11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 21:50

 

LES TOCs NE SONT PAS UNE MALADIE DIPLOMATIQUE 

 

"Docteur j'ai peur.

De quoi ? Voilà.

Guéris-moi d'mes maux

En deux coups de cuillère à pot.

De la mort, de c'qui mord,

De c'qui grince, de c'qui pince

Des coups d'froid, des fins d'mois

Des maux d'rein, des coups d'frein

(...)

D'avoir la vue qui baisse

De m'faire des taches de graisse..."

 

Jacques Debronckart (Docteur j'ai peur)

 

Texte et photos

Joël Fauré

 

Toulouse, 6 novembre 2010. C’est la deuxième fois que la ville rose proposait une journée de sensibilisation aux troubles obsessionnels compulsifs, depuis la création de l’association et de l’antenne régionale.

Forte d’un plateau de qualité, cette action s'inscrivait dans l'objectif d’être utile et d’apporter au grand public l’information de base sur une pathologie qui, on le sait maintenant, sort de l’ombre et du silence un peu honteux où elle était tapie.

Destigmatiser la maladie, mieux en parler pour mieux la repérer, la comprendre et la traiter, tels sont les axes directeurs de cette démarche.

Se sont succédé, sur la tribune de la salle Barcelone devant un auditoire beaucoup plus clairsemé que lors de la première journée de 2002 (signe des temps ? Internet apporte de l’info "fraîche" à foison, mais pas toujours fiable), des spécialistes du TOC, thérapeutes et souffrants - le vécu étant pour ces derniers un savoir.

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C’est le docteur Guy Parmentier, psychiatre à Albi (Tarn) qui a ouvert les travaux, avec un habile recours au célèbre aliéniste toulousain Etienne Esquirol, celui-là même qui séria les vésanies et offrit une alternative aux douches froides et aux électrochocs. Son "cas de Mademoiselle F.", une "intéressante malade" présentant un authentique dossier de "monomanie raisonnante" en 1838 permet aujourd’hui encore de se pencher sur les multiples visages des obsessions et compulsions."Ce que je pense se réalise" : le Dr Parmentier a, pour étayer ses dires, également "convoqué", depuis l’autre côté des Alpes, le psychologue suisse Jean Piaget (1896 - 1980) qui a décrit le "stade de la pensée magique", un ingrédient hélas toujours pas périmé.

 

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Margot Morgiève, psychologue à l’hôpital de La Pitié Salpêtrière à Paris, a ensuite présenté le résultat d’un abondant travail de recherche auprès des patients et des proches, dont certaines paroles en disent long sur la méconnaissance, voire la sous-estimation du TOC : "Je m’étais aperçu de scènes et de rituels, je me disais "quel Glandu !". Je ne m’étais pas imaginé que c’était un problème". Double pénalisation de la souffrance et de son déni. Les études et les recherches de cette jeune doctorante sont prometteurs d’une génération de thérapeutes décomplexés face aux archaïques tabous de la maladie mentale.

 

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Christophe Giocanti-Belmonte, psychologue comportementaliste à Toulouse, a quant lui, détaillé une thérapie comportementale et cognitive, basée sur un socle désormais bien établi aux preuves évidentes : l’exposition avec prévention de la réponse. Son expérience "Ne pensez pas un ours blanc" (1), vérifiée "in vivo" dans le public, donne le diapason de la forte implication du siège de la pensée.

 

 

 

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Enfin Vincent Trybou, psychologue clinicien au Centre des Troubles Anxieux et de l’humeur à Paris, auteur de l’indispensable ouvrage co-écrit avec le Dr Elie Hantouche "TOC, vivre avec et s’en libérer" (Editions Josette Lyon) a apporté un éclairage pertinent sur le dépistage et les nouvelles théories explicatives des TOC résistants.

Maîtrisées, éprouvées, les techniques de prise en charge des patients sont là encore porteuses d’espoir et le discours est "rassurant" pour reprendre le mot d’une souffrante présente dans l’assemblée.

Dans l’assemblée encore, bien assis sur les chaises municipales de la salle Barcelone et sur ses toc enfin terrassés, l’un des tous premiers patients ayant bénéficié de la stimulation cérébrale profonde a apporté son témoignage, celui d’un homme bien amélioré par cette technique opératoire.

On le voit, la littérature autour du TOC gagne en étoffe et se répercute "sur le terrain".

