18 août 2007 6 18 /08 /août /2007 20:13
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Découpages puérils et immatures.
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18 août 2007 6 18 /08 /août /2007 12:08
Recettes.
Je crois que, toute réflexion faite, le mieux, pour cerner la personnalité de ma mère -je gravite autour mais je redoute d'être trop près ("Le point le plus obscur est toujours sous la lampe.")- eût été d'écrire un livre de recettes de cuisine. Elle la faisait merveilleusement bien. Je garde en mémoire olfactive les délicieux "alicuits", les fumets, les bonnes pâtes et les bonnes sauces.
D'un cahier noir fatigué et graisseux, qui a connu les tables du "Cours Ménager" de la Besse-Vors (Aveyron), année 44-45, cahier de pâtisserie de Melle Marthe Trémolières, voici extrait, à l'intention des gourmets :

Bras de Venus.

Biscuit roulé : 100 gr. farine, 125 gr sucre, 4 jaunes d'oeuf et 6 blancs, 1/2 paquet de levure ou une pincée de bicarbonate.
Travailler jaune d'oeuf sucre jusqu'à ce que le mélange soit très léger et blanchisse.
Ajouter alors alternativement farine mélangée à la levure et blancs d'oeuf battus en neige ferme.
Verser cette préparation sur plaque rectangulaire beurrée et recouverte d'un papier beurré.
Faire cuire à feu doux 20 mn / 1/4 d'heure.
Renverser le biscuit sur une serviette mouillée.
Etendre dessus la marmelade et rouler rapidement.
Envelopper dans un papier pour que le gâteau conserve sa forme.
Laisser refroidir.

Allo maman bobo
Je suis immobilisé pour quelques jours dans une clinique verte et blanche. Verte comme la verdure qu'il y a autour, vert comme les bancs qu'on trouve dans le parc ; blanche comme la blouse des infirmières, blanche comme la chambre. Une clinique qui s'occupe des maladies d'au dessus du cou...
Je reste quelques jours sans apporter de gâteau à Sainte-Marthe, sans envoyer de carte postale. Je ne veux pas lui faire faire du "mauvais sang".
Le téléphone sonne. Un message s'enregistre dans la boîte vocale :
Voix de ma mère : "Il y est pas dans la chambre ?"
- Bonjour monsieur. C'est Nelly, à l'accueil de la maison de retraite Sainte Cécile. Votre maman souhaitait vous parler ce matin, donc c'est moi qui lui ai composé le numéro et je vous laisse un message de sa part. Si vous souhaitez la rappeler dans la matinée, n'hésitez-pas. Notre numéro est le... Je vous remercie monsieur. Au revoir."

Une lettre de l'Aveyron.
Ce serait comme une lettre qui aurait été postée le 24 janvier 1953 et ne serait arrivée à destination qu'aujourd'hui. Ca arrive, quelquefois. On lit ce genre de choses dans les journaux.
Albertine a écrit à Marthe pour lui demander de venir l'aider à sacrifier le cochon.
Albertine est la femme du frère aîné de la famille, Augustin.
Albertine est donc la belle-soeur de ma mère.
Comme ma mère, j'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour Albertine. Je l'ai peu connue mais elle m'a marqué.
Comme quoi, voyez-vous, une soeur peut, si elle s'en donne la peine, être belle et bonne...
J'ai tenu à conserver les quelques rares fautes d'orthographe et respecter la ponctuation originelle.

La Sarrette 24 - 1 - 53

Bien cher Tous
Nous avons reçue la lettre de Marthe hier, vous apportant de vos bonnes nouvelles et votre bonne santé.
Quand à nous, nous sommes tous en bonne santé malgré quelques bons rhumes.
Nous voulons tuer notre cochon samedi 31 janvier si Marthe tu pouvais venir nous aider à faire la saucisse, on passerait un moment ensemble, monte le vendredi soir nous viendrons t'attendre à l'autobus à Cadausset, tu redescends le lundi ou nous te garderons toute la semaine.
C'est de tout coeur aussi que j'invite Fernand venez tous les deux s'il vous est possible.
Nous aimerions aussi voir Jean-Pierre et Bernard mais je crains qu'avec ce froid, vous n'osiez les apporter.
embrassés les pour nous.
Augustin me charge de vous dire qu'il vous donnera votre argent.
En venant apportez le papier.
En attendant de causer de vive voix
recevez les meilleurs baisers de nous Tous

Faites votre possible pour venir vendredi et venez tous les deux
peut-être aurons-nous Roger ce jour-là
Bien le bonjour et bien des choses aux deux mémés
Gros baisers aux deux poupons
Albertine

Le facteur.
Avez-vous remarqué que l'anagramme de "facteur" est "facture" ? Lorsque le facétieux "Cathala" arrêtait sa "4L" jaune, avec son petit oiseau bleu devant chez nous autres, il débitait une gauloiserie, et tendait à ma mère "Le Pèlerin" ("On l'a toujours vu à la maison..."), ou le mauvais pli de l'assureur ou du percepteur. Et là, j'assistai impuissant au saignement à blanc de la famille : "Ca va être du propore si on nous prend la maison..." Ma mère n'a jamais eu d'ardoise. Son obsession de manquer d'argent doit avoir sa source quelque part : mais où ? Je suis un affluent de son fleuve.

