19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 17:53

Et d'un !

Je vous en parlerai ici dès que j'en aurai connaissance : des publications sur Jacques Brel, qui amorce sa trentième année de tombeau.
Florent Pagny a déjà devancé l'appel.
Est annoncé pour sortie en librairie le 21 février "Sur les pas de Jacques Brel" aux Presses de la Renaissance.
C'est un "beau livre" (28 €) qui ressemble à un carnet de voyages. Il s'agit ici de retourner sur les lieux que Brel a fréquentés. L'idée en revient à Michel Quint (Admirable "Effroyables jardins") pour le texte et Philippe Lorin (illustrateur de nombreuses couvertures au "Livre de Poche") pour les illustrations.
Sans avoir eu l'ouvrage en mains, il me tente et me séduit assez...

JF


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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 13:13

A la mémoire d'Alain Robbe-Grillet,
à ses 85 ans d'observation des tropismes
des végétaux et des hommes ;
A Catherine et Beverly.

L'homme : Pas souvent. Il faut qu'un certain nombre de conditions soient réunies, soient remplies. D'abord, il faut y croire... Il faut le vouloir. Ca arrive... une fois... par vie... dans la vie.

La femme : Et que faites-vous dans la vôtre ?

L'homme : Je suis brûleur de cageots. C'est-à-dire que je suis chargé d'évacuer le trop-plein de notre société de surconsommation. C'est ma tâche... comment dire ?... officielle, sociale, quotidienne. Les emballages, les conditionnements, les "packaging"... Je détruis tout ce qui, si ce n'était pas fait, encombrerait, alourdirait, au point que la Terre, épuisée, ne pourrait plus rien supporter et s'écroulerait sans doute... Vous me direz : "Pas de panique ! Il reste une solution de secours : le crochet !" Oui, mais nous sommes bien peu à le savoir. Et puis, je dois vous avouer qu'on n'est pas bien sûr que ça fonctionne. (Il s'approche de l'anneau, y passe la main qu'il essuie ensuite.) Regardez : ça rouille.

La femme : Nous étions vraiment faits pour nous rencontrer. Vous êtes brûleur de cageots et il paraît que je suis un peu allumeuse. Mais laissons cela pour le moment. Pour les autres, je suis "la femme qui fait ça en blanc". On se trimballe de ces surnoms ! Mais peut-être que celui-ci est justifié, je ne sais pas. Je n'ai qu'une quête : capter l'instant où un être change d'aspect, où un bouton sera révélateur et en appellera d'autres ; où un pli sera déterminant -disgrâcieux mais déterminant- ; où un grammage s'installe ou se désagrège... Le jour J, l'heure H, l'instant... tanné. (Elle se tasse la main avec le poignet.) C'est un phénomène que nous sommes plusieurs à partager. Je veux savoir pourquoi le temps... Je veux savoir pourquoi le temps nous modèle comme une pâte à modeler. Nous attendrons ensemble si vous le voulez bien ? (Elle prend une photo du brûleur de cageots.)

(A suivre.)


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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 13:05

Un lopin, à l'orée d'une forêt.
Une énorme chape de béton est coulée dans le sol.
Serti dans le béton, un immense anneau de fer plein, plus haut d'au moins une tête qu'un homme de constitution normale.

Des pieux sont fichés dans le sol. Des boites de conserves en coiffent le sommet.

Un tas de cageots.

On peut supposer, à faible distance, un village, ou, tout au moins, quelques habitations.

Un homme arrive dans le champ.
Il est accompagné d'une femme à qui il donne des explications.
Elle est flanquée d'un appareil-photo.
Elle prend une photo.

