16 août 2007 4 16 /08 /août /2007 21:50
De quelques saints...
Sainte Cécile : Vierge et martyre romaine. Mariée au païen Valentinien, qu'elle convertit, elle est la patronne des musiciens, des compositeurs, des luthiers, des chanteurs et poètes. Elle est fêtée le 22 novembre.
Cécile est une amie de Germaine et Bernadette...
A Bessières, sur les berges du Tarn, la Maison d'Accueil pour Personnes Agées Dépendantes porte le nom de "Sainte-Cécile". Dans le jardin, sa statue la représente, un luth sous le bras...
Marthe, Madeleine, Mathilde Trémolières, veuve Fauré, grabataire, incontinente, y est admise en janvier 2004.

Monseigneur Denis Affre (Denis Auguste)
: Saint-Rome de Tarn, 1793 - Paris, 1848. Prélat français. Archévêque de Paris, il fut mortellement blessé le 25 juin 1848 sur les barricades, où il était allé porter des paroles de paix.
Denis est un ami de Cécile, Bernadette et Germaine.
A Saint-Rome de Tarn, sur les berges du Tarn, la Maison de Retraite porte le nom de "Denis Affre". Dans le jardin, sa stuatue le représente, le bras levé, pacificateur...
L'abbé René Trémolières y a été admis, et il y coule des jours méditatifs. Il lui arrive quelquefois de célébrer la messe.

Si le Père Trémolières pose sur l'eau de la Rivière Tarn un petit bateau en papier-bible, porteur d'un message divin à Sainte-Marthe, a-t-il toutes les chances, et tous les risques, ce petit bateau, lui qui, comme la vie, vogue comme un frêle esquif sur le long fleuve pas tranquille, de parvenir à destination ?

Ce serait comme le scénario d'un film...
Une maison isolée. Le père est mort. La mère est en maison de retraite. Plus personne n'y habite. Tout est resté en l'état. Dans son jus. Les trois enfants sont brouillés. Pour des broutilles. Ils s'épient, ils se commentent, ils évitent surtout d'avoir à se retrouver sur les lieux. Mais au fond, ils ne sont pas méchants.
Les terrains de jeu de nos enfances sont les champs de bataille de nos parents...

Lettre à mes trois enfants.
Le 10 mars 96

Mes chers petits,

Je vous demande pardon de ne pas vous avoir éduqués comme aurait dû le faire une mère. C'est pour cela que la désunion s'est installée dans notre famille. Je pardonne à X car elle n'est pas consciente du mal qu'elle a pu me faire. Je la remercie de me laisser venir les enfants. Peut-être un jour chacun saura-t-il reconnaître ses torts. Pardon à mémé Marie de ne pas l'avoir considérée comme j'aurais dû.
Si vous daignez venir sur ma tombe, que ce soit sans un sentiment de haine entre vous. Sachez que c'est le même sang qui coule dans vos veines.
J'ai écrit cela au cas où je n'aurais pas le temps ou la force de vous le dire.
Au revoir mes enfants chéris.
Maman.
Je confie à Notre Dame de Lourdes la garde de ce manuscrit.

"L"huître, l'algue et l'iode"
Chacun campe sur ses positions. C'est fréquent dans les familles. Voici une petite parabole.

"L'huître dit : "Ca sent mauvais, c'est la faute à l'algue."
L'Algue dit : "Non, si ça sent mauvais, c'est la faute à l'huître."
Et l'Iode dit : "Non, je vais vous mettre d'accord : tout est de ma faute si ça sent mauvais."

Comprend qui peut. Comprend qui veut.

La Maison Grise est vide de ses occupants. Ostréiculture mise à part, le temps impersonnel ronge les plâtres, fige dans un glacis les ruminations ; ça sent le bulot pas frais ; le carrelage se rembrunit. Nous avons gardé l'éclairage.
On m'a enfin appris comment marchait la machine à laver.
Il était temps. La femme de ma vie ne voulait pas que j'y touche.
Après quelques lessives, j'ai dû débrancher la machine à laver.

La femme de ma vie sombre dans un coma vigil.
Elle est admise au service de déchoquage de l'Hôpital Purpan, à Toulouse.

C'est décidé, le week-end prochain, je débranche...
le frigo.
La femme de ma vie sort du coma.

(A suivre.)

Joël Fauré








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15 août 2007 3 15 /08 /août /2007 13:06

Emu, troublé, titillé, émoustillé, "émoustitillé" par le texte torride de Camille C., j'ai fait une mauvaise manipulation, et je l'ai "mis en ligne" directement, au lieu de le stocker en "brouillon" pour relecture.
Résultat des courses : un "martinet sexuel", une paire de bottes, une "veste", et surtout un texte truffé de fautes de frappe et de frappes de faute...
Je crois que le martinet va servir.
En attendant, toutes mes excuses... Pour me faire pardonner, je vous offre une image... Savez-vous que c'est ainsi que je phantasme toutes mes lectrices ?