Ephémérides.
Mercredi 28 février 1990 : décès accidentel vers Lavaur de Cathala, facteur 14 ans de service à Buzet.

(A suivre.)

Joël Fauré
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La deuxième phrase...

En feuilletant un illustré pour les femmes dont le coeur bat à droite, je suis tombé sur un "marronnier" qui laissait déjà tomber ses premières bonnes feuilles : la rentrée littéraire et ses quelques 700 volumes...
Il est de coutume pour les rédactions de publier la première phrase... Je me suis amusé à imaginer la seconde.
Je m'en suis tenu à mes "fixettes" et aux allusions qui y ont été faites...
Mazarine Pingeot, la fille de qui vous savez, publie chez
Julliard "Le cimetière des poupées". Ce livre sera-t-il un brûlot ? Il évoque l'affaire des bébés congelés, et a déjà suscité quelques polémiques.
La première phrase : "J'avais mis des bottes." Je me sentis protégée.
Lydie Salvayre, (Lu et aimé "La conférence de Cintegabelle") décrit au Seuil une relation entre un milliardaire et une romancière, engagée pour écrire une biographie à sa gloire.
La première phrase : "J'avais le cou meurtri à cause de la laisse, et l'esprit fatigué de l'entendre me dire C'est noté ? vingt fois par jour." "Mais j'avais accepté toutes les chaînes ; si je disais "pouce", j'arrête, je perdais mon plaisir avec ma douleur."

JF


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17 août 2007 5 17 /08 /août /2007 19:36
Une lettre au Père Noël.
Le services des lettres au Père Noël est installé au Centre de Recherche du Courrier, à Libourne. L'idée date de 1962. Elle est de Jacques Marette, alors ministre des PTT et frère de Françoise Dolto. Depuis, le succès n'a cessé d'être grandissant. Au nom de ma mère, j'adresse au grand bonhomme rouge et barbu, cette demande :

Mon cher Père Noël,
Malgré mon âge, il me serait agréable de recevoir un tout petit signe de vous.
Plus que jamais, je veux croire en vous et en votre magie.
Je vous souhaite grand courage et vous embrasse très fort.
Marthe Fauré.

Réponse du Père Noël.
Le Père Noël -2004- 33 LIBOURNE
à
Marthe Fauré
Maison de Retraite "Ste Cécile"
66 Bld du Tarn
31660 BESSIERES

Mon bout d'chou
J'ai bien reçu ton courrier qui m'a fait très plaisir. Je l'ai lu attentivement et je tenais à te répondre personnellement. J'en profite pour t'envoyer une petite surprise que je te laisse découvrir. Ici, tout se passe bien. Je suis en pleine préparation pour les fêtes. Je suis sûr que cette année encore, tu vas beaucoup t'amuser !
Les lutins se joignent à moi pour te faire de gros bisous.
Père Noël
qui pense fort à toi.
PS : Ah j'oubliais ! Je t'invite chaque jour sur mon site www.laposte.fr/pere-noel
Tu y trouveras plein de jeux et des aventures auxquelles tu pourras participer.
Et maintenant, découvre vite la surprise que je t'ai réservée : un joli puzzle qu'il te suffit de découper.
A toi de le reconstituer selon le modèle !
Tu pourras retrouver le Père Noël et la planète Zinzin sur le site www.laposte.fr/pere-noel

Encore quelques mots d'une chanson...
"Tu verras, tu seras bien..." chante Jean Ferrat, comme pour mieux aider à convaincre le femme de sa vie à rentrer en maison de retraite.
A "Sainte Cécile", Marthou fait les quatre cents coups. Le personnel s'arrache la perruque. De guerre lasse, elle se résignera : peut-être que le bateau affrêté par mon oncle est-il arrivé à bon port ?
Et pourtant, "La vieillesse est un naufrage" a dit le général de Gaulle. Comment s'y prennent les familles devant l'aïeule ou l'aïeul qui "traverse le présent en s'excusant déjà de n'être pas plus loin..." selon le mot de Jacques Brel ? (Vous ai-je déjà dit que ma mère a très bien connu Jacques Brel ?) Ils viennent au début souvent, avec cadeaux et sourires, puis un peu moins, parce qu'il y a toujours une bonne raison, "vous savez, un impératifmaiscestpromisonviendradimanche...", et puis presque plus du tout. Jusqu'à ce qu'un coup de téléphone attendu annonce une mauvaise nouvelle.

