7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 16:01

A B.
En mémoire de son père affectionné.

(Un nouveau coup de feu se fait entendre.
La jeune femme, effrayeé, se lève, va se plaquer contre l'arbre à manivelle, se colle à lui, le serre, semble danser avec lui.
Elle prend bien soin de ne pas toucher la manivelle, ce qui donne lieu à des attitudes un peu ridicules.

Lumière tamisée sur le plateau.

Le Musicien entame une musique lente.)

Le Musicien : Ca ne va pas, vous ? Qu'est-ce que je peux faire ?

 

La jeune femme : Oh, vous ne comprendriez pas. C'est difficile de bien se faire comprendre...

 

Le Musicien : Oui, je sais. C'est bien pourquoi nous sommes là...

 

La jeune femme (D'un ton las.) : Ah, oui, c'est vrai, j'avais commencé à l'oublier...

 

Le Musicien : Je repense à notre journaliste localier. Après tout ce que vous lui avez dit, vous n'avez pas peur que les acrobaties qu'il va faire avec les apostrophes et les virgules ne soient pas trop périlleuses ? Il n'a même pas parlé des points-virgules. Rien ne semble arrêter cet homme.

 

La jeune femme : Avec les textes aussi peu charpentés qu'il a dit pouvoir produire, il n'y a pas de grande crainte à avoir. Tous les mots sont des événements, mais pas chez lui.

(Elle se défait lentement de l'étreinte de l'arbre.)
Vous ne trouvez pas que la nuit tarde à venir ? Vous n'avez pas les moyens de l'anticiper ?

 

Le Musicien : Si.

 

(Il joue un morceau très "jazz".
La nuit tombe progressivement.
La jeune femme allume un feu de bois mort, près des tas de pierre.)

La jeune femme : Aucun instant ne ressemble à un autre. Je me sens presque bien. J'arrive presque à faire le deuil de mon père. Il est mort, assurément. Je m'en souviens maintenant, il est mort. Ma tête se désencombre.

 

Le Musicien : Dans ces conditions, seriez-vous disposée à m'expliquer, puisque nous sommes entre nous, à quoi sert cette manivelle ?

 

La jeune femme : Venez vous asseoir autour du feu.

(Le Musicien s'exécute.)
Vous savez...


Le Musicien :
Non.


La jeune femme :
Tout ça, c'est un peu...


Le Musicien :
Oui.


La jeune femme :
C'est... Comment dirai-je ?


Le Musicien :
Je ne sais pas.


La jeune femme :
Je ne vous raconte pas...


Le Musicien :
Vous devriez.


La jeune femme :
Inutile de vous dire...


Le Musicien :
J'ai un ami qui peint des pinceaux. Je connais à présent quelqu'un qui ne finit pas ses phrases.

La jeune femme : Il peint des...


Le Musicien :
Des pinceaux. Oui, il peint des pinceaux. Il faut bien que quelqu'un le fasse...


(A suivre.)

------
Brèves

Soit dit en passant


France Inter,
qui me distrait souvent, qui me cultive, qui m'irrite parfois, qui m'informe, qui m'angoisse quelquefois, qui assiste à mes endormissements et à mes réveils,  mais qui m'accompagne toujours était aujourd'hui en grève et avait ouvert un robinet musical qui a le pouvoir de me noyer.
Or; il était ce matin 8 h 46 quand de ce robinet a coulé de l'or.
C'était ma chanson préférée. "Les passantes".
Cette chanson a une histoire. Contrairement à ce que l'on pense, et bien qu'interprétée par Georges Brassens, les paroles ne sont pas de lui. Du reste, chaque fois qu'il l'a interprétée, il a tenu à en citer l'auteur.
Brassens découvre au marché aux puces un petit livre publié à compte d'auteur et ses yeux tombent sur un texte qui le subjuge. Ce sont ces fameuses "passantes". L'auteur est un certain Antoine Pol.
Brassens fait tout pour le retrouver, car il compte le mettre en musique et l'inclure à son répertoire. Peine perdue. Aucune trace d'Antoine Pol qui avait "immatriculé" son texte en nul endroit.
Or, un jour, le secrétaire de Brassens, Pierre Onténiente, reçoit un coup de fil. Au téléphone, un vieux monsieur demande poliment l'autorisation de reproduire quelques textes de Brassens dans le journal de son association.
Avant d'avoir donné son accord et de raccrocher , le secrétaire demande le nom de son interlocuteur.
" - Je m'appelle Antoine Pol."
C'était l'auteur des
"passantes"
Brassens
a dû, m'est avis, être aussi heureux qu'Antoine Pol.
Brassens a dû, m'est avis, être aussi malheureux que lorsqu'il a appris la mort de Brel ; quand il a appelé Antoine Pol pour lui dire que la chanson était prête à être chantée sur scène à Bobino : Antoine Pol n'a pas répondu au téléphone. Il venait de mourir.

