14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 19:26

Sur un plateau

La vie, cette gredine, m'avait éloigné des plateaux télé et radio où mon "moi" se trouvait bien. Et voici que mon bébé-livre "J'ai très bien connu Jacques Brel" qui fait ses premières dents et fait risette aux passants me ramène dans le domaine qui aurait dû rester le mien. Mais, comme le dit un ami-chanteur à moi : "La vie ne fait pas de cadeau..."
Aujourd'hui, c'est sur le plateau de Télé-Toulouse que je me suis revu, avec un physique à la "Guy Carlier mais sans ses appointements".
Dans le "Comptoir de l'info" animé (dans le vrai sens du terme) par l'éminemment sympathique Greg Lamazères (1), et le non moins amène Jean-Marc Lucas, il m'a été donné de donner les dernières nouvelles de mon grand ami Jacques Brel, avec un clin d'oeil au présent blog.

(1) Greg Lamazères cumule les talents : Musicien et père de trois enfants, Greg Lamazères est journaliste et reporter à Toulouse (pour TLT) où il est né en 1965. Il est également l'auteur de biographies de résistants, de romans et de nouvelles sur l'immigration italienne, les idéaux brisés du socialisme, les années 1930 et la seconde Guerre mondiale, saint Jean-Baptiste, Hossegor, le blues, le Mexique et ses propres années radio.
(C'est la bio de quatre de couverture de son dernier livre "Dernier round à Neuengamme", chez Privat, que je flaire comme un très bon livre (Je n'ai lu que le prologue) ; je suis actuellement plongé dans la biographie de Frida Kahlo (Hayden Herrera), dont les 600 pages me remuent à chaque mot).

Piqûre de rappel

Pour les bouquets de névroses et la taille des névrosiers de Mylène Farmer à Toulouse (concerts des 15, 16, 18 et 19 mai au Zénith de Toulouse), il nécessite 6 bus pour les techniciens et 20 semi-remorques de 38 tonnes.  Où sont rangées les cuissardes de Mylène Farmer quand elle ne les porte pas ?

JF

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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 19:09

Photo M. Rosensthiel / Sygma


Où sont rangées les cuissardes de Mylène quand elle ne les porte pas ?

Chacun a des marottes. Moi, ce sont les bottes. Hautes. Brassens ne crevait-il pas d'envie de "voir le nombril de la femme d'un agent de police" ?
Où sont rangées les cuissardes de Mylène Farmer quand elle ne les porte pas ? Couchées et protégées par du papier satin dans quelque boîte ? Droites debout (comme celles d'un homme politique) dans une penderie ? A cheval sur une tringle ?
Mylène Farmer vient apporter à Toulouse, les vendredis 15, samedi 16, lundi 18 et mardi 19 mai (Que fait-elle dimanche 17 ?) ses bouquets de névroses et tailler ses névrosiers.
"La Dépêche du Dimanche" consacre une pleine page à cet "avènement".
Pas moins de deux journalistes sont sur le coup. Jean-Luc Martinez, qui semble avoir déjà vu le spectacle écrit, avec un torride lyrisme : "En quittant la route 66 vers le désert du Nevada, la nuit est si sombre que l'oeil se met soudain à cligner, ébloui au fond de la vallée par les lumières de Las Vegas. Une mer incandescente semble se détacher du sol, offrant au regard un spectacle captivant. Le nouveau show de Mylène Farmer provoque le même émerveillement." Pas plus, pas moins. Plus loin : "Un public sensible aussi au charme de ses tenues sensuelles, signées Jean-Paul Gaultier, qu'elle change toutes les dix minutes , passant des cuissardes noires [pendant dix minutes, je veux bien être une planche de la scène du Zénith de Toulouse] à la mini-robe rouge pailletée ou encore au costume rayé asymétrique, avec la même volupté, laissant toujours entrevoir, au moins, une cuisse."
Philippe Brassart écrit un très intelligent papier dans lequel on peut lire, sous le titre "Les raisons de son succès" : "Bien sûr, elle ne s'appelle pas Farmer : Mylène est née Gautier en 1961 à Pierrefonds, non loin de Montréal (Québéc), où elle a passé neuf ans avant de regagner la France. Pourquoi Farmer ? En hommage à Frances Farmer, actrice américaine des années 40 internée par une mère abusive, lobotomisée par des médecins bouchers. Curieuse idole, dira-t-on... (...) Le succès semble n'avoir pas de fin. Et le temps n'avoir aucune prise sur l'artiste toujours mystérieuse, rousse et svelte. Une voix fragile à nulle autre pareille, un charme ambigu, cet univers intime nourri de lectures, d'images, de réminiscences -Rimbaud, Cioran, Vélasquez, Egon Schiele, Goya, Bunuel...- cette fêlure indéfinissable : la clé de sa réussite est là."