JF

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Illustration : ?


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15 août 2007 3 15 /08 /août /2007 11:25
Le mystère de la chambre orange.
Il faut que je vous décrive la chambre orange. Celle qui me fut allouée à la mort de mon arrière grand-mère, Marie Sans. "Sans". Il faut que je vous la décrive à la fin août 2003, date à laquelle il m'a fallu de nouveau la rendre.
La chambre orange : elle tient cette teinte dominante du papier peint, au motif de trop grosses fleurs multipliées à l'infini, occultant un feuillage soumis. Multipliées à l'envi jusqu'à l'arrêt des arêtes, les corolles en colère ont livré force batailles. Les lés étaient beaux neufs. Aujourd'hui défraîchis, ils s'avachissent dans des plinthes classées sans suite et des embrasures. Elle la tient encore de la pâle lumière diffusée sous un globe orangé comme un agrume amer. Les fleurs ont fané, donc ; le papier tombe en lambeaux lamentables que l'humidité moisit. Au dessus de la fenêtre, je punaise les lés récalcitrants qui sont devenus incollables sur le malheur d'exister.

Vin fin août 2003. Après une canicule historique. Il demeure dans cette pièce S.A.L.E (Studio, Atelier, Laboratoire, Entrepôt), un fourbi inesploitable sans tri préalable. Ma mère y a entreposé de nombreuses hardes, habits, vêtements, serviettes, avec défense absolue d'y toucher sous peine de pendaison haut et court. Ces chiffons voisinnent avec mon patrimoine de papier en vrac, les disques, les livres, les photos, les boîtes-archives ; le si petit bureau d'écolier que je tiens des années soixante-dix et une batterie de bibliothèques dépareillées -celle trouvée dans une décharge et rafistolée ; celle offerte par ma belle-soeur ; un autre en fer ; une autre, plus potable, en bois-. Rescapé de l'arène du temps, une armoire bancale est là ; le lit-cage n'y est plus ; le lit en bois de mon arrière grand-mère est au garage, en pièces détachées. Et des cartons, des cartons, bourrés de lettres, de fyers, de tickets, de cassettes-audio -production d'archives de ma période radio- sagement alignés.
La pièce est glaciale l'hiver, bouillante l'été. Frigo et sauna.
C'est tout de même mon royaume où les trésors , les sceptres et les couronnes sont ensevelis sous le négligent amas des communs.
Fin août 2003. "La Reine Mère" du "Roi se meurt" d'Ionesco voit ses jambes se dérober. Ma mère a de plus en plus de mal à marcher, et de plus en plus de mal à le supporter. Mon père hurle : "Avance, mais avance !..." Ma mère retombe dans son fauteuil, résignée. Elle fait plusieurs chutes. On la ramène dans son lit, comme un poids mort. Et puis un jour, ses jambes refusent de la porter. Très vite, le diagnostic tombe : "Maladie de Parkinson". Parking song ?
Le pharmacien de Bessières livre un fauteuil roulant. La chambre orange doit être rapidement dégagée pour laisser place à un impressionnant arsenal : nous sont livrés un lit médicalisé équipé de vérins, ridelles et potence , ainsi qu'un soulève-malade, ressemblant à une grue de chantier. Quel cirque ! Où sont les trapézistes ?

La chambre orange n'en finit pas de livrer ses mystères ; là, la chambre devient une chambre de torture, plus difficile à regarder qu'un donjon sadomasochiste. Mes choses, mes vieux et jeunes papiers, mes caisses s'exilent au garage, où ils sont empilés à la hâte, dans l'urgence, comme on sauve des objets lors d'une inondation ou un incendie.
Ca arrache de faire ça ; ça remue.
La chambre orange devient une chambre d'hôpital où un escadron d'aides-soignantes se relaie matin et soir.
Ma mère a perdu toute son autonomie. Elle réclame une assistance permanente pour le lever, le coucher, l'habillage, la toilette intime et les repas. ses mains qui ont lavé, brossé, cousu, tricoté, cuisiné, planté sont mortes et ne saisissent plus rien, ou si mal. Nous lui donnons à manger. Vivement les yaourts, ça descend bien. Je suis affecté tous les week-end à l'aide aux aides-soignantes. Je deviens le papa de ma maman. Elle devient incontinente.
Lorsque je suis allé acheter des couches au supermarché pour ma maman, ça m'a fait drôle. De là d'où je viens, de "La Naissance du Monde"  de Gustave Courbet, jamais je n'aurais pensé tirer une philosophie.
Vous ne pouvez pas savoir comment ça relativise bon nombre de choses de voir le sexe de sa mère, sans honte, sans pudeur, mais avec tendresse et sans rougir, et de devoir "nettoyer la merde de son cul". Voyez-vous d'autres mots pour dire ça autrement ? "Je vous au fait un cadeau" dit ma mère à "l'infirmère". "Ca porte bonheur, je vais toucher de l'argent." répond "l'infirmère". Mais je sais qu'au fond, elle est humiliée d'être ainsi torchée comme une enfant. Ces actes si naturels et si humains me donnent une force extraordinaire.
Ma mère rentre de plain-pied dans la chanson de Brel "Les Vieux" : "... du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil, et puis du lit au lit..."
Sauf que la chambre orange pisseux ne sent "ni le propre ni la lavande" comme dans la chanson.

