4 janvier 2008 5 04 /01 /janvier /2008 13:17

La responsable des fêtes terminées : Il s'est passé hier soir, au moment où la fête battait son plein, quelque chose de très émouvant. Et de très grave. Qualqu'un a, semble-t-il été tué. On n'en est pas encore bien sûr, mais avouez que ce n'est pas rien, vous en conviendrez ?

Le personnage tout rouge : Il se peut bien que ce soit moi qui ai fait le coup. J'ai tous les motifs de le faire.

La responsable des fêtes terminées : C'est bien ce que je disais : on n'est jamais sûr de rien...

Le personnage tout rouge : Que disiez-vous ? Qu'on n'est jamais sûr de rien ou que j'ai pu commettre l'irréparable ?

La responsable des fêtes terminées : On n'est pas bien sûr que vous ayez pu commettre l'irréparable puisque vous en doutez vous-même. Sans compter que l'irréparable n'a peut-être pas encore été commis. Il est joli, ce blason...

(Elle désigne le blason apposé au mur.)

Le personnage tout rouge : Il représente les armoiries de cette ville. Il est un peu rouillé mais il y en a qui songent à le redorer.

La responsable des fêtes terminées : Savez-vous ce qu'il représente ?

Le personnage tout rouge : Vous voulez la petite explication ou la grande ?

La responsable des fêtes terminées : Allez, ne lésinons pas et soyez bon prince : donnez-moi la grande ! Il ne faut rien se refuser quand il s'agit de faire avancer l'histoire.

Le personnage tout rouge : De gueules, un escalier ascendant au flanc senestre arbore une volée de six marches ; une botte à longue tige, carénée comme un paquebot de croisière foule d'un talon plat et d'une semelle usée mais pas trop, la plus basse desdites marches. Sur le palier, quatre graines d'hellébore disposées en losange. Hors du champ, mais fortement pressentie, et sur ce même palier, la porte d'une agence que l'on devine mystérieusement close. Au canton dextre du chef, un albatros sur fond azur, toutes ailes traînantes, au sol de sinople. La botte, c'est l'attribut de la suprématie, surtout quand elle fait du bruit. L'hellébore, c'est la graine censée guérir celles et ceux qui en ont un grain. L'albatros à terre, c'est la liberté entravée. Quant à l'agence, personne n'a encore su ou pu en percer le mystère. Bien des vivants se font des signes et des petits gestes par tradition, sans s'inquiéter d'où ils viennent. Vous me croirez si je vous dis que, la plupart du temps, les gens passent devant ce blason sans le voir ?

La responsable des fêtes terminées : Oui, je crois.

Le personnage tout rouge : Alors, je vous le dis. Ils voient ce mur aveugle, cette rue truffée de plaques ; ils s'emportent contre les chicanes et les aspérités du sol, mais le blason, pffffffff..... il ne les fera jamais tomber, vous comprenez. Alors... ils l'ignorent !

(A suivre.)

 

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3 janvier 2008 4 03 /01 /janvier /2008 13:07

La responsable des fêtes terminées : Où étiez-vous et que faisiez-vous hier soir sur la plage qui va de dix-huit heures trente cinq à minuit, via le crépuscule et la tombée des ténèbres ?

Le personnage tout rouge : Autant vous l'avouer tout de suite : si j'ai tué quelqu'un, c'est bien seulement le temps. Pour ainsi dire. Et puis, comme ça m'arrive quelquefois. Un vrai massacre ! Suis allé voir barboter les canards dans un ru que j'aime bien au milieu de cognassiers et de peupliers qui ondulent sous le vent. Ai gagné la prairie. Suis allé caresser la chevelure des herbes folles. Ai vu monsieur l'automne qui, avec mélancolie met l'ancolie aux pentes des fossés. Gentil, l'automne ! A l'orée des forêts, ai vu les crocs sévères des brabants mordre la terre à pleines dents. A six reprises, les aiguilles se sont superposées : six occasions d'en vouloir au monde entier. Ai entendu les flonflons et les froufrous d'une fête cachée. A trop fixer des yeux les cuivres luisants de l'orchestre que je ne voyais pas, me suis brûlé les yeux. Suis rentré éreinté dans ma mansarde. Ai pensé à elle...