Où sont rangées les cuissardes de Mylène quand elle ne les porte pas ?

JF

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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 19:20

"Y'a qu'un  ch'veu sur la tête à Matthieu

Y'a qu'deux cuissardes sur les jambes à Bernarde

C
e qu'il me reste d'empan visuel m'a permis aujourd'hui de lire dans mon historique journal quotidien "La Dépêche du Midi" un papier non signé, titré "Béa, la coiffeuse qui décoiffe" sous le surtitre : "Histoire du jour. Le concept est osé. Un salon de coiffure pour hommes, sensuel et relax, vient d'ouvrir."

Après avoir évoqué le magnifique film de Patrice Leconte "Le mari de la coiffeuse", l'auteur -l'auteure ?- de l'article écrit : "Un coup de sonnette ouvre la porte [du salon] au concept inédit de "coiffure lounge". La maison se réserve le droit d'entrée, après un coup d'oeil lancé sur le client au travers d'un oeilleton vidéo.

A l'intérieur, ambiance club, lumière tamisée, murs tendus de rouge profond, canapé en cuir et table basse.

Béa, revêtue d'un mini-kilt au ras du porte-jarretelles, de cuissardes s'arretant juste au-dessus du genou et d'un chemisier noir transparent, accueille avec un mutin sourire."

Ma première réaction de gentil fétichiste des cuissardes, caressant et sensuel, a été de mal lire, c'est-à-dire "s'arrêtant juste au dessous du genou", auquel cas il n'aurait pas fallu parler de cuissardes mais de genouillères. Et ma seconde a été de me dire que, lorsque j'en aurai terminé de toiser avec des mètres d'arpenteur la longueur des bottes, j'irai me faire coiffer chez Béa.

La lecture du cahier "Livres" du "Monde" a accentué mes considérations d'hauteur. Dans une critique de "L'énigme du fils de Kafka" par Curt Leviant ("Le journal d'une femme adultère", 100 000 exemplaires vendus en France, donc 100 000 infidèles !) la chute dit ceci : "(...) cette phrase de Max Brod (...) qui dit ceci : "De nos jours, les femmes ont des jambes qui leur montent jusqu'au cou."
Je me suis dit qu'il restait un mot à revisiter : mentonnière.

JF


Précision :

A propos de "Connaissez-vous l'anhédonie ?"  (Billet d'hier)

Si j'avais été moins prompt à vous faire partager mes sensations concernant l'anhédonie, j'aurais pu vous donner sa définition exacte.
"L'anhédonie est un symptôme médical retrouvé dans certaines pathologies psychiatriques et parfois chez le sujet exempt de trouble. Il caractérise l'incapacité à ressentir des émotions lors de situations de vie pourtant considérées antérieurement comme plaisantes. Cette incapacité est fréquemment associée à un sentiment de désintérêt diffus." Source : "Wikipédia".

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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 19:34