Le vrai mystère de la chambre orange au papier peint qui part en lambeaux, aux lés qui tiennent avec des punaises, c'est d'avoir été et de continuer à être multi-fonctions. Mon arrière-grand-mère Marie y est morte en douceur ; ma mère y geint, immobile, paralysée, en sueurs ; et entre les deux femmes, j'y fus de passage, pas plus gaillard qu'elles deux, élevé dans la culture du malheur.

Il suffirait de peu pour que la chambre ne fût plus orange : décoller le papier-peint.

n, v, u
En cursive, on peut confondre "je suis venue" et "je suis veuve"... Prenez un crayon et faites donc l'essai...
Ma mère est devenue veuve le 25 décembre 2003. Mon père venait d'apprendre que le Père Noël n'existait pas.

(A suivre.)

Joël Fauré

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UNE CONFIDENCE EROTIQUE

"Première tendance de saison"
par Camille C.

A présent, elle hésitait car ce n'était plus la paire à laquelle elle rêvait depuis deux jours qui lui plaisait le plus.
Pourtant, elle s'était vue porter ces cuissardes. Elle s'était mirée dans la psyché virtuelle, vêtue de la jupe en jean et du pull en cachemire à manches courtes gris anthracite, un foulard de soie noué serré autour de sa gorge et surtout, elle s'était sentie se les enfiler avec une lenteur et une volupté suffisantes qui aveient provoqué le frémissement déclencheur au bas de son pubis... La peau du cuir et la peau de ses cuisses transpiraient de la même odeur suave. Mais voilà que ce matin, la vendeuse avait ajouté ces dernières tendances de la saison, dont cette paire de bottes "au cuir plissé, lui avait-elle dit, si confortables aux chevilles, douces et légères et solides à la fois, pas besoin d'entretien, juste une petite crème incolore et elles feront plus que la saison..."
Elle s'en moquait bien ; elle ne l'écoutait pas comme c'était son habitude lorsqu'un discours la barbait et que, de toutes façons, elle savait qu'elle n'en ferait qu'à sa tête. Et puis cette femme lui rappelait un cacatoès avec son oeil rond et sa crête sur la tête. Et puis, ce cuir noir n'était pas fripé, ça faisait vieille peau rideé. Non, ce cuir était froissé comme le linge est repassé, et ce nouvel aspect l'attirait justement par son côté non fini, comme s'il ne s'était pas laissé travailler par l'artisan, comme si aucun outil n'avait pu le dompter, comme si l'animal dont il provenait n'était pas mort, comme s'il courait encore, comme s'il respirait, comme un drap que l'on avait chiffonné et transpiré toute une nuit d'amour.
Le prix ? Cela ne se demande pas et ne se dit pas. Alors, elle se les acheta et jeta le ticket de caisse à la sortie du magasin.
Elle avait déjà chaussé ses bottes et allait retirer sa culotte pour sentir l'effet... et attendre le frémissement déclencheur... plus bas que son pubis.




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14 août 2007 2 14 /08 /août /2007 20:25

DE LA NOSTALGIE DE "PIF-GADGET"

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Dialogue :

" - Je n'aurais jamais songé qu'un jour, on puisse trouver des martinets dans des "gadgeteries".
- Oh, mais c'est des gadgets...
- Vous en vendez beaucoup ?
- Oui, pas mal.
- Y' a un message quand même. Il doit y avoir des rougissements ?
(La jeune vendeuse est troublée ; elle rougit.)
C'est pour offrir, mais avant, je voudrais le scaner pour mon blog...
- Alors, je vous le ferme pas complètement ?

JF

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14 août 2007 2 14 /08 /août /2007 20:23
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14 août 2007 2 14 /08 /août /2007 19:19

Auto-interview à destination de la presse.
A mon ami Pierre Bruel, qui se déplace souvent en tapis volant et m'interroge à son micro "Comment qualifieriez-vous votre livre sur votre mère, et votre oeuvre en général ?", je réponds : "Tu sais... Je te dis "tu" parce qu'on se dit "tu" hors antenne... C'est égotiste et obsessionnel."

