6 septembre 2007 4 06 /09 /septembre /2007 20:32
Mon père, second couteau.
Mon père, ce n'est pas avec un couteau qu'il cale la nourriture sur la fourchette, mais avec un morceau de pain. Du bon pain de boulanger, ou, qui sait, du Bon Dieu ? Non, le couteau, il le réserve pour venir à bout des grosses ficelles qui entravent le scénario de sa vie. Son couteau, au fond de la poche, c'est un opinel.

A ce propos, je vais mantenant vous dévoiler le secret de la naissance du fameux couteau Laguiole (Il faut prononcer "Layole"). Vous ne l'avez lu nulle part. Promettez-moi de ne pas ébruiter ce que je vais vous dire.
Un jour, alors que mon père taillait des gourmands de vigne, une abeille est venue se poser entre le manche et la lame du couteau. Mon père, sur les supplications de mon aveyronnaise de maman, laissa une chance à la butineuse. Elle se plut en cet endroit et y resta. Jusqu'à la fin des temps. Voilà pourquoi, mesdames et messieurs, on trouve sur les fameux couteaux Laguiole une abeille stylisée : parce que mon père a épousé une aveyronnaise !

Mon père aimait aller dans l'Aveyron, dans la famille de son épouse. Il regardait sans déplaisir grandir les étables, les petits neveux et les brebis, et se délectait des tomes de Roquefort qu'on ramenait à pleines malles. Opinel et Laguiole réunis se chargeaient de la coupe.
Aujourd'hui, "ils" te le font payer au prix fort, le Roquefort, Appellation d'Origine Contrôlée ; une langue de chat, un brin de persil et un grain de raisin. C'est fou. Comme vous avez changé Monsieur le Monde.

Prenez-en de la graine.
S'il ne remue pas le ciel, car il y a trop de risques à déranger ses occupants, "Oh" remue la terre, gaillardement. Grand faiseur de rangs d'oignons, authentique rôteur d'ail, c'est aussi un grand bêcheur. Il invente des planches de mottes retournées, que ne renierait pas un peintre cubiste. A la terre bien grasse, parfumée, il fait faire des cabrioles et des pirouettes, mais il n'amuse pas du tout la galerie quand un lombric perd ses anneaux à cause d'un mauvais lancer de bêche. Le spectacle doit quand même continuer. "Rassurez-vous mesdames et messieurs, le ver solitaire qui vient d'être coupé en deux l'a bien cherché. Le spectacle continue."
La terre est émottée, ratissée puis, avec une finesse presque lascive, elle se laisse griffer le dos, tracer un sillon bien droit suivant un cordeau. Et c'est alors là, dans la raie, que la petite graine est déposée.
Des petites graines, mon père en a beaucoup. Il en met partout. Il les conserve dans des boîtes, et des boîtes, et des boîtes, et des boîtes encore. Des rondes. Des carrées. Des oblongues. En carton. En fer blanc. C'est merveilleux, une boîte. C'est mystérieux, une boîte. Surtout quand elle est fermée.


"Rustica", le magazine de la campagne.
Dans "Rustica" numéro 1908 (semaine du 19 au 25 juillet 2006), page 18, j'ai lu avec émotion ces quelques lignes qui m'ont rappelé deux choses : le souvenir de mon père et quelques larmes de mélancolie : "Si vous souhaitez conserver vos graines longtemps, la meilleure solution est de les placer dans un carré de papier de soie, à glisser dans des sachets en papier. (les enveloppes de vos courriers font l'affaire.)"
Oui, j'ai vraiment pensé très fort à mon vieux père, qui repose en son jardin, et puis aussi à toutes ces enveloppes que j'ai gardées. Il y en a plein que je n'ai même pas ouvertes. C'est pas la peine. C'est plus la peine. Il y a beaucoup trop de mauvaise graine maintenant.

Mon père, il n'avait pas besoin de lire "Rustica". C'était la rédaction de "Rustica" à lui tout seul.
C'est déjà pas si mal.

(A suivre.)

Joël Fauré

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BILLET D'HUMEUR
Pavarotti est mort.
UN TIMBRE RARE

Que m'apprend la mort de Luciano Pavarotti, au petit matin, alors que tous les journaux sont imprimés ?
Ce simple jeu d'orgue phonétique ?
"Il est ténor mais m'embête.
Il est énorme et m'embête.
Il est énormément bête"
?
J'apprends, de la bouche même de France Inter que tous les ténors sont des idiots ou des imbéciles, sauf Pavarotti...
Je n'ai aucune culture "opéraesque", et des épaisseurs que furent Devos et lui, je connais mieux le premier. Sur l'épaisseur, elle s'explique ; Raymond Devos se gavait de charcuterie.
Sur Pavarotti, rien. Je ne sais rien. 
"C'est un don et je le travaille. Tout vient du corps" dit Luciano à France Inter
Et il est reparti le vieux discours sur l'inné et l'acquis. Darwin n'est pas loin, et la sélection naturelle, et "Turandot", et "Verdi"...
J'apprends que, contrairement aux castrats, Luciano Pavarotti a cultivé sa voix sur le tard.