JF


Les passantes

Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets,
A celles qu'on connaît à peine,
Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais.

A celles qu'on voit apparaître
Quelques secondes à sa fenêtre,
Et qui, presque, s'évanouit,
Mais dont la svelte silhouette
Est si grâcieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui.

A la compagne de voyage,
Dont les yeux, charmant paysage,
Font paraître court le chemin ;
Qu'on est seul peut-être à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré la main.

A celles qui sont déjà prises
Et qui vivant des heures grises,
Près d'un être trop différent,
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant.

Chères images aperçues,
Espérances d'un jour déçues,
Vous serez dans l'oubli, demain ;
Pour peu que le bonheur survienne,
Il est rare qu'on se souvienne
De tous ces bonheurs entrevus,
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre,
Aux coeurs qui doivent nous attendrent,
Aux yeux qu'on n'a jamais revus.

Alors, aux soirs de lassitude,
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir,
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir.

Antoine Pol

Repost 0
6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 16:09

ACTE 2

(Même décor qu'au premier acte.

La jeune femme est assise.
Le Musicien joue du saxo.)

Le Musicien : Je trouve que vous avez cédé un peu vite. Le mythe n'a pas fait long feu.

La jeune femme : Je lui ai dit n'importe quoi.

Le Musicien : Savez-vous que j'ai un ami qui écrit des pièces de théâtre ? Il serait très séduit par ce que vous êtes, et par ce que vous savez, par ce que vous avez... Il adore les arbres. Surtout quand ils ont des manivelles...

La jeune femme : Ca m'intéresse. Lui, au moins doit savoir satisfaire sa curiosité tout seul. Quitte à inventer. Vous avez lu "La Cerisaie" ?

Le Musicien : J'ai vu "La Cerisaie".

La jeune femme : Un cerisier ! Je me suis toujours demandé comment un arbre qui avait des fleurs aussi blanches pouvait produire des fruits aussi rouges.

(On entend un coup de feu.
Et des aboiements de chiens.)

Ils vont bien finir par l'abattre, le Grand Tétras.

Le Musicien : Le quoi ?

La jeune femme : Le Grand Tétras. C'est un coq de bruyère. Un magnifique oiseau, avec du rouge aux yeux et du jaune aux pattes. Il est un peu musicien, et il fait la roue comme un paon, mais en moins prétentieux....

Je suis inquiète de ne pas voir revenir mon père. Un accident est si vite arrivé.

Le Musicien : Si je peux me permettre, je vous conseille de vous en préparer un autre.

La jeune femme : Pardon ?

Le Musicien : Vous vivez avec votre père, c'est bien ça ? Dans cette cabane, là-bas ?

La jeune femme : S'il meurt, il me manquera.

Le Musicien : Oui.

La jeune femme : Quand il va mourir, il va me manquer.

Le Musicien : Bien sûr.

La jeune femme : Je ne voudrais pas qu'il meure.

Le Musicien : Je comprends.

La jeune femme : Vous savez, ils tirent sur n'importe quoi.

Le Musicien : J'entends.

(A suivre.)

Repost 0
5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 19:26

Le localier suçote son stylo.

La jeune femme : C'est la pause café.

Le localier : Vous pensez m'éberluer ? J'en ai vu d'autres. Madame, vous êtes menteuse, affabulatrice, magicienne ou dramaturge ?

La jeune femme : Je suis une menteuse affabulatrice qui écrit des livres avec une certain magie. Vous n'avez pas lu mon dernier livre ?

Le localier : Non, je j'avoue.

La jeune femme : A quoi ça sert d'écrire ?

(Elle se rassoit près des cailloux et reprend ses tas.
Manifestement, elle souhaite oublier qu'elle n'est pas seule.
Le Musicien s'approche.
Joue deux accords.)

Le Musicien : Moi, je voulais vous dire que, durant mon voyage, je l'avais lu.
(Il s'adresse au localier :) Il faut savoir, monsieur, que les hommes parlent bien de ce qui les passionnent. Et qu'il faut les croire. Pas les traiter comme des a-ffa-bu-la-teurs.

Le localier : Et les femmes ?

Le Musicien : Les femmes ausssi. Quand je dis "les hommes", il faut entendre : "les hommes et les femmes".

Le localier : Quand vous dites : "les hommes", moi, je n'entends que "les hommes".

Le Musicien : Vous êtes bien un localier.

Le localier : Qu'est-ce que vous dire par là ?

Le Musicien : Qu'est-ce que vous entendez par là ?

(Il entonne un morceau de musique.)

Le localier : C'est intéressant, un endroit, quand on y vient pour la première fois.

La jeune femme : Vous avez vu l'état du monde, monsieur, et vous voulez seulement en savoir plus sur cet arbre à manivelle ? Bien. Je sens que vous allez insister. Autant tout vous dire. Alors voilà...

(A suivre...)