Une carte postale.
Je suis de ceux qui pensent qu'il faudrait que le facteur passe aussi le dimanche et les jours fériés. Et même, surtout le dimanche et les jours fériés. Et qu'il n'apporte ce jour-là que des bonnes nouvelles. Il y a là un créneau à prendre. Il reste à créer une entreprise d'hommes de lettres du dimanche. Le dimanche, les lettres sont plus belles.
Outre le cordon ombilical que je n'ai pas coupé, et qui me relie toujours à la femme de ma vie, j'ai établi un fil, un lien très fin entre nous deux. Chaque semaine, je confie aux bons soins de l'acheminement postal une petite carte postale à l'attention de "Madame Marthe Fauré ; Maison de Retraite Sainte Cécile ; 66, boulevard du Tarn ; 31660 Bessières" Je griffonne deux ou trois mots pas révolutionnaires sur le plan littéraire ; je colle un joli timbre de collection. Je le jette à la boîte, en général le mercredi ; au mieux, elle arrive le samedi. Et le dimanche, c'est moi qui mets la casquette de préposé, et viens vérifier que la tournée a bien été effectuée.
Pendant longtemps, j'ai apporté des gâteaux. J'arrivais à l'heure du dessert, alors que Pascal Sevran, dans la télévision, juste après la messe, devenait Grand Prescripteur et Maître-Chanteur, ("C'est aujourd'hui dimanche, et j'allais voir maman, j'ai pris ces roses blanches, elle les aime tant..."). La lippe gourmande, ma mère enfournait goulûment les Religieuses et les Saint-Honoré. A voir la tête de Sevran, j'imaginais qu'il devait penser que c'était folie de s'empiffrer ainsi d'étouffe-chrétiens.
Je demandais à ma mère des nouvelles de sa santé : elles n'étaient systématiquement pas bonnes. Elle partait en litanies et jérémiades : elle n'avait "rien à se mettre", elle allait se jeter par la fenêtre, c'était la dernière fois que je la voyais ; demain, elle serait morte, elle voulait que je la prenne avec moi : c'était la crise sur le gâteau.
Alors, je tentais de faire diversion :
"- Et la carte postale, tu l'as reçue ?"

Elle en a toute une collection qui s'épaissit dans le tiroir.
" - Qui a eu cette bonne idée de coller les cartes postales sur le mur de ta petite chambre, juste en face de ton lit, pour que tu les voies bien ?
- C'est Angélina. Il y en a 14."
Dimanche prochain, il y en aura quinze.

Ma mère ne m'a pas vu grandir.
Je n'ai pas vu vieillir ma mère.
Nous nous aveuglions mutuellement.
Et puis un jour, nous avons recouvré la vue
Pour redevenir aveugles aussitôt,
Brûlés par la lumière trop crue.

(A suivre)

Joël Fauré

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LE REVE DE CAMILLE...
In the mood for Singapour

Elle s'appelle Camille. Comme Camille C. Elle, c'est Camille Z. Il se trouve que Camille C. a rencontré Camille Z. un jour, ou peut-être une nuit, dans un endroit de tous les transits, un sas sensationnel... Langue à la chatte ? Le Métro !
Camille Z., je la croisais souvent sur le palier ou dans l'escalier. Un jour, nous avons échangé trois mots et deux regards. Elle faisait du frottis-frottas, et même un peu plus que ça, à la fac, au vu et au su de tous, avec la "chose littéraire". Elle se destinait à embrasser une carrière dans l'information, la communication, le journalisme... J'ai senti en elle la femme aux semelles de vent... Elle caressait déjà son rêve : poursuivre ses études à Singapour... En attendant, je lui "é proposai" d'écrire à quatre mains une sorte de "cadavre exquis"...
Ma rue, qui a été la sienne, me paraît bien étroite soudain, à la vue des images et des des paroles qu'inscrit Camille sur le blog, joli et instructif, qu'elle vient d'ouvrir, et que je vous conseille chaudement de visiter :
http://camasingapour.over-blog.fr/
Elle est riante, rieuse, courageuse, Camille, après un très grave accident, le mois dernier, qui a failli lui coûter la vie -et dont elle est sortie grandie- ; son désir d'Asie, elle vient nous le faire partager, et c'est un souffle d'exotisme qui parvient à nos narines.
Camille prépare une licence de communication à la "Nanyang Technological University" de Singapour... J'ai déjà appris qu'à Singapour, une loi interdisait de mâcher du chewing-gum et qu'il n'est pas rare de croiser des animaux qu'on croyait n'exister que dans les dessins animés... Dépaysement garanti.
Mais le mieux encore est que vous vous fassiez votre propre idée...

