11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 19:51
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Cliché JF
"Comme une fleur"

"... le très clair objet du désir."
Joël Fauré (Carnets)
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11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 19:23
"... on ne m'en a jamais parlé..."

Puceau. Solitaire. Coincé. Inhibé. Et encore innocent. D'une innocence parfaite. Pourtant, l'amour, l'amour physique tel qu'il se conçoit dans sa plus élémentaire normalité ; celui-là même dont on m'a caché l'existence, dont on a tu le fonctionnement, ne va pas tarder à afficher son résultat. Bien sûr, il est hors de question d'imaginer des rencontres féminines, des regards, des caresses, des enlacements, des étreintes... le beau catalogue de l'amour... Non, ça, on ne m'en a jamais parlé.
C'était oublier un peu vite qu'il y avait cette sensation forte, agréable, insoupçonnée... La petite italienne, avec ses bottes.
Les bottes étaient restées une anecdote, de celles que l'on se raconte, adulte, en se remémorant sa tendre enfance : ces petits riens qui se sont ancrés dans le subconscient alors qu'il est si perméable ; alors que le cortex, si fin, impressionne à jamais des images que l'on n'oubliera jamais.

Ce fut à Toulouse où je m'étais rendu avec ma mère -lorsque nous allions à Toulouse, avec le car, c'était une véritable expédition- que je vis des prostituées pour  la première fois. Je me souviens de cette fille de joie, dans cette rue, près de cette porte cochère ; cette fille publique, très haut bottée qui m'incitait en silence à disserter sur le très clair objet du désir.
Ce jour-là, ma mère était là ; elle n'a pas dû remarquer mon mélange de gêne et de besoin, sans rime mais avec raison.
Nous avons passé notre chemin et nous sommes remontés dans le car pour regagner "l'accablante ruralité".

 
"... sans rime mais avec raison."
 
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10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 20:23
" Une méningite cérébro-spinale"

Peut-être fallait-il voir dans cette virginité qui s'avança tardive dans mon adolescence les répercussions d'un parcours de santé tumultueux. Regard dans le rétroviseur. A 17 mois d'abord, les médecins, pessismistes, m'ont condamné : une méningite cérébro-spinale. J'en réchappe. Dix ans plus tard, réactions méningées. La même année, au rayon des beaux-arts, on découvre que ma verge ne peut être entièrement décalottée. Ca s'appelle un phimosis et c'est pour ma pomme. Et l'on pratique une intervention chirurgicale qui répond au doux nom de circoncision. J'ai hurlé avec les loups plus fort que les loups. Ce fut un magistral loupé. Je ne savais pas encore que le praticien avait saboté le travail, dans le vif du sujet.
1978 : mon obésité ne manque pas de provoquer des doutes. On m'envoie accomplir un bilan glandulaire, hormonal et endocrinien. Résultat des courses : on détecte un syndrome adiposo-génital. Ca sonne bien mais aucun suivi véritable n'est envisagé.
Viennent ensuite, par ordre d'apparition : un génu-valgum, une scoliose, une cyphose, une hypertension artérielle, un psoriasis, une séborrhée, une spasmophilie... (1)


On comprendra peut-être un peu mieux pourquoi j'ai raté autant de coches et fait tapisserie plus souvent qu'à mon tour : il y a eu maldonne.
Du plus loin qu'il m'en souvienne, j'ai toujours eu l'impression de ne pas être "comme les autres". Plus que les autres, j'ai craint le trop chaud et le trop froid. Plus que les autres, j'ai connu ce frisson qui parcourt le bas des reins avant une entreprise difficile ; les lèvres sèches, les flatulences, les gargouillements de l'estomac, les rougissements du visage, le coeur battant. Plus que les autres, j'ai eu peur, sans autre fondement que la menace de mal faire, d'être ridicule, d'être pointé du doigt. J'ai terriblement souffert du regard des autres, sous lequel on est constamment.
Plus que les autres, j'ai trouvé pénibles, voire insurmontables les actes simples de la vie : se lever de très bonne heure, se laver, se raser (je déteste ça), partir dans le petit matin glacial et brumeux, s'engluer dans les embouteillages aux heures de pointe. (1)


"... pas comme les autres..."

(1) Les passages écrits en bleu : je les ai conservés en l'état de rédaction de l'époque. Ils ne me conviennent plus aujourd'hui.