LE MOI DE MAIS

Gréco (pas le peintre, la chanteuse) chante "Je hais les dimanche", Mireille (du "Petit Conservatoire de la Chanson") "Fermé jusqu'à lundi"*, et Flaubert, le grand ami d'une grande amie disait que "le jour de l'an est bête".
Nous autres, citoyens "rttistes" fatigués, avons pris l'habitude de priser nos fêtes fériées et chômées-payées comme autant de trêves dues et d'en mépriser superbement la forme, le fond et le contenu. Ou plutôt non, point le contenu, chacun l'ayant soigneusement préparé, mitonné, un oeil sur la couleur du ciel et l'autre sur le calendrier. Mais qui se souviendra bientôt que l'interruption de la besogne célèbre toujours le souvenir brillant d'un éclat ? J'ai moi-même mis un temps certain à resituer ce 8 mai parmi tous les autres qui l'avaient précédé... Ainsi, il sera facile d'oublier qu'une de nos héroïnes s'est élevée -pour n'en redescendre que rarement- vers la voûte céleste ; qu'en un  fait-divers le Saint-Esprit s'est écrasé en flammes sur la tête de saints innocents ; qu'une bonne idée voulût qu'un jour on cessât les guerres et, à plus ou moins long termes, on omettra de remercier tous ces petits personnages bibliques et militaires qui font pourtant que la fiche de paye est aussi pleine à la fin d'un mois où l'on a pratiquement passé son temps à bâtir des ponts pour accéder à des monuments et chapelles déserts.
A Toulouse, nous avons une "rue des 36 ponts" : je propose qu'on la débaptise (C'est assez à la mode) pour la nommer "rue du mois de mai".
J'ai une comptine que ma maîtresse d'école (Je ne sais pas pourquoi je pleurerai toutes les larmes de mon corps quand elle mourra.) m'a collé comme un post-it dans le lobe de l'oreille : "Il est de retour, le joyeux mois de mai / Amis, quels beaux jours, tout sourit, tout est gai / La verte prairie s'émaille de fleurs / Partout de la vie on sent le bonheur...."
Mai.. Mais, quand on est né non désiré, seul et maudit, qu'on vit seul, qu'on mourra seul, on est comme les saumons : on remonte le long fleuve à contre-courant. Les fêtes (Ca y est ! Depuis l'émission de lundi soir, j'ai compris : je suis festophobe) exacerbent la solitude.
Mais le plus humiliant n'est pas là. Le plus humiliant est la réaction, qui part d'un bon sentiment de ceux qui vous disent : "Je sais que tu es seul, viens donc passer la journée avec nous !" "Le protocole compassionnel" et "La pitié dangereuse" réunis ! (Trouvez les auteurs ; réponse à la fin de ce billet.)
A ma collègue aux idées larges, et avec qui je commerce en grande liberté, qui m'a demandé : "Jo, qu'est-ce que tu vas faire ce weekend ?", j'ai répondu : "Je vais me masturber. Ca fera passer un moment." Comment ? Qu'est-ce que vous dites ?

Réponse : "Le protocole compassionnel" est un livre d'Hervé Guibert et "La pitié dangereuse" de mon regretté ami Stefan Sweig.

* Chansons à écouter d'urgence si vous ne les connaissez pas.

JF

PS : Complétant à point nommé mes propos, je vous livre ceux que tient aujourd'hui Yann Moix, dans sa chronique du "Figaro Littéraire". Sous le titre "Connaissez-vous l'anhédonie ?" (Je suppute retrouver là la racine d'hédoniste mais je n'ai pas fait de recherches plus poussées). Il écrit, à propos d'un livre qui vient de sortir (1) : "Certaines personnes, dites en situation d'anhédonie, sont ainsi dépourvues de cette propension à la jouissance préliminaire obtenue par la puissance magique du cerveau. Le cerveau (...) me fait en quelque sorte crédit : avant même mon départ [pour les sports d'hiver en l'occurence] il me met déjà sur des skis,  il me livre une bande-annonce alléchante de mes vacances ; il s'arrange pour que la représentation de mes vacances, leur préfiguration, leur simulation fassent partie intégrante de ces vacances, et soient, par l'état dans lequel cette perspective me met, presque aussi excitantes que les vacances elles-mêmes. (...) Car le cerveau (...) est bel et bien ce magicien capable de se servir du réel pour fabriquer de l'imaginaire [ça, je sais ! Et toc !] : sans sa capacité de travestissement, d'embellissement, d'enchantement, nous serions déjà tous morts, ou en proie à de vertigineuses dépressions."
Croyez-vous que j'aggrave mon cas ?