Sur la conviviale page d'accueil de son blog, vous pourrez lire, près de la jolie frimousse de Camille :
"Pour vous raconter un peu... ce que je vis là-bas(1)... à Singapour...
Au départ, ce n'est qu'une idée, un souhait, un désir qui peu à peu, prend forme pour venir s'imposer complètement à l'esprit... Une folle envie d'évasion... Un tournis à l'horizon.
Des traditions, des cultures et des coutumes qui intriguent, des paysages qui émerveillent, des visages qu'on aimerait connaître... de simples images qui nous transportent jusqu'au jour où l'on décide de faire le voyage pour s'en approcher au plus près, pour dessiner sa réalité et s'en imprégner tout à fait.
http://camasingapour.over-blog.fr/

(1) Mon égo hypertrophié me donne liberté d'écrire que le blog de camille est né tout près du mien, et que nous avons le même accoucheur.

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"BLOG DAY"

Le cahier saumon du "Figaro" de ce jour m'apprend, dans un entrefilet que j'ai bien failli ne pas voir :
"BLOG. Le 31 août aura lieu la troisième édition du "Blog day", les blogueurs devant recommander cinq nouveaux sites."

JF






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16 août 2007 4 16 /08 /août /2007 21:50
De quelques saints...
Sainte Cécile : Vierge et martyre romaine. Mariée au païen Valentinien, qu'elle convertit, elle est la patronne des musiciens, des compositeurs, des luthiers, des chanteurs et poètes. Elle est fêtée le 22 novembre.
Cécile est une amie de Germaine et Bernadette...
A Bessières, sur les berges du Tarn, la Maison d'Accueil pour Personnes Agées Dépendantes porte le nom de "Sainte-Cécile". Dans le jardin, sa statue la représente, un luth sous le bras...
Marthe, Madeleine, Mathilde Trémolières, veuve Fauré, grabataire, incontinente, y est admise en janvier 2004.

Monseigneur Denis Affre (Denis Auguste)
: Saint-Rome de Tarn, 1793 - Paris, 1848. Prélat français. Archévêque de Paris, il fut mortellement blessé le 25 juin 1848 sur les barricades, où il était allé porter des paroles de paix.
Denis est un ami de Cécile, Bernadette et Germaine.
A Saint-Rome de Tarn, sur les berges du Tarn, la Maison de Retraite porte le nom de "Denis Affre". Dans le jardin, sa stuatue le représente, le bras levé, pacificateur...
L'abbé René Trémolières y a été admis, et il y coule des jours méditatifs. Il lui arrive quelquefois de célébrer la messe.

Si le Père Trémolières pose sur l'eau de la Rivière Tarn un petit bateau en papier-bible, porteur d'un message divin à Sainte-Marthe, a-t-il toutes les chances, et tous les risques, ce petit bateau, lui qui, comme la vie, vogue comme un frêle esquif sur le long fleuve pas tranquille, de parvenir à destination ?

Ce serait comme le scénario d'un film...
Une maison isolée. Le père est mort. La mère est en maison de retraite. Plus personne n'y habite. Tout est resté en l'état. Dans son jus. Les trois enfants sont brouillés. Pour des broutilles. Ils s'épient, ils se commentent, ils évitent surtout d'avoir à se retrouver sur les lieux. Mais au fond, ils ne sont pas méchants.
Les terrains de jeu de nos enfances sont les champs de bataille de nos parents...

Lettre à mes trois enfants.
Le 10 mars 96

Mes chers petits,

Je vous demande pardon de ne pas vous avoir éduqués comme aurait dû le faire une mère. C'est pour cela que la désunion s'est installée dans notre famille. Je pardonne à X car elle n'est pas consciente du mal qu'elle a pu me faire. Je la remercie de me laisser venir les enfants. Peut-être un jour chacun saura-t-il reconnaître ses torts. Pardon à mémé Marie de ne pas l'avoir considérée comme j'aurais dû.
Si vous daignez venir sur ma tombe, que ce soit sans un sentiment de haine entre vous. Sachez que c'est le même sang qui coule dans vos veines.
J'ai écrit cela au cas où je n'aurais pas le temps ou la force de vous le dire.
Au revoir mes enfants chéris.
Maman.
Je confie à Notre Dame de Lourdes la garde de ce manuscrit.

"L"huître, l'algue et l'iode"
Chacun campe sur ses positions. C'est fréquent dans les familles. Voici une petite parabole.

"L'huître dit : "Ca sent mauvais, c'est la faute à l'algue."
L'Algue dit : "Non, si ça sent mauvais, c'est la faute à l'huître."
Et l'Iode dit : "Non, je vais vous mettre d'accord : tout est de ma faute si ça sent mauvais."