 

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L’AFTOC, depuis sa création, a accompli un énorme travail de pionnier, et son président actuel Christophe Demonfaucon, a su établir des passerelles entre les différents acteurs de santé.

Il a rappelé le rôle essentiel des groupes de paroles en régions, des entraides et des liens indispensables qui doivent se créer, se perpétuer.

Du dialogue instauré entre le public et les intervenants, entre questions sur les thèmes récurrents (la sérotonine, les comorbidités) et les témoignages ("Je me sens robotisée" ; "J’ai des addictions"), il ressort que ces actions d’informations sont primordiales et se doivent d’ être relayées par les médias.

 

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Elles l’ont été à Toulouse, grâce au quotidien "La Dépêche du Midi"et à sa télé locale par la présence efficace et précieuse de Sophie Voinis, journaliste sur cette chaîne, très impliquée dans ce travail. Elle a animé les débats avec un professionalisme qui n’a d’égal que son humanité.

Il reste enfin à remercier Monique Durrieu, qui représentait Pierre Cohen, maire de Toulouse et la Communauté Municipale de Santé (en particulier Cathy Crémadeills et Emmanuelle Keyser) sans qui cette manifestation n’aurait pu se dérouler.

 

 

Joël Fauré

 

On peut retrouver sur le site de "Télé Toulouse" www.teletoulouse.com l’émission consacrée aux TOC. Cliquez sur la rubrique "Le Mag santé, puis "Voir les vidéos", sélectionnez émission du 9 octobre 2010 (2e partie)

 

(1) Cf "Les ennemis intérieurs" Jean Cottraux. Editions Odile Jacob.

 

 

"Docteur j'ai peur

De quoi ? Voilà.

Guéris-moi d'ça vite

En deux coups de fourchette à huître

De parler, de baiser

De rester en rideau

De vieillir, de souffrir

Qu'on m'aime pas, qu'on m'aime trop

D'être seul, d'être deux, d'être trois à l'étroit

D'être en couple, d'être en groupe

D'être en troupe, d'être en tas..."

 

Jacques Debronckart (Docteur j'ai peur) 

 

 

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 18:20

 

                                           "Vénus Noire" d'Abdellatif Kechiche. Photo DR

  

                              PHENOMENE DE NOIRE  

 

Tout commence, dans ce film sans générique - parce que sans origine ? - avec un cours d’anatomie appliquée. Mais en lieu et place de la grenouille disséquée, c’est une vulve de femme qui est présentée dans son bocal de formol et dans l’enceinte de la vénérable académie de médecine de Paris, par le célèbre naturaliste Georges Cuvier. Il n’arbore rien moins, avec le sérieux requis, que la matrice pour amateur d’une femme qui, par ses attributs, a interrogé l’humanité. Elle s’appelait Sarah.

Darwin et Barnum sont convoqués ensemble pour la portraiturer ; les oisifs et les oiseux de passage se chargeant de la propulser dans l’histoire. Pourquoi est parvenu jusqu’à nous ce parcours de femme au point qu’il fasse argument ? Parce que l’animal pensant et riant qui est en nous se repaît des différences. Entre le nain polonais et le géant irlandais, entre David Lynch et Tod Browning, il restait de la place pour Abdellatif Kechiche et sa Vénus Hottentote.

Il est suffisant de penser que notre drôle de dame est dotée d’un fessier et de parties génitales disproportionnés, qu’elle est noire, que nous sommes en 1815 pour reconstituer une histoire qui repose sur des faits bien réels, malgré une biographie lacunaire. On sait tout et rien sur Sarah Bartman.

Ce long-métrage (2 h 40) d’un réalisateur qui a déjà fait ses preuves, va autant intéresser les amateurs de cirque, les adeptes de sadomasochisme, les férus d’histoire, les anticolonialistes, les abolitionnistes de l’esclavage et de toutes les formes de servage.

Une question parcourt le temps et les lieux où  elle survécut : était-elle consentante, elle qui, née tout en bas de l’Afrique, capturée comme un orang-outang à qui on la compare, jouant, dansant, obéissant au fouet de ses souteneurs ? Passées les images saccadées des cénacles où elle remue du popotin pour amuser Londres, où elle joue du tambourin et surjoue la bête féroce qu’elle n’est pas, on la retrouve, en coulisse, cigare et alcool donnés à ses lèvres en quantité, commentée et commentant en un improbable langage, son ambigu numéro de duettiste.