Idées Noires.
"On fait venir le docteur ?"
Le docteur : c'est un mot important. Rien que de le prononcer, ça va mieux. Rien que de l'attendre, les symptômes semblent disparaître. Ma mère sortait de son étui un thermomètre à mercure et prenait la température. Elle s'y connaissait en chiffres, ceux du matin et ceux du soir. Et quand les bornes étaient dépassées, elle appelait le "Docteur Guillaume". Il porte le même nom et il ressemble au personnage sympathique que j'appréciais dans "Belle et Sébastien", de Cécile Aubry, à "La Bibliothèque Verte".
Je me souviens même de quelques phrases : "Tu es quelqu'un d'important : le docteur ! Ecoute comme ça sonne bien : le docteur !..."
Le docteur Guillaume arrivait. Il avait quelques accessoires et quelques mots rassurants. Et tout allait mieux...

Crises.
J'ai retrouvé dans les malles de ma mère un cahier jauni rempli d'une écriture violette. Ce sont des conduites à tenir, en matière d'hygiène et de santé. Sur le système nerveux, ma mère a écrit : "Il faut éviter (...) la préoccupation et la précipitation qui nécessitent une grande dépense de forces nerveuses et exténuent. Faire un effort continuel de volonté et de raison pour agir avec tout son calme et savoir se dominer."
Adolescente, ma mère a pris quelques cours ménagers, à Villefranche.
Franchement, elle n'a pas bien appris et retenu ses leçons. Elle est constamment préoccupée. Elle se précipite. Sanguine, impulsive, elle ne sait pas garder son calme. Elle ne sait pas se dominer. Le docteur Guillaume lui remet un "carnet de surveillance de l'hypertension arterielle."
Elle pousse des plaintes d'animal inédit. Elle émet des hurlements de coyotes qui ont les chocottes.

Elle veut aller sur la route se faire écraser par une voiture. Elle avale un berlingot d'eau de Javel. On lui fait remarquer que les seuls berlingots qu'elle peut consommer sans risque sont au rayon confiserie. Je lui dis que j'ai lu quelque part que les suicidés étaient très mal accueillis au Paradis. Elle perd ses oies et ses brebis. Elle voit des bandits dans un coin de sa chambre. Si j'étais Philippe Claudel et que je devais écrire un livre qui s'appelerait "Les âmes grises", j'écrirais qu'elle "confond les brouillards de novembre avec son propre désarroi".  On l'envoie dans une maison de santé. Elle insulte les infirmières. Elle les traites de "putes". Moi, personnellement, ça ne me dérange pas ; j'aimerais qu'elles le soient, parfois.

Une lettre de l'abbé Trémolières à "Marthou".
"St Rome de Tarn,
le 12.11.95
Chère Marthou,
Pour ce qui est de ton pessimisme boudeur, aux oubliettes, et n'en parle plus. On croirait que le volume que tu prends te contrarie, comme si tu avais 20 ans et si tu cherchais un amoureux. Vu l'âge et la forme que tu prends, au mieux tu peux faire bonne de curé. Quand ça va pas, récite le chapelet. Dis toi bien que bientôt, tu seras "sous terre à faire des vers", et tu seras heureuse à rendre l'âme. Ici tout va bien. J'ai cueilli 5 kilos de cèpes 425 pièces. Le courage est excellent."

Un séisme particulier.
Ca vous tombe comme ça, un dimanche matin, de très bonne heure, quand les paupières sont encore scellées comme un pli recommandé. Mon père vient en catastrophe me réveiller. Il a très peur. C'est ma mère. C'est grave. Je fonce dans la chambre. Je n'oublierai jamais ce petit matin-là. Ma mère a les bras et les jambes cloués, la bouche tordue ; sa parole est capturée. "L'attaque", ce séisme particulier, vient de frapper. J'appelle les secours, j'applique de l'eau bénite de Lourdes sur le front (Ca peut faire de mal) de celle que je vis ensuite partir pour l'hôpital, dans le fourgon des pompiers, qui irrisait de bleu la route enténébrée ; celle qui, pour moi, fut et restait épée et bouclier, unique référence, exclusive. Là, pour l'instant et vraiment, je m'aperçus que je l'aimais d'une belle ardeur, que je ne voulais rien d'autre qu'elle se tirât de ce mauvais pas, qu'elle recouvrît totalement l'usage de sous ses sens et de toutes ses facultés. Je n'avais qu'elle au monde. C'était mon bouclier.
A l'hôpital, où elle fut admise aux urgences, je fondai en larmes. Dans son lit, elle tentait de parler un improbable langage. Un médecin, interrogé, m'annonça que, dans ce cas de figure, tout était possible : l'hémiplégie, le coma... Un vaisseau s'était bouché dans le cerveau... L'amélioration ou la dégradation seraient-elles vite perceptibles ? Il faudrait attendre quelques jours avant de se prononcer.
On attend toujours trop longtemps.
Mon père et moi étions perdus dans cette maison grise où tout nous parlait d'elle, sans elle. Elle gérait tout. Et à l'heure, pénible, des questionnements sur son sort, nous étions à la dérive. Ce soir-là, je me suis couché entre deux plaques de chagrin.
Le destin a parfois des remords. Il visita sans doute ma mère nuitamment, et lui redonna des forces. L'héparine et cette merveilleuse assistance médicale qui nous rassure tous un peu, firent le reste. Deux longs jours après le séisme, ma mère retrouva l'usage du sens commun. Aucun déficit. Il restait simplement à se rétablir, à chasser les derniers débris et éclats du carnage.