 

Repost 0
4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 19:18

A Alba

Le premier janvier :
Mes chers amis, en ma qualité d'aîné, je vous ai réunis en asssemblée générale extraordinaire. Extra-ordinaire. (Il insiste sur ce mot.) Les temps sont durs. Les temps sont longs. Les Calendes, les Ides, les Moires et les Parques nous pressent d'agir. Vite. Ordre du jour : je vous écoute.

 

Le premier avril : L'association des fins de mois difficiles milite pour le retour du franc. Une autre vient de se créer : elle s'est donné pour mission le sauvetage du lundi de Pentecôte.

Le premier mai : Noël souhaiterait que les sapins ne soient plus décorés, mais directement découpés en bûches. Economie à la clef. Le Père Noël aimerait qu'on lui achète une paire de bottes neuves.

 

Le premier avril : Le mercredi des Cendres brûle de fusionner avec le feu de la Saint-Jean.

 

Le premier mai : Le Vendredi-Saint propose la réhabilitation de Judas.

 

Le premier novembre : Nous avons reçu une plainte du 15 mai. Il ne comprend pas pourquoi il n'est pas férié. Il avance la logique que le premier et le huit le sont.

 

Le premier avril : Même demande du 16 septembre. Il souffre de se voir précédé par le 14 juillet et le 15 août, et de rompre la suite.

 

Le premier mai : Le dimanche des Rameaux n'est pas favorable à la restriction d'eau bénite envisagée.

 

Le premier novembre : l'Ascension ne souhaite plus tomber un jeudi. Cette chute l'entrave pour s'élever.

 

Le premier avril : On nous écrit : "A Pâques, mon médecin m'autorise à manger des oeufs et du chocolat, mais pas des oeufs en chocolat."

 

Le premier janvier : Oui, vraiment, la situation est grave. Les temps sont durs. Les temps sont longs.

(Silence.

Un temps.)

 

Le premier janvier : Oui, vraiment, la situation est grave. (Silence.) Il faut la débloquer.

(Silence.

Un temps.

Tous les quatre regardent fixement la manivelle de l'arbre à manivelle.)

 

Le premier avril : Alors... On l'utilise ?

 

Le premier mai : "Ils" ont dit : "En cas d'extrême nécessité."

Le premier janvier : La nécessité est extrême.

 

Le premier mai : Qui va s'en charger ?

 

Le premier avril (S'adressant au public :) Y-a-t-il des volontaires dans la salle ?

 

Le premier novembre : Non, je me dévoue.

 

(Il s'approche de la manivelle.
Hésite.
Enserre le manche.)

La jeune femme : (Criant.) Pleine lumière !

 

(La lumière se fait sur le plateau.

Les quatre personnages, effrayés, s'enfuient sans demander leur reste."

(A suivre.)

-----
Brèves :

Entendu

 

Ce genre de phrases que l'on entend sans vouloir les entendre, au gré du hasard, ce soir, en prenant mon repas : "J'espère que ça va pas recommencer comme l'année dernière. Dès qu'arrive avril/mai..."
Le reste s'est perdu dans le ronron du monde...

Lu

 

Pas entièrement, mais j'y reviendrai. Paru chez Folio, les premières pages d'une nouvelle retrouvée par la fille d'André Gide : "Le Ramier". Près de Toulouse, à Bagnols-sur-Grenade (aujourdhui Saint-Caprais), Gide connaît l'extase avec un garçon qui roucoule lors de ses débats amoureux.

 

JF

Repost 0
3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 20:25

La jeune femme : (Au Musicien :) Maëstro, s'il vous plaît...

 

(Le Musicien entonne un morceau de musique.

La jeune femme claque des doigts.

Noir total sur le plateau.

Eclairage-douche sur l'arbre à manivelle.

Quatre personnages apparaissent de derrière le tronc de l'arbre, en file indienne.

Roulement de tambour.

On entend en voix off :

"Vue la demande et bonne et due forme déposée au dépôt ;

Attendu que les requérants sont libres de tous droits ;

Arrêtons :

Un bal costumé pourra être donné céans avec l'engagement d'éviter toute nuisance sonore et dégradation de la nature.

Que la fête commence ! Le bal costumé est ouvert.

Pour le Grand Chambellan empêché, le petit vizir ;

Pour le petit vizir ennuyé, le calife ;

Pour le calife licencié, le page stagiaire.

Signé illisible."


Roulement de tambour.

Le Musicien joue un air gai.

Les quatre personnages entament une ronde autour de l'arbre à manivelle.

Ils sont déguisés en "jours fériés".

Carte blanche est donnée aux metteurs en scène qui sauront au mieux l'illustrer.


Il y a :

- le premier janvier ;

- le premier avril ;

- le premier mai

- le premier novembre.


Les quatre personnages s'arrêtent de danser.

Ils retournent derrière l'arbre.

Ils reviennent, chacun porteur d'un petit bouquet.