Au lyrisme des chroniqueurs de demain, quand les rotatives seront encore froides, je souffle un titre  : "Pavarotti (1935 - 2007) Un timbre rare."

JF

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5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 19:46
1967. J'ai cinq ans et mon père quarante de plus.
J'ai cinq ans et je ne veux pas mourir.
J'ai cinq ans et je ne m'ai pas tuer.
J'ai cinq ans et Omar ne m'a pas tuer.
J'ai cinq ans et je ne me souviens de rien. Tant mieux.
J'ai cinq ans.
Donnez-moi la promesse d'un air pur, d'un vent filtré par la forêt, à l'angle de la maison ;
ramenez-moi à l'endroit précis, près de la porte du garage, où je sautais , petit mais assez haut, comme un acrobate, pour me prouver que je pouvais plier les jambes ; permettez-moi de m'enivrer de la bonne odeur de résine mouillée, sur les sapins, après la pluie ;
faites-moi sous-entendre qu'il existe une guérison possible à mon mal d'enfance ;
refaites-moi entendre le chant des rainettes, une nuit d'été...
Donnez-moi des jardins et laissez-moi faire des châteaux...
Laissez-moi enfiler des bottes Baudou, et sortir, sous la pluie, près de la forêt, dans les beaux ares, saluer les seuls amis qui me restent : le pâturin annuel, l'agrostide, le dactyle, la fétuque rouge, la phléole, le vulpin, la flouve odorante, celle qui parfume le foin.
Droit dans mes bottes, les yeux au ciel, je suis le fils de mon père éternel.

Les poules.
Je pensais qu'il n'y avait que mon père qui disait : "Si tu me cherches, je suis aux poules", ce qui, il faut bien l'admettre, porte à confusion. Ou bien encore : "Je vais donner aux poules", ce qui, il faut bien le confesser, peut mettre à mal les revenus de la famille. Ou enfin : "Je vais fermer les poules", ce qui est, cette fois, tout à fait rassurant : clouer le bec à ces gallinacées pour les empêcher de caqueter pour un oui pour un non, ça promet des petits matins calmes, et c'est tout ce qu'elles méritent. A la campagne, on se couche avec les poules ; on se lève au chant du coq.
Or, je me trompais. Jules Renard m'a devancé. Et sans me prévenir a écrit dans "Poil de Carotte" ceci :
"- Je parie, dit madame Lepic, qu'Honorine a encore oublié de fermer les poules.
C'est vrai. On peut s'en assurer par la fenêtre. Là-bas, le petit toit aux poules découpe dans la nuit, le carré noir de sa porte ouverte."
Que Renard s'intéresse aux poules, rien de bien étonnant. C'est alimentaire. Mais qu'il décrive presque à s'y méprendre le poulailler de mon père, ça, ça m'épate.
C'est "Oh" qui s'accorde le droit d'aller fermer les poules. Le carré noir découpé dans la nuit devient tout blanc. La porte n'est pas celle qu'on attendrait en cet endroit. C'est une porte de la maison vieille, une petite porte fine d'intérieur toute blanche. Si vous êtes de ceux qui aiment aller sur les pas des auteurs (Ah ! Refaire la "promenade avec un âne dans les Cévennes" , de Robert-Louis Stevenson  ; ah ! Marcher sur les pas de Brel aux îles Marquises ; ah ! Rentrer dans le moulin d'Alphonse Daudet...) ; si vous vous transportez sur les lieux, penchez-vous sur la blanche porte. Vous y percevrez une inscription qui s'efface sous l'effet du temps ; -alors, dépêchez-vous- une inscription au crayon tendre qui dit dans un encadré : "Barrière fermée pendant quinze jours"
Quelle est la signification de ce sibyllin message ? Je n'en sais strictement rien. Pourtant, je devrais puisque, je me souviens, c'était au début de quelques vacances, alors plus désoeuvré, alors plus esseulé, c'est moi qui l'ai écrit. J'ai beau interroger mon inconscient, il ne daigne pas m'avancer la moindre interprétation.

(A suivre.)

Joël Fauré
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4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 19:33
A Catherine Piskiewicz,
à sa grande petite maison d'édition "Le Pérégrinateur"
Pour m'avoir dit que j'écrivais des pages magnifiques ;
parce qu'elle rit ou qu'elle répond : "Peut-être..." quand je lui dis :
"Un jour, tu le regretteras d'avoir eu peur de m'éditer..."