Ephémérides.
Dimanche 21 décembre 1997 : hospitalisée à Purpan pour attaque.
Mardi 30 décembre 1997 : Sortie de Purpan.

(A suivre.)


Joël Fauré

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DEMAIN SUR CET ECRAN :
"UNE CONFIDENCE EROTIQUE" de Camille C.


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13 août 2007 1 13 /08 /août /2007 19:56
Allo, maman, bobo

"VOUS SAVEZ, CE NE SONT QUE DES RHUMATISMES PSORIAQUES..."


Comme c'est curieux. Comme c'est étrange. Comme c'est bizarre.
A l'annonce de ce nouveau verdict, par ce jeune carabin d'août, médecin remplaçant du remplaçant, qui, pour interpréter mon bilan sanguin révise son barême dans un petit carnet -tenir compte de l'âge, de la corpulence, et autres paramètres- (C'est ingrat d'être généraliste : ce sont eux qui devraient percevoir au moins 80 € par consultation, et pas les spécialistes de la spécialité qui ne voient que la spécialité et ne parlent que de la spécialité... Fastoche ! Même moi, à bac moins 3, je sais faire !), je me suis rendu compte, parce que la chose était formulée "qu'on ne pouvait pas cumuler plusieurs maladies graves à la fois, et que j'avais déjà les TOC". Il faut dire que j'y étais allé fort, moi, le preux chevalier de l'hypocondre et de l'atrabile, et j'avais demandé : "Vous croyez que c'est pas la maladie de Charcot ?" Au moins ça. Madeleine, la vraie Madeleine, celle qui a inspiré Jacques Brel, en était atteinte. "La maladie de Charcot" ou SLA (Sclérose Latérale Amyotrophique), c'est la pire des maladies ; le SIDA, à côté c'est rien. Tout le corps se paralyse petit à petit et l'esprit reste alerte. Madeleine, c'est un exemple de vie ; le jour où elle l'a senti, elle a mis une goutte de parfum dans son cou et elle a demandé une glace bourrée de médicaments... Madeleine n'est plus venue...
Alors, quand ce jeune homme m'a dit : "Ce ne sont que des rhumatismes psoriasiques",  comme c'est curieux, comme c'est étrange, comme c'est bizarre, j'ai pensé à "la femme de ma vie" qui repose six pieds sous terre, et à toi. "Je te remercie d'être entrée en mon enfer. L'enfer a parfois des fulgurances."

P.S. : Dis, on pourra encore se transformer en dragées à sucer ? 
Pour les âmes et les coeurs, ça y est ! Ils se sont touchés...

JF


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13 août 2007 1 13 /08 /août /2007 15:59
Ephémérides.
Morceaux choisis.
Lundi 1er janvier 1979. Repas avec toute la famille. Smic à 11 F 31.
Saucisson-beurre. - Pâté de foie de canard. - Plateau coeurs d'artichauds farcis avec riz saumon en boîte mayonnaise sur un lit de coeurs de palmiers entourés d'oeufs durs rapés garnis d'olives noires. - Quiche. - Truites de l'Aveyron. - Champignons de Paris. - Dinde. - Bûche, moka, Saint-Honoré. Bonne Journée.