Le premier janvier tient un bouquet de gui ;

Le premier avril tient un bouquet d'algues ;

Le premier mai tient un bouquet de muguet ;

Le premier novembre tient un bouquet de chrysanthèmes.

Tous les quatre s'assoient en tailleur et en rond.

Ils déposent leurs bouquets au milieu du cercle.


(A suivre.)

-------------

TRANSPARENCE

Je suis maintenant un vieux garçon, un peu aigri, un peu jaloux, mais pas méchant, je pense.
Il était dit que l'amour me serait réfractaire. Me l'eût-on fait comprendre autrement, je l'eusse mieux accepté.
Je n'ai connu que des des femmes secrètes, interdites, défendues ; les femmes pour tous et les femmes des autres.
J'ai la la faiblesse de croire que je peux rendre une femme heureuse.
Voilà pourquoi vous lirez, demain samedi, dans les pages "Petites annonces Entre-Nous" de Libé ceci :

Pas pervers, pas malsain mais sensuel, homme 47 ans, écrivain, cherche sa muse : jolie femme aux cheveux aussi longs que ses bottes-cuissardes. 0561140302 E-Mail joel.faure@dbmail.com

JF

Repost 0
2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 20:35

Le localier : (Il sort un calepin et un stylo de sa poche.)

Vous permettez que je prenne des notes ? (Il s'aperçoit que le stylo "coule". Il paraît contrarié.) Contrariété : mon stylo coule. Ce matin, pour remuer mon café, je n'avais pas de petite cuillère, alors j'ai touillé avec lui. Je m'aperçois qu'il n'était pas étanche. Il y a autant d'encre que de café. C'est un peu fort. Va-t-il fonctionner ?

 

La jeune femme : Vous écrirez au compte-gouttes. Il y aura moins de risque de vous tromper.

 

Le localier : Alors, première question. La réponse est : "oui". Je ne me trompe pas ?

 

La jeune femme : Non.

 

Le localier : Et depuis longtemps ?

 

La jeune femme : Comment voulez-vous que je vous réponde : je vous connais depuis si peu de temps. Je ne peux pas vous dire si vous vous trompez depuis longtemps...

 

Le localier : Non, je parlais de l'arbre. Il vous appartient depuis longtemps ?

 

La jeune femme : C'est une question très indiscrète.

 

Le localier : Il n'y a pas de questions indiscrètes. Il n'y a que les réponses qui le sont.

 

La jeune femme : Comment dire ?... Je le tiens de mon père qui le tenait déjà du sien. Et ce sien le tenait du sien. Ca remonte à loin. Comment dire ?... Celui-là qui l'a planté, comme il avait peur de son ombre, avait voulu la confondre, la cacher dans une autre, celle de cet arbre. Mais... Comment dire ?... Vous n'êtes pas sans savoir qu'un arbre, ça met du temps pour grandir. Résultat : comment dire ?... Il est mort de peur, tué par son ombre, sans avoir eu le temps de donner des explications. Il a simplement eu le temps de laisser la consigne de bien prendre soin de son... Comment dire ?... végétal. Il a donné naissance à des enfants aussi apeurés que lui. L'arbrisseau grandissait mais ne dispensait pas encore d'ombrage protecteur. Des ennemis sont venus... Comment dire ?... armes à la main, et en ont profité. Ils ont abattu pas mal de gens, de choses, mais cet arbre a résisté. Il faut croire qu'il dégageait déjà une certaine... Comment dire ?... magie majestueuse. Quand il a atteint une taille respectable, il est sorti du lot. son pouvoir n'était plus à contester. Comment dire ?... Quand à cette fameuse manivelle...
(On entend un coup de feu.

Puis un autre.

Puis un autre.)
Mesdames, faites préchauffer les fours. Thermostat : 39,9. Comme la fièvre de vos maris.

 

Le localier : Quand à cette fameuse manivelle ?...

(A suivre.)
-----
Brève

Ce n'est rien...

Il me semble me souvenir que mon grand ami Gustave Flaubert avait dans l'idée d'écrire un livre sur "rien". Raymond Devos, lui, a écrit un sketch sur un personnage qui n'a rien à dire et rien à faire (Le mime).
Le plus vieux supplément littéraire sur papier (1826) paru aujourd'hui, m'a un peu choqué, eu égard d'Antonine Maillet.
Il est écrit, dans la rubrique "ça et là" :
Y-a-t-il encore des lecteurs qui se souviennent d'Antonine Maillet ? [Oui, moi. NDLR] La Canadienne qui va fêter ses 80 ans, avait décroché le Goncourt en 1979 avec "Pélagie-la-Charette". Elle revient en librairie le 6 mai, avec un roman dont le héros s'appelle "Rien" !
Le titre ? "Le Mystérieux voyage de Rien" (Actes Sud).


A votre avis ?