Comprend qui peut. Comprend qui veut.

La Maison Grise est vide de ses occupants. Ostréiculture mise à part, le temps impersonnel ronge les plâtres, fige dans un glacis les ruminations ; ça sent le bulot pas frais ; le carrelage se rembrunit. Nous avons gardé l'éclairage.
On m'a enfin appris comment marchait la machine à laver.
Il était temps. La femme de ma vie ne voulait pas que j'y touche.
Après quelques lessives, j'ai dû débrancher la machine à laver.

La femme de ma vie sombre dans un coma vigil.
Elle est admise au service de déchoquage de l'Hôpital Purpan, à Toulouse.

C'est décidé, le week-end prochain, je débranche...
le frigo.
La femme de ma vie sort du coma.

(A suivre.)

Joël Fauré








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15 août 2007 3 15 /08 /août /2007 13:06

Emu, troublé, titillé, émoustillé, "émoustitillé" par le texte torride de Camille C., j'ai fait une mauvaise manipulation, et je l'ai "mis en ligne" directement, au lieu de le stocker en "brouillon" pour relecture.
Résultat des courses : un "martinet sexuel", une paire de bottes, une "veste", et surtout un texte truffé de fautes de frappe et de frappes de faute...
Je crois que le martinet va servir.
En attendant, toutes mes excuses... Pour me faire pardonner, je vous offre une image... Savez-vous que c'est ainsi que je phantasme toutes mes lectrices ?

JF

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Illustration : ?


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15 août 2007 3 15 /08 /août /2007 11:25
Le mystère de la chambre orange.
Il faut que je vous décrive la chambre orange. Celle qui me fut allouée à la mort de mon arrière grand-mère, Marie Sans. "Sans". Il faut que je vous la décrive à la fin août 2003, date à laquelle il m'a fallu de nouveau la rendre.
La chambre orange : elle tient cette teinte dominante du papier peint, au motif de trop grosses fleurs multipliées à l'infini, occultant un feuillage soumis. Multipliées à l'envi jusqu'à l'arrêt des arêtes, les corolles en colère ont livré force batailles. Les lés étaient beaux neufs. Aujourd'hui défraîchis, ils s'avachissent dans des plinthes classées sans suite et des embrasures. Elle la tient encore de la pâle lumière diffusée sous un globe orangé comme un agrume amer. Les fleurs ont fané, donc ; le papier tombe en lambeaux lamentables que l'humidité moisit. Au dessus de la fenêtre, je punaise les lés récalcitrants qui sont devenus incollables sur le malheur d'exister.

Vin fin août 2003. Après une canicule historique. Il demeure dans cette pièce S.A.L.E (Studio, Atelier, Laboratoire, Entrepôt), un fourbi inesploitable sans tri préalable. Ma mère y a entreposé de nombreuses hardes, habits, vêtements, serviettes, avec défense absolue d'y toucher sous peine de pendaison haut et court. Ces chiffons voisinnent avec mon patrimoine de papier en vrac, les disques, les livres, les photos, les boîtes-archives ; le si petit bureau d'écolier que je tiens des années soixante-dix et une batterie de bibliothèques dépareillées -celle trouvée dans une décharge et rafistolée ; celle offerte par ma belle-soeur ; un autre en fer ; une autre, plus potable, en bois-. Rescapé de l'arène du temps, une armoire bancale est là ; le lit-cage n'y est plus ; le lit en bois de mon arrière grand-mère est au garage, en pièces détachées. Et des cartons, des cartons, bourrés de lettres, de fyers, de tickets, de cassettes-audio -production d'archives de ma période radio- sagement alignés.
La pièce est glaciale l'hiver, bouillante l'été. Frigo et sauna.
C'est tout de même mon royaume où les trésors , les sceptres et les couronnes sont ensevelis sous le négligent amas des communs.
Fin août 2003. "La Reine Mère" du "Roi se meurt" d'Ionesco voit ses jambes se dérober. Ma mère a de plus en plus de mal à marcher, et de plus en plus de mal à le supporter. Mon père hurle : "Avance, mais avance !..." Ma mère retombe dans son fauteuil, résignée. Elle fait plusieurs chutes. On la ramène dans son lit, comme un poids mort. Et puis un jour, ses jambes refusent de la porter. Très vite, le diagnostic tombe : "Maladie de Parkinson". Parking song ?
Le pharmacien de Bessières livre un fauteuil roulant. La chambre orange doit être rapidement dégagée pour laisser place à un impressionnant arsenal : nous sont livrés un lit médicalisé équipé de vérins, ridelles et potence , ainsi qu'un soulève-malade, ressemblant à une grue de chantier. Quel cirque ! Où sont les trapézistes ?