L'homme : Nous sommes arrivés. C'est ici. C'est un lopin de terre que je tiens de mes parents. Le hameau dont je vous ai parlé est un peu plus loin. La Terre est ronde. Je ne vous apprends pas qu'elle tourne autour d'elle-même et autour du soleil. La rotation de la Terre, ce n'est pas une légende. Elle fait sa révolution. Une partie du globe est éclairée, l'autre pas. C'est le jour et la nuit. Nous sommes bien d'accord jusque là. Bon. Voyez ça : cette énorme chape de béton dans laquelle est serti cet immense anneau de fer. Si vous êtes patiente, vous verrez venir du ciel (Il lève la tête.) un gigantesque crochet tout au bout d'un filin. Si vous avez l'oeil vif, vous verrez le crochet venir tout droit se glisser dans l'anneau. Très vite, ensuite, une traction s'exercera, grâce à un treuil céleste ; le fil se tendra. Vous mesurez la gravité ? Et oui, c'est ici que tout se passe. Et que fait la Terre pendant son accrochage, me demanderez-vous ? Elle se repose. Elle s'arrête de tourner. Elle se balance... Elle se berce... Ca se passe comme ça, doucement, sans secousse, en finesse, donc sans intervention humaine. Et il paraît alors qu'à ce moment-là, tout le monde est bien, se sent bien. Il y a très peu de monde qui sait cela... sinon... vous pouvez très bien imaginer... la belle tranquillité de l'endroit... J'ai bien pensé l'exploiter, cette curiosité, mais je préfère m'en sortir avec une grandeur d'âme.

La femme : Et ça, là, ce que vous venez de me dire, ça arrive quand ?

(A suivre.)

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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 10:18

NOTICE

"Alors, ce n'est que ça, la vie,
Ce fatras, ce brouillamini ?
Je croyais qu'on répéterai, moi.
Mais non. On joue, directement,
Personne ne connaît la pièce,
On improvise les mots, les gestes.
Alors, c'est mauvais, forcément.
Faudrait pouvoir apprendre, non ?
Faire quarante ans d'apprentissage,
Tout ressentir, devenir sage,
Et puis renaître pour de bon.
Ca, ce serait bien..."

Jacques Debronckart

Personnages :

Le brûleur de cageots.
La femme qui fait ça en blanc.
L'inventeur de la machine à peser la souffrance.
Le conducteur de la moissonneuse-dateuse.
La co-gérante du manège de tampons-dateurs

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14 février 2008 4 14 /02 /février /2008 16:33
J'ose une suggestion, comme ça, en passant, juste mon portrait en quatre de couverture dans Libé... Tenez, je souffle même les premiers mots :


Joël Fauré, 46 ans. Fonctionnaire-écrivain. Névrosé. Fétichiste, mégalo et narcissique. Et pourtant pudique. Veut qu'on le reconnaisse et qu'on l'aime. Depuis plus de 10 ans, ne s'est réalisé dans rien, et pourtant, fait tout pour avoir son portrait dans Libé.

"Que faut-il faire et qui faut-il être pour avoir son portrait en quatre de couverture dans Libé ? Si vous connaissiez ma vie..."
Excédé, Luc Le Vaillant lui adresse un mail : "C'est du harcèlement ? Un spam ? Dites m'en plus à tout hasard..."
Puis, à la faveur d'une série d'été sur les "objets perdus", il contacte Ondine Millot. Il ne sait exactement quel axe pourra être donné au portrait. Faire connaître son oeuvre littéraire ? (9 pièces, 3 romans "biographés", une nouvelle érotique sous le pseudonyme de Raoul Jefe, la création d'un fanzine puis d'un blog sur le fétichisme, une biographie d'une artiste oubliée...)

Joël Fauré 
en 5 dates

1962
Naissance à Toulouse.
1991
Premiers TOC et premiers écrits.
1999
Création du fanzine "A propos de bottes"
2000
Sa pièce "Le personnage tout rouge" est créée au Théâtre de Poche de Toulouse
2007
"Comme un tableau fauve"
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14 février 2008 4 14 /02 /février /2008 14:52

La chroniqueuse : Monsieur, pour la douleur et au nom de la douleur, votre conduite a été remarquable. A mon avis, vous êtes encore à temps de transformer vos disgrâces en différences et vos différences ainsi obtenues en atouts. Conformément à votre texte en vigueur, en vertu des pouvoirs que je me confère, et au nom du peuple de ce pays, j'avance que ceci est le brouillon du message qui se trouvait dans la bouteille.