 

(1) "Le cerveau magicien, De la réalité au plaisir psychique" de Roland Jouvent. Odile Jacob, 250 p., 23 €
Le mois de mai (Chanson populaire)
Extrait de "Rondes et Chansons" de Pierre Alin Ed. Foetisch- Lausanne
"Chant et poésie" CE - CM 1
Ministère de l'Education Nationale
Emissions de la radio scolaire 1972 - 1973
Office français des techniques modernes d'éducation (OFRATEME)
Collection particulière JF

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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 16:45

LA PHOBIE DES CLOWNS ?

"Obsessions, phobies, panique. Vos questions, nos réponses." tel était le titre du programme de France 3 hier soir : il y a encore dix-quinze ans, la télévision n'aurait pu présenter ce type d'émission où les les cerveaux sont "posés sur la table".
Il faut donc remercier qui ? Les concepteurs de ces diffusions grand public à une heure de grande écoute ? Celles et ceux qui y participent ?
Je ne me suis pas posé de questions quand, en 1994, dans feue l'émission "37,5° le soir", j'ai participé au débrousaillage des maladies d'"au dessus du cou". J'avais des TOC. Et au risque de passer pour une bête de foire, j'ai témoigné sous l'oeil d'une caméra venue me filmer dans ma rase campagne...
Depuis, j'ai souvent, lontemps bataillé, sabre au clair, contre ces ennemis intérieurs. La lutte est usante. Une association s'est créée, l'AFTOC et je l'ai rejointe à ses balbutiements. Depuis, l'Opinion Publique connaît l'acronyme TOC qui sonne comme un coup de marteau. "Plus personne ne va rire" semble dire mon grand ami Milan Kundera, dans son admirable "Risibles Amours".
Je dois avouer que, de guerre lasse, j'avais abandonné le luxe de paraître lisse, au dessus de la mêlée, et d'entrer dans la "branloire pérenne" chère à Montaigne.
Je tenais un rôle assez convenable dans une société qui ne l'est plus.
Je voulais laisser à d'autres le soin de dire la souffrance, la blessure, la fêlure...
Et puis hier soir, vous m'avez vu à la télévision ; dans l'un de mes rôles de ma drôle de carrière cinématographique : assis sur un lit, enfilant laborieusement mes chaussettes... On a vu pire, me direz-vous...

La télévision -les médias en règle générale- sont vraiment le quatrième pouvoir. Les retombées sont énormes et j'ai été aujourd'hui noyé par les phrases chaleureuses, y compris par des gens que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam...

Sur l'émission en elle-même, deux petits mots.
Tout d'abord, il faut savoir que son contenu a été modifié, afin de donner un éclairage sur la grippe mexicaine. Curieux voisinage du conseil de se laver les mains au moins cinq fois par jour pour se prémunir d'une éventuelle épidémie devant des laveurs et laveuses obsesionnel(le)s !
Une curieuse phobie a été évoquée : celle des clowns. J'ai pensé au livre de Michel Quint "Effroyables jardins" où le narrateur nourrit une peur viscérale pour les pitres... (Fort bien expliquée par la suite.) Mais j'ai surtout pensé à mes amis que j'avais prévenus de mon passage à la télé. Et savez-vous ce qu'ils font dans la vie ? Ils sont clowns !
Alors j'ai retourné le problème à l'envers : sont-ce les gens qui ont la phobie des clowns ou bien les clowns qui ont eux-même des phobies ? (Le plus célèbre d'entre-eux, Achille Zavatta, s'est donné la mort.)
J'ai été très ému par cette jeune femme, arythmomane, contrainte de toujours tout compter, et ayant demandé à son médecin de la placer dans un coma, pour se défatiguer le cerveau, ce qu'il a refusé bien entendu. (Emile Zola souffrait d'une forme d'arythmomanie : il comptait et recomptait les lampadaires de son quartier.)

Que vous soyez en pleine santé -elle conditionne tout- , fétichiste des cuissardes, adepte du bondage ou triskaidekaphobe, je vous offre cette petite citation sur les psychiatres, que je connais très bien, (Ils n'ont pas de baguette magique et ne se déplacent pas en soucoupes volantes) : "Le névrosé construit des châteaux en Espagne ; le psychotique y habite et le psychiatre encaisse le loyer !"