Consentante ? Résignée ? Femme publique ? Artiste ? Esclave ?

Du Cap à Londres puis à Paris où elle est vendue à un montreur d’ours, Sarah (magistralement interprétée par la cubaine Yahima Torres), n’est-elle pas le miroir grossissant de la femme-objet, instrument à hanche double, hérault d’une catégorie de femmes que l’on croise aujourd’hui encore tous les jours dans la rue, bafouée, avilie, trop "touchée", trop salie ? C’est à Paris que se condensera le destin de - dixit Libé - , "la Freak du sud". Rien ne sera épargné de sa déchéance, dans l’alcool et le stupre, de sa récupération au nom de la science, non sans avoir insisté sur des scènes sexuelles sans équivoque (avec petit clin d’oeil anachronique au fétichisme des bottes cuissardes).

Après sa mort, son corps sera moulé, puis disséqué. Au nom de la science. Au nom de la repentence, il sera "rendu"  à sa terre natale, au Cap, en 2002 seulement.

 

Joël Fauré

 

 A lire :

Venus et Hottentote. Sarah Bartman (Carole Sandrel, préface de Jean-Denis Bredin) Editions Perrin.

 

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 20:37

      "Lapsuce" révélateur ?

 

 

Deux spermatozoïdes dotés de la parole devisent.

" - C'est encore loin l'utérus ?" demande l'un.

" - Assez, on vient juste de passer les amygdales" répond le second.

 

On glose beaucoup ici et là sur le lapsus, à juste titre linguae de Rachida Dati. Dans son petit corbillon, que met-on ? Fellation au lieu d'inflation, tout ça finalement n'est qu'une banale histoire d'augmentation.

Je ne sais ce que titrera "Le Canard enchaîné" tout à l'heure ; pour le moins il est  plaisant de s'attendre à des formules aussi chaudes et profondes que certaines gorges.

La langue (de bois ?) de Sainte-Rach(ida), ermite du Ve siècle ressortie de sa glotte... pardon de sa grotte, ayant fourché, nous voici sous les fourches caudines d'une actualité qui avait bien besoin de cet amuse-gueule.

On ne fera pas les fines bouches.

Tout est devenu si dur à avaler...

 

JF

 

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 19:23

A vous, Suzanne.

Et merci, Madame.

En rouge, à droite, c'est vous qui avez écrit.

 

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Cahier de récitations, année scolaire 1972 - 1973. Archives Joël Fauré. L'illustration a été refusée au Louvre. 

 

L'année où la semaine des quatre jeudis

est devenue obsolète

 

Que s'est-il passé en France, il y a 38 ans, le mercredi 20 septembre 1972, alors que j'étais sagement assis sur les bancs de l'école primaire de Buzet-sur-Tarn et que je ne demandais rien ?  

Sur la route qui conduit à Lavaur (cité par Georges Perec dans "La vie mode d'emploi"), le panneau indicateur rédigé en occitan "Prat de dijaous", autrement dit "Pré du Jeudi" - prometteur de bien des joies - a perdu toute sa crédibilité. C'est en effet ce jour-là que le mercredi a rempacé le jeudi pour le repos des chères têtes polychromes..

 

"Sans être passéiste, c'était mieux avant" me souffle mon grand ami Jacques Prévert tandis qu'Anatole France me fait écrire ceci :

 

« Je vais vous dire ce que me rappellent, tous les ans, le ciel agité de l’automne, les premiers dîners à la lampe, et les feuilles qui jaunissent dans les arbres qui frissonnent. Je vais vous dire ce que je vois quand je traverse le Luxembourg, dans les premiers jours d’octobre, alors qu’il est un peu triste et plus beau que jamais…

Ce que je vois alors dans ce jardin, c’est un petit bonhomme qui, les mains dans les poches et sa gibecière au dos, s’en va au collège en sautillant comme un moineau.

Il y a vingt-cinq ans, à pareille époque, il traversait avant huit heures ce beau jardin pour aller en classe. Il avait le cœur un peu serré : c’était la rentrée…

Pourtant, il trottait, ses livres sur son dos et sa toupie dans sa poche. L’idée de revoir ses camarades lui remettait de la joie au cœur. »

 

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 08:07

Géopolitique

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WATERLOO, FRANCO ET DUMBO

Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants

 

Mathias Enard a réussi un tour de force : mixer la rubrique "Est-Ouest" et "Beaux-Arts" en un livre aux effluves de vin épais et de cannelle.

