3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 19:01
"J'ai passé mon enfance..."

J'ai passé mon enfance avec une petite italienne, à peu près de mon âge, très tôt orpheline de mère, et dont l'éducation avait été confiée à une tante et un oncle.
Nous avons partagé les mêmes jeux et le même paysage. Le même paysage : l'endroit le plus perdu mon monde, loin des vivants, en pleine campagne, à des milliers de kilomètres de Toulouse ; un trou, un bled paumé, d'une accablante ruralité.
Le même paysage : entre la frise de la forêt de Buzet, qui s'étale comme la chevelure d'une jolie dame, et puis, plus loin, de l'autre côté, les courbes des coteaux verdoyants du Tarn. Le plus beau coin du monde, à à peine 25 kilomètres de Toulouse.
Les mêmes jeux : celui des sept familles (Ah ! La famille chocolat !) et ceux où nous donnions libre cours à notre fantaisie et notre créativité : "Tu serais untel. Tu dirais ceci."
Un jour, jouant innocemment à je ne sais quel jeu, je tombai le nez à terre, entre les bottes de ma compagne de Comédia dell'arte : une sensation forte, agréable, insoupçonnée. Témoins de la scène : Freud le complexé et Oedipe le castrateur -à moins que ce ne soit le contraire-  et deux ou trois Parques qui s'en voulaient déjà de n'avoir pas encore donné les détails de la fête.

Sa majorité venue, la petite italienne franchit de nouveau les Alpes pour retrouver son pays et un solide berger qui lui avait fait briller les yeux.
Aujourd'hui, elle élève des vaches, quelque part du côté d'Udine et je ne l'ai jamais revue.

"... elle élève des vaches
quelque part du côté d'Udine..."


 
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2 octobre 2007 2 02 /10 /octobre /2007 19:17
"LA QUATRE DE COUVERTURE DU LIVRE DE MON PERE"
par Camille C.

"Drôle et bouleversant, la suite du "Livre de ma mère", celui de "mon père" n'est pas tout à fait de la même veine. Sous la drôlerie de l'écriture (l'auteur s'amuse à restituer les stigmates de la langue et la culture occitanes) et la drôlerie de la mise à nu d'un être à l'apparence fruste, le père, on devine la tragédie d'un homme profond, spectateur impuissant d'une époque mutante où les gens de la terre tentaient encore d'y planter les racines du souvenir. De cette façon, du père ou de l'enfant, on se demande lequel est la plus grande victime de l'incertitude et de la solitude. Ce livre est un vrai bonheur de lecture, à la fois simple et charnu, comme la terre d'où il est né."


Grand merci à Camille pour ses phrases fortes de sens. 
Un excès de modestie serait suspect.
Donc grand merci aussi à Caroline Lamarche pour les siennes :


"Le livre de mon père". Hommage émouvant et malicieux. Fragments disparates (c'est ta marque) mais dont le fil rouge est, comme dans le livre de la femme de ta vie, bien fort. Quand je te lis, je pense toujours à la scène : texte "adressé" au père, aux lecteurs, à Devos... Art du conteur, digressions qui nous font voyager. J'aime ton autodérision. C'est une force. Et cette manière de parler "autour" du coeur du sujet" : la médiation des outils agricoles, par exemple, émouvante et belle. La "chute" de la "biette" est très drôle. J'aime ton attention au langage, à la musique des mots (éteule et javelle). Barbares que nous sommes devenus... Te lire nous rend un peu plus humains. Et puis c'est drôle ! Et proche des petites choses du quotidien, que nous voyons mal, et que nous décrivons rarement bien..."


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PROCHAINEMENT SUR CET ECRAN

Narcissiques, exhibitionnistes, décriés, nés d'un seul jet et sans retouche, écrits dans l'urgence et la compulsion
Les CARNETS
de Joël Fauré


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1 octobre 2007 1 01 /10 /octobre /2007 20:09
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Cliché JF. Novembre 1990.

"Il ne trie plus la salade."
Joël Fauré (Le Livre de mon père)
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1 octobre 2007 1 01 /10 /octobre /2007 19:21
Ce petit livre est à l'image de mon pauvre papa et de moi-même : incomplet et imparfait.

Que c'est triste un jardin abandonné. Que c'est triste des outils veufs de mains. "Oh" est fatigué. Il ne repique plus la salade. Il ne trie plus la salade. Du bout de ses doigts déformés par l'arthrose, "Oh" me passe un peu la main.
Dans le garage, les sécateurs rouges m'invitent à débroussailler les ronciers.
Je commence un nettoyage. "Oh" paraît satisfait. Il me gratifie seulement de son "mais" habituel : "C'est bien mais tu n'as pas fait devant les poules."

