14 octobre 2007 7 14 /10 /octobre /2007 20:18
"On me dit
que je fus couvé par ma mère."

On me dit que je fus hyper-protégé, couvé par ma mère : fut-elle faible ? Voyait-elle sur le parcours de ma santé précaire les jalons indicateurs d'une plus grande tolérance à mon égard ? Aurait-elle dû dormir à mes côtés, pour conjurer mes peurs, aussi longtemps, jusqu'à 12-13 ans à peu près ? Parce-qu'elle me mettait de plain-pied avec d'insurmontables difficultés, je fuyais l'école, avec une migraine ou un mal d'estomac. On prétend qu'ils furent souvent fictifs : je ne sais si je sus à ce point jouer la comédie.
Mon corps s'illustra très tôt dans de splendides échecs : les cours d'éducation physique, au collège, en furent le théâtre privilégié : je ne pouvais courir plus de dix mètres sans avoir un point de côté ; le grimper à la corde ne resta qu'une abstraction, mes mains ne voulurent jamais me hisser vers les "Très-Haut", et mes pieds refusèrent obstinément de s'élever, sous les lazzis et les quolibets de mes camarades. Il fallut user du "mot" des parents à l'intention de mon professeur de gymnastique pour que ce dernier accepte de me dispenser de ses subtiles sciences.
Des peurs, des anxiétés, des angoisses naquirent : on allait sans doute me faire un croc-en-jambe à la sortie des cours ; je n'allais pas retrouver mon cartable ; on allait m'enfermer, par jeu, dans les toilettes ; envoyé au tableau noir, je n'allais pas savoir résoudre une division à virgule ; j'allais manquer le car... Climat constant d'insécurité qui m'enveloppait ainsi qu'un paletot sur lequel, c'est bien connu, tout peut tomber.
De retour "à la maison", des frayeurs me poursuivaient : avant de me coucher, je vérifiais bien qu'il n'y avait personne sous mon lit, et surtout pas la "popoye" dont on m'avait assuré qu'elle faisait peur aux enfants. De ce côté-là, on avait dit vrai. Cette oeuvre de pure fiction remplissait bien son rôle.

"... "la popoye" faisait peur
aux enfants..."

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13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 21:06
img124.jpg
Fac-similé "Union" Mai 1977

A la lecture de la "revue internationale des rapports humains" "Union", achetée en catimini, j'eus les premières lumières sur les activités conseillées du corps."
Joël Fauré (Carnets)
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13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 20:33
"Mais les bottes dansèrent
une valse-hésitation."

Mais les bottes dansèrent une valse-hésitation. A la lecture de "la revue internationale des rapports humains""Union" achetée en catimini (je venais pourtant d'avoir 18 ans), j'eus les premières lumières sur les activités conseillées du corps. Les bottes reculèrent d'un pas. Là, sur le papier glacé, des couples prenaient position et offraient un nouvel éclairage (le bon) à la copulation. Sur le papier. Sur le papier seulement. Il n'en demeura pas moins vrai que le temps passait et que mon éducation souffrait de nombreuses lacunes. "L'accablante ruralité" ne favorisait aucunement les rencontres ; j'allai m'engluer dans une solitude profonde.
Quand on m'interrogeait, au cours des grands repas familiaux tant redoutés sur mes amours -et mes amours, comment se portaient-elles ?- Très mal. Elles se portaient très mal, puisqu'elles ne se portaient pas du tout- j'avais des rougissements de rosière et balbutiai quelque demi-mot devant des amphitryons hilares.
Combien de fêtes ai-je fuies ? Combien de fois me suis-je dérobé pour n'avoir pas à afficher toute l'étendue du désastre : un adolescent post-pubère, très mal dans sa peau, avec une voix de fausset, étranger aux réjouissances de ses contemporains, largué au bord de la route, et surtout, surtout, ne sachant pas danser, et n'ayant encore jamais fait l'amour.
Ne sachant pas danser : terrible négation qui allait me poursuivre, m'obséder, me complexer au paroxysme. J'avais bien cru comprendre que danser, c'était le meilleur moyen d'approcher les filles, mais j'ai dû accorder, dans mon désarroi, une importance surfaite à cette forme d'expression (de nombreuses personnes dansent comme des clés à molettes, cela ne les a pas empêchées d'avoir femme et enfants.)
Pour moi, une chose était sûre : je me voyais déjà rutilant cavalier ballot, ridicule, grotesque, lourd, arrivé sur la piste sans avoir suivi de trace, de panneaux... 
Quand on fera danser les complexés de la danse, je ne serai pas à l'orchestre.


Les lectures d'Union furent édifiantes, mais très abstraites. Il y en avait un qui rongeait son frein, c'était mon sexe de français moyen, lui qui ne l'était pas moins.

