11 août 2007 6 11 /08 /août /2007 11:50
Kaline et Wolf.
Kaline est un petit chien blanc, un loulou de Poméranie. Je me souviens de son arrivée dans la Maison Grise. C'était un soir, après l'école. Sa mère, c'était "Belle" ; elle appartenait à madame Rogriguez mère, des "Luquets". Ma mère, qui ne pouvait plus me donner une petite soeur, a pensé à un animal. Je me souviens de ce vétérinaire, il s'appelait "Lacaze," qui a dit, après l'avoir vaccinée : "On va écrire Kaline avec un "k", ça sortira de l'ordinaire, ça fera plus racé..."
Wolf est un gros chien-loup noir. Son père, c'était Flip, et sa mère Sita. Comment mon père, germanophobe convaincu (il avait ses raisons, la guerre, le STO..., mais j'y reviendrai dans mon prochain livre "L'homme de ma vie") a-t-il laissé passer ce nom ? Wolf, c'est le loup en allemand... Et si "les loups sont entrés dans Paris" comme le chante Reggiani, ils sont aussi entrés dans "Buzet-la-Forêt" et dans la vie de mon père...
Sur Kaline, vraiment très câline, presque Karine, je pourrais en écrire des phrases. Fétichiste de tout, j'ai gardé le récipient dans lequel elle buvait (c'était un vieux pot de confiture.) Elle dormait dans la cuisine, sous une très vieille table en bois charançonnée, juste sous le tiroir où je commençais à garder les images du chocolat "Poulain". Un jour, j'écrirai aussi un livre sur elle. Quand elle était "d'humeur", elle draguait Wolf. Je lui tendais la jambe et elle se livrait au simulacre de la reproduction. Wolf et elle ont bien "essayé", mais qu'est-ce que ça aurait donné ? Du gris ?
Kaline et Wolf étaient mes meilleurs amis.

Ephémérides.
Samedi 23 février 1985 : Amené Kaline chez le vétérinaire sourde et aveugle. Stop : âge 17 ans. Septembre 1968 - Février 1985.
Lundi 22 avril 1985 : Amené Wolf chez le vétérinaire. Impossible guérir. Stop : 11 ans. Novembre 1973 - Avril 1985.

Kaline et Wolf sont enterrés dans le petit jardin, près du vieux poulailler. Il n'y a pas de sépulture. Mais dans ma tête et mon coeur, je pense souvent à eux. Je vous aime encore, Madame. Je vous aime encore, Monsieur.

Ma mère ne m'a pas vu grandir.
Je n'ai pas vu vieillir ma mère.
Nous nous aveuglions mutuellement.
Et puis un jour, nous avons recouvré la vue.
Pour devenir aveugles aussitôt.

(A suivre)

Joël Fauré


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10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 21:20

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Cliché Pietro Ferralis


"Les Luquets : cinquante feux à tout casser..."

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10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 19:25
A Maria Da Silva,
avec mes rires.


