27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 14:41

Le brûleur de cageots : Il m'arrive de faire ce rêve : le crochet se glisse dans l'anneau. Quelqu'un, là-haut, imprime un mauvais mouvement, agite la Terre et celles et ceux qui ne sont pas bien accrochés tombent. Dans le pire des cas, c'est le filin qui se casse. Alors la Terre tombe tout en bas, tout au fond. Les premiers arrivés sont les premiers écrasés, mais comme la Terre est ronde, elle roule et tout le monde y passe... au rouleau compresseur.

(Silence.)

Vous qui aimez tant les photos, je vais vous montrer celles-ci. (Il sort des photos de l'une de ses poches intérieures.) En voici une de moi, petit. Une épreuve au gélatino-bromure d'argent, dentelée comme on n'en fait plus. Aujourd'hui, les lardons, on les fait revenir et se trémousser dans des petits boitiers sur des films qui auront jauni avant deux ans. C'est moi, là. On me faisait déjà porter la casquette. J'ai un ballon entre les menottes. C'est inattendu... J'ai l'air dubitatif. Je m'interrogeais déjà sur la sphéricité du monde : "La Terre est-elle vraiment ronde ?" (Il présente une autre photo, puis une troisième, en commentant.) Ici, c'est moi avec une star du cirque... A géométrie variable : ou très maigre ou très gros ; jamais beau. (Il range les photos, un peu honteux. Il se fige, droit et raide.)

Silence.

La femme qui fait ça en blanc s'approche du brûleur de cageots statufié.

Elle l'inspecte scrupuleusement des pieds à la tête. Elle lui prend les mains et s'approche tout près du visage ; elle semble le "renifler".

L'inventeur de la machine à peser la souffrance et le conducteur de la moissonneuse-dateuse reviennent sur le plateau. Ils marquent un temps d'arrêt.

Le conducteur de la moissonneuse-dateuse tient à la main une courroie en parfait état.

L'inventeur de la machine à peser la souffrance : On ne pourra pas dire que vous ne pouvez pas vous sentir.

(Le brûleur de cageots reste immobile.

La femme qui fait ça en blanc, surprise, se recule de quelques pas ; son attitude traduit de la gêne mêlée d'agacement. De son pouce, elle arrête la course du chronomètre.)

(A suivre.)

 

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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 13:39

La femme qui fait ça en blanc : Venez vous placer ici. (Elle l'emmène au bord du plateau, côté jardin, le prend en photo et recule de quelques pas derrière lui.) Il est exactement "neuve" heures et nous sommes le 26. La température extérieure doit être de 15 degrés. Nous sommes situés sur un plan cadastral aux références inconnues, mais entre un champ de maïs en partie moissonné et un hameau comme on en trouve un peu partout dans ce pays. Monsieur, vous sentez bien votre corps inscrit dans l'espace ?

Le brûleur de cageots : Oui, je le crois. On n'est jamais sûr de rien mais il me semble que si je m'écartais un peu de moi-même, je me verrais.

La femme qui fait ça en blanc : Très bien. Vous êtes un excellent sujet.

(Elle sort de l'une de ses poches un chronomètre, un bloc de papier et un stylo.
Elle prend des notes et enclenche le chronomètre.)

Action ! Ne bougez pas.

(Ménager un long silence.

Le public aura ainsi tout le loisir de "se réfléchir", d'être gêné, amusé, inquiet (?)

Le brûleur de cageots : Il ne se passe pas grand chose. Je ne sais pas où poser les yeux...

La femme qui fait ça en blanc : Vous n'avez qu'à les regarder, eux. (Elle désigne le public.) Peut-être que quelque chose viendra de ce côté-là ?

(Assez long silence.)

Le brûleur de cageots : Ce que je vois est inerte. Ce que je vois n'est pas exaltant.

La femme qui fait ça en blanc : Vous n'avez qu'à regarder le temps passer.

Le brûleur de cageots : Dans quel sens va-t-il ? De droite à gauche ? De gauche à droite ? De haut en bas ? De bas en haut . Ou bien encore en diagonale ? (Il parodie un dialogue :) 
" - Pardonnez-moi, messieurs-dames, vous n'auriez pas vu passer le temps ?
- Si, il y juste un instant.
- Et de quel côté allait-il ?"