"Quand on fera danser
les complexés de la danse,
je ne serai pas à l'orchestre."

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12 octobre 2007 5 12 /10 /octobre /2007 19:52
"Ces rêves m'amenaient
à la pollution nocturne."

Mes nuits commencèrent à être animées de rêves dans lesquels tantôt j'aidais Cendrillon à retrouver ses bottes en cuir, tantôt je chaussais moi-même les bottes de sept lieues. Dans tous les cas de figure, ces rêves m'amenaient inéluctablement à la pollution nocturne : sensation forte, agréable, insoupçonnée. Je ne pouvais que constater sans y rien comprendre le spectacle qu'offrait mon sexe, avachi dans sa liqueur gluante, en d'autres endroits sources de vie.
Mais qu'était-ce ? Qu'était-ce donc ? Que m'arrivait-il ? Un nettoyage hâtif avait toujours raison de ce que je considérais être une étrangeté, un mystère, et il ne restait plus q'une auréole au beau milieu de mes beaux draps, beaux draps dans lesquels j'étais et allais rester longtemps encore, innocent aux mains vides et inactives.
Elles devinrent savantes, un soir, pourtant. A travers les barreaux de mon lit-cage, guidées par je ne sais quel instinct, elles saisirent la hampe de mon pénis et jouèrent avec jusqu'à "la petite mort" comme se plaisent à le dire les italiens. L'Orgasme 1er, premier de la série, obtenu sur commande. Une véritable petite révolution que cette découverte archéologique enfouie par toute une civilisation de tabous.

Ludiquement, j'acquis pour me chausser une paire de bottes "gardian" en cuir fauve, "au déballage américain". Elles devinrent les accessoires de mes premiers films de sous-préfecture : botté à la "John Wayne", en selle de mon vélomoteur, et à la manière de Brigitte Bardot, enfourchant de ses cuissardes sa Harley-Davidson "quand je sentais en chemin les trépidations de ma machine, il me montait des désirs jusqu'au creux de mes reins". Ou bien encore les "gardians" glissées sur des collants chipés dans un placard, pour jouer un remake de "Certains l'aiment chaud". Ou encore une pâle copie de "Zorro" avec bottes et fouet de chien de supermarché.

 
"... avec bottes et fouet
de chien de supermarché."
 
 
 
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11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 19:51
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Cliché JF
"Comme une fleur"

"... le très clair objet du désir."
Joël Fauré (Carnets)
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11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 19:23
"... on ne m'en a jamais parlé..."

Puceau. Solitaire. Coincé. Inhibé. Et encore innocent. D'une innocence parfaite. Pourtant, l'amour, l'amour physique tel qu'il se conçoit dans sa plus élémentaire normalité ; celui-là même dont on m'a caché l'existence, dont on a tu le fonctionnement, ne va pas tarder à afficher son résultat. Bien sûr, il est hors de question d'imaginer des rencontres féminines, des regards, des caresses, des enlacements, des étreintes... le beau catalogue de l'amour... Non, ça, on ne m'en a jamais parlé.
C'était oublier un peu vite qu'il y avait cette sensation forte, agréable, insoupçonnée... La petite italienne, avec ses bottes.
Les bottes étaient restées une anecdote, de celles que l'on se raconte, adulte, en se remémorant sa tendre enfance : ces petits riens qui se sont ancrés dans le subconscient alors qu'il est si perméable ; alors que le cortex, si fin, impressionne à jamais des images que l'on n'oubliera jamais.

Ce fut à Toulouse où je m'étais rendu avec ma mère -lorsque nous allions à Toulouse, avec le car, c'était une véritable expédition- que je vis des prostituées pour  la première fois. Je me souviens de cette fille de joie, dans cette rue, près de cette porte cochère ; cette fille publique, très haut bottée qui m'incitait en silence à disserter sur le très clair objet du désir.
Ce jour-là, ma mère était là ; elle n'a pas dû remarquer mon mélange de gêne et de besoin, sans rime mais avec raison.
Nous avons passé notre chemin et nous sommes remontés dans le car pour regagner "l'accablante ruralité".

 
"... sans rime mais avec raison."
 
