortie du film, j'avais fait le pari, avec des amis, connaissant ma marotte des hautes bottes, de savoir ce qu'étaient devenues ces hypermédiatisées chaussures (conçues par le célèbre chausseur Roger Vivier), et rajouté, pour désamorçer un possible diagnostic médical à l'autre bout du fil, que ma requête, aussi saugrenue qu'elle puisse paraître, était destinée à alimenter un blog fétichiste.
Que croyez-vous qu'il arriva ?
Mon interlocuteur -le secrétaire de la Fondation Bardot- s'est montré non seulement fort accorte, mais a fait diligence. Il y a eu plusieurs paires de cuissardes dont nul ne sait ce qu'elles sont devenues, et il semblerait que le débardeur de cuir (quelques gouttes de Guerlain échappées des cheveux en ont-elles parfumé le grain ?) ait trouvé preneur.  Dans quelle penderie se trouve-t-il ?
Et vous, cuissardes, calices de toute honte bue jusqu'à la lie, sachez que vous avez été les caryatides de l'oeuvre d'un homme qui aurait pu écrire et chanter, comme le fit mon grand ami Jacques Brel, que j'ai très bien connu : "Etre une heure, une heure seulement, être une heure, une heure quelquefois, être une heure, rien qu'une heure durant, beau, beau, beau et con à la fois".


JF

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Serge Gainsbourg à Toulouse, en novembre 1984.
Photo Michel Labonne.
(Cette photo me "parle" à double titre : on y voit, à droite
le dernier autopont de la Ville Rose, avant destruction ;
En ce même endroit, à deux pas du Palais de Justice,
je passe tous les jours.... sur les pas de Gainsbourg !)

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 15:46

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Notice du "Petit Larousse Illustré" (Années 50)
Haïti compte aujourd'hui un peu plus de 8 millions d'habitants.

                  PERSONNE NE VA RIRE

Même les humoristes les plus ravageurs ont eu la décence de rengainer, le temps qu'il faut, des "Tahiti, île de rêve ; Haïti, ile de crève" et autre "Port-au-Prince ; Mort-au-Prince". Je suis moi-même effaré que ces formules soient parvenues à mon esprit de nostalgique toujours, pessimiste souvent, optimiste parfois.

De la catastrophe qui vient de toucher Haïti, cette île dans l'anse des deux Amériques, il est difficile de parler, mais impossible de ne pas parler, même ici où le propos aura peu de poids.
On aimerait, avant d'écrire, s'armer de pelles et de pioches et partir là-bas, avec des gourdes, et au bruit sourd d'un cri, d'un appel, ou d'un grattement contre un bloc déconstruit, sauver des vies.
Des savants pleins de plaques (tectoniques) ont expliqué ce que je n'ai pas voulu comprendre.
Les "entre cinquante mille et cent mille morts" du tremblement de terre ne pourront être vengés puisque l'ennemi n'est pas une main qui actionne mais la fatalité.

Si quelqu'un d'important existe, il fait payer un lourd loyer à quelques uns et se montre léger avec d'autres. Il faut croire que cet être difforme tient aussi les rênes du temps. Juillet venu, on repartira avec seaux et pelles construire des petits châteaux sur les plages de sable fin en Espagne... Et Haïti ne sera plus dans les mémoires.
Voilà pourquoi dès aujourd'hui, "ici et maintenant", pour que demain, les survivants à tous les esclavages puissent se reconstruire, il faudra de l'argent. Il sera toujours aussi temps d'envoyer des colis en Pologne ou en Roumanie... Vous aviez peut-être déjà oublié... Il existe plein de "Haïti" de par le monde, des êtres emmurés, endoloris, meurtris... quand il n'arrive qu'une détresse individuelle rejoigne un drame collectif.
Les armoiries de Haïti le disent : "L'union fait la force". Force est de constater que la devise prend tout son sens.


Pour avoir, en son temps, suite au drame AZF à Toulouse, accompli une mission caritative avec "La Fondation de France" -et pour ne pas tomber dans le piège habilement résumé par José Artur : "Ce sont toujours les pauvres des pays riches qui donnent pour les riches des pauvres", je vous invite, garant du sérieux de l'organisme, à adresser vos dons à

Fondation de France - BP 22 - 75008 PARIS

(Chèques libellés à "Fondation de France - Solidarité Haïti"

ou dons en ligne sur

www.fondationdefrance.org


JF

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 19:11

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"Le Genou de Claire" d'Eric Rohmer (1972) Photo "Les Films du Losange"     
          
              Eric Rohmer : pas mou du genou


C'est entre "On ne badine pas avec l'amour" et "Les jeux de l'amour et du hasard" qu'il y avait Rohmer. Ce jeune homme de 89 ans avec un prénom qui n'a pas vieilli, Eric, donnait dans le marivaudage qu'il ne dédaignait pas et nous laisse une production riche et subtile qui fera date.
J'ai appris sa mort hier soir dans mon lit, avec un livre de Cioran, "De l'inconvénient d'être né" sur ma table de chevet, offert par un mien ami qui, en exergue, a écrit : "Ne pas lire ce rigolo roumain la nuit comme j'ai pu le faire".
On pourrait dire pareillement : "Ne pas voir les films de Rohmer si on est macho".
J'ai eu confirmation de sa disparition ce matin dans la revue de presse de Bruno Duvic sur France Inter. In extenso : "Les jeunes filles ont le vague à l'âme : elles viennent de perdre leur plus grand peintre" Voilà comment commence le portrait que Philippe Azoury consacre à Eric Rohmer dans Libération. Libé qui a décidément l'art d'enterrer dignement les grands personnages. La une est, ce matin, une très belle photo sur fond noir du cinéaste, de profil. Rohmer au bout du conte". 