(Assez long silence.
Le brûleur de cageots regarde le ciel.)

Regardez ! Ce point noir dans le ciel ! Le crochet ! N'est-ce pas le crochet qui s'approche de son point d'ancrage ? (De ses bras, il fait des signes, des appels.) Ohé, du bateau... Du vaisseau... De la soucoupe... Jetez l'ancre !...

(La femme qui fait ça en blanc prend une photo du ciel.)

La femme qui fait ça en blanc : Calmez-vous. Ce n'est qu'un oiseau.

(A suivre.)


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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 13:00

La femme qui fait ça en blanc : Je ne regrette pas du tout de vous avoir suivie jusqu'ici. Que de situations cocasses ! C'est un nid. C'est vous qui m'avez emmenée sur ce terrain.

Le brûleur de cageots : N'est-ce pas ? Ca se passe comme ça un jour sur deux. Et nous sommes un jour sûr d'eux. Mais, comme on n'est jamais sûr de rien...

La femme qui fait ça en blanc : C'est sûr. Dites-moi... (Elle s'approche du brûleur de cageots.) Ce bouton, là... (Elle désigne un point près du nez.) ...Vous l'aviez tout-à-l'heure ?

Le brûleur de cageots : Vous savez, un bouton, ça va, ça vient. Je suis assez sujet au comédon.

La femme qui fait ça en blanc : Le comédon ! Qui trouvera les mots pour décrire la vie qui fourmille et qui bouillonne à l'intérieur d'un comédon ? Quel beau sujet pour un chercheur. Ce perce-neige des côteaux nasaux, qui croît aussi aux lisières des épis, sur les fronts vastes et dégagés, en troupeau qui moutonne avec l'esprit grégaire ; ce petit clou de passementerie, cet invertébré à oeil de cyclope, cet insecte qui pratique le mimétisme, ce végétal à tige fragile, cet intrus que l'on met à l'index, sur qui l'on fait pression et qui, une fois démoulé, sent la soupe à l'oignon. Monsieur, voulez-vous vous livrer à une expérience avec moi, en attendant le résultat de la pesée ?

Le brûleur de cageots : De quoi s'agit-il ?

La femme qui fait ça en blanc : Je veux vous regarder vieillir.

Le brûleur de cageots : pardon ?

La femme qui fait ça en blanc : Je veux vous regarder vieillir. Nous allons vivre très intensément le prochain quart d'heure de ce qu'il reste de notre vie. Nous allons le vivre en direct. Dans le prochain quart d'heure, tout peut arriver. Il va peut-être se produire un micro-événement ou une méga-anecdote qui va tout faire basculer. Ce n'est pas plus inoffensif que de vivre sans attacher de l'importance à ce qui s'écoule. Pensez à l'étourdissante gamme de situations qui se jouent ailleurs, à l'instant où je vous parle. Nous, nous sommes ici et maintenant. Prenez conscience de ce que vous êtes. Oh ! Bien sûr, nous allons pas avoir la prétention de changer le cours du temps. Nous allons le scruter, l'ausculter. Peut-être ne va-t-il rien se passer de transcendant... Vous acceptez ?

Le brûleur de cageots : Ma foi, volontiers. J'ose espérer que je ne vais pas mourir, terrassé par une crise cardiaque au cours de cette expérience. Sans quoi le jeu serait faussé.

La femme qui fait ça en blanc : Vous n'avez rien compris. Il ne serait pas faussé. Il serait réaliste... Oh ! Pardon, je ne voulais pas...

Le brûleur de cageots : Je vous en prie.

(A suivre.)

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24 février 2008 7 24 /02 /février /2008 13:09
La femme qui fait ça en blanc : La notice ?

Le conducteur de la moissonneuse-dateuse :
Oui, la notice d'utilisation de la moissonneuse-dateuse. Le genre de chose qu'on lit dans l'urgence. Un peu comme ces lectures imposées de collège. Ces théories qui viennent quand la pratique se détraque et qu'elles ne peuvent pas dépasser. (Il agite la notice.) Il existe des analyses d'oeuvres supérieures aux oeuvres. Pour les lire, et y trouver de l'intérêt, il faut se sentir directement concerné. Depuis que j'ai perdu la raison, je ne comprends pas tout ce que je lis, ce que je fais, ce que je dis et ce qu'on me dit.