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10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 20:23
" Une méningite cérébro-spinale"

Peut-être fallait-il voir dans cette virginité qui s'avança tardive dans mon adolescence les répercussions d'un parcours de santé tumultueux. Regard dans le rétroviseur. A 17 mois d'abord, les médecins, pessismistes, m'ont condamné : une méningite cérébro-spinale. J'en réchappe. Dix ans plus tard, réactions méningées. La même année, au rayon des beaux-arts, on découvre que ma verge ne peut être entièrement décalottée. Ca s'appelle un phimosis et c'est pour ma pomme. Et l'on pratique une intervention chirurgicale qui répond au doux nom de circoncision. J'ai hurlé avec les loups plus fort que les loups. Ce fut un magistral loupé. Je ne savais pas encore que le praticien avait saboté le travail, dans le vif du sujet.
1978 : mon obésité ne manque pas de provoquer des doutes. On m'envoie accomplir un bilan glandulaire, hormonal et endocrinien. Résultat des courses : on détecte un syndrome adiposo-génital. Ca sonne bien mais aucun suivi véritable n'est envisagé.
Viennent ensuite, par ordre d'apparition : un génu-valgum, une scoliose, une cyphose, une hypertension artérielle, un psoriasis, une séborrhée, une spasmophilie... (1)


On comprendra peut-être un peu mieux pourquoi j'ai raté autant de coches et fait tapisserie plus souvent qu'à mon tour : il y a eu maldonne.
Du plus loin qu'il m'en souvienne, j'ai toujours eu l'impression de ne pas être "comme les autres". Plus que les autres, j'ai craint le trop chaud et le trop froid. Plus que les autres, j'ai connu ce frisson qui parcourt le bas des reins avant une entreprise difficile ; les lèvres sèches, les flatulences, les gargouillements de l'estomac, les rougissements du visage, le coeur battant. Plus que les autres, j'ai eu peur, sans autre fondement que la menace de mal faire, d'être ridicule, d'être pointé du doigt. J'ai terriblement souffert du regard des autres, sous lequel on est constamment.
Plus que les autres, j'ai trouvé pénibles, voire insurmontables les actes simples de la vie : se lever de très bonne heure, se laver, se raser (je déteste ça), partir dans le petit matin glacial et brumeux, s'engluer dans les embouteillages aux heures de pointe. (1)


"... pas comme les autres..."

(1) Les passages écrits en bleu : je les ai conservés en l'état de rédaction de l'époque. Ils ne me conviennent plus aujourd'hui.


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9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 16:53
"Les filles me font peur."

Les filles me font peur. Il serait vain de le nier. Mais elles ne sont pas les seules. Les gens me font peur. La vie me fait peur.
Avec les filles, ça ne se passe pas trop mal puisque ça ne se passe pas du tout.
A 17 ans, je ne sais toujours pas si, avec elles, il faut "y aller" par devant, par derrière, ou encore par le milieu. Aucune imagerie, même clandestine, ne me parvient des plans de situation féminins.
Il faut croire, avec le recul que j'ai vécu sur une île déserte, ou pis encore, en pays de Cythère. Rien ne filtra. Et l'insouciante ignorance provoqua des situations bien cocasses : au collège, sur la porte de la salle d'études, une main innocente a écrit en lettres assurées : "PD". J'en ignore la signification.
Un copain me raconte une histoire drôle : "Tu sais comment il fait, Lucien Jeunesse pour se masturber ? A "deux mains" si vous le voulez bien". "Masturber" : là encore, j'en ignore la signification.

De maigres lectures mal digérées en images floues et en explications confuses, je ne sus rien retenir d'autre qu'un spectacle désolé par manque de décors et de personnages, incompréhensible parce que tronqué, nocif parce qu'erroné. Et de toute façon inaccessible.
En revanche, un mot allait s'imposer, et j'allais apprendre à le connâitre, à l'incarner : puceau. Il allait envahir et polluer mon vocabulaire et me faire gravir le mont Golgotha.


"Un mot allait s'imposer :
puceau."

 
 
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Brèves:

DU SILENCE DE MARCEAU RENAIT LA VOIX DE LAETITIA

Le 25 septembre courant, ici même, dans ces "brèves", j'ai, tout en rendant hommage au mime Marceau, évoqué le souvenir de Laetitia Bégou, jeune et jolie et intelligente comédienne qui avait approché l'artiste.
"Je ne sais pas ce qu'elle est devenue. Elle peut me joindre si elle le souhaite." avais-je écrit, sans trop y croire.
Or, voici qu'hier l'outil internet m'a paru plus que jamais magiquement utile puisque Laetitia m'a adressé un inattendu courriel qui m'a empli de joie.
Laetitia vit en Europe, se partage entre trois passions, dont l'une que je connaissais, le théâtre (elle a joué dans deux pièces au dernier festival d'Avignon.)
La deuxième est la musique, qui a pris une place prépondérante dans sa vie.
La troisième reste belle mais secrète, et je lui ai promis de ne pas l'ébruiter.


JF

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4 octobre 2007 4 04 /10 /octobre /2007 19:55
"... le mode d'emploi du sexe."

