4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 19:34

La botteresse : Je ne la vois pas comme vous, mais un peu presque. Je la trouve esthétique, confortable, fonctionnelle et sensuelle. C'est ce que disent à mots couverts les tabloïds pelliculés. Je ne suis pas bien loin de l'attribut que vous en avez fait. Je vous propose la botte.

L'employé aux écritures : Là, tout de suite ?

La botteresse : Tout semble laisser croire que vous attendez ça depuis longtemps, non ?

L'employé aux écritures : Oui... Mais il faut un minimum de préparation... Il faut que ce soit amené... J'ai piétiné, trépigné, arpenté... Peut-être encore quelques pas avant d'en faire de faux et de franchir le seuil.

La botteresse : Quelques faux pas... Savez-vous danser ?

L'employé aux écritures : Vous touchez là du doigt une de mes grandes et nombreuses lacunes.

La botteresse : Voulez-vous que je vous apprenne ?

L'employé aux écritures : Là, tout de suite ? Un endroit plus intime serait plus adapté.

(Elle se dirige vers la cabine téléphonique, y pénètre et invite l'employé aux écritures à faire de même. Lorsque tous les deux sont dans l'habitacle, une chanson se laisse entendre : "La valse à mille temps" de Jacques Brel.

On voit le couple ainsi formé se mouvoir au rythme de la musique, assez difficilement.
Mouvements de plus en plus rapides et désordonnés, suivant le cescendo de la chanson.
Au 3e couplet, les "danseurs" tirent les rideaux dont la cabine est originalement pourvue.
La chanson s'achève.
Personne ne sort.
Court silence.)

(A suivre.)

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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 20:55

"La botteresse" vue par Marie-Pierre Z.
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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 19:52

L'employé aux écritures : Ce jeu est stupide.

(Il s'approche de la table, se saisit d'une boîte à chaussures et s'assoit par terre, à même le sol. De sa boîte, il sort des petits soldats de plomb qu'il dispose en rangs d'oignons.)

Va combattre, petit soldat. Et n'oublie pas que si tu passes l'arme à gauche, ce sera parce que tu n'auras pas su à temps la changer d'épaule.

(Il continue à disposer ses soldats.
Tout absorbé qu'il est par son nouveau "jeu", il n'entend ni ne voit ce qui se passe derrière lui : la botteresse est de retour. Copieusement bottée.
Elle ferme et essore un parapluie ; enlève son imperméable qu'elle suspend au perroquet.
Elle se dirige vers l'employé aux écritures.
La première chose que ce dernier voit d'elle, c'est le bout de ses bottes.
Il sursaute.)

La botteresse : Je vous fait toujours autant bondir ?

L'employé aux écritures : Vous me faites abonder.

La botteresse : Vous me remettez ?

L'employé aux écritures : Je vous remets puisque vous avez pu les remettre. Vous veniez tous les jours ici, à la même heure, une interminable cigarette entre les lèvres. Il y a longtemps que je vous ai remarqué, ou plutôt, il y a longtemps que j'avais remarqué la marque de vos cigarettes. Il y a longtemps que vous n'étiez pas venue. Vous pensez si je vous remets. C'est quand les gens s'absentent qu'on s'aperçoit qu'ils existent. Je tenais absolument à vous revoir. C'était nécessaire. C'était vital. Je tenais à vous dire...

La botteresse : Quoi donc ?

L'employé aux écritures : Je tenais à vous dire que j'avais enfin trouvé le stylo que vous m'aviez demandé.

La botteresse : Ca a changé, ici.

L'employé aux écritures : C'est l'oeuvre victorieuse d'un concours d'idées de circonstances et d'associations d'idées.

La botteresse : Le téléphone est toujours en dérangement ?

L'employé aux écritures : Toujours.

La botteresse : C'est pour vous que je suis revenue.

L'employé aux écritures : Vous avez à ce point besoin d'écrire ?

La botteresse : Non. De vous voir, de vous entendre. Je me suis laissée dire qu'avec vous, je pouvais me laisser faire.

L'employé aux écritures : Je ne suis pas comme les autres.

La botteresse : Je sais.

L'employé aux écritures : Vous savez décoder et décrypter les situations ?