Miquel-Ange, fort du succès de son "David", n’est plus en odeur de sainteté avec le pape Jules II, qui lui a passé commande de son tombeau. Au nom de ce différend qui les oppose, il accepte l’alléchant pont d’or que lui offre le Sultan de Constantinople : en concevoir un, à la hauteur de son génie, dont le tablier enjambera le Bosphore et renchérira le lustre de la Corne d’Or. Léonard de Vinci ayant rendu le sien (de tablier). Rien de plus.

L’Orient fantasmé prend sous la plume de l’auteur de "Zone" (Prix Livre Inter 2009) la chatoyance des couleurs et la saveur épicée vues par l’artiste florentin en repérage, faisant du lecteur le témoin de ce morceau de vie (Elle dura 88 ans) éclairée par ses fulgurances mais aussi ses failles. Rien de plus.

On savait Miquel-Ange tout au moins tourmenté, tout au plus autiste, sans aucun doute habité par des désirs "invertis". Rien de plus.

On aura ici tout le loisir de partager son quotidien stambouliote, et la galerie de personnages qui gravitent autour de lui : Manuel, son drogman, Arslan, et surtout Mesihi, son poète chaperon alter ego, son amoureux transi, sans oublier la troublante présence androgyne d’une danseuse : "Il aime pourtant cette peau contre son épaule, le frisson lisse des cheveux étrangers dans son cou, leur parfum d’épices ; la magie n’opère plus. Le plaisir le laisse de marbre" ; danseuse d’un coup de cimeterre devenue poupée sanglante au nom d’une rivalité, (le calife souhaitant la place du calife), ni la noria d’experts et de janissaires mise à sa disposition.

Il y a, dans "Parle leur..." des pages resplendissantes. On en fera ce qu’on voudra, une fable ou une parabole sur l’acte de créer, des passerelles possibles entre les cultures, le rapprochement entre l’Orient et l’Occident, et pourquoi pas, la question de savoir si oui ou non la Turquie a sa place dans les états unis d’Europe... Rien de plus.

 

Joël Fauré

 

"Parle leur de batailles, de rois et d’éléphants".  Mathias Enard. Actes Sud.

 

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20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 16:30

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"Le guide du Routard Pyrénées, Gascogne + Pays Toulousain". (Hachette) Edition 2010. Page 126 

   

 DANS LES ARBRES

 

 ou L’EFFET MAC DONALD

 

Depuis trois ans que tous les étés, nous parlons aux arbres presque clandestinement, il fallait bien que ça nous arrive. Nous avons été débusqués. Et pas par n’importe qui. Le Guide du Routard. En terre et en bitume !

"Dans les arbres" ceux de la forêt de Buzet-sur-Tarn, entre icelui et Garonne, est une initiative nouvellement née. A l’origine, nous avions investi le petit coin de bas-bois où la dompteuse Jeannette Mac Donald avait terminé son voyage. Le lieu, s’il s’était rendu à la nature, n’avait pas rendu son âme.

 

Avec la patine du temps, la dame effacée s’était nimbée d’un halo de légende et de contours imprécis... D’aucuns souriaient aux esprits imaginatifs ou mythomanes que nous étions lorsque nous évoquions un être bien réel, qui avait existé là avec son bestiaire à la Métro Goldwyn Meyer.

Le livre "Comme un tableau fauve" qui rencontre un accueil chaleureux vient remettre tout le monde d’accord. Jeannette Mac Donald n’est pas la dame blanche du bord des routes qui fait du stop et qui serait le fantôme d’un lointain accident... Quoique... A bien y réfléchir, pourquoi ne pas y voir une mythologie, créer un pôle d’attraction, échafauder des rêves, fabriquer de l’imaginaire ?...

La dame aux lions, la dame du cirque, la dame du zoo avait - a - le magnétisme, le charme qui donne aux rencontres auxquelles nous vous convions les couleurs de contre-univers. Nous en avons tellement besoin...

Grâce à l’ACTA (Association Culturelle Touristique et Artistique) de Buzet-sur-Tarn, et le Conseil Général de la Haute-Garonne, adoubé par "Le Guide du Routard", sous les frondaisons des chênes, "Dans les arbres" lance le défi tout simple de venir écouter, lire, écrire, parler. Le défi car les temps modernes ont tendance à écarter l’essentiel.