La chambre orange n'en finit pas de livrer ses mystères ; là, la chambre devient une chambre de torture, plus difficile à regarder qu'un donjon sadomasochiste. Mes choses, mes vieux et jeunes papiers, mes caisses s'exilent au garage, où ils sont empilés à la hâte, dans l'urgence, comme on sauve des objets lors d'une inondation ou un incendie.
Ca arrache de faire ça ; ça remue.
La chambre orange devient une chambre d'hôpital où un escadron d'aides-soignantes se relaie matin et soir.
Ma mère a perdu toute son autonomie. Elle réclame une assistance permanente pour le lever, le coucher, l'habillage, la toilette intime et les repas. ses mains qui ont lavé, brossé, cousu, tricoté, cuisiné, planté sont mortes et ne saisissent plus rien, ou si mal. Nous lui donnons à manger. Vivement les yaourts, ça descend bien. Je suis affecté tous les week-end à l'aide aux aides-soignantes. Je deviens le papa de ma maman. Elle devient incontinente.
Lorsque je suis allé acheter des couches au supermarché pour ma maman, ça m'a fait drôle. De là d'où je viens, de "La Naissance du Monde"  de Gustave Courbet, jamais je n'aurais pensé tirer une philosophie.
Vous ne pouvez pas savoir comment ça relativise bon nombre de choses de voir le sexe de sa mère, sans honte, sans pudeur, mais avec tendresse et sans rougir, et de devoir "nettoyer la merde de son cul". Voyez-vous d'autres mots pour dire ça autrement ? "Je vous au fait un cadeau" dit ma mère à "l'infirmère". "Ca porte bonheur, je vais toucher de l'argent." répond "l'infirmère". Mais je sais qu'au fond, elle est humiliée d'être ainsi torchée comme une enfant. Ces actes si naturels et si humains me donnent une force extraordinaire.
Ma mère rentre de plain-pied dans la chanson de Brel "Les Vieux" : "... du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil, et puis du lit au lit..."
Sauf que la chambre orange pisseux ne sent "ni le propre ni la lavande" comme dans la chanson.

Le vrai mystère de la chambre orange au papier peint qui part en lambeaux, aux lés qui tiennent avec des punaises, c'est d'avoir été et de continuer à être multi-fonctions. Mon arrière-grand-mère Marie y est morte en douceur ; ma mère y geint, immobile, paralysée, en sueurs ; et entre les deux femmes, j'y fus de passage, pas plus gaillard qu'elles deux, élevé dans la culture du malheur.

Il suffirait de peu pour que la chambre ne fût plus orange : décoller le papier-peint.

n, v, u
En cursive, on peut confondre "je suis venue" et "je suis veuve"... Prenez un crayon et faites donc l'essai...
Ma mère est devenue veuve le 25 décembre 2003. Mon père venait d'apprendre que le Père Noël n'existait pas.

(A suivre.)

Joël Fauré

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UNE CONFIDENCE EROTIQUE

"Première tendance de saison"
par Camille C.

A présent, elle hésitait car ce n'était plus la paire à laquelle elle rêvait depuis deux jours qui lui plaisait le plus.
Pourtant, elle s'était vue porter ces cuissardes. Elle s'était mirée dans la psyché virtuelle, vêtue de la jupe en jean et du pull en cachemire à manches courtes gris anthracite, un foulard de soie noué serré autour de sa gorge et surtout, elle s'était sentie se les enfiler avec une lenteur et une volupté suffisantes qui aveient provoqué le frémissement déclencheur au bas de son pubis... La peau du cuir et la peau de ses cuisses transpiraient de la même odeur suave. Mais voilà que ce matin, la vendeuse avait ajouté ces dernières tendances de la saison, dont cette paire de bottes "au cuir plissé, lui avait-elle dit, si confortables aux chevilles, douces et légères et solides à la fois, pas besoin d'entretien, juste une petite crème incolore et elles feront plus que la saison..."
Elle s'en moquait bien ; elle ne l'écoutait pas comme c'était son habitude lorsqu'un discours la barbait et que, de toutes façons, elle savait qu'elle n'en ferait qu'à sa tête. Et puis cette femme lui rappelait un cacatoès avec son oeil rond et sa crête sur la tête. Et puis, ce cuir noir n'était pas fripé, ça faisait vieille peau rideé. Non, ce cuir était froissé comme le linge est repassé, et ce nouvel aspect l'attirait justement par son côté non fini, comme s'il ne s'était pas laissé travailler par l'artisan, comme si aucun outil n'avait pu le dompter, comme si l'animal dont il provenait n'était pas mort, comme s'il courait encore, comme s'il respirait, comme un drap que l'on avait chiffonné et transpiré toute une nuit d'amour.
Le prix ? Cela ne se demande pas et ne se dit pas. Alors, elle se les acheta et jeta le ticket de caisse à la sortie du magasin.
Elle avait déjà chaussé ses bottes et allait retirer sa culotte pour sentir l'effet... et attendre le frémissement déclencheur... plus bas que son pubis.