Alors je pris une bêche et me mis à bêcher.
Je tirai la binette et poussai la brouette.
Comme George Sand qui inventait à Nohant "des parterres improvisés" et se réjouissait de remuer la terre, je communiai avec elle et me sentai très bien.

Alors encore, je travaillai comme un forçat du vert et du marron. Et le marron de la terre grasse me rendit des souvenirs de mon passé : la pièce d'un gadget de "Pif-Gadget", un soc de charrue, des éclats de bouteille d'"Huilor", des boîtes de pilchard en grande quantité, des bribes de briques, des fragments de pot-aux-roses-pourris, beaucoup de ferraille, et des déchets de caoutchouc en abondance (pourtant, pas d'hévéas à l'horizon, seule une certaine usine à quelques lieues de là.)

Alors enfin, je retrouvai ici et là les vestiges de la "Maison Vieille" : quelques poutres, portes, fenêtres, une volée de quelques marches d'escalier, des tuiles canal. Mais aussi, recuits par les saisons ou falsifiés sur leur âge, une croix des rogations en partie pourrie, un casque de la guerre de 1914 et une escopette à la crosse dévorée par des années de lutte et de combat avec elle-même.

C'est un jour comme un autre.
La mort est très forte. Elle gagne à tous les coups.
La Grande Faucheuse est venue cueillir "Oh" le jour de Noël. C'est pas neutre. C'est pas anodin. Un "pitchoun" arrive ; un vieillard s'en va.
Il a mangé. Il s'est assis sur une chaise de la cuisine, rose des vents sud-sud-est, en vis-à-vis direct du sapin de "Pif" qu'il m'avait aidé à planter.
J'ai dans l'idée de "m'amuser" à me fixer un objectif : recenser dans le vaste monde les âmes qui ont été soustraites à leurs corps ce jour-là. Le 25 décembre 2003. Si vous en connaissez, contactez-moi.

Il s'est éteint comme une bougie.
Fffffffffffffffff

FIN

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PROCHAINEMENT SUR CET ECRAN


"LA QUATRE DE COUVERTURE DU LIVRE DE MON PERE"
par Camille C.

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Narcissiques, exhibitionnistes, décriés, nés d'un seul jet et sans retouche, écrits dans l'urgence et la compulsion
LES CARNETS
de Joël Fauré
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30 septembre 2007 7 30 /09 /septembre /2007 12:09
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"...un peu comme sur les timbres de caoutchouc qui donnent des fleurs, des girafes ou des adresses d'huissiers, on lisait deux lettres encadéres d'élégantes volutes : D A"
Joël Fauré (Le Livre de mon père)

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30 septembre 2007 7 30 /09 /septembre /2007 11:02
Le rouleau à dépiquer.
Je suis fier et heureux de pouvoir faire respirer deux mots très beaux dans une même phrase : éteule et javelle.
L'éteule est la tige de blé qui vient d'être fauché dans la force de l'âge et qui reste pied en terre. Si vous convoquez votre mémoire, peut-être vous souviendrez-vous d'avoir marché dans ces chaumes, qui blessaient vos mollets nus, et comme vous n'étiez pas fakir, vous rentriez ensanglanté.
La javelle est un tas de la partie haute et sectionnée, laissée sur le champ à sécher. Ce n'est qu'ensuite qu'entrait en action la biette qui confectionnait les gerbes.
Ramené sur une aire qui n'était en aucun cas de repos, le champ de blé démonté était prié de donner le meilleur de lui-même. Il fallait séparer le bon grain de l'ivraie. Il fallait supprimer la balle au grain. Le fléau, un temps, y pourvut. Je passerai sous silence les fléaux que mon bon papa et moi avons connus : ils ne battaient pas le même grain.
En revanche, je me suis longtemps amusé, enfant, avec un gros rouleau tronçonnique en bonne pierre, sans savoir ce que c'était. Il était là, prêt à rouler, mais ne roulait pas, affaissé qu'il semblait, sous sa lourdeur d'obèse qui ne fait plus d'exercice. Je m'y asseyais dessus, ainsi que sur le trône d'un royaume déchu, et me laisser glisser, façon "Le Roi se meurt". De part et d'autre du cylindre, deux ergots de plein fer refusaient de me dire à quoi ils servaient.
Je voyais semblable instrument ici et là, dans la campagne environnante, réduit à un usage décoratif qu'il ne se soupçonnait pas.
Je dois à la vérité de dire que ce ci-devant rouleau était un rouleau à dépiquer.
Tiré par des boeufs, il était, dès le début du XIXe siècle, utilisé pour écraser la moisson et en extraire la quintessence, celle-là même qui fait grandir les petits enfants, à la campagne comme à la ville.
Un jour, "Oh" l'a culbuté. Il s'est retrouvé sur le flanc, et mon père a déposé dessus une vasque de pétunias.