A votre avis, croyez-vous que ça vaille vraiment le coup d'adresser un exemplaire "Service de presse" de mon livre "J'ai très bien connu Jacques Brel" au "Figaro Littéraire" et au "Monde des Livres", accompagné d'un petit mot du genre : "Je me permets en toute humilité [Tu parles... NDLR]  de vous adresser ci-joint mon ouvrage auto-édité. S'il vous séduit, je serais très heureux d'en voir un écho dans vos colonnes. Sinon, faites-en des confettis ou des origamis."
Je vous remercie de me donner votre avis.

Comment ?

Ah ! Oui ! De rien...

JF

Repost 0
1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 19:51

La jeune femme : Si vous avez un peu de temps libre, restez avec moi. J'attends d'une seconde à l'autre un journaliste localier qui vient enquêter sur cet "Arbre à Manivelle". Il compte me poser beaucoup de questions. Je compte ne pas y répondre. Je veux en faire un mythe. Voulez-vous participer ? Acceptez-vous de m'aider à le créer ?

Le Musicien : L'idée m'amuse. Je serai donc votre assistant. Je ne sais pas pourquoi je vous assisterai, je n'aurai pas les clefs, je n'aurai pas la réponse, mais j'accepte le défi. C'est le propre des bras-droits, des adjoints, des sous-chefs... Seconder mais ne pas tout savoir...

Et notre projet de dire combien il est difficile de dire, il tombe à l'eau ?

 

La jeune femme : Mais non ! Il sera lié. Vous croyez que c'est facile, pour moi, d'expliquer à quoi sert cette manivelle ? Trouver les mots justes...

 

Le Musicien : Bon, dans ce cas-là, j'accepte tout de bon. D'après-vous, il va arriver de quel côté, ce type ? Côté cour ou côté jardin ?

 

La jeune femme : Côté forêt.

 

(Un homme tombe littéralement d'un arbre où il était planqué.)

L'homme : Exact. C'est intéressant quand on vient dans un endroit, pour la première fois.

 

La jeune femme : Vous êtes conforme aux codes de votre métier. Ca va être chaud. Vous avez tout entendu ?

 

L'homme (Le localier) : Oui. Mais je ferai comme si ça n'avait pas été le cas. Ce ne sera pas bien difficile. Allez, je commence tout de suite. Alors voilà : j'écris presque bénévolement pour un journal local. Je souhaite faire un papier sur l'arbre à manivelle. Pouvez-vous m'en dire un peu plus ?

 

La jeune femme : Oui. (Elle se tourne vers le Musicien :) Maëstro, s'il vous plaît...

 

(Le Musicien entame un morceau de musique.)

 

La jeune femme : (Au localier.) Vous dansez ?

 

Le localier : Très mal. Mais s'il faut en passer par là...

 

(Ils dansent.
Très mal. Si mal qu'ils s'arrêtent.)

Le localier : Quand on fera danser les mauvais danseurs, je ne serai pas à l'orchestre.

La jeune femme : On ne peut pas être bon partout. Moi, j'aurais bien aimé être journaliste.

Le localier : Oh, vous savez, je ne suis qu'un localier... Et puis le métier connaît beaucoup de difficultés. Le papier est cher, la réclame ne paie plus, la concurrence des journaux gratuits est rude, les gens lisent leur journal sur la neige de leur ordinateur...

Savez-vous que nous vivons en temps de disette ? Tout est rationné. Il faut donc aller à l'économie. Le langage et la ponctuation eux aussi, sont touchés.

Il faut faire en sorte que les virgules des lignes d'en haut servent d'apostrophes pour les lignes du bas.

Les points d'interrogation sont proscrits. Les points d'exclamation taxés. Les points de suspension limités à deux.

Seules les parenthèses ouvrantes sont tolérées. Pour les parenthèses fermantes,il faut une dérogation.

Les seuls guillements autorisés sont anglais. Les guillements français sont mal vus. Les crochets allemands bienvenus.

.un réformateur a voulu essayer d'imposer la phrase commençant par un point et se terminant par une majusculE

Et pourtant, j'y crois encore. Mes curiosités sont intactes. Ainsi, cet arbre à manivelle, qui attise toutes les questions, toutes les convoitises... Il vous appartient, à ce qu'on dit ?

 

La jeune femme : Il serait plus facile pour moi de dire "non". Ca se lit dans les deux sens. Mais je ne crains pas la difficulté, et la réponse est : "oui".

 

(A suivre.)
------
BILLET D'HUMEUR

INDETECTABLE

J'ai toujours beaucoup aimé le courrier. Sur la plate-forme de l'écran de mon ordinateur se trouve un modèle réduit de 4L fourgonnette des PTT.
J'ai gardé beaucoup de lettres.
Je suis fidèle à ma banque, à mon travail, à mon opérateur téléphonique "historique". J'aime beaucoup leur logo : la jolie esperluette orange et rouge. Roméo & Juliette. Laurel & Hardy. Nicolas & Primprenelle.