L'âme du hameau.
"Les Luquets" : cinquante feux à tout casser et deux ou trois familles dont les enfants se sont mariés entre eux. L'existant existe près du préexistant. Du charme discret de la campagne, le garçonnet que je fus se souvient, tel un Perrec mal équarri, de deux ou trois "Madeleine", d'un marronnier, d'un ruisseau d'eau claire qui le traverse, et de quelques pierres, qui étaient vieilles déjà, et de certaines figures, de même état et composition. Ai usé du charme et du marronnier -à preuve ces présentes lignes qu'approuve la femme de ma vie-. En veux restituer la mémoire, non pour en fixer les limites, mais partager le bassin des souvenirs.
En fait, le ruisseau d'eau claire ne traverse pas : il longe, lèche le mur de la vieille école, cube parfait, coule sous un petit pont, fait du coude au lavoir avec qui il n'a jamais mêlé ses eaux. Un bateau "Bonux" s'y est échoué, jadis, l'année du cours moyen 2, et son épave doit dormir là, au fond du lit.
Qui le renflouerait aujourd'hui ? Et pourquoi ?
Je compte un pigeonnier ; je retiens deux étables, plusieurs jardins. Je ne voudrais pas que ces jardins de curés deviennent des jardins de banlieue. Qu'on laisse encore un peu de temps au garçonnet pour qu'il reste serein, face à la démographie galopante. Déjà qu'il a dû lâcher sa maison...
L'anxieux et délicat Marcel Proust attache de l'importance à ce qui ne s'appelait pas encore "remembrement" et "plan d'occupation des sols" : "Je me souviens de la ferme qui est un peu éloignée des suivantes serrées l'une contre l'autre..."
En occitan, un "luquet" est une allumette, un lumignon, un petit bout de chandelle, la petite flamme d'une veilleuse. "Les Luquets" est l'un des hameaux les plus proches de "Buzet-la-Forêt", où le bois est disponible à volonté pour allumer les luquets !
Mais le garçonnet se souvient davantage de son copain d'enfance Eric Barbe. Le calendrier les a fait naître à quelques jours et à quelques centimètres d'intervalle. Ca crée des liens... Les jeux et les ris, les découvertes, tout est là, intact. Les samedis soirs de "baloche" où nous essayâmes nos pieds et essuyâmes quelques échecs. Les personnages du théâtre intime sont plus que jamais dessinés dans leurs traits. Eric ne jurait que par "Télé Poche" ; le garçonnet par "Télé 7 jours". Nous assistions à la même messe mais nous n'avions pas le même missel.
Le recul de la vie idéalise le passé.
Pendant que Pierrot, le père d'Eric, fourbissait ses tubes et ses tuyaux dans sa "4L", Fabrou, Marcou, Mauriçou, Louis de Poulitou, la Bébène, Pipe-Lune et Auriol vaquaient à leurs occupations.
La croix des rogations, la motte fortifiée (appelée aussi tumulus), et la boîte aux lettres jaune -Ne jeter dans cette boite ni journaux ni imprimés-, mais aussi la cabine téléphonique en dur près de laquelle ma mère, mon père et ma tante se firent prendre en photo -je vous montrerais la photo si vous voulez- ; cabine dont la clef était, je me répète, confiée à celles et ceux qui voulaient vraiment téléphoner ; tels étaient les reliefs qui unissaient hier à aujourd'hui. L'exotisme n'était apporté que par acheminement postal des filatures du Nord du Pays. Le sel et le sucre par l'épicier itinérant.
Par delà les prairies paquerettisées, des pintades criaillaient. Eric et moi tombions d'accord pour acheter "Puf-Gadget". Le sapin du Grand-Nord, offert et mis en terre en 1975, est aujourd'hui le reflet végétal de quadragénaires nostalgiques.
Vinrent du Portugal la brune et jolie Fatima et le si sympathique Manuel. La si bonne Maria, qui s'est tant démenée pour ma mère, et le si farceur Belmiro.
L'Europe, déjà...
Quant à Fabiola, venue de la Botte, elle s'entêtait à dire : "Je vais à les luquets" malgré qu'on lui eût dit qu'il était mieux de dire : "Je vais aux Luquets".
Le château de "Laurentie" garde ses secrets dans son parc où le garçonnet croit avoir aperçu une ombre fantastique, un jour. Son grand-père aurait prêté main forte lors de sa construction. Mais ça, c'est une autre histoire. Il tient ça de son père. Il ne sait pas tout des choses qui l'entourent : la chapelle est-elle belle ? Il se dit que oui.
Autour, dans le vert, le hameau est paisible. Quand le vert rejoint le bleu, quand la nuit a des envies d'orange, vers les feux de la saint-Jean, tout s'allume bien vite : il suffit d'allumer des "luquets" !

Ma mère connaît du beau linge.
Jane Durin, directrice des relations clientes de "La Redoute", Paule Duban-Dardenne, chargée de la remise des Grands Prix chez "Damart", Xavière Tot, attachée aux clientes privilégiées de chez "Vert Baudet", Paul-Louis Cressan, détaché auprès des Bonnes Affaires des "Trois Suisses", Jean de Castillac, rattaché à la désignation de la Grande Loterie chez "Edmée de Roubaix"... Toutes, tous lui écrivent personnellement.

(A suivre)

Joël Fauré

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Brèves :


"LA FILLE COUPEE EN DEUX" :
Ludivine Sagnier se fait presque "scier".