Le Tarare.
Un mot, à lui tout seul, n'est pas mal non plus. Dans les années cinquante, lorsque ironiquement on disait : "Tarare !", ça voulait dire en quelque sorte : "Chante, beau merle ! Je me moque de ce que j'entends dire ; je n'y crois pas."
"Taratata"
en quelque sorte.
L'objet dont je voudrais vous entretenir est aussi beau que le mot. Tarare. Il ressemble à un instrument de musique. Il a une rotondité de contrebasse et des faux-airs de piano. Quoi qu'il en soit, c'est un instrument à vent.
Il était au rebut sous l'appentis de tôle, à même le sol, et lorsque je voulus le sauver de l'anéantissement dans lequel il était tombé, je découvris qu'il s'enlisait dans la terre. Les pieds étaient pourris...
Le tarare servait à tamiser, grâce à un système de pales et de ventilation, les têtes d'épis.
La petite cantate de la nostalgie a fourni de la farine à nos moulins et les dernières rafales de vent d'avant l'orage ont emporté les derniers fétus de paille comme des notes de musique.

L'Objet mystérieux.
Je l'ai connu alors qu'il était encore complet. Il aurait pu faire l'objet d'un jeu télévisé genre "schmilblick" "Qu'est-ce que c'est ? A quoi ça sert ?" Il se présentait sous la forme d'un outil à manche de la famille des tournevis.
Mais en lieu et place du cruciforme, une bonne plaque, plein fer, avec en relief et en négatif, un peu comme sur les timbres de caoutchouc qui donnent des fleurs, des girafes ou des adresses d'huissiers, on lisait deux lettres séparées par un point, encadrées d'élégantes volutes : D.A. D.A ? Comme Dernier Avertissement ? L'usure du temps a fait déchausser la tige du manche de bois. Il ne reste plus que la partie ferrée. Je m'amuse parfois à l'utiliser comme un vulgaire tampon de bureaucrate. D.A : j'ai bien pensé qu'il pouvait être tout simplement une empreinte pour marquer le bétail au fer rouge ? Peut-il servir à des jeux sadomasochistes ? D.A : je serai reconnaissant à quiconque pouvant m'éclairer sur ces forts caractères d'imprimerie.
Je ne me souviens pas avoir interrogé mon père, et j'ai très bien fait : s'interposer entre deux forts caractères ne m'aurait pas donné le B.A-BA du D.A.

(A suivre.)

Joël Fauré


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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 19:42
Les mots qui suivent sont des mots magnifiques. Les mots qui suivent sont des mots que j'ai vus, et que mon père a vus aussi. Mais lui a fait beaucoup plus : il s'en est servi.
Je n'ai pas vu Venise, Vienne (la ville de Zweig, de Klimt, de Schiele), la Mer Morte... J'ai vu Bruxelles, Cordes-sur-Ciel, Carcassonne, la clinique Castelviel à Castelmaurou... J'ai vu Madrid, Albacete...

D'abord, la Terre. J'ai vu récemment dans une vitrine un paquet de gaufrettes amusantes. Sur l'une d'elles, il était écrit : "Qui terra a guerre a". C'est pas faux.

La Herse.
"C'est un instrument agricole traîné par un tracteur ou un attelage, formé d'un châssis muni de dents metalliques pour le travail superficiel du sol"  dit la notice du Petit Larousse. J'ai vu, de mes yeux vu, mon père se transformer en bête de trait. A l'aide d'une courroie, il tractait, le corps à l'oblique, la herse, mordant à belles dents la terre qui, devant tant de bonne volonté, se laisser ameublir.
Le lundi, au marché de Bessières, Oh avait les yeux de Chimène devant les motoculteurs qui lui promettaient des vertèbres moins douloureuses.