JF

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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 12:09

A Marie-Madeleine


Il pleuvait sur Villaudric ce jour-là.....

" La petite ville de Villaudric peut passer pour l'une des plus jolies de la Haute-Garonne." Vous n'avez pas oublié ? (Voir billet de dimanche 26 avril).

Après une première phrase, il en faut une autre, puis une autre puis une autre...

Ainsi se construisent les textes, les chapitres, les livres...

Forte de cette constatation, Villaudric avait organisé dimanche en huit, son premier Festival du Livre.
Là, je fus reçu comme un Grand d'Espagne pour y présenter mon modeste opuscule "J'ai très bien connu Jacques Brel" (Pour les pavés, j'attends de prendre langue avec quelque logorrhéique qui sont légion en toute saison, mais je ne me hâte pas). 
Donc, je fus reçu. Rien à dire. L'intention était louable.
C'était sans compter sur les caprices de Jupiter. Toute la jounée, il est tombé "comme à Gravelotte". Une pluie discontinue et froide a contraint un cercle pourtant de qualité -y compris les autochtones venus échanger leurs livres dans des cageots de salades ou de carottes- à ne pas voir la queue d'un chat.
Qu'importe ! Je me console en lisant les jolies phrases, impétrantes à une suite à "La petite ville de Villaudric peut passer.... etc..." que Marie-Madeleine (la vraie, l'héroïne de "J'ai très bien connu Jacques Brel") m'a écrites, avec des relents de parfums d'enfance et morceaux de pellicule de
"Cinéma Paradiso"
" Sais-tu que je suis née à Villaudric ? Un jour, je te ferai voir la maison de mon enfance, mon père et sa forge...
Mes grands-parents étaient
maîtres-valets d'un château
où j'ai fait quelques pirouettes. J'ai joué à la maman et au papa dans des cachettes, dans les bois environnants. J'ai pris la température. Ma grand-mère m'a surpris avec mon copain, 6, 7, 8 ans à l'époque.
Avais-je déjà enfilé des bottes ? Je fantasmais sur les seuls rôles que je connaissais : parents, docteur, voisins, épicière, boulangère, bouchère, cultivatrice de pommes de terre.
Sauf qu'un monsieur venait avec un projecteur tous les mardis soir passer un film dans le petit café en face de la forge de mon père. Les enfants étaint devant avec des cacahuètes, et les parents derrière en train de s'embrasser... C'éatit "Le Pont de la rivière Kwaï",
les
"Sissi"..."

Souvenirs, souvenirs...


-----
Brèves

Gérard Jouannest : "La carpe du Tendre"

Gérard Jouannest, l'un des derniers solides amis de la bande rapprochée de Jacques Brel, vient, enfin (!) de dire oui à quelqu'un -quelqu'une- pour évoquer ses souvenirs. Il faut dire que cette quelqu'une est Angela Clouzet, la fille de Jean Clouzet, le tout premier biographe de Brel. (Brel, chez Seghers)
Réunis en un livre où entre aussi en scène Juliette Gréco, devenue l'épouse de Jouannest, les propos, histoires, anecdotes prennent ici une grande valeur, quand on sait que Jouannest s'est toujours farouchement soustrait aux interviews.
Jean-Charles Aschéro, de France Inter l'avait surnommé :
"La carpe du Tendre"...

"Gerard Jouannest, de Brel à Gréco"
(Angela Clouzet) Editions Albin Michel

JF

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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 07:54

"Comment faire un enfant ?"
Photomaton JF
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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 18:41

Les TOC, ce "cancer de la pensée."

S
i vous voulez voir ma vieille carcasse et ma trombine "double-mentonnée" -"excès et compensations", titre de mon probable futur film-, je vous invite à vous asseoir (ou à vous allonger) devant votre télévision, lundi prochain 4 mai, à partir de 20 h 35 sur France 3.
La chaîne propose "Obsessions, phobies, panique : vos questions, nos réponses", une émission sérieuse en direct de la Plaine Saint-Denis, animée par l'excellente Marina Carrère d'Encausse et le non moins excellent Michel Cymès.
Moi, je suis déjà "en boîte".
A dire le vrai, je ne voulais plus témoigner sur les TOCs. Je l'ai trop fait et, sans prétention, ai sans doute été le premier à briser le mur du silence en 1994 dans l'éphémère emission médicale "37°5 le soir" animée par par Anne Barrère et (hélas !) Patrice Carmouze. On lira un peu plus loin pourquoi j'ai répondu à l'appel à témoins de "17 juin média", société de production prestataire de services entre autres de "Faites entrer l'accusé", du "Magazine de la Santé" etc...