"Libé" n
'a pas aimé tant que ça : "Son [Claude Chabrol] dernier film n'apporte pas grand chose à l'ensemble de son oeuvre" et a titré : "La fille coupée en deux", mal taillée". "Le Monde" a aimé et le dit. "Le JDD" de dimanche a retenu : "Quand, aux pieds de Berléand, elle [Ludivine] se balade à quatre pattes, le postérieur garni d'une plume."
Avec Claude Chabrol, qui n'est pas vraiment un débutant, on peut se permettre d'avoir la dent dure.
A propos de dents, celles de la scie qui clôt le film -comment ça, j'en ai trop dit ?- sont censées parfaire l'idée directrice du film : une jeune et jolie femme ambitieuse, présentatrice de la météo sur une chaîne de télévision locale (Gabrielle Deneige dans le film !) est partagée entre deux hommes pas simples : un écrivain réputé, cynique et pervers qui s'appelle Charles Denier (ou Deniens -ma voisine de rangée a fait du bruit quand son nom a été prononcé-) et se fait appeler Charles Saint-Denis, et un jeune fils à papa psychopathe, nommé Gaudens (pourquoi ne se fait-il pas appeler Saint-Gaudens ?)
Inspirée d'un fait-divers authentique, cette "fille coupée en deux" s'inscrit dans la thématique chère à Chabrol, les sentiments ambigüs, les triangles conflictuels et passionnels et la disparité des classes sociales.
Je n'ai pu m'empêcher de rapprocher ce film d' Imposture, de Patrick Bouchitey. Pourquoi diantre les écrivains d'un certain âge sont-ils caricaturés de la sorte, affublés de tous les vices, buveurs, fumeurs, coureurs de jupons, pervers ? Parce qu'ils le sont dans la réalité ? Alors, c'est ce que je vais devenir ? Bon, j'envoie un courriel à la jolie blondinette qui présente la météo sur "Télé Toulouse". Je lui demande qu'elle est sa pointure et je lui achète une paire de cuissardes.

*

Si le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas,
le cerveau est un petit malin...

Sleon une édtue de l'Uvinertisé de Cmabrigde, l'odrre des ltteers dans un mot n'a pas d'ipmrotncae, la suele coshe ipmortnate est que la pmierère et la drenèire soeint à la bnnoe pclae. Le rsete puet êrte dans un dsérorde ttoal et vuos puoevz lrie snas porlbmèe.
C'est prace que le creaveu hmauin ne lit pas chuaqe ltetre elle-mmêe, mias le mot cmome un tuot.
La peruve...
Bnnoe lcterue de mon bolg... a pproos de btteos.

JF


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9 août 2007 4 09 /08 /août /2007 19:56
Une rencontre...

J'ai mangé sans manière avec Ferrat et Aragon au "Flunch centre-ville". Nos trois têtes retrouvées, nos trois corps imbéciles, nos trois cerveaux comme des noix ; nous étions là, Ferrat, Aragon et moi, dans un coin à l'abri des obus, les lèvres molles, ne sachant que dire...
Et le vin vint. Rosé de treille. Et mes lèvres se bandèrent. Et je les saoulais de toi. Et ils sourirent. Ils me dirent qu'ils te connaissaient...
Ils firent un signe discret à un homme que je ne soupçonnais pas. Il s'approcha. Il était aussi corpulent qu'un continent. C'était Alfred Hitccock. En personne !
Je le saluai. Je lui dit : "Vous avez bien fait de faire des avances à Tippi Hedren dans "Pas de printemps pour Marnie", mais je ne sais toujours pas si vous préférez les brunes ou les blondes ?"
Ferrat et Aragon se mirent à rire.
Hitch me répondit : "Yes, beautiful women. But, you can see Camille... A drink, please..."
C'est merveilleux d'aimer.

JF


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9 août 2007 4 09 /08 /août /2007 18:12
A toutes les "A" de la Terre.

Ephémérides.
Vendredi 18 avril 1980 : Installation du téléphone.