La biette.
Longtemps je n'ai pas compris pourquoi mon père attachait une attention particulière à cet objet curieux. Imaginez une grosse aiguille de noyer ou de buis. Je voyais bien qu'il ne s'agissait pas là que d'un vulgaire morceau de bois. La "chose", ouvragée, avait connu l'ivresse d'un tour de menuisier. C'était beaucoup plus court qu'une canne, beaucoup plus long qu'un manche de couteau. C'était phallique à n'en pouvoir mais. Investi par Oh d'un mystérieux pouvoir, je m'étais résigné à voir ce "machin" sans nom comme le sceptre d'une société secrète dans laquelle je n'aurai pas été adoubé. Ce n'est que sur l'automne de sa vie, quand les blés sont mûrs, qu'il fût inscrit au "Club des Cheveux d'Argent et des Blés d'Or" que mon vieux papa lâcha quelques bribes : "C'est un ligadou. Garde le surtout. Il a servi au Papi Janel" me dit-il. Me voici bien avancé.
Ce n'est qu'encore plus tard, autant dire hier, ou presque aujourd'hui, que j'ai pu reconstituer la fabuleuse histoire du "ligadou" familial.
"Ligadou"
doit sans doute descendre de l'occitan "ligar", c'est-à-dire "lier". Le "ligadou", lors du fauchage des champs de blé à la main -à l'époque, l'opération ne faisait pas la une des journaux- permettait de lier les gerbes, à l'aide d'une ficelle ou de poignées de paille rapidement tressées. Pour faire un peu de chiqué, ce qui ferait bien sourire mon père, j'ajouterai que le nom "savant" du "ligadou" est "biette". Mon pauvre père serait tout à fait épaté s'il apprenait que je tiens ces informations d'une machine magique et moderne qui s'appelle "Internet", et que je répercute cette donnée sur un "blog"...
Mes amies les biettes sont en lieu sûr chez moi. Ce sont les derniers remparts, avec les allumettes et les tampons-encreurs d'une société humaine qui se dérobe.
C'est promis, sauf si l'on insiste, je ne recouvrirai pas les "biettes" d'un préservatif et ne les transformerai pas en godemiché...

(A suivre.)

Joël Fauré

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27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 20:34
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"C'est une photo. Ratée. Mon père, massive carrure, promu coiffeur des stars, une brosse à cheveux entre les mains, venu égaliser mes mèches rebelles, occupe au premier plan un bon tiers du cliché.
C'est pas facile de se placer là où il faut quand on est père.
Surtout quand il y a les autres."
Joël Fauré (Le Livre de mon père)

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27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 20:04
C'est une photo. Ratée. Un instant volé. Je la date sans trop de difficultés. J'ai entre dix mois et soixante-quinze ans. Ce qui nous laisse une marge confortable et permet un amoindrissement d'erreurs.
Ce devait être un dimanche. C'était à la campagne. Des gens de la ville venaient. Guy et Suzon. Jeanne et Raymond. Ils venaient chercher du lait et des oeufs. Ce jour-là, Guy ou Raymond a apporté un appareil-photo qui devait être aussi gros qu'un accordéon.
C'est une photo. Dentelée. Je suis harnaché dans une position inconfortable sur un siège-bébé. Je le suis resté. Bébé et inconfortable. Dessous, on devine les pattes d'un nounours en caoutchouc. A l'arrière-plan, le portail noir de l'étable sert de toile de fond idéale à notre destin. Jusque là, rien de notable. L'intention était louable : on a voulu m'immortaliser bébé.
Si la photo ne devient plus montrable, c'est parce que l'opérateur, dans sa hâte, a libéré le petit oiseau trop vite.
Résultat : mon père, massive carrure, promu coiffeur des stars, une brosse à cheveux entre les mains, venu égaliser mes mèches rebelles, occupe au premier plan un bon tiers du cliché.
C'est pas facile de se placer là où il faut quand on est père.
Surtout quand il y a les autres...

Ce petit livre n'est pas un livre sur mon père ; c'est un glossaire des outils agricoles d'autrefois. Vous avez sans doute dû vous rendre compte que je suis parfaitement incapable d'écrire sur mon père. Ce sera ainsi beaucoup plus simple.
"Objets inanimés avez-vous donc une âme qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?"

Ils
incluent des roues de charrettes bleu charrette dans leurs portails ;
Ils transforment des pompes à chapelet en vasques de fleurs ;
Ils placent un vieux brabant au milieu de nains de jardin ;
Ils transforment des jougs de boeuf en penderie dans le vestibule du salon ;
"Ils", ce sont les bobos, les beaufs, les "cul-cul", les "gnan-gnan".
Ma mère, ma bonne mère, ma brave "Marthou", a elle-même cédé au caprice d'entasser des vieux pneus, de les peindre façon mur de briques, et d'y planter des bégonias.
J'avoue moi-même avoir été tenté, sans succès, de transformer un fouloir à raisin en destructeur de papier.

(A suivre.)

Joël Fauré

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25 septembre 2007 2 25 /09 /septembre /2007 20:59
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Photo P. Ferralis

"... Je vous demande de porter attention sur le cimetière. Il se trouve à la sortie du village. Non, je ne vous entraîne pas sur un terrain macabre. (...)
Regardez la carte postale de Buzet. Il y a encore suffisamment de place jusqu'au bord de l'eau, jusqu'aux berges du Tarn pour une éventuelle extension."
Joël Fauré. (Le Livre de mon père)



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