La responsable des fêtes terminées : A elle ?

Le personnage tout rouge : Je l'admire et elle m'impressionne.

La responsable des fêtes terminées : Vous êtes tout rouge.

Le personnage tout rouge : Je vous remercie de me le rappeler. Un rien m'émeut.

(A suivre)

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2 janvier 2008 3 02 /01 /janvier /2008 13:45

Le personnage tout rouge : Qu'est-ce que j'ai fait ? Qu'est-ce que je n'ai pas fait ? Vous tombez mal : je suis triste. Je viens d'apprendre la mort d'Eugène Ionesco. Je viens de lire dans un organe battant à droite deux belles phrases sur lui.

(Il s'approche de la pile de revues, en saisit une, en fend la tranche et lit.)

"Il suffisait qu'il échappât à l'ennui, qui lui fut un bourreau fidèle. Alors les voisins de repas, les rencontres, les sympathies de passage, tous ceux qui purent croire, souvent, à l'indifférence dont il donnait l'impression, voyaient sourire en lui, soudain, des bienveillances et des délicatesses qui allaient jusqu'à une apparence de gaiété." (1)

La responsable des fêtes terminées : Oui, mais moi, je n'ai pas fait la démarche d'entendre ça. Je vous répète que je suis chargée de d'arrêter un homme qui vous ressemble singulièrement.

Le personnage tout rouge : Ah, ça, alors, c'est un peu fort ! Si l'on m'avait dit qu'il me serait donné de vivre une resucée de Kafka...

La responsable des fêtes terminées : Une quoi ?

Le personnage tout rouge : Une resucée de dragées au poivre. Un ennui, quoi ! Je constate que vous indemne de toute influence culturelle. Aucune célérité d'esprit quand on vous tend des aliments intellectuels. Ca promet...

(Il regarde sa montre.
Puis relève la tête.
Il regarde sa montre.
Puis relève sa tête.
Même jeu quatre fois.)

La responsable des fêtes terminées : Qu'est-ce que vous faites ?

Le personnage tout rouge : Je m'adonne à mon occupation favorite : je regarde l'heure à ma montre. Et lorsque la grande et la petite aiguille se superposent, je ne peux pas m'empêcher de penser : "Mais où est donc passée l'autre aiguille ?" Ca ne dure pas longtemps mais c'est éprouvant à vivre. Et ça revient souvent.

(A suivre.)

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1 janvier 2008 2 01 /01 /janvier /2008 12:00
"On n'interroge pas un homme ému"
René CHAR

Personnages :

Le Personnage tout rouge
La Responsable des fêtes terminées
Le décrocheur de blasons
Première femme à la carotte à poignée
Deuxième femme à la carotte à poignée
Le Chef du bureau des fêtes terminées



PREMIER ACTE


Un énorme pan de mur orbe.
A hauteur d'homme, est apposé un blason.
Au pied du mur, une pile de vieilles revues et un tas de sable.
Un homme, tout de rouge vêtu, semble en proie à ses affres et tourments.


Le personnage tout rouge : A partir d'aujourd'hui, ce sera comme d'habitude. A partir de désormais, ce sera comme dorénavant. L'essentiel, c'est toujours le principal. La vie est ainsi faite : aujourd'hui jujube et demain cacahuète.

(Une femme s'approche.)

La femme : Bonjour, monsieur. Vous fonctionnez toujours comme ça ?

Le personnage tout rouge : Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?

La femme : Ne me dites rien. Dites-moi, c'est bien à vous qu'il faut que je demande si ça a été ?

Le personnage tout rouge : ...

La femme : Je viens de m'apercevoir que nous n'avons pas été présentés. Je suis responsable des fêtes terminées et je viens vous demander si la fête qui vient d'être donnée s'est bien passée, et s'est bien passée ici ?

Le personnage tout rouge : Tout me porte à le croire, bien que je n'aie pas trempé mes lèvres dans la coupe trop pleine pour qu'elle ne le soit plus.

La femme (La responsable des fêtes terminées) : Or donc, on m'a remis un jeu de clefs. Une clef argentée qui ouvre toutes les portes de ce pâté, ici, et en haut...