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9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 16:53
"Les filles me font peur."

Les filles me font peur. Il serait vain de le nier. Mais elles ne sont pas les seules. Les gens me font peur. La vie me fait peur.
Avec les filles, ça ne se passe pas trop mal puisque ça ne se passe pas du tout.
A 17 ans, je ne sais toujours pas si, avec elles, il faut "y aller" par devant, par derrière, ou encore par le milieu. Aucune imagerie, même clandestine, ne me parvient des plans de situation féminins.
Il faut croire, avec le recul que j'ai vécu sur une île déserte, ou pis encore, en pays de Cythère. Rien ne filtra. Et l'insouciante ignorance provoqua des situations bien cocasses : au collège, sur la porte de la salle d'études, une main innocente a écrit en lettres assurées : "PD". J'en ignore la signification.
Un copain me raconte une histoire drôle : "Tu sais comment il fait, Lucien Jeunesse pour se masturber ? A "deux mains" si vous le voulez bien". "Masturber" : là encore, j'en ignore la signification.

De maigres lectures mal digérées en images floues et en explications confuses, je ne sus rien retenir d'autre qu'un spectacle désolé par manque de décors et de personnages, incompréhensible parce que tronqué, nocif parce qu'erroné. Et de toute façon inaccessible.
En revanche, un mot allait s'imposer, et j'allais apprendre à le connâitre, à l'incarner : puceau. Il allait envahir et polluer mon vocabulaire et me faire gravir le mont Golgotha.


"Un mot allait s'imposer :
puceau."

 
 
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Brèves:

DU SILENCE DE MARCEAU RENAIT LA VOIX DE LAETITIA

Le 25 septembre courant, ici même, dans ces "brèves", j'ai, tout en rendant hommage au mime Marceau, évoqué le souvenir de Laetitia Bégou, jeune et jolie et intelligente comédienne qui avait approché l'artiste.
"Je ne sais pas ce qu'elle est devenue. Elle peut me joindre si elle le souhaite." avais-je écrit, sans trop y croire.
Or, voici qu'hier l'outil internet m'a paru plus que jamais magiquement utile puisque Laetitia m'a adressé un inattendu courriel qui m'a empli de joie.
Laetitia vit en Europe, se partage entre trois passions, dont l'une que je connaissais, le théâtre (elle a joué dans deux pièces au dernier festival d'Avignon.)
La deuxième est la musique, qui a pris une place prépondérante dans sa vie.
La troisième reste belle mais secrète, et je lui ai promis de ne pas l'ébruiter.


JF

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4 octobre 2007 4 04 /10 /octobre /2007 19:55
"... le mode d'emploi du sexe."

Mes origines sont paysannes. Ma mère est la cadette d'une famille de dix enfants, issue de cette rude terre de l'Aveyron que l'on travaille et qui nourrit. Une famille humble, laborieuse, conservatrice, très croyante. 
Mon père est fils unique. Ca rétablir l'équilibre dans les rassemblements familiaux. Il perdra son propre père très tôt, et devra en quelque sorte se substituer à lui pour "mener" l'exploitation familiale, enracinée à Buzet : quelques arpents de terre et un attelage de lourdes vaches de labour. Pour seconder aussi sa mère , qu'il vouvoie et n'a guère le temps de plaisanter. Pour ce qui est de l'éducation, quelques jours d'école, l'espace d'une jachère, suffiront à inculquer de rudimentaires connaissances.
Grandi sans exultation, sans exaltation, et peut-être sans beaucoup de tendresse, on comprend qu'il n'ait pas su lui-même en dispenser, plus tard, autour de lui.

Mes parents se marièrent un jour de pluie ("mariage pluvieux, mariage heureux" ?) le 1er octobre 1949 à Lestrade-Thouels, département de l'Aveyron. Après la cérémonie, ils revinrent s'installer à Buzet-sur-Tarn, dans la ferme des "Rouquiès". De leur union naîtront deux fils jumeaux en 1950. 
Douze ans plus tard -un accident, une bêtise- le 5 octobre 1962, à 19 heures, à l'hôpital toulousain "Lagrave" (L'hôpital "Lagrave" !) votre serviteur poussa son premier cri. 
J'imagine les quelques visages qui se sont penchés sur le berceau du petit retardataire : mes parents bien sûr, mes frères, une myriade d'oncles et de tantes, et de cousins déjà, la fée Mélusine, la fée Carabosse, une seule grand-mère (paternelle) et une seule arrière-grand-mère, paternelle aussi.