Plan de table.
On parle souvent de table des matières. Mais on parle peu de la matière des tables. Celles que ma mère dressa étaient de bonne constitution. Il le fallait bien, au regard de ses talents de cordon bleu. C'était très bon ce qu'elle faisait : un "régal familier". Les convives se souviennent encore des pléthoriques repas qu'elle élaborait avec une grande virtuosité.
Ne me demandez surtout pas comment, un jour, elle accomplit le miracle de réunir autour d'une même table, "Germaine", de Pibrac ; "Bernadette", de Lourdes ; Alfred Binet, un psychologue de renom, et même un certain Jean-Baptiste Poquelin époux Molière, auteur très dramatique.
Ma mère avait passé la matinée dans les fumets, les écalages et les épluchures. Les victuailles abondaient et les conversations aussi.
Bernadette et Germaine se plaignaient d'avoir reçu, en direct du catalogue de "La Redoute", une auréole qui n'était pas à leur taille. Elles n'avaient pas une aussi grosse tête que ça. Ma mère leur indiqua qu'il existait un très bon service "Repris et échangé sans frais, satisfait ou remboursé." Molière, très ému d'être chez une amphitryonne nommée Trémolières, ne put s'empêcher de donner de mémoire quelques morceaux choisis de sa dernière pièce :
"- Combien serez-vous de gens à table ?
- Nous serons huit ou dix. Mais il ne faut prendre que huit. Quand il y a à manger pour huit, il y en a bien pour dix.
- Cela s'entend.
- Et bien, il faudra quatre grands potages et cinq assiettes. Potages, bisque, potage de perdrix aux choux verts, potage de santé, potage de canard aux navets."
Ma mère rayonnait.
" - Entrées : fricassé de poulet, tourte de pigeonneaux, ris de veau, boudin blanc et morilles."
Ma mère jubilait.
" - Rôt : dans un grandissime bassin dressé en pyramide : une grande longe de veau de rivière, trois faisans, trois poulardes grasses, douze perdreaux, deux douzaines de cailles, trois douzaines d'ortolans et quatre grands civets. Entremets..."
Ma mère irradiait. Moi, je salivais. On n'en était encore qu'aux hors-d'oeuvre. Les chefs-d'oeuvre, c'était pour un peu plus tard.
Et Molière poursuivait :
" - Apprenez que c'est un coupe-gorge qu'une table remplie de trop de viandes ; que pour se bien montrer ami de ceux que l'on invite, il faut que la frugalité règne dans les repas qu'on donne, et que, suivant le dire d'un ancien, il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger."
Je me retrouvai déçu. Malgré mon souci maladif de faire profil bas et rester silencieux, Molière me toisa : "Vous avez de bonnes joues, jeune homme. Vous devriez faire du théâtre."
Tout redevint plus doctoral et définitif lorsqu'Alfred Binet résuma, le visage cramoisi par les vins et les sauces, sa conception du fétichisme : "C'est un substitut du pénis, et la crainte de la castration." Il rajouta : "A ce propos, savez-vous que Freud, ce connard opportuniste, recevait ses patients en charentaises ?"
Je surpris Bernadette et Germaine s'échanger un regard entendu. Il va sans dire que je me gardai de dire que j'eusse préféré qu'en lieu et place de sabots, elles portassent de hautes cuissardes. Je serais allé à la messe plus souvent.

(A suivre.)

Joël Fauré

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12 août 2007 7 12 /08 /août /2007 11:50
La maison Verte et Grise redevient toute grise : mon père a fait arracher la vigne vierge, au motif qu'elle grimpait sur le toit et menaçait les tuiles.

"Je n'ai plus rien à me mettre".
La machine à coudre Singer (l'ami sincère) est devenue une pièce de musée. Elle se morfond dans le vieux poulailler. Je l'ai vue en activité, mue par ma mère, bonne couturière, bonne tricoteuse, respectueuse des patrons de "Modes et Travaux".
Où est cette période d'insouciance quand je me réfugiai dans les jupes de ma mère, quand quelqu'un "venait à la maison" et que je me cachais... ? Cette période où elle gardait des boutons et des fermetures-éclair dans des boîtes... (Ca peut toujours servir...)
Je n'ai plus personne à qui demander : "Qu'est-ce que je mets ? Dans quel état de santé sont mes slips ? Et mes chaussettes, elles sont trouées ?" Je ne l'entends plus me dire : "Tu as pris un mouchoir ?"
Les armoires sont pleines de vêtements. La femme de ma vie "fait une machine", fait sécher au grand air -ça sent la lavande-, repasse, plie... Je ne me pose pas de questions. Il aurait peut-être fallu...
Me revient en mémoire la fois où ma mère, "robot-ménager", a bravé la route, avec sa "Visa Citroën", pour m'apporter du linge propre, alors que j'étais en maison de santé...

Les armoires sont pleines, elles débordent, et elle dit : "Je n'ai plus rien à me mettre", comme un leitmotiv. "Je suis habillée comme une gitane." Sur une patère, je compte soixante-dix tabliers de tergal.