Mon père
abandonne la peinture, et dévient fétichiste du caoutchouc.
Pour se rendre à l'usine, mon père enfourche sa mobylette. Il n'a pas d'auto. Il dit qu'il n'a jamais compris comment faisaient deux voitures pour se croiser sans s'accrocher. C'est vrai ce que je vous dis. Il effectue le trajet de jour comme de nuit. Chez Baudou, ont fait les "trois-huit" : quatre heures, midi. Midi, vingt heures. Vingt heures, quatre heures. Les équipes se passent le relais, et changent de plage horaire toutes les semaines. Ainsi, tout ce petit monde laborieux, à l'instar d'un Caravage, connaît toutes nuances d'ombre et de lumière de l'atelier, selon les déclinaisons du moment.
Mon père disait qu'il travaillait "de matin, de jour ou de nuit". Je l'ai souvent entendu dire qu'il avait ses plages préférées, ses plages redoutées -et cette pendule qui, parfois n'avançait plus, que le temps était long-. Moi, je craignais les nuits où il allait gagner sa graine, casser sa croûte, se fondre dans son caoutchouc. Il me laissait seul avec ma mère, dans la demeure isolée. Et quand parfois, brisant le silence, l'aboiement de notre chien se faisait insistant, une terreur me venait, il ne m'était pas interdit de penser que des méchants allaient venir nous égorger. C'était avec soulagement que j'entendais le retour de Zorro sur sa mobylette, arrivé à point nommé pour nous sauver du massacre.
Qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il vente, "Oh Zorro" chevauchait sa monture. Il partait longtemps à l'avance. Il avait peur d'être en retard. Il disait qu'il connaissait tous les trous de la route. Tous les nids de poule et les dos d'âne des petits chemins de campagne. Quelquefois, un lapin sorti d' "Alice au pays des merveilles" traversait le faisceau de l'éclairage, sortait son horloge, et lui disait : "Ca va, tu es dans les temps". "Lizarne, Les Bardis, Vieusse, le petit château d'eau, la Castelle, le Grand Château d'eau, le chemin de Douce Dame", et puis "Baudou". C'est bon, la relève était assurée.

Les châteaux d'eau de mon père.
Tout en écrivant, tout en décrivant l'itinéraire emprunté par mon père pour se rendre à son travail -le chemin de "Saint Fernand" où il m'arrive de me rendre parfois en pélerinage-, je m'aperçois que ce parcours est jalonné de châteaux d'eau. C'est curieux. Pagnol a bien glorifié le château de sa mère, alors, après tout, pourquoi ne pas nous croire aristocrate hydrophile, l'espace d'un instant ?
D'autant plus qu'on nous prévient : nous allons en manquer. D'eau.
Avant l'augure de châteaux secs, qu'il me soit permis, amis, cette petite digression sur ces édifices magnifiques, racés, souvent élégants et presque toujours méprisés.
Le premier château de mon père est tout petit ; il ressemble à un dé à jouer.
Le second, plus haut, plus grand, ressemble à un gros bouchon de Champagne.
Regardez autour de vous, vous serez étonné de découvrir ces architectures originales ; vous passez tous les jours devant sans les voir. Ils sont d'un modernisme inattendu. Celui-ci est en forme de champignon, celui-là en forme de sablier, tel autre en forme de trompette, tel autre en forme de salière, tel autre encore en forme de fusée...
Je propose ici la création d'un cercle des amis des Châteaux d'eau, avec pour but avoué la valorisation de ces petites merveilles...
Savez-vous qu'à Toulouse, le Château d'eau, en forme de phare, lors de sa construction, a été jugé très laid par les toulousains ? Aujourd'hui, il abrite l'une des galeries de photographies les plus courues du Monde. Toujours à Toulouse, une station de pompage est devenu un très beau théâtre, le "Théâtre Garonne".
M'est avis qu'aucun château d'eau ne sera transformé en musée de mon père. Peut-être un jour, pour moi, devenu, à force de courage, de persévérance -et de tenue de blog impeccable- l'inclassable, l'atypique auteur dont tout le monde parle, des turbines se mueront en cimaises à la gloire de mon égo ?
Mon père, toi qui, statistiquement es au cieux ; et là, c'est sûr, es dans ma tête, laisse-moi te dire que si tu ne peux me délivrer du mal, tu m'offres matière à écrire, toi qui te moquais de moi quand je te disais que je voulais devenir écrivain. Tu vois, je t'érige en héros. Je t'offre des châteaux. Tu me fais courir dans tous les sens, partout. Je ne sais pas si les lecteurs me suivent. S'ils ne sont pas contents, ils n'ont qu'à lire Delerm. Ils n'auront pas à ouvrir leur dictionnaire. Et moi, oui, peut-être que j'aurais le prix du "Livre Inter" ?
De toute façon, j'en ai parlé à mon éditeur. Et il est d'accord quand je lui dis : "L'écriture est une paririe sans clôture."
Il ne me reste que cette prairie. Je vais m'y promener dès que je le peux. Comme toi, mon papa, je ne veux pas regarder sous ces visages qui nous croisent, et, contrairement aux voitures, nous percutent et nous cabossent souvent. Là, tu as raison. Je désespère du genre humain. Il assèche nos nappes phréatiques et condamne nos châteaux. Un jour, l'eau sera de l'or blanc ; les châteaux d'eau des châteaux d'or blanc.
Si j'en avais les moyens, je serais misanthrope.