Je souscris et m'amuse à l'idée, anecdotique, que l'auteur de "L'amour, l'après-midi" a créé sa société de production "Les films du losange", losange qui est aussi le logo de Libération.


Eric Rohmer a fait s'approcher des garçons et des filles et les a fait parler.

De lui, je retiens, en fétichiste, pour le coup défroqué, "Le Genou de Claire" (Petit clin d'oeil à une Aurora qui est de la distribution de ce film anatomique). "Le Genou de Claire", c'est un peu, avec "Le nombril des femmes d'agent", la chanson de Brassens, l'octroi qui, s'il n'avait pas été pillé, aurait évité bien des mauvais films et mauvais livres.

Mais de lui je retiens surtout l'une des plus belles pièces de théâtre qu'il m'ait été donné de voir et qui m'a ému aux larmes : "Le trio en mi bémol". Ce texte (1), tout en finesse, se cache dans les plis de l'oeuvre "Rohmerienne". Il exploite, en sept tableaux, les rapports entre Paul et Adèle qui, de quiproquos en malentendus, de non-dits en maladresses, avec Mozart pour témoin, cherchent à se redire un "Je t'aime", à peine éclipsé, souhaitant revivre au plein soleil.


(1) "Le trio en mi bémol" est publié chez "Actes Sud".

JF

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2 janvier 2010 6 02 /01 /janvier /2010 20:34

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Photo (Détail) DDM

Moins de désunion, moins de désillusions, moins de désespérance, mais beaucoup plus de désirs

"A PROPOS DE BOTTES"
vous présente
ses meilleurs voeux
et vous souhaite
une très bonne année 2010

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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 19:50

                L'enlèvement

Mystère ! Cette première lettre de cette précieuse liste est devenue hors-circuit. Où est-elle ? Volée ? Envolée ?
Une officine, une boutique de pompes et une échoppe de chine en ont subi les conséquences.
Il est urgent de mener une enquête ô combien difficile ! Personne n'y comprend plus rien : le mystère reste entier.
Ici, on cherche. Evelyne, Sophie, Lionel, et même Georges Perec s'y emploient...
Si une idée vous effleure, merci de nous prévenir.

JF

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"Ph.rm.cie du Sud" .venue de L'URSS. Toulouse. Juin 2005. Photo JF.

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".ntiquités" Rue du L.nguedoc. Toulouse. Juin 2005. Photo JF.

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"Ch.ussures" Route de Mont.ub.n. Bessières. Juin 2005. Photo JF.

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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 18:40

Voir une amie pleurer

Il est des chansons qui en disent long. Et vrai. Grandes partageuses du lot commun de l'existence, elles expriment, en mots choisis par les élus des muses, sentiments, sensations, vécus et ressentis...
Certains n'ont pas été mauvais pour en écrire de très belles. Jacques Brel est de ceux-là.
"Voir un ami pleurer" fait partie de ses toutes dernières "bétises dont il a le secret" comme il l'écrit à son vieux complice, le pianiste Gérard Jouannest. Elle figure dans le fameux "disque bleu", le dernier, sorti en 1977. 
Cette chanson est dédiée à Aurora.


Bien sûr il y a les guerres d'Irlande
Et les peuplades sans musique
Bien sûr tout ce manque de tendre
Et il n'il y a plus d'Amérique
Bien sûr l'argent n'a pas d'odeur
Mais pas d'odeur nous monte au nez
Bien sûr on marche sur les fleurs
Mais, mais voir un[e] ami[e] pleurer

Bien sûr il y a nos défaites
Et puis la mort qui est tout au bout
Le corps incline déjà la tête
Etonné d'être encore debout
Bien sûr les femmes infidèles
Et les oiseaux assassinés
Bien sûr nos coeurs perdent leurs ailes
Mais, mais voir un[e] ami[e] pleurer

Bien sûr ces villes épuisées
Par ces enfants de cinquante ans
Notre impuissance à les aider
Et nos amours qui ont mal aux dents
Bien sûr le temps qui va trop vite
Ces métros remplis de noyés
La vérité qui nous évite
Mais, mais voir un[e] ami[e] pleurer

Bien sûr nos miroirs sont intègres
Ni le courage d'être juif
Ni l'élégance d'être nègre
On se croit que mèche on n'est que suif
Et tous ces hommes qui sont nos frères
Tellement qu'on n'est plus étonné
Que par amour ils nous lacèrent
Mais, mais voir un[e] ami[e] pleurer

Jacques Brel

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"Voir un ami pleurer" a été enregistré en direct le 21 septembre 1977.

Le deuxième couplet aurait été inspiré à Jacques par les déboires conjugaux d'un ami d'Hiva-Oa [aux Îles Marquises], Marc, lâché par sa femme, polynésienne, et fort embarrassée par l'éducation de son fils.
Les autres couplets sont un panorama, hélas ! non exhaustif, des accidents qui atteignent l'humanité et, donc, lui font mal : un brélorama. On y retrouve quelques tares irrémédiables : la guerre, l'argent, la ville, le racisme. Le refrain est la répétition de :
Mais, mais voir un ami pleurer...
Sous entendu : et ne pouvoir rien faire pour lui. Cette impuissance, il la reflétera encore, dans Jojo."
France Brel et André Sallée "BREL" (Solar, 1988)

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