L'inventeur de la machine à peser la souffrance : Vous n'avez pas perdu la raison. Si vous l'aviez perdue, vous ne le diriez pas. Le premier degré de la folie, c'est de croire qu'on n'est pas fou. Vous êtes un peu trop sensible, c'est tout.

Le conducteur de la moissonneuse-dateuse :
Je souffre. Je souffre d'une souffrance intense et silencieuse. Je voulais avoir l'élégance de ne pas le signaler ; je suis tombé dans l'excès contraire.

La femme qui fait ça en blanc :
Il me semble avoir déjà entendu ça quelque part.

Le conducteur de la moissonneuse-dateuse :
Quand on mal, on le dit ; mais souvent, on le dit mal. Si vous saviez à quel point je souffre.

L'inventeur de la machine à peser la souffrance :
Je ne le sais pas encore. Mais ça peut changer.

Le conducteur de la moissonneuse-dateuse : ...

L'inventeur de la machine à peser la souffrance :
Je ne vous connaissais pas jusqu'à ce jour. Je suis nouvellement installé. Vous, vous êtes capturé par votre tâche, ce qui explique que j'ai d'abord rencontré notre ami commun brûleur de cageots : il est plus exposé à la vue. Je ne sais pas à quel point vous souffrez, mais je peux le savoir...

Le brûleur de cageots :
Oui, il peut le savoir. Cet homme est étonnant. C'est un inventeur. Il a inventé la machine à peser la souffrance. Il était excédé d'entendre : "Machin, lui, au moins, il a des raisons de ses plaindre." Vous montez dans sa machine et un chiffre s'affiche. Plus aucun moyen de douter, de se tromper...

L'inventeur de la machine à peser la souffrance :
Je crois que vous en savez assez. N'y voyez pas là une offre promotionnelle de service. Si je peux simplement vous aider...

Le conducteur de la moissonneuse-dateuse : C'est le facteur-chance qui vous a placé sur ma route. Que faut-il faire ?

L'inventeur de la machine à peser la souffrance :
J'habite à deux pas d'ici. Il n'y a que le premier pas qui coûte et le dernier qui compte. On y va ?

Le conducteur de la moissonneuse-dateuse :
Allons-y !

(L'inventeur de la machine à peser la souffrance et le conducteur de la moissonneuse-dateuse se retirent.)

La femme qui fait ça en blanc : Attendez !
(Les deux hommes s'arrêtent.
La femme qui fait ça en blanc prend à bout portant une photo du conducteur de la moissonneuse-dateuse.
N'oubliez pas de revenir nous dire ce que disent les compteurs. Nous vous attendrons. Nous ne bougeons pas. Nous avons affaire ici. Quelque chose nous retient.

(Les deux hommes s'en vont.)

(A suivre.)


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23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 12:26
La femme qui fait ça en blanc : Consigne : il est en détresse. Ne pas être ni trop goguenard ni trop compassionné. (Elle s'adresse au brûleur de cageots.) Monsieur le brûleur de cageots, une petite précision, tout de même. Vous qui connaissez celui qui vient, vous souvenez-vous d'un détail, d'un signe particulier de son physique ? Nous verrons bien si cet incident l'a modifié.

Le brûleur de cageots : Il a de bonnes joues et des favoris poivre et sel.

La femme qui fait ça en blanc :
Ses cheveux ?

Le brûleur de cageots :
Bruns.

La femme qui fait ça en blanc :
Ses yeux ? Cernés ? Creusés ?

Le brûleur de cageots :
Non, bleus, je crois.

La femme qui fait ça en blanc :
(A l'inventeur de la machine à peser la souffrance.)
Et vous, monsieur, tenez votre machine prête à fonctionner.

L'inventeur de la machine à peser la souffrance :
J'y veille.

La femme qui fait ça en blanc :
On ne dira jamais assez le pouvoir du groupe face à l'homme seul. Eparpillons-nous. (Au brûleur de cageots.) Et vous, soyez le premier qu'il puisse voir, à qui il puisse s'adresser, pour qu'il n'ait pas à fournir tout le charabia d'explications que réclament les inconnus.