(A suivre.)

Joël Fauré

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3 septembre 2007 1 03 /09 /septembre /2007 20:54
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Enseigne des bottes Baudou 
à Saint-Sernin-sur-Rance (Aveyron)
Cliché JF

A PROPOS DE BOTTES

"Il reçoit du vieux caoutchouc. (...) Il sert de matière première aux célèbres bottes Baudou..."
Joël Fauré (Le Livre de mon père)

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3 septembre 2007 1 03 /09 /septembre /2007 19:09
A Caroline Lamarche,
à sa goutte de sang.


Etat des lieux communs.
Ca va ? Tout le monde suit ? Le moral est bon ? Les troupes sont fraîches ? A part ça, qu'est-ce-que vous lisez en ce moment ? Vous avez vu, Caroline Lamarche est donnée favorite pour le "Goncourt" ?

C'est un tout petit agenda. Il a gardé une élégance surannée. Il date de 1955. La tranche est rouge. Il est doté d'un tout petit crayon tendre, à peine plus gros qu'une allumette, glissé dans une bague. On y trouve essentiellement des informations concernant le lait, son prix et son litrage écoulé. Mon père ne finit pas de m'étonner : par quel miracle a-t-il pu rendre cet agenda extensible à l'infini ? Ainsi, j'apprends : les veaux de la Rousselle sont nés le 13 juillet 1956", "avoir acheté gaz réchaud 18 300 francs", "vendu veau Blanchette 8 500 F", "avoir acheté cochon 17 (illisible) 1963", "vendu cochon le 28 mai 1965, 99 kg 27 300 francs, prix d'achat 16 500 francs", et enfin, fabuleux bond dans le temps :
"Première neige 12-11-85
Deuxième neige : 19-11-85"
"Il a neigé le 14 janvier 1987. 10 centimètres."
Mon père a inventé le calendrier perpétuel.
La neige, je m'en souviens. Le lait, un peu moins. Le lait en neige, j'en suis friand...
Il reste des pages vierges dans cet agenda. Ce serait faire honneur à mon père que d'écrire sur l'une d'elles, à une date à venir : "Publié livre. 5 000 exemplaires. Edition épuisée. Réimpression en cours."

1967. Le tracteur est vieux et s'essouflfle. Parfois, il ne veut pas démarrer. Ou bien il démarre mal, dans un nuage d'odorante fumée d'essence de mélange.
De Gaulle s'essaye à promettre, dans la télévision balbutiante, entre la mire et deux éléphants savants. La Terre est basse, le Front Populaire, loin ; la joie redevenue aléatoire. La guerre, un temps, a occupé, meurtri, déchiré. Mais le sang sèche vite et on oublie, on s'ennuie.

La terre ne rapporte plus. Il faut bien vivre. Les petites exploitattions agricoles sont condamnées à végéter. "Oh" confie ses terres à un fermier. Il part travailler en usine. Une vraie usine comme on n'en fait plus, avec un toit en dents de scie, comme on ne peut plus se les figurer. Ou alors en illustration, en pictogramme dans les manuels scolaires.
Celle-ci fabrique de la peinture. Elle se trouve à l'entrée du village de Bessières, entre la gare et le château d'eau, floqué sur son rehaut de l'inscription peinte en capitales "PEINTURES ECOPLAS". La peinture ne vient pas de bien loin, elle n'a eu qu'à traverser la route.
Sur son calendrier perpétuel, d'une écriture maladroite, mon père a noté, à la date du 27 juin 1955 (Saint-Crescent) : "Marquise iciminée le 23 mars 1967. Avoir commencé le travaille le 18 avril 1967 à la peinture à bessierre. fin juillet."

Le samedi 1er juillet (Saint-Martial), je lis : "brunette velle le 16 juin 1966". Et le mercredi 5 juillet (Sainte Zoé), je trouve : "avoir commencé travail le 17 août 1967 à l'usine baudou a bessiere".
Comment ? Qu'est-ce que vous dites ? Que c'est bourré de fautes d'orthographe ? Non mais, j'aurais bien voulu vous y voir à sa place. Nous n'avons pas gardé les vaches ensemble. "Oh" n'est allé à l'école que lorsqu'il n'y avait pas de travail à la ferme. Autant dire presque jamais.