Rendez-vous le dimanche 1er août, dans la forêt de Buzet. En cherchant bien, vous trouverez. Surtout si vous aimez la nature. Si vous aimez les mots. Si vous aimez la nature des mots et les mots de la nature...

L’effet Mac Donald. Les faits Mac Donald. Les fées Mac Donald.

Il fallait bien que ça arrive...

 

Joël Fauré

 

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 17:25

"Vous pouvez descendre, monsieur Dalemberg, les lions sont partis."

 

Réplique du film "Roselyne et les lions" de Jean-Jacques Beineix  

 

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Jean-Philippe Frespuech, un homme qui ne manque pas de "caractères", recherché par la "police", directeur de l'imprimerie "Les Arts Graphiques", et artisan... du succès de "Comme un tableau fauve" (Photo JF)

www.artsgraphiques.fr

 

  Vient de paraître

 

Comme Louis Amade, Préfet de Police de Paris était poète et parolier de nombreuses chansons de Bécaud, je suis, en beaucoup plus modeste, Adjoint Administratif au Tribunal de Grande Instance de Toulouse et dramaturge et écrivain...

L’un n’est pas incompatible avec l’autre et ne se nuit pas...

La preuve par l’exemple...

"Comme un tableau fauve", la vie extraordinaire de Jeannette Mac Donald et un peu de la mienne, est désormais disponible pour tous.

Ce livre nous assène une lucide et magistrale leçon de vie. Il est autorisé de ne pas être d'accord moyennant argumentaire.

Il a reçu un accueil chaleureux dans l'une des plus - n'ayons pas peur des mots - belles librairies de France, "Ombres Blanches", 50, rue Gambetta à Toulouse. Il est en bonne place au rayon "Théâtre / Cirque". Composez le 05.34.45.53.33 et demandez Aliénor. Elle se fera un plaisir de ne pas tarir d'éloges sur cet ouvrage fraîchement massicoté.

Il est aussi en vente chez mon grand ami marchand de journaux Philippe Caron, 19, place du Salin à Toulouse. (05.61.53.95.95.)

 

Vendredi après-midi, l'encre à peine sèche, la besace en bandoulière garnie de mes ouvrages, j'ai gagné les terres où j'ai grandi et où Jeannette Mac Donald a terminé son voyage. Comme mon clocher m'a paru petit ! Ou bien est-ce moi qui ai trop grandi ? J'ai reposé le pied sur le théâtre du passé : et alors décors et dialogues me sont revenus...

L'épicier de Buzet-sur-Tarn a accepté de prendre en dépôt quelques exemplaires du "Tableau". Hier, il m'a appelé pour me dire qu'il avait déjà tout vendu !

Comment t'y es-tu donc pris, mon cher Vincent, pour n'en vendre aucun (de tableau) de ton vivant ?

  

Au Chef-Lieu de canton, Montastruc-la-Conseillère, la bibliothèque m'ouvrira ses portes le vendredi 25 juin à 20 h 30 pour une rencontre-dédicace. Je crois que ce sera passionnant. Quand je vous aurais dit qu'à mes côtés, il y aura le docteur Jean-Louis Agard, le vétérinaire qui a soigné les bêtes de Jeannette... Je n'en dis pas plus... C'est un peu le Docteur Gachet de Vincent...

 

Enfin, lors de la fête de la musique, lundi 21 juin, je me ferai un plaisir de vous rencontrer et de signer la vie mise en pages de la grande dame aux fauves, dans la salle des pas perdus du Palais de Justice de Toulouse, exceptionnellement ouvert ce soir là et à découvrir sous un autre angle, dans les bonnes notes des chorales et des harmonies.

 

Voici les dernières nouvelles du front, mes amis.

 

Joël Fauré

 

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 16:12

"La littérature est la preuve

que la vie ne suffit pas."

 

Fernando Pessoa

 

img598.jpgL'exemplaire "bon à tirer" de "Comme un tableau fauve" sorti des presses de l'imprimerie "Les Arts Graphiques". (Photo JF)

Comme un tableau fauve

 

Mon pronostic, hier soir, n'était pas bon. C'est Cloé Korman l'heureuse impétrante du Prix du Livre Inter 2010, avec un premier livre "Les hommes couleurs", paru aux éditions du "Seuil", alors que j'avais reniflé "Choir" d'Eric Chevillard. Laissons tomber...

Les écrivains ne se jugent pas ; ils s'épient.

Discourons d'autre affaire... tout en restant sur le même palier.