Le peseur d'eau : Vous en avez mis du temps pour comprendre.

La chroniqueuse : J'avais compris dès le départ, je vous l'ai déjà dit. Vous ne m'avez pas beaucoup aidé.

Le peseur d'eau : Je n'ai fait que ça : vous tendre des perches. Vous ne m'avez tendu que des queues de poisson. Je l'ai même écrit tout-à-l'heure dans votre main. Si l'encre n'avait pas été aussi mouillée, le message ne se serait pas effacé. Oui, ce que j'avais écrit, c'était : "Tellement naufragés que la mort paraît blanche", le message rendu plus accessible. Cette phrase doit à présent sécher sur la main du fabricant de bottes qui dépassent le genou. S'il ne l'avait pas eu aussi leste et lourde à la fois ; s'il n'avait pas aussi fermement serré la vôtre, vous pourriez en juger par vous-même.

La jeune femme (Lisant le livre, même jeu que précédemment) : Ah, ça ! Je peux en témoigner. Pour avoir la main leste, il a la main leste, votre fabricant de bottes qui dépassent le genou ! Un fieffé cochon ! Il me l'a même mise aux fesses.

Le peseur d'eau : Il vous a mis la main aux fesses ? Il vous a mis la main aux fesses ?

(Silence)

Madame, voulez-vous me montrer vos fesses ?

(Silence)

Madame, voulez-vous me montrer vos fesses ?

(Silence)

Madame, faites-moi voir vos fesses.

(Silence)

Madame, faites-nous voir vos fesses.

(La jeune femme confie son livre au peseur d'eau, non sans l'avoir une dernière fois consulté, s'approche du petit ruisseau, relève sa jupette, et s'accroupissant face à ses interlocuteurs présente son derrière à la surface de l'eau.)

Des choses édifiantes se mirent et se reflètent. Je crois que nous allons avoir de la lecture.

(La chroniqueuse et le peseur d'eau s'approchent de la surface de l'eau, de part et d'autre de la jeune femme.)

La chroniqueuse (Au peseur d'eau) : Vous avez fait une faute d'orthographe. Vous avez oublié un "s" à naufragés.

Chanson : "Les désespérés" de Jacques Brel.
Noir.
Rideau.

PROCHAINEMENT SUR CET ECRAN
"NOTICE"  de Joël Fauré

"C'est fou tout ce qu'on peut lire dans une notice..."


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13 février 2008 3 13 /02 /février /2008 16:34

(La chroniqueuse tend le feuillet à la jeune femme.
Cette dernière s'en saisit, donne son livre en échange, et lit :)

La jeune femme : "A vous les miens,
mes gentils assassins,
Qui ne m'avez pas désiré ;
Qui avez répondu à mes questions par des questions ;
Qui m'avez fait évoluer dans un univers étroit, figé, englué.
A vous qui, à trop vouloir m'élever comme un mouton de Panurge m'avez transformé en chien sauvage, battu, apeuré et traqué.
A vous qui, sectaires et intolérants, sans le savoir, sans le vouloir, m'avez etouffé.
Qui avez permis aux dragons et aux autres de me faire subir des humiliations, des vexations, des avanies ;
Qui m'avez promu chevalier de l'hypocondre et de l'atrabile ;
A vous je dis : "J'en ai marre de vivre pour souffrir et je veux mourir.
Tellement naufragés que la mort paraît blanche."

(Elle rend le feuillet à la chroniqueuse, reprend son livre et y plonge de nouveau ses yeux.)

La chroniqueuse : "Tellement naufragés que la mort paraît blanche."

Le peseur d'eau : C'est une très belle phrase. C'est la seule qui ne soit pas de moi. Elle est de Jacques Brel. Elle est tellement belle que je l'ai faite mienne.