Mes parents travaillèrent la terre, firent pondre quelques poules, élevèrent des cochons, des canards, des dindons et leurs trois enfants, avant de quitter les travaux des champs. Mon père partit travailler en usine, "Chez Baudou", une manufacture de caoutchouc, et ma mère devint aide-ménagère.
Ils confièrent leurs parcelles de terre à un fermier et firent construire une maison, à deux pas de leur ancienne demeure.


On ne m'a jamais donné le mode d'emploi du sexe. Ecarté des instructions des troupes, je ne pus que grossir les rangs des obèses de l'ignorance en matière sexuelle, puis ceux des frustrés de service.
A 14 ans, gros garçon joufflu et ventru, je fus une cible facile pour les railleries et les brimades qui modèlent en les cabossant les personnalités.
Des phrases assassines fusèrent, du genre : "Tu as vu comment il est gaulé, Fauré ?" ou plus allusives : "Tu t'es pas encore tiré une gonzesse ?" A mon corps non défendant, si encombrant, on remarque des saillies, des bizarreries : mon plastron s'orne de deux amas de graisse, tétines ou tétons, poitrine où pendouillent deux seins aberrants. Alors, bien sûr, entre autres flèches empoisonnées : "Tu veux un soutien-gorge ?"


"... où pendouillent
deux seins aberrants."

 
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3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 19:01
"J'ai passé mon enfance..."

J'ai passé mon enfance avec une petite italienne, à peu près de mon âge, très tôt orpheline de mère, et dont l'éducation avait été confiée à une tante et un oncle.
Nous avons partagé les mêmes jeux et le même paysage. Le même paysage : l'endroit le plus perdu mon monde, loin des vivants, en pleine campagne, à des milliers de kilomètres de Toulouse ; un trou, un bled paumé, d'une accablante ruralité.
Le même paysage : entre la frise de la forêt de Buzet, qui s'étale comme la chevelure d'une jolie dame, et puis, plus loin, de l'autre côté, les courbes des coteaux verdoyants du Tarn. Le plus beau coin du monde, à à peine 25 kilomètres de Toulouse.
Les mêmes jeux : celui des sept familles (Ah ! La famille chocolat !) et ceux où nous donnions libre cours à notre fantaisie et notre créativité : "Tu serais untel. Tu dirais ceci."
Un jour, jouant innocemment à je ne sais quel jeu, je tombai le nez à terre, entre les bottes de ma compagne de Comédia dell'arte : une sensation forte, agréable, insoupçonnée. Témoins de la scène : Freud le complexé et Oedipe le castrateur -à moins que ce ne soit le contraire-  et deux ou trois Parques qui s'en voulaient déjà de n'avoir pas encore donné les détails de la fête.

Sa majorité venue, la petite italienne franchit de nouveau les Alpes pour retrouver son pays et un solide berger qui lui avait fait briller les yeux.
Aujourd'hui, elle élève des vaches, quelque part du côté d'Udine et je ne l'ai jamais revue.

"... elle élève des vaches
quelque part du côté d'Udine..."


 
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2 octobre 2007 2 02 /10 /octobre /2007 19:17
"LA QUATRE DE COUVERTURE DU LIVRE DE MON PERE"
par Camille C.

"Drôle et bouleversant, la suite du "Livre de ma mère", celui de "mon père" n'est pas tout à fait de la même veine. Sous la drôlerie de l'écriture (l'auteur s'amuse à restituer les stigmates de la langue et la culture occitanes) et la drôlerie de la mise à nu d'un être à l'apparence fruste, le père, on devine la tragédie d'un homme profond, spectateur impuissant d'une époque mutante où les gens de la terre tentaient encore d'y planter les racines du souvenir. De cette façon, du père ou de l'enfant, on se demande lequel est la plus grande victime de l'incertitude et de la solitude. Ce livre est un vrai bonheur de lecture, à la fois simple et charnu, comme la terre d'où il est né."