Rappel du complexe d'Oedipe.
Un petit rappel qui n'est pas inutile.
Oedipe. Mythologie Grecque. Fils de Laïos, roi de Thèbes, et de Jocaste. Laïos, averti par un oracle qu'il serait tué par son fils et que celui-ci épouserait sa mère, abandonna son enfant sur une montagne. Recueuilli par des bergers, Oedipe fut élevé par le roi de Corinthe. Devenu adulte, il se rendit à Delphes pour consulter l'oracle sur le mystère de sa naissance. En chemin, il se disputa avec un voyageur, qu'il tua : c'était Laïos. Aux portes de Thèbes, il sut résoudre l'énigme du sphinx, dont il débarrassa ainsi le pays ; en récompense, les Thébains le prirent pour roi, et il épousa la reine Jocaste, veuve de Laïos, sa propre mère, dont il eut deux fils : Etéocle et Polynice, et deux filles : Antigone et Ismène. Mais Oedipe découvrit le secret de sa naissance, son parricide et son inceste. Jocaste se pendit, et Oedipe se creva les yeux. Banni de Thèbes, il mena une vie errante, guidé par sa fille Antigone, et mourut près d'Athènes, à Colone. -
Le mythe d'Oedipe a notamment inspiré des tragédies à Sophocle, Sénèque, à Pierre Corneille.

Le syndrome de Stockholm.
Il est des bourreaux qui fournissent les vivres. Il est de gentils assassins à qui on ne peut vraiment pas en vouloir.
La femme de ma vie m'a couvé, surprotégé, étouffé, asphyxié.
En voulant me faire beaucoup de bien, elle m'a fait beaucoup de mal.
Ma mère m'a détenu en captivité, m'a retenu en otage. Elle a dicté toutes mes décisions, fait infléchir toutes mes résolutions, tué dans l'oeuf toutes mes propositions.
Ou bien elle n'en est pas rendu compte, ou bien elle n'a pas voulu l'admettre.
Si elle ne s'en est pas rendu compte, je lui pardonne les beaux dégâts.
Si elle n'a pas voulu l'admettre, au jour d'aujourd'hui, je lui pardonne aussi.
Elle a fait ce qu'elle a pu, là où elle était, avec ce qu'elle avait.

Je peux pas dire "maman".
Ca m'écorche les lèvres. Je ne sais pas pourquoi. J'ai dû dire "maman" quinze ou vingt fois dans ma vie.
Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman.  Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Mam 

Ca y est ! J'ai rattrapé le temps perdu.

(A suivre.)

Joël Fauré

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BILLET D'HUMEUR


IN CAUDA VENENUM ?


"Le Journal du dimanche" d'aujourd'hui :
"Vandalisme. Des milliers de livres saccagés lors d'un salon littéraire à l'abbaye de Lagrasse (Aude) "Autodafé dans les Corbières"

"La Dépêche du dimanche" d'aujourd'hui :
"Aude. Agression dans l'abbaye. Qui a saccagé les 6 000 livres du Banquet ?
Des inconnus ont déversé de l'huile de vidange et du gazole sur plusieurs milliers d'ouvrages, exposés dans le cadre d'une manifestation culturelle, le Banquet du Livre, qui se tient chaque année à l'abbaye de Lagrasse dans l'Aude. Cette année, le thème retenu -"La nuit sexuelle", d'après le prochain livre de Pascal Quignard- avait entretenu une polémique, certains milieux catholiques considérant qu'un tel thème n'avait pas sa place dans une abbaye..."

J'avais lu le "flyer" qui annonçait cette manifestation sur un présentoir. Je m'étais dit, -le rose au front de l'érotomane contrarié que je suis- : "Ils ont du courage. Si ma vieille carcasse me l'avait permis, j'y serais bien allé."
Le jeu social est un jeu érotique.
Au nom de tous les miens, cathos jusqu'à la moelle, et en mon nom, néo-catho, je dis aux vandales : "Vous êtes bêtes. Vous avez tout faux."
Par pitié, par "charité chrétienne", n'abimez-pas les livres.
"In cauda venenum ?" Le venin dans la queue ? Alors, oui, j'éjacule sans retenue sur l'image d'une sainte au beau visage. Parce que ça me fait bander, et que je n'y peux absolument rien. Et pour moi, ce n'est pas ça, un blasphème. Et, pour une fois, je n'ai pas peur ; vous savez, j'ai visité le musée de l'Inquisition à Carcassonne. A l'époque, il se trouvait près du musée de la bande dessinée...

Joël Fauré

Petite bibliographie sélective :

- Histoire d'O (Pauline Réage)
- L'image (Jeanne de Berg)
- Le fétichiste (Michel Tournier)
- Traité du fétichisme à l'usage des jeunes générations (Jean Streff)
- Carnets d'une soumise de Province (Caroline Lamarche)
- La chair de la passion (Une histoire de foi : la flagellation) Patrick Vandermeersch (Les éditions du Cerf) 2002 (J'ai trouvé ce livre -assez érudit je dois dire- dans une librairie religieuse.)
- L'annuaire des pages blanches (France Télécom)




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11 août 2007 6 11 /08 /août /2007 20:23
DERNIER AVIS AVANT POURSUITES