J'aime aussi leur nouvelle façon -il fallait y penser- d'avoir transformé dans leur courrier "Vos/Réf." et "Nos/Réf." par "Vous" et "Nous".
Mais je n'ai pas du tout aimé leur dernière lettre. Elle me dit :
Monsieur,

Malgré mon précédent courrier, vous restez redevable à France Télécom de la somme de 84,99 € au titre de vos services déjà facturés.
En conséquence, j'ai fait procéder à la suspension de vos services.
(...)
Pour éviter la résiliation de votre contrat conformément aux conditions générales d'abonnement, je vous invite à régler votre facture dès aujourd'hui, par carte bancaire. Appelez simplement le 3000...
(...)
La résiliation de votre contrat entraînera la transmission de votre dossier à un huissier de justice qui engagera une procédure contentieuse dont les frais seront à votre charge."
Je me suis donc empressé  de régulariser la situation.
Il m'a fallu 10 jours pour y parvenir !
Voici. Je crois m'être prématurément usé mon index (déjà très endommagé par les rhumatismes psoriasiques) à pianoter sur le 3000 pour entendre une musique, une voix, une mécanique qui, malgré ma bonne foi à régler ce qui restait réglable, me renvoyait dans mes foyers, sans téléphone !
Ce n'est qu'aujourd'hui que j'ai pu entendre une voix "en direct", avec qui j'ai pris plaisir à user de bons mots.
Devant ma détresse et l'exposé de mon impuissance, la voix vivante m'a répondu : "Oui, nous savons, nous avons un problème ; pour certains de nos abonnés, c'est "indétectable". "Indétectable" : le mot aurait plus à Marcel Pagnol qui l'aurait noté sur la facture téléphonique. Entre "nous" et "vous".

J'ai épelé deux par deux les chiffres de ma carte bleue, déploré sa date d'expiration ; je suis enfin joignable, c'est-à-dire de nouveau détectable.



Brève

Mélinée

Mon grand ami Jacques Brel, que j'ai très bien connu, m'a fait connaître Madeleine, Mathilde, Jef, Fernand, Jojo et les autres.

Mais jamais, au grand jamais, Louis Aragon ne m'avait présenté sa "Mélinée" de son "affiche rouge".

C'est chose faite aujourd'hui.

Mélinée m'a arrêté dans la rue, alors que j'allais réapprovisionner la librairie "Ombres Blanches", en rupture de stock de mon livre (Si, si !). Elle demandait aux passants de répondre à un questionnaire après avoir goûté des barres chocolatées.
Je lui ai dit : "J'accepte" ; elle a vu mon livre ; nous en avons parlé ; je me suis empiffré de chocolat. S'il est commercialisé, vous allez vous régaler... Je lui ai demandé son prénom. Elle m'a répondu : "Je suis d'origine arménienne ; je m'appelle Mélinée." Je lui ai demandé si elle connaissait Aznavour et lui ai promis de réécouter ce soir "l'Affiche Rouge".

 

"Un grand soleil d'hiver éclaire la colline

Que la nature est belle et que le coeur me fend

La justice viendra sur nos pas triomphants

Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline

Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant."

Louis Aragon (L'Affiche Rouge)

Repost 0
31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 16:00

(Le musicien embouche son saxo et entonne quelques mesures de jazz...

Un homme arrive sur le plateau. Tenue de chasse. Cartouchière en ceinture, fusil et tout le Saint-Frusquin.
Aucun doute, c'est un chasseur.)

Le chasseur : 'Jour.

 

La jeune femme et le Musicien : Bonjour.

 

Le chasseur : Vous n'auriez pas vu tomber un oiseau ?

 

La jeune femme : C'était quoi comme oiseau ? Un rouge-queue-noir ou un cours-vite-Isabelle ?

 

Le chasseur : Il m'a semblé reconnaître un cours-vite-Isabelle...

 

La jeune femme : Alors, elle a dû courir plus vite que vous.

 

(Le chasseur s'en va. Vexé.)

La jeune femme : Maëstro, s'il vous plaît...

 

(Le Musicien entonne un morceau.
La jeune femme se rapproche de l'arbre à manivelle.

Elle revient s'asseoir et reprend son petit jeu avec les tas.
Elle regarde l'oiseau mort.
Elle semble songeuse.
Elle semble triste.
Le Musicien s'arrête de jouer.)

Le Musicien : (Il s'approche de la jeune femme.) Ca ne va pas ?

 

La jeune femme : Je voudrais vous y voir à ma place...

 

(Le Musicien s'approche de la jeune femme, lui tend son instrument.
Elle le saisit.
La jeune femme se lève ; le Musicien se place dans la position où était la jeune femme. Il se sent subitement très mal, se relève, comme éjecté par un ressort.

Il reprend son instrument et joue un air.

Il s'arrête de jouer et s'approche de l'arbre à manivelle.)