La botteresse : Non, c'est plus simple que ça. Un jour que vous n'étiez pas là, j'ai ouvert vos boîtes. On ne va pas mégoter.

L'employé aux écritures : Alors vous savez tout ?

La botteresse : Tout. L'anomalie n'est pas condamnable. L'insolite non plus.

L'employé aux écritures : J'ai mal perdu mon innocence. Mon père était insignifiant, ma mère m'a fait mâle et...

La botteresse : Chut ! L'inexplicable ne souffre aucune explication. Je suis lasse de ces "m'as-tu-vu" soi disant irréprochables qui cachent leurs crasse sous leur vernis et qui, un jour de grand vent, tombent le masque et se révèlent être infects, odieux. Avouer d'abord ses travers, c'est le meilleur moyen d'apprécier ensuite les qualités. Je sais combien dissimuler vous coûte. Certains jours, vous n'y arrivez plus. Je sais par ailleurs tout le bien qu'on pense de vous. Je vous observe depuis longtemps. Je sais ce qui vous pèse. Je sais les semelles de plomb qui vous oppressent le coeur. Moi, je vais, je veux vous aider. Sans calcul. Pour la pureté de derrière l'impureté que vous n'avez pas souhaitée. Pour ce qui s'est insidieusement installé. On ne vous a pas indiqué la bonne route. Vous avez emprunté un itinéraire de déviation. Oui, je vais, je veux vous aider. Je sais que ça ne se fait pas. Ce n'est pas dans la norme ; ce n'est pas dans la convention, mais moi, je vous propose la botte.

(A suivre.)

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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 19:33

Le fournisseur de pneus des autocaristes : Ne pas parler au conducteur. Il ne peut pas vous entendre, tout obnubilé qu'il est par le temps nébuleux ou le vrombissement de son moteur. Plein régime. Il négocie la route. Il a chage d'âme. Comme l'ânier a charge d'âne. Il suffoque sous l'âmée.

(Il se déplace et vient se positionner sur une autre dalle blanche.)

Dame, oui... Plus personne ne lui a jamais plus adressé la parole. Il les a promnenés, les autres, comme ça. Là où ses tours de roues le portaient. Aujourd'hui ici, demain ailleurs. AIDA ! Il avalait le bitume et sentait le goudron. Sur les sentiers battus comme dans les coins les plus enclavés où des élus ont eu des largesses pour des longueurs. Il taillait la route, ourlée de pointillés. En silence, il pensait...

(Il se déplace et vient se positionner sur une dalle blanche.)

Il pensait au petit autobus rouge et blanc que lui avait offert sa mère. A cette petite chose qu'il avait vu grandir et qui l'avait vu grandir. Qui l'avait mis en tôle.

(Il se déplace et vient se positionner sur une dalle blanche.)

Juste un autobus... En tôle.

(Au cours de l'échange qui suit, les personnages se déplacent sur les dalles, à chaque réplique.)

L'employé aux écritures : Référence à rappeler obligatoirement : D.C. Droit de cuissarde.

Le fournisseur de pneus des autocaristes : Ne pas parler au conducteur.

L'employé aux écritures : Affranchir au taif en vigueur.

Le fournisseur de pneus des autocaristes : Découper suivant les pointillés.

L'employé aux écritures : Ne pas marcher sur les pelouses avec n'importe quoi.

Le fournisseur de pneus des autocaristes : Ne portez pas les centimes.

L'employé aux écritures : Ne rien inscrire dans ce cadre réservé au service.

Le fournisseur de pneus des autocaristes : En cas de danger, briser la glace.

L'employé aux écritures : Chantier interdit au public. Port de bottes obligatoire.

Le fournisseur de pneus des autocaristes : E pericoloso sporgersi.

(Débit et déplacements de plus en plus rapides.)

L'employé aux écritures : Ne pas fumer.

Le fournisseur de pneus des autocaristes : Ne pas cracher.

L'employé aux écritures : Ne pas marcher.

Le fournisseur de pneus des autocaristes : Ne pas penser.

L'employé aux écritures : Chaussée déformée.

Le fournisseur de pneus des autocaristes : Montée interdite.

