19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 18:21
Anita, Linda, Monica, Sarah

Anita

Anita Noël, aussi parfaitement lisible dans "Play-boy" (Vous savez, le petit lapin !) que dans "La Vie" a consacré quelques lignes, dans le numéro 47 (Juin 2004, page 86) du premier cité à "A propos de bottes", au temps où il n'était qu'un fanzine clandestin et au fétichisme des cuissardes de votre serviteur. Il n'est pas impossible que ce magazine de charme se retrouve, en cherchant bien, sous vos yeux et votre main, chez un bouquiniste ou sur un étal de marchand de "vieux papiers".


Linda

Linda Lemay, jolie frimousse et bonne plume, chante ce qu'elle écrit et écrit ce qu'elle chante. Par exemple, "Les souliers verts". "Il y a un lien très étroit entre les pieds, le sexe et l'imagination" dit-elle.
Payse de Félix Leclerc, l'auteure québécoise marche ainsi sur les traces de son illustre aîné : n'a-t-il pas écrit : "Moi, mes souliers ont beaucoup voyagé..."



Monica

Monica Bellucci, dans un entretien accordé à un tabloïd, s'est ainsi déchaussée et révélée spécialiste des logotypes et autres visuels : "Nous, les italiennes, nous sommes nées pour susciter le désir, déclencher le plaisir. Regardez la forme de notre pays : ne dirait-on pas une cuissarde stylisée ?"

 


Sarah

Sarah Biasini, fille de Romy Schneider, a répondu aux yeux doux de la télévision, qui lui a offert le rôle de "Julie, chevalier de Maupin".

A la question d'un journaliste : "Comment entre-t-on dans la peau d'une jeune fille du XVIIe siècle ?", elle a répondu : "Les décors et les costumes y participent beaucoup. Porter des habits d'époque et chausser des cuissardes, ça vous change une démarche, ça vous donne une autre allure."

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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 21:54

La crainte de glisser "par erreur" un document pornograhique dans une enveloppe :
l'un des facteurs aggravants des troubles obsessionnels compulsifs ?

Je vous l'enveloppe ?

Fétichiste en diable, j'ai un jour découpé, à seule fin de conservation et de collectionnite aiguë (Cf "Carnets") -manoeuvre puérile et immature ?-, dans un illustré sur papier glacé une jolie créature en bottes-cuissardes.
A l'époque, l'amour n'était que des idéaux de chanson et les femmes des silhouettes de papier. Puis, j'ai glissé les vignettes obtenues dans une enveloppe, que j'ai ensuite remisée avec mon nécessaire à courrier.
Ayant à donner de mes nouvelles à mes parents, j'ai pris la première enveloppe venue sans en vérifier le contenu -elles sont en général vendues vides !-. Grande fut la surprise des destinataires quand ils aperçurent que là, dans les plis, dormait une amazone qui n'était pas une sainte ne portant que des sabots. Comme ils me le firent remarquer, je fus désagrégé de honte.
A partir de cet épisode-là, j'ai eu la crainte tenace de glisser par erreur un document pornographique dans une enveloppe du ministère qui m'emploie, et j'ai développé des Troubles Obsessionnels Compulsifs très invalidants.
La création du fanzine "A propos de bottes" d'abord puis de ce blog ensuite m'a permis de réparer, d'assumer, de déculpabiliser et d'abolir cette torture.
Ce blog se pose plus en gérant de stimuli qu'en forceps de l'habitus.
Voilà pourquoi à "la ligne éditoriale" j'accorde un peu de littérature et d'humour qui reste "la politesse du désespoir."
Pour illustrer ce billet, j'ai choisi l'image de ce cheval et de sa cavalière. Quitte pour vous d'apprécier le magnétisme sensuel qu'elle dégage et la force vive qu'il véhicule.