 

Et comme l'on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même, qu'il me soit permis, une bonne fois pour toutes le scrupule de narcissisme déblayé, de verser dans l'auto-promotion... Eh oui, je vais me servir la soupe !

J'ai 48 ans et il y a 48 ans que j'écris. Je ne sais pas faire grand chose d'autre. Depuis un peu plus de 3 ans, les 75 pages de ce blog en ont répercuté l'écho.

J'ai abandonné le luxe d'envoyer aux éditeurs patentés mes manuscrits. Il tient du miracle, pour un illustre inconnu, si "l'on ne connaît personne" de voir sa prose couchée sur le vélin des maisons germanopratines.

 

Qu'à cela ne tienne... L'an dernier, à pareille époque, j'ai publié à compte d'auteur, un petit livre "J'ai très bien connu Jacques Brel". 200 exemplaires, qui se sont écoulés honorablement, avec des retours encourageants. Sans trop en faire sur le plan de la diffusion et de la communication.

Aujourd'hui, je renouvelle l'expérience, mais je l'appréhende d'une tout autre manière.

 

J'ai la prétention de croire que le nouveau livre que je propose est bon. C'est dit.

Je n'ai pas démarché d'éditeurs. Mais il sort. Il sort pourtant. Il sort et je vais le défendre "crocs et griffes" car j'y suis viscéralement attaché. Il conte une histoire vraie, un parcours exceptionnel de femme exceptionnelle, injustement oubliée : l'artiste Jeannette Mac Donald, qui fut la première femme dompteuse à entrer dans la cage aux fauves (et pas toujours ceux qu'on croit)... à connaître la gloire, la beauté, la reconnaissance du public, puis par un malheureux renversement du destin, une fin tragique... "Pathos, pleurs de Margot et larmes de crocodiles" penserez-vous... Il n'en est rien. Cette femme que j'ai eu la chance inouïe de côtoyer, plus de 20 ans durant, nous assène une extraordinaire leçon de vie.

 

C'est ce fabuleux destin que j'ai voulu retracer avec mes armes : stylo, papier, clavier...

Certaines, certains, sur ce blog, ont pu lire in extenso ce parcours...

Mais c'est le livre que je visais...

Et ce livre, le voici. Il a demandé de la passion, de la patience, beaucoup de temps, beaucoup de travail, et aussi... pas mal d'argent.

Ne roulant pas sur l'or, j'ai emprunté 10 000 euros pour mener à bien sa parution.  J'ai mis mon banquier  - de la banque verte - au parfum : il sait que cet argent couvrira les frais d'impression de "Comme un tableau fauve". Les 200 exemplaires qui sortiront vendredi des presses de l'imprimerie "Les Arts Graphiques" ont un prix :  un peu plus de 5 000 euros. Si je veux "rentrer dans mes fonds", je suis dans l'obligation de vendre chaque exemplaire  30 euros, le prix coûtant. Mon ambition n'est pas de gagner de l'argent, mais mon devoir est de ne pas en perdre.

 

Si l'ouvrage est bon, je l'ai aussi voulu beau. 

 Cet ouvrage de 190 pages est imprimé sur papier bouffant 90 g, police de caractère Garamond, corps 14 pour un grand confort de lecture. Format : 16 X 24. Poids : 370 g.

Il est agrémenté de deux cahiers papier satiné 115 g, illustrés de 70 documents (photos, lettres...) étonnants, émouvants, drôles et rares.

La couverture est cartonnée et pelliculée avec double rainage d’aisance et illustration en quadrichromie.

 

Je sais que ce livre est attendu. Par celles et ceux qui ont été les acteurs et les témoins privilégiés de la vie de Jeannette Mac Donald tout d'abord. Période lumière (il en reste peu mais ils sont précieux) et période sombre (ils sont légion). Ils sont légion, qui vont découvrir des aspects méconnus de cette "figure" hors du commun, qui est devenue, lâchons le mot, iconesque.

 

Je vais m'employer à faire revisiter cette vie pleine, dense, cohérente, à l'heure où le monde dans lequel nous vivons s'émonde et se gratte, se cherche un sens, où les repères se brouillent, où la vitesse grise et masque l'avenir.