(Le conducteur de la moissonneuse-dateuse arrive.
Il porte une courroie sectionnée à la main et une brochure.
Cordiale poignée de main au brûleur de cageots.)

Le conducteur de la moisonneuse-dateuse : (Montrant la courroie.) Je suis heureux de vous voir, même si j'ai tout pour ne pas l'être. Regardez : cassé ! Il y a des jours, on ne peut même plus dire : "Tant que ça casse pas, on répare pas."

Le brûleur de cageots : C'est contrariant, mais je vous présente madame, experte en réparation du dommage corporel. (Echange de poignées de mains.) Et monsieur, expert en pose de plaintes et en observation du dommage corporel aussi.
(Même jeu.

La femme qui fait ça en blanc prend une photo du conducteur de la moissonneuse-dateuse, à bout portant.
Le brûleur de cageots regarde le ciel.)

La femme qui fait ça en blanc : Je suis ravie de faire votre connaissance. Mais vous avez changé depuis que nous ne nous sommes jamais vus. Cheveux blanchis sous le harnais. Favoris toquards. Joues creusés et yeux voilés et coquards.

Le conducteur de la moissonneuse-dateuse :
C'est à mettre sur le compte de la lassitude. Ce que je suis en train de faire aujourd'hui, j'ai l'impression de l'avoir déjà fait hier. Je m'étais donné beaucoup de mal. Ca m'avait beaucoup coûté. J'avais trouvé ça très pénible. Il faut croire que nous ne maîtrisons pas tout.

La femme qui fait ça en blanc : Qu'est-ce que vous lisez en ce moment ?

Le conducteur de la moissonneuse-dateuse : (Désignant la brochure.) La notice.

(A suivre.)



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22 février 2008 5 22 /02 /février /2008 12:54

La femme qui fait ça en blanc : Regardez ! La moissonneuse-dateuse !... Elle hoquette... Elle va s'arrêter... Une soudaine envie de lecture.

Le brûleur de cageots : D'habitude, il ne s'y prend pas comme ça. C'est bizarre.

La femme qui fait ça en blanc : Elle hoquette...

Le brûleur de cageots : Et il n'a peur de rien.

La femme qui fait ça en blanc : Alors, il n'est pas prêt de s'arrêter d'arrêter.

Le brûleur de cageots : Ca y est ! Il s'arrête.

La femme qui fait ça en blanc : Il s'est arrêté. Bon an, mal an ; bon quart-d'heure, mauvais quart-d'heure. Que va-t-il se passer dans le prochain ?

(La femme qui fait ça en blanc, le brûleur de cageots et l'inventeur de la machine à peser la souffrance se "massent" à l'extrémité du plateau, côté jardin, et regardent au loin.
Ils commentent ce qu'ils voient.)

La femme qui fait ça en blanc : Il descend de son engin.

Le brûleur de cageots : Il a une sorte de livre à la main.

L'inventeur de la machine à peser la souffrance : Il ouvre un capot.

La femme qui fait ça en blanc : Il regarde sous le capot et sur son livre.

Le brûleur de cageots : Il sort une pièce cassée.

La femme qui fait ça en blanc : Une bielle ?

Le brûleur de cageots : Une came ?

L'inventeur de la machine à peser la souffrance : Il vient vers nous.

Le brûleur de cageots : Oui, il nous a vus. Il vient vers nous.

La femme qui fait ça en blanc : Il vient vers nous. Sachons l'accueillir comme il se doit, avec les honneurs dus à son rang et le respect dû à la situation. N'en faisons pas trop quand même. 
(Elle s'adresse à l'inventeur de la machine à peser la souffrance.) Monsieur, votre machine est-elle en état de fonctionner, si le besoin s'en fait sentir avec urgence ?

L'inventeur de la machine à peser la souffrance : Oui, elle est en service.

(A suivre.)



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21 février 2008 4 21 /02 /février /2008 15:33

Les blogs, créneaux réservés aux "amateurs" et aux bricoleurs de Mécanno ?La dernière tranche de ma pièce "Notice" a fait les frais de mes "doigts d'auteur" impatients.
Voici donc la  réplique dans son intégralité :

L'inventeur de la machine à peser la souffrance : J'ai inventé une machine à peser la souffrance parce que j'étais excédé d'entendre : "Machin, lui, au moins, il a des raisons de se plaindre..." Vous montez dans la machine et un chiffre s'affiche. Plus aucun moy

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21 février 2008 4 21 /02 /février /2008 15:32

Plus aucun moyen de douter, de se tromper...