L'employé aux écritures : Traversez entre les clous.

Le fournisseur de pneus des autocaristes : Couloir réservé aux autobus.

L'employé aux écritures : Passage piétons.

Le fournisseur de pneus des autocaristes : Un autobus peut en cacher un autre.

L'employé aux écritures : On est que dalle sur le dallier. Je vais vous manger !

(L'employé aux écritures se jette sur la dalle occupée par le fournisseur de pneus des autocaristes. Celui-ci s'enfuit.)

(A suivre.)

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1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 20:03


Il faut croire que les créateurs publicitaires se sont fait passer le mot. Toujours est-il que la botte italienne les a inspirés. Pour une marque d'apéritif et une compagnie aérienne, le "talon" du chèque se monte à combien ?
"Il y avait de grandes affiches : des filles posaient..."
L'employé aux écritures. (Joël Fauré)

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1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 19:21

Graphisme Philippe C.

A Philippe C.,
un homme "azerty" qui en vaut deux.
Il a maintes fois été mon compagnon de route dans d'hasardeuses aventures (Pardon pour les nombreuses "prises" à Europe 2) ;
il a su, lorsque je le "martyrisais" à "mettre au propre", sur ses appareils modernes, mes ténébreux écrits, en percer, comme en témoigne le graphisme ci-dessus, l'hermétisme.
Merci à toi, Philippe.


L'employé aux écritures : A ceux qui m'ont sapé le moral, je dirai qu'ils l'ont fait avec des bottes bien encombrantes, très difficiles à porter. Je suis gêné aux pointures.

(Il se déplace et vient se placer sur une dalle noire.)

Un jour, j'ai lu une annonce singulière : "Chat botté recherche d'autres chats à fouetter." Suis-je un chat ? De quelle race ?

(Il se déplace et vient se positionner sur une autre dalle noire.)

J'ai fait un rêve : toute une nuit, je m'étais laissé enfermer dans une manufacture de bottes qui dépassent le genou. Ca sentait le cuir à plein poumons et la colle à plein nez. (Il se touche le nez.) Il y avait de grandes affiches : des filles posaient pour un chausseur. Qui était à vendre ? Les filles ou les chaussures ? Les chaussures. Les filles l'étaient déjà. Vendues. Des carnets de commande, à souches et à talons l'attestaient. Il y avait aussi des échantillons de cuir, du cuir dont ont fait les bottes, piqué, plongé, chevelu, pleine fleur, plein souci.

(Il se déplace et vient se positionner sur une autre dalle noire.)

Je me suis rendu dans la capitale de ce pays. Porte des Bottes. Il y avait des filles qui ressemblaient à des réverbères. Elles ont baissé la culotte mais elles ont hissé les bottes. Ca revient au même. C'est du pareil au même. C'est la même chose.

(Il se déplace et vient se positionner sur une autre dalle noire.)

Simplement... Seulement... Caresser une botte... Rien qu'une...

(Le fournisseur de pneus des autocaristes se déplace à son tour, et vient se positionner sur une dalle blanche.)

(A suivre.)

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31 août 2008 7 31 /08 /août /2008 19:32

L'employé aux écritures : En y mettant un peu de bonne volonté... Ce n'est pas le moment de devenir à votre tour nostalgique d'un parquet de faïence. Voyez un peu la place que ça prend... (Il désigne le texte du nostalgique des années soixante-dix.)
Sans compter qu'il faut faire appel aux autres pour se souvenir de tout. Je vais finir ce texte devant vous. Redonnez-moi le ton.
(Il lui tend un feuillet.)

La permanente de fonction (Lisant.) : "Tentative de reconstitution du climat d'un samedi soir dans les années soixante-dix. C'était une massive bâtisse où se tenait jadis le négoce des grains. Au fronton, une moulure représentait un angelot souriant sur une gerbe de blé et un faisceau de paille. Deux énormes oeils-de-boeuf exorbités, deux ronds béants, qui devaient servir de puits de jour, avaient été bouchés à la hâte. C'est dommage : deux rosaces y auraient été les bienvenues. Bouché aussi ce qui devait être l'accès aux charrettes. Maintenant, deux ventaux vitrés dans une armature de fer noir s'ouvraient sur un petit parvis au dessous d'une marquise désargentée. C'était devenu un dancing. Dès "cette" heure, des filles rejoignaient des garçons. On sortait des 203 et des Renault 8 Gordini. On avait pris des filles, tout au bout des chemins d'herbe de leurs fermes, leurs fermes intentions. On les ramènerait après leur avoir fait danser des danses américaines. On mâchait du chewing-gum à la chlorophylle en écoutant des chansons..."