 

Dèja, des médias m'ont assuré de leur soutien.  "Radio Présence" et Pierre Bruel, qui m'a déjà placé sous "Les Feux de la Rampe", "L'InterForain" et Michel Pierre, "Le Club du Cirque" et Christian Hamel,  Le journal local "La Dépêche du Midi" et Henri Beulay ; "Télé Toulouse" et Greg Lamazères qui m'ouvrira son "Comptoir de l'info" (très probablement le 23 juin) ; "France 3 Sud" et Pierre Nicolas, (qui possèdent en archives des documents sur Jeannette Mac Donald) ; les bibliothèques qui m'acceuilleront pour des rencontres-dédicaces (le vendredi 25 juin, à 20 h 30, à la bibliothèque de Montastruc-la-Conseillère)...

Et puis vous, vous qui me lisez... depuis longtemps ou depuis cinq minutes...

Je compte sur vous pour créer une dynamique autour de ce livre et de son héroïne, qui doit bien se marrer, de là où elle se trouve.

 

Joël Fauré

 

P.S. :  Deux choses, importantes :

1) Les mécènes sont les bienvenus.

2) Si je ne veux pas "finir sur la paille", il faudra que l'on comprenne que je  ne pourrai pas "offrir" le livre à bras raccourcis. 

 

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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 20:06

"ON BOUGE ?"

 

Il est tôt fait d'être mort. Tout comme il est facile d'être immobile, de s'arrêter, de laisser "pourrir la situation".

Entendu ce soir, repas achevé, dans ma gargote habituelle un groupe repu de jeunes repus dire : "Allez, on bouge ?"

Signe des temps accordé à sa vitesse.

Ô mon journal extime, toi qui me "tracte à moter", tu me pardonneras. Je ne t'ai pas oublié. Bien au contraire. Je t'alimente tous les jours sans que tu le saches, à becquées d'hirondelles qui tendent à disparaître.

Connais-tu cette histoire :

" - Tu m'as abandonné. Je le vois bien. Là, sur le sable, il y avait deux empreintes de pas. Les tiennes et les miennes. Tu marchais à mes côtés. A présent, je ne vois plus qu'une seule empreinte.

- S'il n'y a plus qu'une seule empreinte de pas, c'est parce que je te porte dans mes bras."

 

Dans les jours qui viennent, mon deuxième livre va paraître. Je vais le défendre "crocs et griffes", car j'y suis viscéralement attaché.

Il faudra m'absoudre si des empreintes de pas s'effacent et si je "bouge" ailleurs qu'ici...

 

Joël Fauré

 

9, rue JOUTX-AÏGUES (Hélas !)

31000 TOULOUSE

05.61.14.03.02

joel.faure@dbmail.com

 

Néo-névrosé

Polytraumatisé de la vie

Auteur (très) dramatique

Fétichiste des bottes-cuissardes à tendance sadomasochiste.

Pseudonyme prêt à servir : Raoul Jefe (Anagramne de Joël Fauré)

 

P.S. : Demain, lors du journal de 8 heures, sur France Inter sera divulgué le lauréat du Prix du Livre Inter 2010. Je suis très attaché à ce prix, car il est décerné par des gourmands de mots, non inféodés à de quelconques enjeux ou intérêts.

Je ne suis pas partie prenante, je n'ai rien lu des 10 ouvrages en compétition, mais seulement survolé "Choir" d'Eric Chevillard, aux Editions de Minuit. Je serais content s'il obtenait le prix. Je serais de toute manière content si c'était un autre : le choix est toujours judicieux.

 

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 12:51

Céline Bernat dans « Frida » au Théâtre du Pavé./Photo DR

Céline Bernat "est" Frida Kahlo (Photo DR) 

 

ET PUIS IL Y A FRIDA…

 

Si les pages (pas toujours) roses du « Petit Larousse Illustré » l’ignorent, « Le Petit Robert » a bien pris les mesures. Et de Frida Kahlo (« Frida a le même nombre de lettres que moi et les mêmes initiales » a écrit Franz Kafka) n’a pas omis de donner son entrée, sa notice. Noticia : nouvelle en espagnol.

Mais qui était donc Frida Kahlo (1904 -1957) pour avoir suscité, susciter, n’en avoir pas fini de susciter un maelstrom, un vortex, un geyser, un tel jaillissement d’idées chaudes ?

Faisons court. Frida était belle comme un soleil dans une chanson de Brel et fracassée comme une héroïne de Zola.

Sa vie, brève, dense, riche a tant d’entrées qu’elle peut nourrir et abreuver, pour tout l’art du monde, les créateurs et regardeurs que nous sommes.