(A suivre.)

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12 février 2008 2 12 /02 /février /2008 16:49

Le peseur d'eau : Nous étions autour d'une flaque dans laquelle il se célébrait une noce de canards. Il y avait de joyeux tétards en ribote. Et de laborieux dauphins remettant de l'huile de coude dans les rouages d'une robote assujettie à ne plus rouler des mécaniques. Et un loup vu par une loupe. Et un dragon tenu par sa dragonne qui n'étaient pas à la fête du tout. Et une mouette rieuse sur un saule pleureur. Et des grenouilles, dans cette grenouillère, montrant leurs cuisses à en faire rougir un escadron de joyeux carabins. Et débordé, un agent limitateur de participes présents, passés, pressants et pressés. Et une abeille piquant la haute tige d'une botte de cuir déjà piqué. Et des bourdons, ne sachant même pas ce qu'ils devaient sonner. Qu'en pensez-vous ?

La jeune femme (Même jeu, lisant.) : Oh, moi, vous savez, ce que j'en pense... je n'ai pas demandé à être là... Bof... Ca va pas chercher très loin, tout ça... La vie est ainsi faite : aujourd'hui jujube, et demain cacahuète.

La chroniqueuse : Nous étions autour d'une flaque avec, c'est vrai, des canards et tout un échantillon d'animaux imaginaires plus ou moins farfelus - comprenez : les autres -. Dans cette flaque, se trouvait une bouteille contenant un message de détresse en partie détérioré par les flots. On ne pouvait plus y lire que : "Tellement naufragés que..." Nous avons échafaudé plus de vingt scénarios sur le naufrage ; nous nous sommes interrogés sur l'origine du message. Nous avons retrouvé le stylo qui l'avait rédigé. Nous l'avons essayé dans le creux de ma main, pour ne rien vous cacher. Des gens sont venus nous visiter, sans à priori bien comprendre ce que nous faisions et ne disions pas. Il s'en sont allés. Dubitatifs. Puis les canards et les autres aussi ont fait de même. Foutu le camp. Jusqu'ici.
Et c'est ici que j'ai fini de comprendre -grâce à ce pli que j'ai dans la main- ce que je savais avoir dès le début compris. C'est monsieur qui a écrit le message. En voici le brouillon. 
Madame, voulez-vous avoir l'amabilité de lire ce que monsieur a écrit ?

(A suivre.)

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11 février 2008 1 11 /02 /février /2008 10:01

(La chroniqueuse ramasse le bout de papier plié en quatre, le déplie et le lit ;
le peseur d'eau se déplace jusqu'à l'autre bout de la scène, le dos tourné, les bras ballants.
Lecture.
Silence lourd.
On entend en voix off une voix de femme déclamant des vers ; en l'occurence ceux d'un poème : "Les canards", de Clovis Hugues.

La voix devient visage : une jeune femme, belle, fraîche, brune et musquée s'approche en déambulant le long du ru, les yeux rivés sur un livre.
Elle est vêtue de blanc : chemisier bouffant, jupette courte et est chaussée de bottes noires qui dépassent le genou.
Elle poursuit le poème.)

Le peseur d'eau (A la jeune femme) : Vous avez vu mes canards ?

La jeune femme (répond sans relever les yeux, un peu comme si son texte était écrit dans son livre.) : Oui.

Le peseur d'eau : La fête battait-elle toujours son plein ?

La jeune femme (même jeu, lisant.) : Non.

Le peseur d'eau : Alors, sans aucun doute, plus joyeux les tétards. Il n'y avait pas des dauphins ?

La jeune femme (même jeu, lisant.) : Non.

Le peseur d'eau : Des grenouilles ?

La jeune femme (même jeu, lisant.) : Non.

Le peseur d'eau : Un loup vu par une loupe ?

La jeune femme (même jeu, lisant.) : Non.

Le peseur d'eau : Un dragon tenu par sa dragonne ?