Joël Fauré

DR

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Solution de "l'énigme" d'hier :
CEDILLES

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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 18:50
 

 

De bon aloi...
(Toutes en piste avec ces bottes)

S
'il en est un à qui ma chronique d'hier aurait pu être dédiée, c'est bien à lui. Jacques Capelovici, Maître Capelo, a gagné ses galons de notoriété à la force de sa langue.
Professeur agrégé... d'anglais -c'est en tous cas ce que je lis sur le tampon appliqué sur la lettre que je reçus de lui, en réponse à la mienne, et confirmé ce jour par Wikipédia, qui n'écrit donc pas que des sornettes-, ce personnage familier popularisé par le petit écran, m'a toujours fasciné. Sa trombine, qui n'a pas réussi à dépasser son ton faussement apprêté, son érudition non feinte, les mots qui n'étaient pourtant pas les siens et avec qui il se délectait de jouer (Jeuuuuuuuuuu de mots !), l'index levé,  son clin d'oeil malicieux pour mieux faire passer une formule (Allez donc en jeter un, d'oeil, sur notre bon net, en tapotant "Jeux de 20 heures" par exemple) l'ont définitivement placé au panthéon des parfaits ajusteurs de la phrase.
Je serais un fieffé menteur si je disais que je ne suis pas un grand nostalgique du "Francophonissime" et des susdits "Jeux de 20 heures", émissions où le français moyen prenait de l'altitude, tout en conservant un aspect ludique, quand les grands fous rires ne l'emportaient pas...
Je n'allume plus la télévision que les jours où j'y passe (!) mais je suis prêt à le faire si quelqu'un d'important place sur sa grille de programmes une demi-heure, une demi-heure seulement de rattrapage de ce chef-d'oeuvre en péril qui se paupérise : la langue française !
Ce ne sera pas trop demander à  Maître Jacques d'y apporter sa contribution...
Ce ne sera pas plus un distique, dont Maître Capelo s'était fait une spécialité, qui va clore ce court billet, mais cette définition que je vous soumets et que je tiens de la bouche même de notre homme aujourd'hui mis en valeur :
Les garçons français en ont deux qui pendouillent, et les filles de France n'en ont pas.
Je vous aide un peu :
C . . ILLES

JF

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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 19:09

Une notice du Petit Larousse, dans les années 50

Vous prendrez bien quelques entrées ?

L'adul
escent, devenu mobinaute car il avait du décohabiter -il avait trop fumé la moquette- créa un buzz pipolisant.
Qu'a donc cette phrase de si particulier ? Réponse à la fin de ma chronique.

J'aime les dictionnaires. Ils sont "Les raisins de la colère" et "Madame Bovary", "Sur la route" et "J'ai très bien connu Jacques Brel", "La vie mode d'emploi", le mode d'emploi du sèche-linge et les pages jaunes...
Les nouveaux canaux de communication les ignorent souvent, hélas, et entre autres les blogs. Enfin, pas tous...
Leur contenu est une mine d'or pour qui aime les mots et leurs sens, démultipliés et pour les puristes de la langue ("Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément" disait Boileau) ; c'est une source pourtant tarissable, mais avant de le devenir, combien de rus, de rivières, de fleuves, de geysers auront coulé, jailli (Georges Pérec -homme de lettres sauf une !- ne souhaitait-il pas "l'exhaustiver" ? -oui, je sais, c'est un néologisme- ?)
J'ai gardé tous mes dictionnaires. De celui du cours (très) moyen 2, rouge et noir, d'un format petit, que je pouvais glisser dans mon cartable au gros pavé qui, immanquablement me fait penser à Colette, dans "Le Fanal bleu" , lorsqu'elle évoque la lampe qu'elle doit déplacer : "Qu'est-ce qu'elle a pu manger, celle-là, pour être si lourde ?", ce grand Petit Larousse Illustré à la jaquette en lambeaux, et où, entre ses pages se trouvent des pétales de roses, des plumes d'émeu et de la fougère séchée, en passant par celui qui m'accompagne aujourd'hui, et que j'aime. Pas un jour sans que je lui donne une caresse.

 

Alors, vous avez trouvé la particularité de ma première phrase ?