Née au Mexique, pays de gringos et de pistoleros, voici un jeune siècle, Magdalena Carmen Frida Kahlo Calderon doit d’être parvenue jusqu’à nous, iconesque, par son carnet de santé, sa carte politique, et surtout ses tableaux de peintre autodidacte qui a refusé, en femme libre, la récupération par une quelconque école, une clanesque mouvance, son seul mouvement étant le sien, « mouvement » au sens propre qu’elle pouvait encore accomplir, si l’on sait qu’elle vécut 47 ans durant sous le joug de la souffrance d’un corps charcuté « à la Bacon ».

De la souffrance, mais point de la solitude et de l’action.  Ses amis, ses amours, ses emmerdes en sont garants.

Ses amis : Breton et Trotski. Ses amours : Diego Rivera. Ses emmerdes : poliomyélite à 10 ans, horrible accident à 20 d’où elle réchappa, transpercée et gibier médical jusqu’à la ramasse, jusqu’à la tombe.

Excusez du peu et du court.

A celles et ceux qui veulent en savoir plus sur la dame rouge, des moyens modernes, qui n’en sont pas avares, les renseigneront et rempliront les cases.

 

Passionnée par cette pasionaria, la jeune et jolie comédienne Céline Bernat, élève de Gérard Pollet, s’est emparée de cette vie pleine à-bras-le-corps pour en restituer sur les planches les attraits et les affects. Ce pari était risqué ; rien, dans le domaine, n’ayant été accompli jusqu’ici.

Qu’il soit écrit sans plus attendre que Céline Bernat possède l’humanité, l'hispanité et le talent pour ETRE Frida Kahlo, un peu plus d’heure, un peu plus d’une heure seulement, mais avec de tels muscles moteurs qu’elle laisse le public estourbi.

 

Incontestablement, la comédienne maîtrise son sujet et s’est inscrite dans une mise en scène épurée et astucieuse de Stéphane Battle.

La grande force de cette création repose, outre l’époustouflante prestation scénique, sur un texte elliptique, un liant écrit par Céline, charpenté par la correspondance de Frida Kahlo, où jamais les mots n’ont la tiédeur des « normopathes ».

A écouter la comédienne du « Grenier de Toulouse », on « voit ». Car, passé le cap imbécile de se dire : « A quel moment va-t-elle peindre ? » - son essence - ; et défrustré  de ne rien voir - pas même, sur le plateau, un chevalet où une toile attendrait d’être achevée, ou la projection d’une diapositive sur les draps blancs de son lit de souffrance - admirable trouvaille qui mériterait dix lignes (foetus, linceul, Saint-Suaire, évasion, ascension, grimper aux rideaux, accroché aux branches…) - ; passé ce cap donc, il se suffit à lui-même, dans les changements à vue de donner à voir bien plus qu’en galerie et en cimaises.

Céline Bernat joue sur tous les « tableaux », se farde et se défarde, se pare et se dépare, se change et s’échange jusqu’à une nudité que l’on souhaiterait encore plus totale…

Performance donc, que cette « Frida », qui a donné au mot « résilience » toute son acuité. Il est prouvé ici que les vilains petits canards se transforment en très beaux cygnes (signes ?). Et leurs chants ont la mélodie du triomphe de l’élan vital sur la pulsion de mort.

« Viva la vida ! »

 

Joël Fauré

 

"Frida"

De et avec Céline Bernat. Mise en scène Stéphane Battle.

Théâtre du Pavé. 34, rue Maran. Toulouse.

05.62.26.43.66

Jusqu'au 29 mai. Relâche le lundi. 

 www.theatredupave.org

 

A lire : "Frida", la biographie très fouillée de Hayden Herrera, au "Livre de Poche" 14573)

 - J.M.G Le Clézio a écrit un très honnête et lisible "Diego et Frida" (Folio 2746)

 - "Frida Kahlo par Frida Kahlo", la correspondance dont s'est inspirée Céline Bernat, (choix, prologue et notes de Raquel Tibol ; Points 2096)

 

A voir : le film (très réussi) "Frida" de Julie Taymor avec Salma Hayek .

 

A écouter, en podcast ( à partir de mercredi 26) : "Les feux de la rampe" de Pierre Bruel sur Radio Présence, avec Gérard Pollet et Joël Fauré. 

 www.radiopresence.com/emissions/Feux.htm

 

 

 

"La colonne brisée", Frida Kahlo, 1944

 

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