Pour ce qui est de l'émission de lundi, elle abordera les divers visages de l'anxiété et de l'angoisse.
Donc, pourquoi ai-je accepté de témoigner "à visage découvert" sur cette folie raisonnante que sont les TOCs ?
Pour deux raisons. La première pour avoir approché et vécu du journalisme ; la seconde parce que depuis plus de 15 ans, les TOCs restent mon cheval de bataille, le combat d'une vie qu'ils tentent d'annihiler...

Pour l'émission de lundi, nous avons tourné environ 6 heures pour une "quintessence" de 2 minutes 30. Mais il vaut mieux un court-métrage qui en dit long qu'un long-métrage qui tourne court.
La journaliste Géraldine Laura a fait preuve d'une grande rigueur et de beaucoup de sérieux. Je lui avais dit qu'il était très difficile d'illustrer par l'image un TOC. "L'interview-posé" dira les mots qu'il faut pour expliquer encore et encore. Le caméraman a été tout bonnement excellent.
Pour avoir eu connaissance du sujet, l'on me verra entre autres, avoir du mal à enfiler mes chaussettes (Un geste anodin parasité par l'obsession et son pendant, la compulsion.)
Je suis assez frustré qu'une scène n'ait pas été conservée ("timing" oblige) : on me voyait dans une librairie, freiné au cours de la lecture d'un livre... (C'était "Sur la route" de mon grand ami Jack Kerouac). Dommage, vraiment...
Le sujet se termine sur les conséquences de cette cochonnerie (Non, pardon, je laisse la cochonnerie à la grippe), de cette saloperie de maladie : la SOLITUDE. A une question de la journaliste, je réponds : "La maladie isole Je suis dans une grande solitude ; la solitude est une hydre à 8, 10, 12 têtes, et je ne veux pas imposer à une compagne les contraintes des TOCs, ce "cancer de la pensée".


"J'ai fini le montage du reportage que nous avons tourné ensemble et ma rédactrice en chef a beaucoup apprécié"
m'a courrielisé Géraldine Laura.

J'espère que vous apprécierez aussi.


Joël Fauré

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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 11:27

Macha Béranger, au départ, se destinait à la comédie. On a pu la voir dans plusieurs courts ou longs métrages où elle jouait les seconds couteaux.
Chacune de ses apparitions à la télévision ne laissait personne indifférent, tant se dégageait d'elle un magnétisme mystérieux.
La suite et la fin de l'entretien du 7 octobre 1999.

Courage ! Vous êtes un aigle !

"- A 37 ans, maintenant, il faut que vous viviez votre vie, il ne faut pas que vous soyez toujours en dépendance.
- Je suis actuellement phagocyté et sans autonomie véritable. Ce sont des pensées qui viennent assiéger un petit peu le système de valeurs et qui viennent polluer le quotidien. Ca va du linge sale à laver -c'est très symbolique mais le linge sale à laver, c'était la tâche dévolue à la mère...
- Non, mais alors là, il faut en sortir, attention, là....
- J'extrapole un peu. Je savais que j'allais vous faire bondir.
- (Rires.) Parce que, vous savez, maintenant, les épouses... Vous avez du linge sale, vous le lavez, hein ? On se débrouille... Chacun se débrouille dans le ménage. On n'est pas perdu parce que maman n'est plus là pour laver le linge quand même. Il faut apprendre le quotidien. Vous ne le connaissez pas  en fait, puisque vous avez été toujours très chouchouté, très très gâté...
- (Rires étouffés.)

- Hein, c'est ça ? (Rires.) Moi, vous savez, j'ai gâté mes fils, c'est vrai, mais je leur ai toujours appris ce qu'il fallait faire dans une maison parce que c'est toujours utile un jour ou l'autre. Alors, votre maman ne vous a pas appris. Elle a tout fait pour vous.