Mes origines sont paysannes. Ma mère est la cadette d'une famille de dix enfants, issue de cette rude terre de l'Aveyron que l'on travaille et qui nourrit. Une famille humble, laborieuse, conservatrice, très croyante. 
Mon père est fils unique. Ca rétablir l'équilibre dans les rassemblements familiaux. Il perdra son propre père très tôt, et devra en quelque sorte se substituer à lui pour "mener" l'exploitation familiale, enracinée à Buzet : quelques arpents de terre et un attelage de lourdes vaches de labour. Pour seconder aussi sa mère , qu'il vouvoie et n'a guère le temps de plaisanter. Pour ce qui est de l'éducation, quelques jours d'école, l'espace d'une jachère, suffiront à inculquer de rudimentaires connaissances.
Grandi sans exultation, sans exaltation, et peut-être sans beaucoup de tendresse, on comprend qu'il n'ait pas su lui-même en dispenser, plus tard, autour de lui.

Mes parents se marièrent un jour de pluie ("mariage pluvieux, mariage heureux" ?) le 1er octobre 1949 à Lestrade-Thouels, département de l'Aveyron. Après la cérémonie, ils revinrent s'installer à Buzet-sur-Tarn, dans la ferme des "Rouquiès". De leur union naîtront deux fils jumeaux en 1950. 
Douze ans plus tard -un accident, une bêtise- le 5 octobre 1962, à 19 heures, à l'hôpital toulousain "Lagrave" (L'hôpital "Lagrave" !) votre serviteur poussa son premier cri. 
J'imagine les quelques visages qui se sont penchés sur le berceau du petit retardataire : mes parents bien sûr, mes frères, une myriade d'oncles et de tantes, et de cousins déjà, la fée Mélusine, la fée Carabosse, une seule grand-mère (paternelle) et une seule arrière-grand-mère, paternelle aussi.

Mes parents travaillèrent la terre, firent pondre quelques poules, élevèrent des cochons, des canards, des dindons et leurs trois enfants, avant de quitter les travaux des champs. Mon père partit travailler en usine, "Chez Baudou", une manufacture de caoutchouc, et ma mère devint aide-ménagère.
Ils confièrent leurs parcelles de terre à un fermier et firent construire une maison, à deux pas de leur ancienne demeure.


On ne m'a jamais donné le mode d'emploi du sexe. Ecarté des instructions des troupes, je ne pus que grossir les rangs des obèses de l'ignorance en matière sexuelle, puis ceux des frustrés de service.
A 14 ans, gros garçon joufflu et ventru, je fus une cible facile pour les railleries et les brimades qui modèlent en les cabossant les personnalités.
Des phrases assassines fusèrent, du genre : "Tu as vu comment il est gaulé, Fauré ?" ou plus allusives : "Tu t'es pas encore tiré une gonzesse ?" A mon corps non défendant, si encombrant, on remarque des saillies, des bizarreries : mon plastron s'orne de deux amas de graisse, tétines ou tétons, poitrine où pendouillent deux seins aberrants. Alors, bien sûr, entre autres flèches empoisonnées : "Tu veux un soutien-gorge ?"


"... où pendouillent
deux seins aberrants."

 
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3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 19:01
"J'ai passé mon enfance..."

J'ai passé mon enfance avec une petite italienne, à peu près de mon âge, très tôt orpheline de mère, et dont l'éducation avait été confiée à une tante et un oncle.
Nous avons partagé les mêmes jeux et le même paysage. Le même paysage : l'endroit le plus perdu mon monde, loin des vivants, en pleine campagne, à des milliers de kilomètres de Toulouse ; un trou, un bled paumé, d'une accablante ruralité.
Le même paysage : entre la frise de la forêt de Buzet, qui s'étale comme la chevelure d'une jolie dame, et puis, plus loin, de l'autre côté, les courbes des coteaux verdoyants du Tarn. Le plus beau coin du monde, à à peine 25 kilomètres de Toulouse.
Les mêmes jeux : celui des sept familles (Ah ! La famille chocolat !) et ceux où nous donnions libre cours à notre fantaisie et notre créativité : "Tu serais untel. Tu dirais ceci."
Un jour, jouant innocemment à je ne sais quel jeu, je tombai le nez à terre, entre les bottes de ma compagne de Comédia dell'arte : une sensation forte, agréable, insoupçonnée. Témoins de la scène : Freud le complexé et Oedipe le castrateur -à moins que ce ne soit le contraire-  et deux ou trois Parques qui s'en voulaient déjà de n'avoir pas encore donné les détails de la fête.

Sa majorité venue, la petite italienne franchit de nouveau les Alpes pour retrouver son pays et un solide berger qui lui avait fait briller les yeux.
Aujourd'hui, elle élève des vaches, quelque part du côté d'Udine et je ne l'ai jamais revue.

"... elle élève des vaches
quelque part du côté d'Udine..."


 
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