Le personnage tout rouge : Haut les coeurs !

La responsable des fêtes terminées : Et une clef dorée qui ouvre seule la seule porte du château bas.

Le personnage tout rouge : Château bas !

La responsable des fêtes terminées : A toutes fins utiles de savoir si, parmi les fêtards, il n'y avait pas de mauvais coucheurs ; combien il y a de lève-tôt, combien il y a de lève-tard. Je suis aussi chargée de recenser les trouble-fêtes et d'arrêter, au nom de la loi, un homme qui vous ressemble singulièrement.

(A suivre)

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31 décembre 2007 1 31 /12 /décembre /2007 09:15

J'ai l'intime conviction que, fort d'un passé qui n'appartient qu'à moi, sorti grandi des nombreuses épreuves endurées, je pourrai vivre moi aussi.
J'aimerais bien que le temps me donne raison

Ainsi prend fin, en ce dernier jour de 2007, la publication de ces "carnets".

Ces fragments de vie demeurent des matériaux déposés sur un chantier. 
Une matière brute qui m'a permis d'échafauder d'autres édifices, et en particulier les premières intrigues théâtrales.

Ce blog, créé en avril 2007, avec l'ambition d'être littéraire et érotique, s'est révélé comme un passeur de mots, avec le souci de qualité et la liberté d'être coquin, sans jamais tomber dans la vulgarité...

2008 confirmera cet essai.
Etats d'âme, états de coeur, états de corps, états d'esprit s'y succéderont.

2008 : 30e "anniversaire" de la disparition de Jacques Brel
On sait l'admiration fervente que je lui porte.
Il ne sera pas étonnant de le retrouver ici, souvent...

Tenez, voici, pour commencer :

"Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir et l'envie furieuse d'en réaliser certains.
Je vous souhaite des passions. Je vous souhaite des silences.
Je vous souhaite des champs d'oiseaux au réveil et des rires d'enfants.
Je vous souhaite d'aimer ce qu'il faut aimer et d'oublier ce qu'il faut oublier.
je vous souhaite de résister à l'enlisement, à l'indifférence et aux vertus négatives de notre époque.
Je vous souhaite surtout d'être vous."

Jacques Brel

Que rajouter de plus ?


 

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28 décembre 2007 5 28 /12 /décembre /2007 18:08
Cette  page de carnet est dédiée à Aurora.

"J'aperçois un homme seul

Ce dimanche soir, alors que je déplore une fois de plus la vacuité des instants, alors que je m'apprête à regagner ma tanière, j'aperçois dans ma rue un homme seul, titubant. Rencontre fortuite ? "Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous" disait Aragon ; et l'abbé Casy Rivière ne m'avait-il pas un jour confié : "Je crois aux rencontres. Aucun destin n'en rencontre impunément un autre." Ici, c'est plus facile au niveau des probabilités : il habite mon quartier.
Donc, cet homme, je le reconnais. Je l'aborde. Nous allons boire un pot.
Nous parlerons de la vie, de la mort, de l'amour, de la célébrité et des TOC (Il emploie le mot d'"incarcération")
Cet homme, en perpétuelle représentation, a fait bien du chemin pour arriver là où il est. Le "mur du son" a amplifié sa vie d'homme public. Il est aimé, reconnu. C'est un grand poète-chanteur. Il est dans le dictionnaire. Il n'a plus rien à prouver. C'est confortable. Mais pas tant que ça, finalement...
Avec son lyrisme particulier, il me dira : "Je te transmets mes neurones".
J'ai passé un mémorable instant de grâce.
Cet homme, c'était Claude Nougaro.

 
Je te transmets
mes neurones...
"

A voir aussi :
La "gambade parallèle" ; le dessin offert par Nougaro, sur la page "bloguesque" du 30 juin 2007.
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26 décembre 2007 3 26 /12 /décembre /2007 22:32
"Si un détail te gêne,
peut-être qu'il est supprimé
des "carnets" ?