J'ai reçu ce jour, dans ma boîte aux lettres "physique", voisine de mon journal préféré, qui du coup, s'est caché sous son bandeau, cette aimable missive, venue de la "République Française", Ministère de l'Economiedesfinancesetdelindustrie, signée de "l'huissière" du Trésor Public Solange X(1) :
"Madame, Monsieur,
J'ai été chargé par le comptable désigné ci-dessus de SAISIR VOS MEUBLES
Vous êtes en effet redevable de la somme de 314,00 Euros
au titre de : Taxe d'habitation 2006
Ce montant correspondant à vos contributions et aux frais restés impayés à ce jour, malgré les rappels qui vous ont été faits.
A défaut de réglement au comptable, la SAISIE EFFECTIVE DE VOS BIENS MOBILIERS sera pratiquée, MEME EN VOTRE ABSENCE, Le 12/09/2007, matin, après-midi, dans les conditions prévues par l'article 21 de la loi n° 91-650 du 9 juillet 1991, avec le cas échéant, l'assistance d'un serrurier et en présence du maire de la commune, d'un conseiller municipal, ou d'un fonctionnaire municipal délégué par le maire à cette fin, d'une autorité de police ou de gendarmerie, requis pour assister au déroulement des opérations ou, à défaut de deux témoins majeurs qui ne sont ni au service du créancier, ni de l'huissier.
Les frais entraînés par cette opération seront à votre charge.
Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.
L'huissier du Trésor public

J'ai repondu ceci :
"Chère Solange (1)
Me permettez-vous de vous appeler Solange ? Votre doux prénom vient attiédir la froideur de la machine administrative.
A cet instant, j'imagine que vous êtes en train de penser : "Encore la lettre d'un fou !". Mais n'ayez crainte, si je suis fou effectivement, le chèque de 314
euros que vous me réclamez est bien là, joint. Il est encaissable immédiatement. (J'ai veillé à approvisionner le plus honnêtement possible mon compte au Crédit Agricole. 113 ans de confiance et de bons sens près de chez vous entre une banque et les hommes, ce n'est pas rien. Et puis, une relation durable, ça change la vie.)
Malgré les différents rappels, le "mauvais payeur" que je suis n'a pas payé sa taxe d'habitation qu'autrefois on appelait "taxe sur les ouvertures et fenêtres". (Côté rue, mes fenêtres, sans double vitrage, laissent passer le brouhaha et les verbes hauts que je supporte de moins en moins. Vous savez, je suis né à la campagne...
Côté cour, les murs en sont ridiculement pourvus.)
Côté meubles, vous auriez été fort déçue, et le serrurier vous accompagnant aurait ri sous cape. Oui, je reconnais que ma "boîte d'allumettes" manque cruellement de fauteuils Voltaire et de commodes Louis XV et I font XVI.
Je ne voudrais pas clore cette lettre, que vous montrerez en souriant à vos collègues ou que vous transformerez en origami, sans tenter de donner une explication à mon "retard".
Je suis atteint d'un mal étrange, insensé et cruel : les troubles obsessionnels compulsifs. Cette pathologie mentale se traduit de plusieurs manières : gestes répétitifs, ruminations mentales, évitements et procrastination. Ma fatigue psychique et physique font que j'ai abandonné le luxe de rentrer dans les détails. Vous pourrez vous informer sur Internet.
Sachez simplement que ma vie a été annihilée par cette "saloperie" (Il n'y a pas d'autres mots.)
Tous les gestes anodins sont pasasités par des compulsions, avec à la clef une angoisse majeure.
Ainsi, me concernant, ouvrir et fermer une enveloppe -y compris celles du Trésor public- relèvent de l'effort surhumain.
Mais hauts les coeurs ! Tout rentre dans l'ordre cette fois-ci encore.
Un grand compositeur, Eric Satië pour ne pas le nommer, connaissait ce même tourment, et à sa mort, on a découvert des centaines de lettres non-ouvertes dans son piano.
Un humoriste -je crois que c'était Georges Courteline- avait pris l'habitude pour régler ses nombreuses dettes, de noter le nom de ses créanciers sur un petit papier qu'il plaçait dans un chapeau. Il remuait, tirait au sort un papier, payait l'heureux bénéficiaire, puis envoyait un courrier aux autres : "Je suis vraiment désolé, mais le tirage au sort ne vous a pas désigné pour le remboursement de la somme que je vous dois. Vous pourrez cependant participer au prochain tirage."
Je vous prie, Madame, de croire en l'expression de mes respectueuses salutations.

Joël Fauré.

P.S. : Je relaterai, avec humour bien sûr -il faut faire en sorte de ne jamais s'en départir- cette "mésaventure" qui vient se rajouter à la longue liste des avatars financiers provoqués et compliqués par les TOC,  sur mon blog.
Je vous invite à venir le visiter :
http://a-propos-de-bottes.over-blog.fr/

(1) Le prénom a été modifié.

JF


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