Téléphone !
Je crois que le temps est venu que je donne moins d'importance au téléphone. J'attends d'une minute à l'autre de mauvaises nouvelles de la femme de ma vie. Dès maintenant, je vais le poser sur "Le Petit Robert" ou "Le Grand Albert", lui donner une assise moins moelleuse, une situation moins léonine. Je ne réponds presque plus en direct ; je laisse la technologie moderne enregistrer les éventuels messages de mes correspondants. Et c'est moi qui rappelle.
Savez-vous que c'est le Muretain Clément Ader qui a installé le premier téléphone à l'Elysée ?
Chez nous, à la campagne, il a fallu attendre 1980 pour qu'on nous l'installât. Jusqu'alors, nous n'avions de voix au chapitre que de façon très limitée, et, le plus souvent, nous fermions notre gueule devant ceux qui parlaient plus fort.
Le téléphone avait quatre murs et un toit ; c'était une cabine de béton, avec une porte-vitrée, posée en haut de la place du hameau des "Luquets", juste ne vis-à-vis du lavoir. Pour y accéder, il fallait demander la clef à "Barbe" ou à "Fabre".
Quand je pense "téléphone", je vois la couleur noire, puis grise. C'est associé à l'appareil. Je vois quelque chose de gros et de gris, posé dans un lieu investi d'un vertigineux pouvoir. Téléphoner, c'était une action pas anodine du tout, mais justifiée. C'était pour annoncer ou entendre une grosse nouvelle, mauvaise de préférence.
J'ai mis du temps à réaliser que les "Postes et Télécommunications" historiques n'ont plus le monopole. Que la Terre n'est plus à Dieu ?
Le téléphone est un objet magique certes. Je l'ai connu à cadran. Il fallait glisser un index dans un trou, jouer à la loterie dans un bruit de crécelle. Ca prenait du temps, même s'il n'y avait que six numéros. L'écouteur, dans son logement, était un espion autorisé par le Gouvernement, breveté par les Postes. Puis sont venues les premières touches. Une simple pression sur un clavier, sur des touches disposées en rectangle, renouvelée un nombre croissant de fois conduisait ailleurs.
Les mots passent-ils dans des tubes, des fils ou des tuyaux ?
La cabine du hameau des "Luquets" a été détruite. Il y a un abri-bus à la place. C'est moindre mal.
Hier, le téléphone avait quatre murs et un toit ; il était assujetti par un corset de contraintes ; aujourd'hui, il est au fond de la poche, et il se déplace quand vous vous déplacez.
L'appareil agressif qui faisait sursauter ma mère chaque fois qu'il sonnait me fait sursauter à mon tour. Je suis vexé comme un pou quand je n'ai pas d'appel ("Personne ne pense à moi, je suis atteint d'abandonnite aiguë.") ; je suis excédé quand j'en ai trop. (On ne peut pas me lâcher ? M'oublier ?)
Je passe des heures entières à attendre un appel qui ne vient pas. Déçu, je sors de chez moi. La première personne que je croise, parce que quelqu'un l'appelle, dégaine son portable qui fait aussi des photos regardables immédiatement.
A Bessières, quand ma mère apportait des pellicules chez "Turroques", il fallait attendre une bonne semaine avant le développement.

Le système "M".
Avec "le système M" comme Maman, il ne faut pas user, il ne faut pas gêner ; il faut voter à droite parce qu'on va à l'église le jour de Pâques et de Noël ; il faut aller se confesser, même si on n'a rien à se reprocher ; il ne faut pas manger de viande le mercredi des Cendres et le vendredi Saint ; il ne faut pas resservir un deuxième apéritif à monsieur Jurétig ; ce n'est pas la peine de prendre une douche tous les jours, et, si on la prend, il ne faut pas mouiller le tapis de bain ; il ne faut froisser personne ; il faut acheter un appareil ménager ici et non pas là, sinon "qui c'est qui viendra le réparer ?" ; il ne faut pas jeter l'argent par la fenêtre ("Regarde où tu le passes !") ; il faut faire sa prière, tous les soirs, avant de s'endormir ; il faut avoir peur de la "popoye", qui viendra la nuit me chercher, et des poux, qui m'emmèneront jusqu'à la rivière "Tarn" ; il ne faut pas oublier de ramener des pilchards d'Unico ; il ne faut pas arriver un tout petit peu en retard, mais longtemps à l'avance (le quart-d'heure toulousain a trouvé son antonyme, les trois-quarts d'heure aveyronnais) ; il est hors de question que je "prenne" un appartement, il faut...