Allez, je vous donne encore un indice : ces quelques rimes que je suggère à Francis Cabrel pour l'une de ses prochaines chansons : "Et maintenant pour te plaire / Pas besoin de formulaire / Je suis dans le dictionnaire."

Ca y est! Il me semble vous sentir comme une page rose d'émotion.

Adulescent, mobinaute, décohabiter, fumer la moquette, buzz, pipolisant font leur entrée...
Le Petit Larousse 2010 est sorti !

JF

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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 18:59

 

Croissant Paris


Quelle âme charitable pourrait-elle m'en dire un peu plus sur cette carte postale qui m'intrigue ?
Pourquoi Sarah Bernhardt, dans "L'Aiglon" d'Edmond Rostand (Jusque ici, tout va bien) est-elle ainsi représentée, au pied d'une gigantesque botte et pareils gigantesques cape et pointe, manche ou embout difficiles à déterminer ?
Serait-ce un photo-montage post-mortem qui aurait -mais ce serait alors très macabre- quelque chose à voir avec la jambe amputée, volée et retrouvée de la célébrissime tragédienne ?

PS : Je n'ai pas lu L'Aiglon.

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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 18:59

DR

Horizontal :
I) Cuissardes. II) Urée. - Lue. III) Is. - Liées. IV) Run. - On. - Sot. V) Let. - Edito. VI) Bêtes. - Snob.

Vertical : 1) Cuir. 2) Ursule. 3) Ie. - Net. 4) Sel. - Te. 5) Io. 6) Alène. 7) Rue. - DS. 8) Dessin. 9) Oto. 10) Settob.
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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 19:34

Les mots croisés ont ceci de particulier qu'ils font, sans qu'on y prenne garde, partie intégrante de nos vies, tant pour ceux qui les résolvent que ceux qui les sèchent, les sautent -sans pensée des trésors qu'ils ignorent- dans les "pages froides" des journaux.
Je ne sais plus dans quel film j'ai entendu cette réplique : "Une femme, c'est comme une grille de mots croisés : c'est compliqué mais c'est tellement bien quand "ça" se donne." !

Aujourd'hui, je vous offre de vous pencher sur une grille de mots croisés "que j'ai faite moi-même", non pas en cruciverbiste mais en verbicruciste. Une grille thématique... "à propos de bottes".
Et comme je suis bon prince, je vous donne la définition du I horizontal : CUISSARDES.

 


Horizontal :
I) Grandes pompes.
II) Finit à la fosse. - Parcourue.
III) Finis finis. - Attachées.
IV) Courir à Londres. - Grand faiseur de ragots. - Grand diseur de sornettes.
V) Terme de tennis. - D'une bonne plume d'un canard.
VI) Donnent leurs peaux à la scène.  - Lèche-botte de saison.

Vertical :
1) Matière à luire. - Instant décisif.
2) Prénom.
3) Fin de série. - Sans bavure.
4) Pour relever certaines notes. - Se dit entre amis.
5) Une jolie fleur dans une peau de vache.
6) Le cordonnier est très ennuyé quand il la perd.
7) Parfois arpentée par le I horizontal. - Transportait les chefs d'Etats et les gangsters.
8) Un mouton pour le "Petit Prince".
9) Un véhicule à deux roues bien accidenté.
10) Chaussures mises à l'envers.

JF

Allez, pour vous encourager, en sus, une image forte : "LNA au bain"
DR
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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 18:56


Héléna Noguerra (DR)