La jeune femme (même jeu, lisant.) : Non.

Le peseur d'eau : Même pas un cadavre de bonne bouteille ?

La jeune femme (même jeu, lisant.) : Non.

La chroniqueuse : Il faut peut-être vous dire, madame, pour rendre compréhensible ce qui ne l'est pas, que si monsieur vous impose cet interrogatoire aussi serré, c'est parce qu'il souffre, d'une souffrance intense et silencieuse. Et depuis longtemps. Il voulait avoir l'élégance de ne pas le signaler mais il est tombé dans l'excès contraire. Monsieur est peseur d'eau. C'est un prétexte. Et oui, il y a de "seaux" métiers. Il m'a prise à témoin et m'a alertée sur trois points qui le préoccupent : la Terre va manquer d'eau (sous-entendu : "J'ai peur d'une catastrophe" Laquelle ? Je ne sais pas.") Bon, c'est recevable. "Personne ne me comprend.", c'est recevable aussi. Nous étions autour d'une flaque...

(A suivre.)



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9 février 2008 6 09 /02 /février /2008 13:43
La  chroniqueuse : Vous n'allez pas me refaire le coup de la noce à laquelle nous ne sommes pas, hein ? Nous n'avons pas gardé les canards ensemble.

Le peseur d'eau :
Et justement ! Nous aurions dû. Vous, vous écriviez noir sur blanc ; moi, je cherchais à percer un mystère là où je vous ai fait croire que c'était un point de chute. Et pendant ce temps-là, les canards sont partis. Pas même une nef en vue. Les nefs ont mis les voiles. Ce ru est malade des nefs. Il ne reste qu'une imparfaite certitude.

La chroniqueuse : Ôtez-moi d'un doute : cette imparfaite certitude, hein, de vous à moi, entre nous soit dit en passant, c'est une incertitude ?

Le peseur d'eau :
Pardonnez-moi d'être agaçant : mon incapacité à dire, mon impuissance à faire me dictent de me taire.
(Ménager un silence.)
Il nous faut pourtant vérifier quel jour nous sommes. Je dois avoir sur moi un calendrier.
(Le peseur d'eau extirpe d'une de ses poches intérieures un paquet hétéroclite, une liasse de papiers de tous formats, de toutes couleurs, impressionnés de noticules, de texticules et de graphisme divers.
Un papier s'échappe du lot et choit à terre.
Tentant de faire diversion :)
N'y-a-t-il pas là qui s'avance sur le ru un bateau en papier avec une cargaison de trombones lie-de-vin ?

La chroniqueuse :
Non.
(Elle se penche pour ramasser le papier ; le peseur d'eau la retient par la manche.)

Le peseur d'eau : Eh ! Savez-vous quel saint nous sommes aujourd'hui ? (Il consulte un petit calendrier.) Sainte Reproduction Interdite ! C'est écrit là : reproduction interdite. Ah, mais non, suis-je bête ? C'est une mise en garde de l'imprimeur qui ne veut pas qu'on suive à la lettre le calendrier. On ne peut pas suivre le calendrier, personne ne me comprend. Je souffre. Je souffre d'une souffrance intense et silencieuse. Depuis longtemps. Je voulais avoir l'élégance de ne pas le signaler ; je suis tombé dans l'excès contraire.
(La chroniqueuse se penche pour ramasser le papier ; le peseur d'eau la retient par la manche.)
Je souffre. Je souffre d'une souffrance intense et silencieuse. Depuis longtemps. Je voulais avoir l'élégance de ne pas le signaler : je suis tombé dans l'excès contraire.
(La chroniqueuse regarde avec intérêt le peseur d'eau.)
J'aurais bien voulu vous y voir à ma place.

La chroniqueuse : Je comprends votre retenue. Et je comprends que vous ayez pu choisir des moyens détournés pour la maintenir. Je comprends aussi que vous n'y soyez pas parvenu. Laissez-moi regarder ce qui est écrit sur votre bout de papier.

(A suivre.)

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