J'ai chargé un ami de longue date de mettre au propre sur le papier les présents carnets. Il en saisit les lignes sur sa machine moderne, avec scanner et publication assistée par ordinateur. Je lui ai demandé ce qu'il pensait de ce qu'il retranscrivait. Il m'a donné sa réponse par écrit, et s'y montre sans concession sur le fond, sans complaisance. A propos des carnets, il écrit -et ça pose vraiment question- : "Si un détail te gêne, peut-être qu'il est supprimé des carnets histoire de faire aller l'histoire dans le sens qui t'arrange." C'est une phrase très importante. Le sérum de vérité existe-t-il ? Le commentaire critique est nécessaire aux exhibitionnistes. Il doit rendre humble. Je tiens ces annotations très pensées et judicieuses à la disposition des chercheurs et des égégètes qui étudieront un jour mon cas d'espèce !
Ma crainte d'être un monstre ; le besoin de justification ; la recherche de la vérité ; le besoin de clarté et de transparence totale ; l'idéal élevé de justice sont des thèmes éternels qui me taraudent.
Moi, je crois que j'ai un bon fond, mais qui peut me croire ?
Je n'ai pas volé, je n'ai pas tué, je n'ai pas violé. J'ai menti, mais c'étaient des mensonges pieux ; j'ai fouetté des femmes et des cochons d'Inde, mais les derniers, c'était au stade sadique anal, et les premières parce qu'elles me l'avaient demandé, qu'elles étaient consententes.

J'ai fouetté
des cochons d'Inde
et des femmes..."

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24 décembre 2007 1 24 /12 /décembre /2007 16:29
img151.jpg

"A propos..."

Cette carte postale est partie de Paris (Rue Poussin) le 24 décembre 1904.
Elle était destinée à Mademoiselle Madeleine P., à Marseille.

Ecrit à l'encre violette :

"Ma chère petite Madeleine,
Bon et joyeux Noël pour toi, ta maman, ton papa ! Que le petit Jésus te comble de faveurs et de joujoux et moi ma petite Madeleine je te donne mes meilleures caresses.
Marie"

Laissez parler les p'tits papiers...

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23 décembre 2007 7 23 /12 /décembre /2007 12:49
"L'envahissement paperassier

Tentez de faire vous-même le point sur l'envahissement paperassier que génère notre société de "surconsommation". Dans votre boîte aux lettres, st sur votre voiture, quand on ne profite pas de votre arrêt au feu rouge pour vous refourguer un prospectus.
La Poste a gravement nourri mon attachement stupide aux vélins. Combien de feuilles volantes non identifiées se sont accumulées ? En voulant trop les protéger, je les ai perdues.
En tous lieux, prenez de la hauteur : quittez le relief et ne considérez que les à-plats, le visible : c'est la dernière touche du quotidien : le journal du jour, une assiette sale, un lit défait...
Pourquoi faut-il me barder de grammages de tous formats ? Pour me sésuriser ? Me cultiver ? M'enrichir ? Ou mieux m'enliser dans une lave informe ? De toute manière, ce que je recherche le plus ardemment, le plus compulsivement, c'est ce que je vais avoir le plus de mal à retrouver. Perdu tout au fond d'une pile, étouffé par les strates du quotidien. J'en tiens une couche !
Il faudra que j'apprenne à aller à l'essentiel, à épurer. Maintenant, quand je ne retrouve pas ce que je cherche, je dresse illico un "constat d'égarement momentanné". Ca rassure...
J'ouvre des dossiers.
Une question : que faites-vous des lettres que vous recevez ? Vous les enrubannez par cinq ? Moi, j'ai tout gardé. Ca fait, à ce jour, plus de quarante ans que ça dure ! Et ça prend de la place ! Et je ne peux rien jeter ! Si je jette la lettre de Machin, il va lui arriver un gros malheur ! Ca en fait des boîtes à chaussures pleines !
Le compositeur Erik Satie avait trouvé une parade. Il n'ouvrait jamais son courrier. A sa mort, on en a retrouvé en grand nombre dans son piano !

Que faites-vous
des lettres
que vous recevez ?"


-----

LUBIE

LETTRES OUVERTES

"César, une lettre de Marius.
Elle est lourde."

Marcel Pagnol (Fanny)

"Ecrivez des lettres. Envoyez-les.
Recevez-en.
Laissez-les mûrir dans l'ombre.
Relisez-les."