Au débotté

Lettre à Jacques Brel

Cher Jacques,

J'ai eu de la chance : il restait un coin de terre "bâtissable" au fond de cette rue qui porte ton nom. J'ai posé mon sac et la première pierre d'une maison qui, un jour, abritera les miens et ceux qui y ressemblent. J'ai creusé les fondations de ma mémoire, de mes mains bâti les murs, j'ai posé dessus tout ça un toit de tuiles bien roses pour influencer le ciel...
Cette maison, je l'ai voulue sincère et honnête : je lui ai ouvert de grandes fenêtres sans jalousies, avec seulement des persiennes cache-pudeur.
Sur le seuil, j'ai mis en garde le visiteur ; j'ai gravé quelques mots  : "Ici, pas de chien méchant ni de cerbère brutal ; seul le chat peut griffer quelquefois."
Mais hélas, cette maison, c'est tout un roman à qui il ne manque que l'héroïne qui viendra l'habiter, qui en sera la palpitation, la respiration. "Une femme fait ou défait une maison." Afin qu'elle ne soit plus vide de sentiments et creuse de sens.
Quand viendra (reviendra)-t-elle, cette douce hôtesse, entrevue dans un mirage ou mal aimée, et partie sur un coup de tête et de talon, ou encore trouvaille livresque, inventée par un écrivaillon qui s'ennuie ?
Pourvu qu'elle nous vienne, une nuit d'orage, apeurée par la pluie et le vent, en larmes décuplées, en bottes remontées, en quête d'un refuge...
Pourvu qu'elle nous revienne, un soir d'été, dans la lumière parfumée, ondulante et sauvage, en bottes retroussées.
Elle pourra s'asseoir et se débotter.
Pourvu qu'elle nous parvienne, intacte et ressemblante au catalogue des tardives amours ; sur sa peau ses cuirs, sur ses cuirs le poinçon du sérail des femmes esquintées...
Pouvu qu'elle vienne nous lire... me lire...
Les mots ne sont-ils pas des briques ? Les phrases des maisons ? Les auteurs des maçons ? Et chaque livre n'est-il pas un pays où chaque page est un village ?
Je te salue.

Le Maçon

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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 19:44


Cuissarde en chocolat
de Joséphine VANNIER
Photo Raphaël Dautigny

Etre chocolat

Si vous voulez me faire plaisir, parlez-moi de cirque. Ils s'appelaient "Footit et Chocolat", c'était deux clowns célèbres qui ont fait les beaux soirs du cirque Médrano, dans les années 1900. Footit était le "clown blanc", et Chocolat... le clown noir. C'est vraiment le cas de le dire. Il était né à Cuba en 1868 ; il est décédé en 1917 et il repose au cimetière de Bordeaux. Un tableau de Toulouse-Lautrec l'a immortalisé. L'expression "être chocolat", c'est-dire "être dupé, frustré" -ce qu'il était dans ses sketchs- viendrait de lui.
Si vous voulez me faire plaisir, parlez-moi de jolies filles. Olivia Ruiz (de son vrai nom Olivia Blanc) est une chanteuse française née à Marseillette, dans l'Aude. C'est elle qui chante : Taille-moi les hanches à la hache / J'ai trop mangé de chocolat. (...) Pétris-moi de baisers / Je deviens la femme chocolat."
Si vous voulez me faire plaisir, parlez-moi de timbres-poste de collection. Tous mes amis épistoliers le savent : lorsqu'ils m'écrivent, ils collent sur l'enveloppe un timbre de collection. (Ca ne coûte pas plus cher et c'est beaucoup plus joli. Je les ai menacés de ne pas ouvrir leurs lettres, de ne pas lire leurs cartes si elles étaient floquées d'un timbre trivial.) Pour célébrer 400 ans de consommation éhontée de chocolat, la Poste, après avoir édité un timbre rond, un timbre ovale, un timbre en coeur, innove. Elle sort "un feuillet indivisible aux bords reproduisant le traditionnel papier aluminium, froissé à l'ouverture..."(Rubrique philatélie de "La Croix" du 30/31 mai 2009) de 10 timbres à valeur faciale de 0,56 € "dont chaque "carré" illustre une étape de la saga [chocolat]"
"Libé"
renchérit : "Ce n'est pas en les léchant qu'on a envie de les croquer, mais plutôt en les reniflant ou en les grattant. L'astuce, c'est une odeur de cacao encapsulée dans l'encre. Dans de bonnes conditions de conservation, l'enchantement peut durer deux ans, promet la Poste".
Si vous voulez me faire plaisir, parlez-moi de cuissardes... en chocolat. Telle celle que vous voyez tout en haut, oeuvre de Joséphine Vannier, présentée au 14e salon du chocolat, qui s'est tenu à Paris en octobre 2008. C'est à croquer !
Le fétichisme, vu sous cet angle, ne sera plus à créditer aux psychanalystes, mais aux nutritionnistes.