Grand merci à Camille pour ses phrases fortes de sens. 
Un excès de modestie serait suspect.
Donc grand merci aussi à Caroline Lamarche pour les siennes :


"Le livre de mon père". Hommage émouvant et malicieux. Fragments disparates (c'est ta marque) mais dont le fil rouge est, comme dans le livre de la femme de ta vie, bien fort. Quand je te lis, je pense toujours à la scène : texte "adressé" au père, aux lecteurs, à Devos... Art du conteur, digressions qui nous font voyager. J'aime ton autodérision. C'est une force. Et cette manière de parler "autour" du coeur du sujet" : la médiation des outils agricoles, par exemple, émouvante et belle. La "chute" de la "biette" est très drôle. J'aime ton attention au langage, à la musique des mots (éteule et javelle). Barbares que nous sommes devenus... Te lire nous rend un peu plus humains. Et puis c'est drôle ! Et proche des petites choses du quotidien, que nous voyons mal, et que nous décrivons rarement bien..."


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PROCHAINEMENT SUR CET ECRAN

Narcissiques, exhibitionnistes, décriés, nés d'un seul jet et sans retouche, écrits dans l'urgence et la compulsion
Les CARNETS
de Joël Fauré


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1 octobre 2007 1 01 /10 /octobre /2007 20:09
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Cliché JF. Novembre 1990.

"Il ne trie plus la salade."
Joël Fauré (Le Livre de mon père)
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1 octobre 2007 1 01 /10 /octobre /2007 19:21
Ce petit livre est à l'image de mon pauvre papa et de moi-même : incomplet et imparfait.

Que c'est triste un jardin abandonné. Que c'est triste des outils veufs de mains. "Oh" est fatigué. Il ne repique plus la salade. Il ne trie plus la salade. Du bout de ses doigts déformés par l'arthrose, "Oh" me passe un peu la main.
Dans le garage, les sécateurs rouges m'invitent à débroussailler les ronciers.
Je commence un nettoyage. "Oh" paraît satisfait. Il me gratifie seulement de son "mais" habituel : "C'est bien mais tu n'as pas fait devant les poules."

Alors je pris une bêche et me mis à bêcher.
Je tirai la binette et poussai la brouette.
Comme George Sand qui inventait à Nohant "des parterres improvisés" et se réjouissait de remuer la terre, je communiai avec elle et me sentai très bien.

Alors encore, je travaillai comme un forçat du vert et du marron. Et le marron de la terre grasse me rendit des souvenirs de mon passé : la pièce d'un gadget de "Pif-Gadget", un soc de charrue, des éclats de bouteille d'"Huilor", des boîtes de pilchard en grande quantité, des bribes de briques, des fragments de pot-aux-roses-pourris, beaucoup de ferraille, et des déchets de caoutchouc en abondance (pourtant, pas d'hévéas à l'horizon, seule une certaine usine à quelques lieues de là.)

Alors enfin, je retrouvai ici et là les vestiges de la "Maison Vieille" : quelques poutres, portes, fenêtres, une volée de quelques marches d'escalier, des tuiles canal. Mais aussi, recuits par les saisons ou falsifiés sur leur âge, une croix des rogations en partie pourrie, un casque de la guerre de 1914 et une escopette à la crosse dévorée par des années de lutte et de combat avec elle-même.

C'est un jour comme un autre.
La mort est très forte. Elle gagne à tous les coups.
La Grande Faucheuse est venue cueillir "Oh" le jour de Noël. C'est pas neutre. C'est pas anodin. Un "pitchoun" arrive ; un vieillard s'en va.
Il a mangé. Il s'est assis sur une chaise de la cuisine, rose des vents sud-sud-est, en vis-à-vis direct du sapin de "Pif" qu'il m'avait aidé à planter.
J'ai dans l'idée de "m'amuser" à me fixer un objectif : recenser dans le vaste monde les âmes qui ont été soustraites à leurs corps ce jour-là. Le 25 décembre 2003. Si vous en connaissez, contactez-moi.

Il s'est éteint comme une bougie.
Fffffffffffffffff

FIN

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"LA QUATRE DE COUVERTURE DU LIVRE DE MON PERE"
par Camille C.

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Narcissiques, exhibitionnistes, décriés, nés d'un seul jet et sans retouche, écrits dans l'urgence et la compulsion
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de Joël Fauré
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30 septembre 2007 7 30 /09 /septembre /2007 12:09
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"...un peu comme sur les timbres de caoutchouc qui donnent des fleurs, des girafes ou des adresses d'huissiers, on lisait deux lettres encadéres d'élégantes volutes : D A"
Joël Fauré (Le Livre de mon père)

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