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14 août 2007 2 14 /08 /août /2007 20:25

DE LA NOSTALGIE DE "PIF-GADGET"

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Dialogue :

" - Je n'aurais jamais songé qu'un jour, on puisse trouver des martinets dans des "gadgeteries".
- Oh, mais c'est des gadgets...
- Vous en vendez beaucoup ?
- Oui, pas mal.
- Y' a un message quand même. Il doit y avoir des rougissements ?
(La jeune vendeuse est troublée ; elle rougit.)
C'est pour offrir, mais avant, je voudrais le scaner pour mon blog...
- Alors, je vous le ferme pas complètement ?

JF

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14 août 2007 2 14 /08 /août /2007 20:23
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14 août 2007 2 14 /08 /août /2007 19:19

Auto-interview à destination de la presse.
A mon ami Pierre Bruel, qui se déplace souvent en tapis volant et m'interroge à son micro "Comment qualifieriez-vous votre livre sur votre mère, et votre oeuvre en général ?", je réponds : "Tu sais... Je te dis "tu" parce qu'on se dit "tu" hors antenne... C'est égotiste et obsessionnel."

Idées Noires.
"On fait venir le docteur ?"
Le docteur : c'est un mot important. Rien que de le prononcer, ça va mieux. Rien que de l'attendre, les symptômes semblent disparaître. Ma mère sortait de son étui un thermomètre à mercure et prenait la température. Elle s'y connaissait en chiffres, ceux du matin et ceux du soir. Et quand les bornes étaient dépassées, elle appelait le "Docteur Guillaume". Il porte le même nom et il ressemble au personnage sympathique que j'appréciais dans "Belle et Sébastien", de Cécile Aubry, à "La Bibliothèque Verte".
Je me souviens même de quelques phrases : "Tu es quelqu'un d'important : le docteur ! Ecoute comme ça sonne bien : le docteur !..."
Le docteur Guillaume arrivait. Il avait quelques accessoires et quelques mots rassurants. Et tout allait mieux...

Crises.
J'ai retrouvé dans les malles de ma mère un cahier jauni rempli d'une écriture violette. Ce sont des conduites à tenir, en matière d'hygiène et de santé. Sur le système nerveux, ma mère a écrit : "Il faut éviter (...) la préoccupation et la précipitation qui nécessitent une grande dépense de forces nerveuses et exténuent. Faire un effort continuel de volonté et de raison pour agir avec tout son calme et savoir se dominer."
Adolescente, ma mère a pris quelques cours ménagers, à Villefranche.
Franchement, elle n'a pas bien appris et retenu ses leçons. Elle est constamment préoccupée. Elle se précipite. Sanguine, impulsive, elle ne sait pas garder son calme. Elle ne sait pas se dominer. Le docteur Guillaume lui remet un "carnet de surveillance de l'hypertension arterielle."
Elle pousse des plaintes d'animal inédit. Elle émet des hurlements de coyotes qui ont les chocottes.

Elle veut aller sur la route se faire écraser par une voiture. Elle avale un berlingot d'eau de Javel. On lui fait remarquer que les seuls berlingots qu'elle peut consommer sans risque sont au rayon confiserie. Je lui dis que j'ai lu quelque part que les suicidés étaient très mal accueillis au Paradis. Elle perd ses oies et ses brebis. Elle voit des bandits dans un coin de sa chambre. Si j'étais Philippe Claudel et que je devais écrire un livre qui s'appelerait "Les âmes grises", j'écrirais qu'elle "confond les brouillards de novembre avec son propre désarroi".  On l'envoie dans une maison de santé. Elle insulte les infirmières. Elle les traites de "putes". Moi, personnellement, ça ne me dérange pas ; j'aimerais qu'elles le soient, parfois.

Une lettre de l'abbé Trémolières à "Marthou".
"St Rome de Tarn,
le 12.11.95
Chère Marthou,
Pour ce qui est de ton pessimisme boudeur, aux oubliettes, et n'en parle plus. On croirait que le volume que tu prends te contrarie, comme si tu avais 20 ans et si tu cherchais un amoureux. Vu l'âge et la forme que tu prends, au mieux tu peux faire bonne de curé. Quand ça va pas, récite le chapelet. Dis toi bien que bientôt, tu seras "sous terre à faire des vers", et tu seras heureuse à rendre l'âme. Ici tout va bien. J'ai cueilli 5 kilos de cèpes 425 pièces. Le courage est excellent."