(On entend un bruit de moteur saccadé.
Les regards se portent vers le champ de blé.)

(A suivre.)

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21 février 2008 4 21 /02 /février /2008 12:57

(La femme qui fait ça en blanc observe scrupuleusement  les mouvements de la moissonneuse-dateuse. Toute absorbée qu'elle est, elle reste étrangère à la scène qui suit :

Un homme vient à la rencontre du brûleur de cageots. Ils se donnent l'accolade avec effusion.

Echange et dialogue dont nous ne saurons rien.

Au bout d'un moment, le brûleur de cageots appelle la femme qui fait ça en blanc.)

  Le brûleur de cageots : Je vais vous présenter un ami. Un type formidable. Je suis sûr qu'il va vous plaire... Un inventeur ! Il a inventé la machine à peser la souffrance. Quand on a mal, on le dit, mais souvent, on le dit mal. Il était excédé d'entendre :  "Machin, lui, au moins, il a des raisons de se plaindre..." Vous montez dans sa machine et un chiffre s'affiche. Plus aucun moyen de douter, de se tromper... C'est vraiment quelqu'un d'étonnant. (A son ami :) Allez-y, parlez !

L'homme : ...

Le brûleur de cageots : Allez... Allez-y... parlez !

L'homme (L'inventeur de la machine à peser la souffrance) : Si vous souffrez, de deux choses l'une : ou vous vous supprimez, ou vous vous supprimez pas. Si vous vous supprimez pas, de deux choses l'une. (Il regarde le ciel.) Lune !

Le brûleur de cageots : N'est-ce pas qu'il est étonnant ?

(La femme qui fait ça en blanc prend une photo du nouveau venu.)

La femme qui fait ça en blanc : Parlez-moi plutôt de votre machine.

L'inventeur de la machine à peser la souffrance : J'ai inventé une machine à peser la souffrance parce que j'étais excédé d'entendre : "Machin, lui, au moins, il a des raisons de se plaindre..." Vous montez dans la machine et un chiffre s'affiche. Pl

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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 13:07

Le brûleur de cageots : Ici ?

La femme qui fait ça en blanc : Pourquoi pas ? L'endroit est charmant. Et hautement symbolique. C'est une enclave ou un bout de servitude ? Ne me répondez pas. Il faut que ce soit un bout de servitude... Je vois là des traces de roues...

Le brûleur de cageots : C'est la moissonneuse-dateuse.

La femme qui fait ça en blanc : La moissonneuse-dateuse ?

Le brûleur de cageots : La moissonneuse-dateuse !

La femme qui fait ça en blanc : Celle que l'on entend ? (Elle se dirige côté jardin.) Magnifique champ de blé ! Merveilleux temps des moissons !

Le brûleur de cageots : Fantastique mièvrerie. D'Epinal... Vivent les marronniers glacés ! Il faut encore que je vous dise : ce champ est à tout bout de lui-même moissonné. Quand le conducteur de la moissonneuse-dateuse croit avoir tout achevé, il lui faut tout recommencer ! Ca repousse sans arrêt. Alors lui, pas fétu pour un grain, il moissonne... Ca commence à durer maintenant. Oui, ça fait une paille qu'il a les végétations.

La femme qui fait ça en blanc : Autre grande curiosité. Ca m'intéresse. Ca m'excite. Il ne se repose jamais ?

Le brûleur de cageots : Je crois qu'il n'est pas tout à fait dupe de ce qu'il fait. Il s'arrête "parfois-souvent". Il lit du Camus en cachette ! (Tout bas.) C'est un Camusard !

La femme qui fait ça en blanc : Vous le connaissez ?

Le brûleur de cageots : Bien sûr, il est du hameau.

La femme qui fait ça en blanc : Il faudrait souhaiter qu'il s'arrête. Qu'il ait une soudaine envie de lecture...

(Elle prend une photo de la moissonneuse-dateuse.)

(A suivre.)

 

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