L'employé aux écritures (Lisant.) : "C'était la fête et sur l'air d'"Adieu jolie Candy", les slows voyaient se frotter les pantalons pattes d'éléphant à des ballerines couleur de souris."
Il faut redonner au samedi soir sa valeur de symbole : celui de l'accroche-coeur et du tape-cil.

(Machinalement, la permanente de fonction retourne le feuillet qu'elle tient toujours à la main.)

La permanente de fonction : Elles sont surprenantes, les vignettes en couleur que vous avez collées là. Et ce ne sont pas des images pieuses : les saintes des montagnes ne portaient que des sabots...

(Confus, l'employé aux écritures arrache le "document" des mains de son interlocutrice.)

L'employé aux écritures : ...

(La permenente de fonction s'en va.

L'employé aux écritures regarde le feuillet.
Le pose. Le reprend.
Le froisse rageusement et le jette au loin.
Puis il se ravise, se lève, et, à pas comptés, s'approche du feuillet réduit en boulette.
Il le ramassse, le défroisse et le hume longuement.
Il lance des regards autour de lui.
Et se dirige au fond de la scène, dos au public.

Il ne faut pas attendre bien longtemps avant qu'on s'imagine ce qu'il est en train de faire : il se masturbe.

Lumière braquée sur "autre chose" que lui.
Musique : "Le vol du bourdon" de Rimski-Korsakov.

La musique s'achève.

Entre le fournisseur de pneus des autocaristes.
Confusion.

L'employé aux écritures se rend "présentable" mais ne se retourne pas.)

(A suivre.)

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30 août 2008 6 30 /08 /août /2008 19:26

L'employé aux écritures : Ne me dites rien. J'ai beaucoup de choses à vous dire. Pour les cubes, on peut se passer d'explications. Pour le perroquet, il est parfaitement boulé comme vous pouvez le constater. Pour le fournisseur de pneus des autocaristes, nous sommes sur une bonne voie de garage. Pour le téléphone, il est toujours en dérangement. Rien que du très normal. Pour le nostalgique des années soixante-dix, je pense tenir une chute. Pour la ligne jaune, c'est une autre histoire... Comment dire ? Je ne sais pas dire... Disons que... Disons que quelqu'un est venu ici, s'est recommandé du service "décollements et recollages". J'ai fermé les yeux. Quand je les ai rouverts, je n'ai pu que constater, impuissant, le changement subit et subi du revêtement du sol. Voyez : ces dalles blanches qui alternent avec ces dalles noires. Etonnant damier. Il faut surtout prendre garde à ne pas marcher sur les blanches. Ca laisse des traces. Oui, la marge de manoeuvre se réduit comme une peau de chagrin. Prenez cette nouvelle comme vous voudrez ; moi, je ne m'y suis pas encore fait.

La permanente de fonction : Il y a longtemps que vous n'avez pas pris l'air ?

L'employé aux écritures : Ca va bientôt faire trente-cinq ans. Vous avez des nouvelles de dehors ? Ca se passe aussi mal qu'ici ?

La permanente de fonction : Actuellement, on parle beaucoup de ce type qui a le nez à la place du sexe et le sexe à la place du nez. Il a des problèmes. Il vient de s'enrhumer.

L'employé aux écritures : ...

(La permanente de fonction va balayer les cubes.
Elle regarde où elle marche.)

La permanente de fonction (Balayant.) : Il faut dire qu'avec le temps qu'il fait... Il pleut sans retenue. Si vous saviez dans quel état est la chaussée.

L'employé aux écritures : La chaussée... Vous avez vu la chaussée ? Et elle l'était vraiment ?