Le Musicien : Dites-moi, cet arbre-là, avec son étrange manivelle m'a toujours beaucoup intrigué. Que se passe-t-il si on tourne la manivelle ?

 

La jeune femme : D'après vous ?

Le Musicien : Il pousse plus vite ?

 

La jeune femme : Non.

 

Le Musicien : Des fruits en tombent ?

 

La jeune femme : Non.

Le Musicien : C'est pour effrayer les oiseaux ?

 

La jeune femme : Non.

 

Le Musicien : Les bûcherons ?

 

La jeune femme : Non.

Le Musicien : Tous les chats ont mangé ma langue parce ce que je la leur avais donnée... C'est pour faire parler les bavards ? Glacé ? Froid ? Tiède ? Chaud ? Brûlant ?

 

(A suivre.)

-------
Brèves

Famille, je vous ai...

Les fidèles lecteurs de ce blog savent combien je me sens surnuméraire dans le jeu des 7 familles. Aussi ai-je été fort surpris lorsque, venu de l'une des miennes qui a compris "le génie malmené"que je suis (Vous me pardonnez de jouer mon petit Caliméro ?) j'ai découvert, sur la neige de mon ordinateur, ce message : "Et oui ! Je sais qu'il y avait un article [sur mon livre "J'ai très bien connu Jacques Brel"] dans "La Dépêche" car X nous a appelés pour nous le dire. C'est Y et Z qui les a appelés pour leur dire. Ouf... Toute la clique suit les infos. Tu vas leur en faire voir un peu (...) que le petit Joël Fauré qui traînait ses savates (...) a pendant des années regardé le monde vivre autour de lui et en a retiré ce qui va, je l'espère, suivre : la gloire de mon père, le château de ma mère, le jardin de Jeannette... Et j'en passe et des meilleures... "Les Carnets" ayant déjà eu des effets répercutants, alors suivront les commérages des nouveaux volumes..."
Ah ! le grand pouvoir des mass-média...


JF

Repost 0
30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 15:44

La jeune femme : (Elle s'adresse au public.) Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, bonsoir. Assis, vous regardez la scène ; vous tournez le dos à quoi ? (1) (Elle s'adresse au musicien : ) Musique, maëstro, s'il vous plaît. (Le musicien entonne un air de jazz. La jeune femme, à la manière des bateleurs de foire, débite son texte.) Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, Nous, Tragédiantes, Comédiantes, nous allons tâcher de ne pas vous faire oublier que vous êtes ici au théâtre, et que vous avez laissé dehors vos... vos... vos... (Couac de la musique.) C'est ça, vos canards. Votre émotion sera notre ambition. Votre rire, votre sourire, votre chagrin ou vos larmes, nous les recevrons et les partagerons, comme de la confiture sur du pain, comme du pain sous de la confiture. Hommes, femmes, enfants, sans-famille et familles recomposées, arrêtez de traverser des villes saturées de pantins téléguidés, un portable soudé à l'oreille. Vous avez fait le bon choix de vous asseoir ici, sans accessoire trop apparent. Vous allez nous entendre dire combien il est difficile de dire...

(Un temps.

Tout à trac, au musicien qui s'est arrêté de jouer :)

Vous dites ?

 

Le Musicien : Mais je ne dis rien.

 

La jeune femme : C'est bien ce que je vous reproche.

 

La Musicien : Le silence est la splendeur des forts et le refuge des faibles. (2)

 

(Un temps.
Un silence.)

Le Musicien : Le temps, c'est de l'argent. Le silence est d'or. L'éternité, un trésor... Régardez toutes ces pépites qui crépitent...

 

(Un coup de feu d'un chasseur.
Un oiseau tombe sur le plateau. Un Rouge-queue-noir.)

La jeune femme : (Elle va ramasser l'oiseau mort.)
On ne lui a pas envoyé dire. Pauvre bête. Une espèce protégée : un rouge-queue-noir. Mais celui-là, "ils" ne l'auront pas. (Elle va cacher l'animal sous un tas de cailloux.)

Parlez-moi encore de votre voyage. Vous ne m'avez pas envoyé de carte postale, mais seulement l'emballage de la carte postale. Un petit sachet de papier dentelé sur le côté. Il y avait écrit : "Je rentre d'un long voyage. Je n'ai pas pu trouver de carte postale. Alors, j'écris sur l'emballage. J'ai aussi oublié de le poster là-bas. J'ai attendu d'être revenu ici pour le glisser dans la première boîte venue... Vous voyez, j'ai pensé à vous..."

 

Le Musicien : Parlez-moi encore de vous. Je vous laisse cinq minutes pour me parler de vous.

 

La jeune femme : Mon père est parti chercher des mousserons dans les haies. Je l'attends.

 

Le Musicien : Il va bien ?


 La jeune femme : Il rote toujours son ail qu'il fait venir. Et ma foi, depuis qu'il a quitté l'usine de bottes en caoutchouc, il peut passer plus de temps à cultiver son jardin...