Le "moi" est haïssable. Mais le haïssable est une énergie. Donc, le "moi" est une énergie.
Le "je" a ses règles.

(A suivre.)

Joël Fauré


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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 21:35
Sur la route.
Une voiture est indispensable à la campagne Pour ma mère comme pour moi, ce fut un instrument pour s'échapper d'un univers figé et étriqué. Nous étions en butte à une équation difficile à résoudre : dans une voiture, il y a trois pédales et nous n'avions que deux pieds. Ma mère a passé son permis de conduire à 54 ans, qu'elle a obtenu avec succés en 1982. Moi en 81. Un troisième pied a dû nous pousser dans ces années-là...
J'ai acheté une antédiluvienne "4L" couleur lie de vin, et ma mère une "Renault 6" crème caramel. Nous n'avons pas frimé grâce à nos chromes et nos calandres. Nos automobiles, aussi gourmandes en huile qu'en essence, nous ont plus souvent conduit aux portes des garages qu'à celles des stations balnéaires. Suivirent, suivant usure, et par fidélité à "la marque au losange" -mère et fils confondus- :  une autre "4L" bleu délavé, une autre "R6" crème renversée, une "R5" crème brûlée, une "R12" bleu nuit. Seule infidélité, une échappée vers "la marque aux chevrons", avec une "Visa".
"- Tu as fait la vidange ?
- Tu as mis de l'antigel ?
- Tu as changé les pneus ?
- Tu as pensé à acheter la vignette ? (Ramadier)
- Tu as payé l'assurance ?
- Tu as mis de l'essence ?
- Tu as bien éteint les phares ? (La batterie est en danger, allons enfants de la batterie.)
- Tu l'as bien fermée ?
- Tu as rentré la voiture ?
- Mets ta ceinture (Mais "elle", elle ne la "mettait" pas !)
- Tu auras une amende !
- Tu as toujours le cul sur la voiture !
- Combien il t'a fait payer la révision, Gomez ?"
me disait maman.
Noyé, étouffé, enseveli sous les questions, je préférai ne pas répondre.
"Toi, si tu fais quelque chose de bon dans ta vie, j'irai le dire loin." Elle n'a pas eu à se déplacer. Cette phrase aurait été la phrase-verrou d'un dialogue qui aurait évité bien des dégâts...

Création d'un improbable langage.
Je m'étais inventé, devant le constat d'incommunicabilité avec la parentèle, une sorte de "langage espéranto" à base de patois et d'espagnol, mâtiné d'anglais, langage seul compris de ma mère. "Crouch crouch" était le joker. C'était mon "schtroumpf" à moi. Je déformais les mots, les malaxais, les triturais... "Plao i tio o plao i tipao ?" (Il pleut ou il ne pleut pas ?) "Vamonos en la calle de Alcalà. (Rendons-nous rue de Alcala ?!) disais-je, en montant dans la voiture. Avec la voiture, j'allais faire "un tournant" ou "un tourniquet", c'est-à-dire une petite virée, une balade. "Y a pas digus ?" (Il n'y a personne ?) demandais-je avant de tourner à droite ou à gauche. "Romén zaco" altération de l'occitan "Au mens aquo" (Au moins ça.) voulait dire que, hein ? "ça", il ne fallait surtout pas l'oublier... Des expressions toutes faites, venues d'on ne sait où, allant on ne sait vers quoi : "Hier, il pleuvait" ; "Youpito égale 4" ; "Ce stylo, Madame Labranque, elle avait le même."  "Sûr et certain et impétrin...".
Notre voisin s'appelait Monsieur Jurétig. Avec un "g" final. Je l'appelai "Monsieur Jurétigateau".
Un personnage récurrent, inventé de toutes pièces, pourrait éventuellement devenir un héros de papier et de littérature : "Bobby Randeconeux". Là encore, j'avais forgé ce nom, grâce à un souvenir marquant d'un cours d'anglais, où l'expression "around the corner" m'avait bien plu. J'avais bombardé ce personnage régisseur d'une utopique tournée artistique qui n'existait que dans ma tête. Et quand ma mère se lamentait : "Mais qu'est-ce que j'ai fait au Bon Dieu pour avoir un enfant pas comme les autres ?", je répondais : "Crouch crouch."