La permanente de fonction : Hier encore, elle était pleine de confettis. Et aujourd'hui, ça déborde. Elle en a jusque là. C'est tout juste si on peut la traverser.

(L'employé aux écritures revient s'asseoir.
Il prend en mains le stylo.)

L'employé aux écritures : Quelle heure est-il ?

La permanente de fonction : Il est "cette" heure.
(Elle regarde le sol.)
Tout de même "décollages et recollements"...

L'employé aux écritures : "Décollements et recollages" !

La permanente de fonction : "Décollements et recollages" sont bien contrariants de ne pas nous avoir consultés. C'est peu harmonieux avec le reste, tout ça. Moi, j'aurais bien vu là tout autre chose. Ce qui est fait est fait. On s'adaptera.

(A suivre.)

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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 19:53

DEUXIEME ACTE

La même grande pièce qu'au premier acte.
Le perroquet, dûment boulé, dénué de tout effet vestimentaire.

La cabine téléphonique.
La table, encombrée de trois boîtes de chaussures et du jeu de cubes.
L'employé aux écritures est attablé et joue avec ledit jeu.
Il construit un petit mur.


L'employé aux écritures : Je ne sais plus à quel moment les choses se sont décalées. Je sais seulement à quel moment elles ont basculé.

(De ses deux mains, il maintient solidement les bases du petit mur afin que celui-ci ne s'écroule pas.
Malgré tout, il balaye rageusement les cubes, qui tombent à terre, en fracas.
Il ouvre une boîte à chaussures et en sort une liasse d'images.)

Cabotinage. Ribote. Barboter. Caillebotis. Botanique. Botero. Raboter. Débotté. Saboté. Rat botté. Barbotant. Botswana. Bottin. Beau temps sur la majeure partie de la Botte. "Serrez les dents" m'a dit le docteur. Serrez les coudes. Serrez les poings. Serrez les fesses. Je me suis ratatiné. Je suis né cloué sur une croix en forme de paire de bottes. En fait, c'était pas une croix, c'était une paire de bottes. J'adore ce qui me terrorise. Oui, c'est ce qu'a dit le docteur : "Vous adorez ce qui vous terrorise."
(Il regarde une image.)
Avoir du foin dans ses bottes. Proposer la botte. Pousser la botte. A propos de bottes. Bottes secrètes... Remarquez que j'ai rencontré bien pire que moi. J'ai rencontré un type qui a le nez à la place du sexe et le sexe à la place du nez. Je vous ferai grâce des désagréments qu'il connaît. Il n'est pas sorti de l'auberge espagnole.
(Silence.)
Les bottes... Ses bottes... Elles avaient le velours et le piquant du bourdon. Ses bottes étaient à ses jambes ce que les écrins sont aux bijoux, ce que les cocons sont aux chrysalides. C'étaient des caryatides qui soutenaient une vasque. C'était...
(Il se saisit d'une grosse liasse d'images qu'il fait glisser entre ses doigts.)
Je ne peux pas m'empêcher de penser à type qui a le nez à la place du sexe et le sexe à la place du nez.
(Il se touche le nez.
Il regarde de nouveau la liasse d'images, puis la range dans l'une des boîtes.
La ressort, la regarde encore.
Même jeu compulsif.
Il semble avoir du mal à s'en séparer, un peu comme si les images restaient collées à ses doigts.)
Maudits soient les objets qui nous gouvernent !...

(La permanente de fonction s'approche, pelle et balai en mains.
Elle pose plusieurs regards étonnés sur ce qui l'entoure : d'abord le sol, ensuite les cubes, enfin sur l'employé aux écritures. Ce dernier la regarde aussi.
Court silence.)

(Plus bas: )
Maudits soient ces objets qui nous gouvernent.

(Il se lève et s'approche de la permente de fonction.
Il semble regarder où il met les pieds.)

(A suivre.)

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28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 20:24

 

"1e PROJET"
(Isabelle et Nicole N.)

"Ce projet est insuffisant. (...) Néanmoins, je te l'envoie. (...) Nous sommes sûrement très loin de ta pièce et de tes souhaits. Amitiés"
N.

"Grand et chaleureux merci à vous deux. Avec mon bon souvenir."
Joël
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