A Bessières (presque Béziers), pendant que Gustave drague sur le fleuve "Tarn" pour construire des châteaux de sable, Maurice Baudou achète, sur les rives du même cours, une centrale hydraulique, pour faire tourner son usine. Il reçoit du vieux caoutchouc décliné en déchets de chambres à air, de bouillottes ; le pile, le granule, le fond pour en faire du neuf. Il sert de matière première aux célèbres bottes Baudou, qui ont fait une belle jambe aux arpenteurs de toutes natures.
Maurice compose ses équipes avec de la main-d'oeuvre locale. Braves travailleurs aux mains volontaires. Ils savent manier la batteuse ; ils auront manoeuvrer la calandre et les granulateurs.

(A suivre.)

Joël Fauré

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BILLET D'HUMEUR

Ode jaculaitoire

Qu'il me soit permis de faire miennes les phrases de mon grand ami Samuel Beckett :

"Ma lucidité, ma chair à vif
Me font cruellement souffrir.
Qu'on me donne le confort de l'âme
Et la quiétude de l'esprit.
Pitié.
J'implore le pardon  des fautes
Que j'aurais dû commettre.
Pauvre scribe éreinté de coups.
Je me grise de mots, de vin, de viande.
Je veux être joufflu et pompeux,
Gras et verbeux ; insolite.
Je ne veux pas rester comme les autres.
Qu'on me fouette à vif, au sang.
Que mes pleurs et douleurs soient au moins motivés.
Qu'on fasse mienne la ferveur du Christ,
L'ardente prière Jaculatoire juste après l'Introït.
Que je puisse aimer sans frein
La vie, les gens, le monde.
Que ma bouche soit riche
De la soif enfin apaisée de ses lèvres
Et ma tête sereine."

Samuel Beckett (La Dernière bande)

"Qu'on ne m'enlève aucune forme de liberté,
Qu'on ne m'empêche pas de convoquer les fantômes,
J'ai appris que les morts ne quittaient jamais les vivants,
Quand ta voix change
Et que tu prends ce ton cassant,
C'est qui ? c'est quoi, toi ?
Dans ces cas-là, je voudrais pouvoir entrer
Dans le chas d'une aiguille
Et me perdre dans une botte de foin."

Raoul Jefe

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2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 19:56
SANS TITRE

Quand je ne sais pas, je me tais, j'écoute et j'apprends.

JF

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2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 11:22
Quelle connerie, la guerre...
Inattendu mode d'emploi pour "Oh". J'imagine mon père, pas encore décillé sur "la chose", recopiant fiévreusement les consignes d'un camarade plus déluré.
De la guerre -de ses guerres-, je ne sais rien. Il est resté taiseux. Ainsi ne ferai-je pas celui qui sait. Il a lâché quelques bribes, ponctuées par un "J'ai eu une sale vie". Ce qui ne veut pas dire que c'est lui qui avait sali sa vie, mais bien le contraire.
Il se montre peu disert. Tout se mélange dans une mauvaise macédoine : le STO, Cologne bombardée et détruite, les copains morts qu'il faut porter en terre, les topinambours à chaque repas (mais un peu de viande bouillie le dimanche), les tickets de rationnement, la ferme du "Mas de Sol" où il s'était réfugié...
L'Occupation de son temps, la Résistance à l'épreuve, la Collaboration étroite avec... ses copains de chambrée, et la Libération, la sienne, et celle de Buzet, et celle de la France...

39 - 45 : ce n'est pas l'écartement entre une pointure fillette et une grosse pointure, c'est une marque de guerre. La guerre : il aurait fallu que je me documente sur des aspects rugueux. Je laisse ce soin aux historiens.

C'est une photo.
Elle est rongée par l'humidité. Elle montre mon père devant un baraquement, dans un paysage désolé. Il est en tenue militaire : béret, vareuse, godillots montants. Il pose, comme Napoléon, la main enfouie, repliée sur la cage thoracique, pour empêcher le coq de sortir, pour empêcher l'aigle de rentrer.

Réfractaire.
Il est curieux de constater que l'histoire se renouvelle. Au Moyen-Âge, le Service Militaire s'appelait OST. Plus près de nous, STO. Un petit chamboulement s'est opéré, mais c'est tout, faisant le sel des amateurs de mots croisés.

A Buzet-la-Forêt, le maire est loin de remplir une grille de mots croisés en écrivant ceci :

Attestation.
Le Maire de Buzet, soussigné, certifie que Monsieur Fauré Fernand, né le 29 novembre 1927 à Buzet, a été envoyé au S.T.O. à Wielling (Allemagne), le 20 juin 1943, et rentré en France en congé le 12 décembre 1943, s'est ensuite soustrait aux recherches, afin de se dérober au S.T.O. Donc réfractaire au S.T.O. à dater du 12/12/43.
Ce jeune homme est fils unique de Veuve et seul soutien de sa mère pour l'exploitation d'unr propriété de 12 hectares.
Buzet, le 21 novembre 1945.
Le Maire.