(A suivre.)

Joël Fauré



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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 19:51
Rendez-vous avec le hasard.
Quel est ce vent doux et frais qui parvient à mes narines quand je veux évoquer nos agréments de fin de semaine, quand je "sortais" avec ma mère ? Quand nous sortions de ces salles vite construites, et qui servent à tout, dans les villages, mais surtout à une manifestation qui ne fait appel ni à l'intellect d'une conférence, ni aux jambes d'un bal : je veux parler des lotos. Parfois appelés "quines" ou "rifles"... Si vous saviez combien nous en avons suivis, de ces rassemblements statiques, autour d'une table, les yeux rivés sur des cartons aux cases numérotées, à recouvrir d'un grain de maïs, au bon gré d'un tirage, pour gagner un canard grrrrrrrrrras ou un filet garni.
C'était, entre vingt-et-une heures et minuit, le vendredi ou le samedi, une grand'messe à laquelle nous avons souvent assisté.
"La Dépêche du Midi", dans des encadrés racoleurs, nous invitait au loto de la chasse, du rugby, du 3e âge, et nous promettait des lots magnifiques. Ce que nous gagnions surtout, c'était la sortie, juste après le droit d'être connu.
Oui, les lotos, c'est toute une époque ; les chiffres et les nombres des sources inépuisables de commentaires ; les grains faisant office de jetons des champs entiers de maïs...
Mais ces soirées hautement exaltantes nous allaient bien... Il n'y avait rien à dire si ce n'est : " 22 : les flics. 33 : Docteur. Un tout seul. 13 : Thérèse. 20 : sans eau. 90 : le papet." Et je passe sur certaines allusions...
De la grande littérature !
La vie nous faisait son numéro, et quand il n'en manquait qu'un pour que la chance, sous l'aspect d'une moitié de cochon, devint mon entière propriété, je sentais mon coeur battre très vite, parce qu'il faudrait crier, se manifester, et ça, ma mère m'avait bien dit que ce n'était pas très décent de le faire... Alors , je lui disais en tremblant : "Il m'en manque un... C'est bien à quine qu'on joue ?" Et quelqu'un d'autre criait, gueulait, hurlait... Alors, alors seulement, je retrouvai mon calme quand le meneur de jeu annonçait : Vous pouvez démarquer."
Ma mère avait son chiffre-fétiche : le 21. Ce soir-là, je vis un bon ange généreux -oui, un ange souffleur bonnes joues, aux contours beaucoup plus précis qu'il me semble voir les vôtres- se courber sur ses épaules pour regarder ses cartons. Je peux attester qu'il influa sur le destin. Par deux fois, le "21" sortit, et par deux fois ma mère, pas médiatique pour un sou, se retrouva à la tête de deux télévisions. Carton plein ! Enfin ! La grille des programmmes allait peut-être changer...

Ephémérides.
Samedi 8 février 1992 : Allés au loto à Cépet avec Joël et Mme Z. gagné deux téléviseurs portables échangé un pour mini-chaîne HI-FI.
Jeudi 27 octobre 1994 : TF1 est venu filmer Joël pour émission sur les tocs 37,5° le soir le 9 novembre 22 h 55. 4 heures de tournage.

Bonne fête maman.
Quel exercice difficile que de souhaiter une "bonne fête maman" à sa maman, dès les bancs de la primaire désertés. Je me voyais mal écrire ou téléphoner à Madame Labranque, pour lui demander si elle n'avait pas sous le coude un petit poème, ou s'il ne lui restait pas quelques godets de peinture à l'eau pour enjoliver un oeufrier en plâtre.
On se débrouille comme on peut. J'ai souvent offert des abonnements à des revues. Ainsi, la fête dure plus longtemps...
Quand au choix de la carte, c'est pas un cadeau !
Cette année-là, j'en trouve une où deux petits enfants en culottes courtes, -la petite fille tenant un bouquet de fleurs, le petit garçon un râteau ; en léger relief sur bristol- m'assistent dans l'offrande. Dans un style voulu très ampoulé, et impersonnel non-voulu -encore des impuissances à dire "maman" à ma mère- je rédige à la machine à écrire (achetée à "Mammouth" 3.000 francs) le texte suivant :