Un séisme particulier.
Ca vous tombe comme ça, un dimanche matin, de très bonne heure, quand les paupières sont encore scellées comme un pli recommandé. Mon père vient en catastrophe me réveiller. Il a très peur. C'est ma mère. C'est grave. Je fonce dans la chambre. Je n'oublierai jamais ce petit matin-là. Ma mère a les bras et les jambes cloués, la bouche tordue ; sa parole est capturée. "L'attaque", ce séisme particulier, vient de frapper. J'appelle les secours, j'applique de l'eau bénite de Lourdes sur le front (Ca peut faire de mal) de celle que je vis ensuite partir pour l'hôpital, dans le fourgon des pompiers, qui irrisait de bleu la route enténébrée ; celle qui, pour moi, fut et restait épée et bouclier, unique référence, exclusive. Là, pour l'instant et vraiment, je m'aperçus que je l'aimais d'une belle ardeur, que je ne voulais rien d'autre qu'elle se tirât de ce mauvais pas, qu'elle recouvrît totalement l'usage de sous ses sens et de toutes ses facultés. Je n'avais qu'elle au monde. C'était mon bouclier.
A l'hôpital, où elle fut admise aux urgences, je fondai en larmes. Dans son lit, elle tentait de parler un improbable langage. Un médecin, interrogé, m'annonça que, dans ce cas de figure, tout était possible : l'hémiplégie, le coma... Un vaisseau s'était bouché dans le cerveau... L'amélioration ou la dégradation seraient-elles vite perceptibles ? Il faudrait attendre quelques jours avant de se prononcer.
On attend toujours trop longtemps.
Mon père et moi étions perdus dans cette maison grise où tout nous parlait d'elle, sans elle. Elle gérait tout. Et à l'heure, pénible, des questionnements sur son sort, nous étions à la dérive. Ce soir-là, je me suis couché entre deux plaques de chagrin.
Le destin a parfois des remords. Il visita sans doute ma mère nuitamment, et lui redonna des forces. L'héparine et cette merveilleuse assistance médicale qui nous rassure tous un peu, firent le reste. Deux longs jours après le séisme, ma mère retrouva l'usage du sens commun. Aucun déficit. Il restait simplement à se rétablir, à chasser les derniers débris et éclats du carnage.

Ephémérides.
Dimanche 21 décembre 1997 : hospitalisée à Purpan pour attaque.
Mardi 30 décembre 1997 : Sortie de Purpan.

(A suivre.)


Joël Fauré

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DEMAIN SUR CET ECRAN :
"UNE CONFIDENCE EROTIQUE" de Camille C.


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13 août 2007 1 13 /08 /août /2007 19:56
Allo, maman, bobo

"VOUS SAVEZ, CE NE SONT QUE DES RHUMATISMES PSORIAQUES..."


Comme c'est curieux. Comme c'est étrange. Comme c'est bizarre.
A l'annonce de ce nouveau verdict, par ce jeune carabin d'août, médecin remplaçant du remplaçant, qui, pour interpréter mon bilan sanguin révise son barême dans un petit carnet -tenir compte de l'âge, de la corpulence, et autres paramètres- (C'est ingrat d'être généraliste : ce sont eux qui devraient percevoir au moins 80 € par consultation, et pas les spécialistes de la spécialité qui ne voient que la spécialité et ne parlent que de la spécialité... Fastoche ! Même moi, à bac moins 3, je sais faire !), je me suis rendu compte, parce que la chose était formulée "qu'on ne pouvait pas cumuler plusieurs maladies graves à la fois, et que j'avais déjà les TOC". Il faut dire que j'y étais allé fort, moi, le preux chevalier de l'hypocondre et de l'atrabile, et j'avais demandé : "Vous croyez que c'est pas la maladie de Charcot ?" Au moins ça. Madeleine, la vraie Madeleine, celle qui a inspiré Jacques Brel, en était atteinte. "La maladie de Charcot" ou SLA (Sclérose Latérale Amyotrophique), c'est la pire des maladies ; le SIDA, à côté c'est rien. Tout le corps se paralyse petit à petit et l'esprit reste alerte. Madeleine, c'est un exemple de vie ; le jour où elle l'a senti, elle a mis une goutte de parfum dans son cou et elle a demandé une glace bourrée de médicaments... Madeleine n'est plus venue...
Alors, quand ce jeune homme m'a dit : "Ce ne sont que des rhumatismes psoriasiques",  comme c'est curieux, comme c'est étrange, comme c'est bizarre, j'ai pensé à "la femme de ma vie" qui repose six pieds sous terre, et à toi. "Je te remercie d'être entrée en mon enfer. L'enfer a parfois des fulgurances."

P.S. : Dis, on pourra encore se transformer en dragées à sucer ? 
Pour les âmes et les coeurs, ça y est ! Ils se sont touchés...

JF


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