Le monument aux sorts.
La croix gammée -la stvanza- est un signe de multiplication qui a été tordu en faisant la guerre.
Quand on ajoute un Français à un autre Français, on n'obtient pas une addition mais une division.
A Buzet-la-Forêt, les Allemands ont fait beaucoup de soustractions.
Je n'ai jamais été bon en histoire et en calcul mental (mon mental a des calculs). Mais le monument aux morts, scrupuleux comptable, érigé tout près de la Maison Neuve, me parle sans langue de bois, et garde sa mémoire fraîche de sang :

ICI
CINQUANTE QUATRE
FRANCAIS
ONT ETE MASSACRES ET
BRULES PAR LES
ALLEMANDS
LE 17 AOUT 1944
_______

PRES D'ICI
SEIZE FRANCAIS
TOTRURES ET EXECUTES PAR LES
ALLEMANDS
SONT MORTS POUR LA PATRIE
6 - 15 - 20 JUILLET 1944

Sans transition, presque sans inspiration, sans doute sans concertation, tout près de cette stèle s'étire un golf de 18 trous. trous de balles.

Depuis sa villégiature outre-Rhin, mon père est terrorisé par les uniformes. Il ne comprend pas pourquoi tout le monde ne porte pas des salopettes en tergal et des chapeaux de paille comme lui. Mon brave papa, lui qui n'a jamais fait de mal à une mouche (il a seulement supprimé les doryphores qui boulotaient ses patates ; or les faits sont maintenant prescrits), tremble de peur devant les gendarmes, les infirmières, les curés, les caissières de supermarché et même les majorettes.

(A suivre)

Joël Fauré

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1 septembre 2007 6 01 /09 /septembre /2007 20:20
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"C'est un petit carnet jauni à petits carreaux..."
Joël Fauré (Le Livre de mon père
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1 septembre 2007 6 01 /09 /septembre /2007 12:03
A sept heures du soir, les persiennes fermées, la targette tirée, l'horizon verrouillé.
Ce n'était pas des ours dont mon père avait peur, puisqu'il en était, mais des loups, ou de ceux qui voulaient y ressembler.
Il ne me restait plus, alors que la chambre du fond, celle de mes parents, s'était refermée comme un sanctuaire, qu'à m'inventer des affinités avec le hasard. Chacun a les alcools, les lacs, les mers, les manèges qu'il peut... Vivre est artifice.
Il restait la télé noire et blanche. Avec un peu de chance, les premiers ronflements de mon père débutaient avant le générique d' Apostrophes. Je pouvais ainsi m'échapper et Bernard Pivot m'accueillait sur son plateau, où je me faisais petit comme une souris, écoutant les grands diseurs, à l'affût d'un mot inconnnu, que je notais soigneusement, pour mieux m'en imprégner, sur la page ouverte du jour, dans Télé 7 Jours.
Bien mieux encore, il restait la radio en couleurs. Dès vingt-deux heures, glissé sous les draps, quatre tops s'égrenaient sur France Inter, et je crois que tous les "José" du monde se retrouvaient en syndicat : José Sétien et José Artur. Ses actualités assenées, José Sétien disait : "Je sous laisse maintenant en compagnie du Pop-Club, avec José Artur." Et José enchaînait : "Merci, José Sétien". Et les Parisiennes chantaient sur une mélodie délicieusement jazzy : "24 heures sur 24, la vie serait bien dure, si l'on n'avait pas le Pop-Club, avec José Artur". Alangui sur ma couche, mon imagination me transportait d'une seule attelée Buzet-la-Forêt / Paris, via l'appentis de tôle adossé au poulailler, la carcasse de la vieille "203", le crib où séchait le maïs, deux chênes magnifiques, et une échappée belle sur la campagne herbeuse... jusqu'à ce que mon père rompe l'harmonie, en se levant pour pisser. Nuitamment, il "faisait" dedans...

"Allo, les Rouquiès ? Ici Paris"
C'est juste après le déluge et le partage de la Mer Rouge que la famille s'abonna au "Pèlerin". Les informations, filtrées comme du petit lait, se laissaient lire sans choc. C'est juste si les planches dessinées de "Pat'apouf" le détective accordaient quelques audaces à ses aventures. "La lettre du balayeur" s'essayait au politiquement correct, mais chacun sait bien que religion et politique, bien qu'elles se fussent retrouvées sur les chemins des croisades et des guerres, ne font pas bon ménage.
Mon père ramenait parfois trimphalement "Marius, l'épatant", imprimé sur papier rose, où dessins et textes rendaient rose aussi.
Mais le feu d'artifice, l'assurance qu'il existait une autre vie, plus loin, sur une autre planète, pleine de joies, d'éclats, de paillettes, de transgressions et de scandales, c'était dans "Ici Paris" que nous l'avions.
Vous pensez que si j'avais appelé les gens de le rédaction d'Ici-Paris, et que je leur avais dit que la seule grande joie de mon père, c'était de savoir que Tino Rossi avait du succès auprès des femmes, "ils" lui auraient offert un abonnement gratuit de trois mois ?