- A table, c'est elle qui voulait absolument servir les plats. Mon père ne bougeait pas non plus. C'est une vieille méthode de la campagne. Et il ne fallait surtout pas bouger avant la fin du repas. Ensuite, je pouvais quand même prendre les verres et les assiettes et faire la vaisselle, mais c'était elle qui régentait absolument tout.

- Non, Joël, maintenant, vous allez régenter votre vie vous-même. C'est vous le chef, hein ? Alors vous allez apprendre à faire les choses pratiques du quotidien ; ça c'est pas trop difficile et vous allez apprendre à vous débrouiller vous-même. Vous en êtes tout à fait capable, il faut quelques jours.

- Que Dieu vous entende.

- Oh ! Je ne sais pas s'il m'écoute toujours, mais il entend l'émission tous les soirs !(Rires.)  Alors, qu'est-ce qui vous fait le plus peur ? De quoi avez-vous besoin, maintenant ? Qu'est-ce qu'on peut faire pour vous ?

- Je me sens terriblement seul, démuni, sans repère et dans un isolement extrême. Donc j'aimerais peut-être rencontrer des gens qui sont dans mon cas ou éventuellement peut-être des femmes qui accepteraient de recueillir l'oiseau, euh...

- Pour laver votre linge ? (Rires.)
- Presque. Non, l'oiseau qui est presque au bout de la branche, qui veut s'envoler, qui serait prêt à fonder peut-être un foyer... Enfin, je ne sais pas, c'est une bouteille que je lance à la mer...

- Oui, mais il ne faut pas que vous ayez le sentiment que vous avez besoin d'être recueilli, attention... Il faut que vous ayez l'envie de construire, ce n'est pas tout à fait pareil. Ne cherchez pas la suite de votre maman. Maintenant, chacun a ses responsabilités et les partages sont assez équitables en général, c'est ça, dans les couples actuels. Donc, vous êtes capable de le faire aussi. Tout à fait. Mais ne cherchez pas une autre maman, sinon vous ne sortirez jamais du système, et vous vous en voudrez un jour. A moins que ce système soit très confortable pour vous ?

- Il est confortable, mais il n'est pas, à longue échéance...

- ...Il n'est pas épanouissant.

- Il n'est pas épanouissant.

- Bien sûr que non. Voilà, Joël. Vous m'appelez de quelle région ?

- Je vous appelle de Toulouse. Jolie ville. Mais enfin, quand on s'y ennuie...

- On s'ennuie partout, c'est vrai, oui. Ce n'est pas une question de ville, bien sûr. Quand on est seul, on s'ennuie, on n'est pas bien.

- On peut s'ennuyer à Paris, à Rome, à Singapour...

- On peut s'ennuyer dans le plus bel endroit du monde si on a le coeur vide. J'ai été contente de bavarder avec vous, et puis, donnez-moi de vos nouvelles très vite, d'accord ? Et puis, courage ! Vous êtes un aigle ! (Rires.)

 

FIN

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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 18:29

J'aimais bien Guy Carlier, sa finesse sous la graisse, ses mains  s'exprimant, soulignant une saillie, comme un puceau post-pubère. Ce n'est pas de sa faute, et je sais de quoi je parle.
La notoriété venant, son "fonds de commerce" est devenu méchant.
J'ai été profondément blessé le jour où il a tenu, sur les personnes atteintes de TOCs (Et on sait que j'en suis) des propos très déplacés. Peut-être ai-je été trop susceptible ?
Il m'a de nouveau blessé lorsqu'il a grugé, sous un faux-nom bien sûr, Macha Béranger, en l'appelant un soir, fin comme du gros sel, utilisant des ficelles (du métier qu'il connaît pourtant bien) comme des cordages de marine. Indélicat pour le moins. Blague de potache.
Macha Béranger a eu l'élégance d'en rire.
Ce blog n'est pas polémique : passons...
"Ah ! Si tous les gars du monde voulaient bien se donner la main, ça ferait une ronde, ça ferait une ronde...
Ah ! Si tous les gars du monde voulaient bien se donner la main, il y aurait des mains en trop.."
La suite de l'entretien du 7 octobre 1999.