Le Musicien : Toujours aussi taiseux ?

 

La jeune femme : ...

 

Le Musicien : Ouais...

 

(A suivre.)

(1) Edward Bond
(2) Général Charles de Gaulle

-------
Brèves :

Entendu :

Ce matin même, sur France Inter, cette belle phrase-hommage à Maurice Jarre, à qui l'on doit la musique de "Lawrence d'Arabie" et "Docteur Jivago" : "Il donnait des toits de cathédrales aux films pour lesquels il composait."


Retenu :

Roger Borlant, qui a été "mon" personnage tout rouge au théâtre de poche, a été retenu pour jouer l'aubergiste dans "Carmen", de mon camarade Georges Bizet, que j'ai très bien connu, au théâtre du Capitole de Toulouse, du 3 au 12 avril. Nicolas Joël, metteur en scène, a confié le rôle de la belle gitane à la mezzo-soprano italienne Anna Caterina Antonnaci.

Repost 0
29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 14:00

Personnages :

La jeune femme
Le Musicien
Le chasseur
Le localier

ACTE 1er

 

 

Nous pourrions envisager :

Une forêt.

Un arbre. Un araucaria. Un désespoir des singes.

Un autre arbre, appelé aussi arbre hypocrite : les feuilles sont vertes dessus, jaunes dessous.

Un autre arbre : un micocoulier.

Un autre arbre : un ginkgo biloba.

Un autre arbre, très étrange, avec une manivelle sur le tronc.

Un autre arbre. Et puis un autre. Et puis un autre.

D'autres arbres.

Oui, vraiment, une forêt.

Une route de campagne longe la forêt.
Assise dans une clairière, en orée de forêt, une jeune femme joue avec des cailloux
Elle en fait des tas.

Un bruit : une voiture qui décélère, s'arrête. Des portières qui claquent.
La jeune femme est apeurée.
Rien ne se passe.
Un temps.
Elle reprend son jeu enfantin avec les cailloux.

Un bruit : un aboiement de chien. Le coup de feu d'un chasseur.
La jeune femme est apeurée.
Rien ne se passe.
Un temps.
Elle reprend son jeu enfantin avec les cailloux.

Alors qu'elle semble rassurée, un homme s'approche d'elle qu'elle n'entend pas venir.
L'homme se met à jouer du saxophone.
La jeune femme se lève subitement.
Elle écoute quelques accords de musique.
L'homme s'arrête de jouer.

La jeune femme : Dans la vie de tous les jours, il n'y a pas de musique sur ce qu'on fait, comme il y en a quand on est au cinéma ou au thêatre. Bonjour, monsieur. C'est vous qui rentrez d'un long voyage ?

 

Le Musicien : C'est moi.

 

La jeune femme : Vous n'avez pas l'air très enthousiaste. C'était bien ?

 

Le Musicien : Oui. Je l'ai raconté plus de dix fois. Si bien que je ne sais plus ce que j'ai vraiment dit, et vu, et fait. On m'a posé tellement de questions. Je ne sais pas si je n'en ai pas rajouté, si je n'ai pas enjolivé. Quand on marche les yeux baissés vers le sol, toutes les routes se ressemblent... Alors, et vous ?

 

La jeune femme : Le trou de la gorge est si petit. Et on peut à tout moment mourir tués comme un lapin. Tout est si fragile. Et le temps précieux. Vous croyez qu'il va se passer quelque chose dans cette pièce ?

 

La Musicien : Ca dépend de ce qu'on va nous faire dire. Et nous faire faire..

 

(A suivre.)


------
Brèves :

Laissez parler les p'tits papiers...

Merci à Philippe Brassart, officiant de la page littéraire de "La Dépêche du Midi" pour le papier qu'il consacre aujourd'hui à "J'ai très bien connu Jacques Brel" qualifié de "Livre surprenant et attachant".
Me voici donc entre Claude Lanzmann et ses mémoires (Le Lièvre de Patagonie) et Pierre Assouline (Les invités). On peut imaginer pire.

Un chien, c'est quelqu'un...

J'ai dévoré la nuit passée "Julius Winsome" de Gérard Donovan (dont c'est la première traduction en France aux éditions du Seuil) - Une victoire sur les TOC de relecture !-
Si vous aimez les livres, les fleurs, les chiens, et si vous n'aimez pas les chasseurs, lisez donc cet ouvrage...  Je ne peux pas vous en dire plus...

JF

Repost 0

Présentation

BIENVENUE

ESPACE LITTERAIRE ET EROTIQUE

Soyez les bienvenus sur cet "égoblog",
petit jardin virtuel.

N'oubliez pas, quand même, d'aller vous aérer.

"Vivre,
c'est passer d'un espace à un autre
en essayant le plus possible
de ne pas se cogner."

Georges PEREC



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Recherche

Liens