C'est un petit carnet jauni à très petits carreaux de format 13 cm par 8 cm. La couverture, qui avait dû être cartonnée, manque à l'appel. Je compte 34 feuillets. Il pèse 22 grammes. Si on devait le confier à l'acheminement postal aujourd'hui, il en coûterait 82 centimes d'euros. Du reste, je ne vois pas à qui je pourrai bien l'envoyer. Il est si personnel. Il a appartenu à mon père. C'est à ma connaissance l'unique littérature qu'il ait jamais produite. Il a été rempli en 1943, alors que mon père accomplissait un "petite foyach soufenir" en Allemagne, à l'invitation de la compagnie STO. L'historien y trouvera bon nombre de chansons de salle de garde, de comiques troupiers, que mon père a soigneusement recopiées ; plus émouvant, un texte très personnel sur "le bombardement de Cologne dans la nuit du samedi 3 au dimanche 4 juin 1943", et beaucoup plus surprenant encore, ce texte savoureux et torride, que je ne peux m'empêcher de vous livrer, fautes d'orthographes comprises :

la façon de mettre une jeune fille en chaleur quand vous parlez a une jeune fille et que vous avez l'intention de la baiser voici comment il faut s'y prendre autrement dit pour la mettre en chaleur
Devellopement
il faut que vous sortiez au moin troi fois avec elle la premiere foi vous lui demenderez de l'embraser ou vous le faites carremment sur la joue, si elle ne rouspette pas trop vous le faites sur le front, et rien que la car il ne faut pas aller trop loin il faut suivre le proverbe qui va dousement va longtemp
la deuxieme foi vous l'embrasser partout sur le coup ; derriere les oreilles a la naissance des cheveux puis vous risquez un baiser sur la bouche : si elle ne refuse pas vous recommencée en ayant soin de la serrer assez fort dans vos bras si elle se laisse faire c'est quelle vous aime alors vous lachez a egard votre main sur ses genoux le plus gros travail est fait - la troisième fois vous l'embrassez sur la bouche, il faut toujours commencer à l'embraser en introduisant votre langue dans sa bouche vous choisissez le moment ou elle se penche dans vos bras pour mettre votre main sous ses jupons et lui toucher les cuisses pui doucement vous montez et vous faites des pressions dans ses poils et vous operez un mouvemen tournan et ayant soin de presser un peu quelques minutes après vous lui mettez le doigt dans la fente pour lui chatouiller le bouton jusqu'a ce quelle jouisse "vous dechager dans les main. vous lui demendez ensuite si elle veut vous laisser mettre votre V... dans son C... sur le moment elle vous dira peut etre que non, alors vous la carressez de nouveaux de la meme façon pour qu'elle ne puise plus se retenir : vous lui ecartez les jambes vous vous couchez sur elle le plus pres possible de maniere a bien la serrer. vous attendez dans settes position jusqua ce que vous décarger san execute le va et viens habituel. si elle décharge en meme temps que vous cest dangreux car elle ouvre la soupape et votre sperme peut entre dans la chambre ce qui peut occasionner la venue d un enfean c'est tres enbetant des sortes de chosse si elle decharge apres et bien il ni a pas trop de risque et vous pouvez recommences une autres fois sans crainte   voila à mon avis le vrai moyen pour mettre une jeune fille en chaleur et lai toucher comme il faut sest le vrai et parfai moyen
amour de baiser = Fin
fait en allemangne le v 25 juin 1973 en un moment de repos

(A suivre.)

Joël Fauré

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31 août 2007 5 31 /08 /août /2007 20:28
A la mémoire de Raymond Fabre.
Il me manque. Mais vraiment.


Raymond Fabre, sa vigne, son oeuvre.
Après lui, il n'y aura presque plus de vigne ni de vigneron à Buzet-la-Forêt. Raymond Fabre garde le secret de ses bonnes feuilles, cépages et carnets à souche.
Passés les saints de glace (Saint-Gervais, Saint-Mamert et Saint-Pancrace, vénérés à la mi-mai), Raymond poussera un "ouf" de soulagement : les gelées tardives ne mettront pas à mal ses vignes. Pour l'essentiel, il ne restera plus qu'à tenir prête la parade à toute velléité symptomatique : l'oïdium, le black-rot, l'effervescence dorée (un insecte qui suce la sève), et le mildiou, cette maladie qui ressemble au juron que l'on pousse quand on la voit.
Vers 1870, on a dû en pousser pas mal. Le phylloxéra faisait des ravages ; c'est de cette époque que date l'introduction en France de plants américains, plus résistants aux pucerons.
Possessive, la vigne l'est. Elle réclame des prévenances de tous les instants. Son thème est porteur, fédérateur ; sa symbolique forte. On l'a souvent vue dessinée dans les manuels scolaires, chapeautant les paragraphes de leçons de choses, représentées en images changeantes, blanches, vertes, bleues, rousses, au gré des quatre saisons.
Raymond embrasse l'air d'un geste auguste. A mon père, il dit : "Il en reste 90 ares ici, et 30 là-bas". D'un côté, la ceinture argentée du ruisseau "Palmola", de l'autre un poirier tordu et sans âge sont les gardiens attentifs mais impuissants d'un monde qui s'en va. "Autrefois, il y en avait trois ou quatre fois plus". Au hameau des "Luquets", la pétarade de la pétrolette a souvent emporté Raymond jusques en ses terres. Il est vrai qu'elles réclament des assiduités et des soins réguliers. Il évoque le temps où il se mit en tête de mettre en terre des greffons : c'était juste après le rigoureux hiver 1956.