La plupart des hommes passent des mains de leurs mères à celles de leurs femmes.

" - Mais alors, maintenant, vous avez 37 ans ; quelle est votre attitude par rapport à la vie extérieure, à la société et aux femmes ? Vous parliez de peur tout à l'heure...
- J'ai la chance d'être intégré dans un travail qui me plaît, mais je redoute l'avenir. Ma mère va forcément un jour disparaître... Elle a un peu disparu... Elle est un peu morte puisque les choses se sont dégradées et le dialogue n'est plus du tout possible. Donc, je... (Raclement de gorge.) Moi, je dis souvent que la plupart des hommes passent des mains de leurs mères à celles de leurs femmes sans passer par le purgatoire.... (Rires de Macha.) et moi, j'ai peur de passer des mains d'une maman aux mains du néant.

- Vous savez, toutes les femmes ont une âme de mère, ne l'oubliez pas, ça, que dans un couple, une femme sait qu'elle doit aussi être un peu maternelle. Mais vous, qu'est-ce que vous recherchez ? L'opposé de votre maman ou la ressemblance de votre mère ? Déjà, chez une femme, vous recherchez la douceur ou l'autorité ? Aujourd'hui, maintenant que vous êtes "grand"...
- Ce n'est pas facile, hein, comme question. Je ne sais pas trop, finalement.
- (Rires.) Ce n'est pas facile, mais c'est la bonne question pour savoir ce que vous voulez. Parce que vous allez rester dans le même schéma de la dominance... Parce que là, vous êtes le petit oiseau ; on a ouvert la cage. Vous allez prendre vos ailes, vous allez prendre l'envol, là... Vous allez devenir un aigle. On peut devenir un aigle dans la vie, vous savez, même si on est parti moineau longtemps. Tout est faisable ; ça dépend de votre réaction. Votre mère n'est pas morte mais elle est un peu plus absente qu'avant. Les choses vont peut-être se défaire, comme ça, et peut-être que pour vous, ça va être un immense vide, un immense chagrin mais une naissance ou une renaissance pour autre chose, et que ça va vous apporter une force colossale. Ca ne veut pas dire que vous allez la renier, pas du tout, mais vous allez sentir que vous êtes le plus grand. Quand on perd ses parents, on devient plus grand et à la fois plus petit parce qu'on n'a plus de repères, on n'a plus de racines. Vous voyez ce que je veux dire ? C'est très curieux de perdre ses racines parce qu'on se sent à la fois abandonné, orphelin ; c'est une horreur, et puis tout d'un coup, on se dit : "Je suis la plus grande ou je suis le plus grand, alors il faut que je fasse les choses comme le plus grand ou la plus grande." Il y a deux phases...

- Je m'étais dit : "Quand ma mère ne sera plus là, ou bien je serai un homme perdu ou bien je serai un homme libre."

- C'est ce que je suis en train de vous dire.

(...)

Vous allez avoir un chagrin énorme, énorme, énorme, mais vous allez retrouver vos forces dans le chagrin. Mais pas tout de suite. Pas quand le chagrin vous tombe dessus, pas quand le deuil vous tombe dessus, quand l'absence vous tombe dessus ; c'est après... Alors là, c'est quand même l'héritage spirituel, mental, affectif qui vous tombe dessus et vous donne des forces. Mais bon, il faut passer par la première phase qui est la plus douloureuse, et ça, c'est pas une question d'âge. Moi qui suis plus âgée que vous bien sûr, quand on perd ses parents, quand ils s'en vont, c'est -peu importe l'âge, vous savez- on se sent toujours abandonné(e).

- Il y a une part de déracinement.

- Total. Mais pour vous, ça peut être générateur d'autre chose, et vous allez peut-être enfin vivre selon vos désirs, et vous aurez toujours un immense amour pour votre mère parce que les années passeront, et puis vous oublierez le côté un peu autoritaire et castratrice, et vous trouverez une femme avec laquelle vous serez en harmonie. Donc, tout ça va se placer dans le temps.

(A suivre.)

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