JF

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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 18:37

Photo Burkhard Jüttner

Là où les bottes ne sont pas...
S
électionner, c'est déjà créer. Après Flaubert, Joseph Delteil et hier Dominique Quessada, voici un texte de Jean Richepin (1849 - 1926), un peu oublié et pourtant membre de l'Académie Française. Son texte est savoureux. Et drôle. Du genre "un couteau sans manche auquel on aurait supprimé la lame".
Tous sont des amis qui ont fabriqué de véritables petits bijoux, chapelets de mots et de sensations dégottés derrière les fagots de mes bottes les plus secrètes, entreposés dans les hangars de la mémoire.

PREFACE (1913)

"Oui, j'avais promis depuis longtemps, à mon confrère et ami Jérôme Doucet, cette petite préface à ce petit livre de charmante érudition et d'art joli. Je trouvais singulier qu'il eût demandé cet avant-propos, à propos de bottes, tout juste au chantre des gueux et des va-nu-pieds ; mais quand même, c'est vrai, j'avais promis.
Il me rappela ma promesse le 5 mars, au moment où je prenais le train pour Moscou.
- Bon, pensai-je, voilà de quoi m'inspirer là-bas, au paradis du cuir de Russie. Et je daterai ma préface comme le décret de Moscou en personne. Excusez du peu !
Mais j'avais compté sans les féeries de la ville sainte, le Kremlin, les coupoles, les souvenirs de Napoléon, et les fêtes, et les banquets, et tout. Et je filai sur Pétersbourg sans avoir écrit une ligne. Et je quittai la Russie tout pareillement.
La Finlande et son Kalevala, la Baltique et ses glaçons flottants (et même Stockholm, malgré la mémoire de Charles XII en bottes fortes), laissèrent ma Muse préfacière un pied nu, l'autre sans chaussure.
A Christiania, la vue d'un bateau wiking, merveilleux de conservation, faillit me faire chanter une ode à la jolie reine exhumée de cette tombe fantastique ; non pas une grande et blonde Walkyrie, mais une Cléopâtre du Nord, brunette, mignonne, au tout petit peton, que ganta sans doute un gant-de-pied en peau de phoque. Oh ! Pourquoi ne lai-je pas fait, ce poème ?
Mais je repartais le soir où je vis cette merveille pour Copenhague, puis, de là, en bolide fol, et d'une traite, pour Tunis. Va te faire, lanlaire, la pauvre préface !
Eh ! Non, voyons ! Ici, sous le ciel bleu où fleurit la rose du cuir rouge, ici, dans les souks où je voyais les bottes et les babouches naître devant mes regards, elle allait germer aussi, et s'épanouir, la préface !
Au diable ! Deux yeux ne pouvaient suffire à emmagasiner tant de visions lumineuses, tout ce feu d'artifice oriental, et l'Algérie après Tunis, et les splendeurs de ma patrie retrouvée ; et il m'eût fallu avoir une tête de mouche toute en facettes, pour regarder tant de couleurs ; et je pensais à bien d'autres joies qu'à celle des pieds orgueilleux de leur pourpre !
Et ainsi je revins sans la préface, et l'esprit hanté surtout par des pieds nus de danseuses tourbillonnantes, de gamins courant, puis de marins dans les cordages. Et voilà pourquoi cette préface, qui fut commencée en intention le 5 mars, s'acheva en réalité le 30 avril, et ne parlera de bottes que pour dire :
- Au fond, le poète qui est toujours un chemineau, ne chausse vraiment qu'une seule sorte de bottes, les bottes de sept lieues, que lui donne le train quand il a de quoi le prendre, et son imagination quand il n'a pas le sou."

Jean Richepin

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