Le père de Raymond, Paul, escaladait les marches du chai et les degrés de la cave, tandis que sa femme, Jeanne, avisée que des gens s'étaient taillés en vigne, confectionnait de succulentes croquettes pour restaurer, à midi, les agapes des grappes. Mon père n'était pas le dernier à se mettre à table : c'étaient les vendanges.
C'étaient les vendanges après la taille et les trois traitements sytémiques de Printemps. Quelques grappes muscates, perlées de la rosée de Vendémiaire, se laissaient oublier par des distraits, se voulant promises à une grive musicienne ou une tourde. Et les muscats, en habits de gala, rougissaient et suaient sous le pelotage obscène de vendangeuses castratrices.
Raymond se souvient et a gardé sa passion. Pense-t-il aux Dames-Jeanne et aux bouteilles de plastique "made in CEE" en tête des gondoles dans les supermarchés ?
Abonné au "Chasseur Français", comme l'était déjà son père, il s'informe de l'air du temps et des gammes de nouveaux brabants. Il me demande quelquefois ce que je suis en train de gribouiller. Pour mon père, il sait...
Il taille les pampres pour que mûrissent les jolies baies, et que grappillent ses petits-enfants. Il faut en profiter. Ses vignes sont promises, à plus ou moins longue échéance, à l'arrachage.
Pour s'en souvenir, il ne restera pas grand chose, sinon que de collecter des vignes en vignettes gommées, en rangées millimétrées, dans les albums des veux métiers.

Marcou, Poulitou, Mauriçou et Fabrou.
Ils étaient classards du "Fernand" des "Rouquiès" dans les années 20... Marcou, "que vouliou fa tutou" (qui voulait "faire" instituteur) ; Politou, "que disio : "a l'escolo, le tchoul me trambolo, à l'oustal, le tchoul me fa mal" (A l'école, le cul tremble, à la maison, il me fait mal) ; Fabrou, "que disio : me cal ana pouda" (Il faut que j'aille tailler la vigne.) Et encore l'Emile, qui avait compris qu'un seul "macarel" ne suffisait pas à exorciser les désagréments, et s'exclamait, en lot promotionnel : "Quaranto macarel"  (Quarante "macarel"). Et enfin, dans tout ça, tous réunis en choeur clonaient Dieu à la puissance mille...

Mon père s'exprimait le plus souvent dans son patois. Du français, il disait : "Je l'escaraougne". Sur la fin de sa vie, il ne trouvait plus ses semblables patoisants que dans un rayon de dix kilomètres, et se délectait de la rubrique dominicale "Catinou et Jacouti" de Charles Mouly, dans "La Dépêche du Midi". Aujourd'hui, la "Catinou" et le "Jacouti" n'intéressent plus qu'un public restreint. Ils ont déserté les colonnes de "La Dépêche du Dimanche". Le gros de la troupe repose au cimetière.

(A suivre)

Joël Fauré

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Brèves:

Immatriculées conceptions.
A cause des toc de relecture, je lis peu mais je lis fort. Je n'envie pas les stakhanovistes de la lecture qui sont contraints de balayer, parcourir, survoler, suivre du doigt, lire entre les lignes, en diagonale ou pas du tout les quelque 700 livres, parallélépipèdes "dépôtlégalisés", qui sortent pour cette rentrée littéraire...
Je m'amuse à comparer ce qui me tombe sous les yeux, depuis que j'ai décidé que ma vie ne serait que repérages et hasards ; ainsi, je me demande ce qui va bien rester ; je vois tel organe défendre telle publication, tels lauriers destinés à celle-ci ou celui-là... Quelle comédie !

Aimez-vous Claudel ?
J'en ai parlé à Camille C., et elle est tombée d'accord avec moi : Claudel est un grand homme de lettres. On peut ici vraiment parler d'un ECRIVAIN. Etat de grâce, profession de foi, style admirable, fidélité à des convictions ; P. Claudel m'a converti à la religion. Il montre dans ses drames, avec un réalisme saisissant, les aspects et les couleurs les plus âpres de l'âme...
Oui, je peux vraiment parler d'une "rencontre" avec un auteur.
Merci, Philippe.

JF

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