Jean Cocteau (Les nouvelles épîtres)


J'ai un projet qui me trotte dans la tête depuis longtemps. 
L'accumulateur-fétichiste que je suis s'adresse aux voyeurs que nous sommes tous peu ou prou.
Depuis 40 ans, j'ai conservé toutes les lettres que j'ai reçues.
Elles se trouvent dans des boîtes à chaussures (Rien que du très normal.)
Je souhaite ouvrir ces boîtes à qui le souhaite...
Prenez une lettre au hasard, dépliez-là, lisez...
La petite histoire rejoint la grande...
Qu'en pensez-vous ?

JF


Dernière minute
: A l'heure de mettre en ligne, "France Inter" m'apprend la disparition de Julien Gracq. Je ne l'ai pas très bien connu, mais ce nom sonne aux amis des lettres.
Incapable d'écrire quoi que ce soit sur lui, j'attends que les TOC me laissent le loisir de lire quelques unes  de ses lignes. (Il faudra que je m'informe sur son refus à ne pas voir ses livres publiés en "poche").



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22 décembre 2007 6 22 /12 /décembre /2007 13:07
"Conservation,
collection
ou accumulation ?

Où est la frontière entre la conservation, la collection et l'accumulation ? 
On sait qu'un certain nombre de documents personnels doivent être consciencieusement gardé sur le coeur (les papiers d'identité), sous le coude (les bulletins de salaire) ou sur le dos (les factures). Certains quelques mois, voire quelques années avant prescription, d'autres à vie. Les revues imagées de vulgarisation qui traînent dans les salles d'attentes en dressent régulièrement les listes. A chacune, à chacun d'aménager son espace et générer le volume produit par la horde paperassière. Il ne faut pas tout détruire, nous sommes bien d'accord. Il ne faut pas réduire sa fiche de paie en confettis. Oui, mais... il ne faut pas tout garder. Il faut savoir jeter, détruire, déblayer. 

Je nous ramène quelques années en arrière, à l'époque où ma jeune vie n'avait généré qu'un livret de santé. Et quelle santé !
Je n'eus pas de chambre bien à moi, et seule celle de ma grand-mère me fut allouée à sa mort. Elle allait devenir le "réceptacle" de ce que nous allons observer et voir se remplir au fil des années ; nous allons en inventorier le contenu. 
On n'y trouvera pas une collection de moteurs d'Alpine ou de bidons d'huile, de crânes de Magdaléniens ou de plumes de coquecigrues. 
Non, moi, c'est le papier qui a pris le dessus. Qui n'a jamais conservé le couvercle d'une boîte de chocolat, (reproduction d'un tableau de maître ou chaumière sous la neige) me jette la première pierre. 
Très tôt, les boîtes présentèrent un intérêt certain.
Pourquoi les boîtes ?
La toute première boîte en fer blanc, joliment décorée, à laquelle j'ai attaché de l'importance, je l'ai perdue à l'école. Je devais avoir huit - dix ans. Ce souvenir remonte à la surface. La deuxième fut celle où on plaça ma grand-mère, à sa mort. Son cercueil. Oui, je me souviens avoir dit et écrit : "Mémé, on l'a mise dans une jolie boîte."
Mes boîtes et mes cartons se remplirent donc au gré du temps et du hasard d'un inimaginable magma de papier. Les tiroirs, tablettes et autres étagères de même. Un capharnaüm et un maelström réunis. Livres, disques, photos (tout à fait naturel) ; revues, journaux, quotidiens (acceptable) ; tickets de bus, métro, Sncf, prospectus (contestable).
Les postes "jet" et "tri" de papier ont été singulièrement affectés.
Je bataille, combats contre des moulins de papier. Je flatte et encense l'unicité de l'exemplaire (Ah ! Les manuscrits perdus !)
Vos papiers ! Je ne peux plus m'en séparer. 
M'en séparer, c'est se déchirer, perdre une trace, mourir un peu.

Jet et tri de papiers"

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BIENVENUE

ESPACE LITTERAIRE ET EROTIQUE
Soyez les bienvenus sur cet "égoblog",
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N'oubliez pas, quand même, d'aller vous aérer.

"Vivre,
c'est passer d'un espace à un autre
en essayant le plus possible
de ne pas se cogner."

Georges PEREC



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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