Mai 1991

Petite dissertation sans fondement véritable.
Il est urgent de reconnaître et d'avouer la banalité -j'allais écrire la médiocrité- des cartes imprimées à la hâte pour célébrer les nobles et augustes statuts des "génitrices", en d'autres termes plus prosaïques, des "MERES" communes, si éprouvées ou si joyeuses selon le cas ; déesses démiurges qui enfantent sur l'autel des Parques qui, à leur tour, vont tisser la toile du temps.
Oui vraiment, et j'en devisais récemment avec la marchande de ce présent carton, les concepteurs font montre d'une affligeante unité "kitch", destinée à satisfaire plus qu'à plaire au plus grand nombre.
Mais gardons-nous de condamner quand il s'agit des choses si simples dans leur complication. J'ai finalement opté pour ces innocents et purs jardiniers (secrets, sans doute) qui se rient des futilités économiques et démographiques. Je voudrais en toute simplicité, et très loin, derrière cette façade qui nous abrite ou qui empêche de nous comprendre écrire cette formule que je crois capable d'être honnête : "BONNE FETE MAMAN".

Et je rajoute à la main :

"P.S. : J'ai tapé ce texte à la machine car la difficulté à me lire m'a été souvent rapportée."

(A suivre.)

Joël Fauré

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Brèves :

Achille Talon a encore de la famille.

Je pensais l'avoir oublié. Je pensais qu'"il" n'avait eu aucune influence sur moi. J'avais feint de l'oublier, pour rentrer dans le moule des "paupérisés du vocabulaire", "des atrophiés du langage". Je me trompais. Il a suffi d'un regard sur la vitrine de la "bédéthèque" juste en bas de chez moi pour qu'"il" se rappelle à mon bon souvenir.
"Il" ? "Achille Talon", héros de bande dessinée, né sous le crayon de Greg.
Achille Talon et son langage torrentiel et emphatique, affublé de son voisin Hilarion Lefuneste, de son bon papa et de sa bonne maman à lui. Je n'aurais jamais dû oublier si vite que je possédais, en bas de ma bibliothèque la collection complète de ce héros que je suis presque devenu :  un quadragénaire ventripotent, suffisant, pompeux, mais aussi lâche et poltron. Mais que feraient bien de lire les moins de trente ans, histoire de faire office d'airbag à ces monstrueux accidents de parcours que sont les SMS, verlan et autres d'apocalyptiques acopopes.
Les albums d'Achille Talon, tout comme les volumes de la bibiothèque rose et verte que je n'ai plus honte de montrer, se sont enrichis le mois dernier d'un tout nouvel opuscule "Achille Talon grève l'écran", et ce malgré la disparition de Greg.

Veys et Mosqui, que je n'ai pas l'honneur de connaître redonnent souffle et vie à l'ami Achille, et toujours bien sûr aux éditions Dargaud.

J'ai retrouvé dans mes archives une lettre des éditions Dargaud, qui date d'octobre 1983. Il semble qu'à l'époque, ma folie me poussait déjà à écrire aux auteurs.
La lettre dit ceci :
"Nous accusons réception de votre courrier du 18 septembre et vous remercions de l'intérêt que vous portez à nos productions et plus particulièrement à ACHILLE TALON.
Il ne nous est malheureusement pas possible de vous mettre en rapport avec Monsieur GREG, qui depuis un an déjà dirige notre filiale américaine ; cependant, nous pouvons lui faire parvenir votre courrier.
Vous remerciant encore de votre fidélité,
Nous vous prions de croire, Monsieur, en l'assurance de nos sentiments les meilleurs.
Le Secrétariat Littéraire."

Je n'ai rien retrouvé d'autre.

JF





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6 août 2007 1 06 /08 /août /2007 21:36
Si vous êtes un brin mélomanes, allez donc faire un petit tour sur le site de Luis Peças :
www.luispecas.com que Joël a entendu en direct sur son combiné  le 30 juillet ; rappelez-vous, il en a parlé... Il suffit d'écouter et de se laisser emporter...
Camille C.
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5 août 2007 7 05 /08 /août /2007 20:20
RENTREE

Si vous me promettez de ne pas l'ébruiter, je vais vous confier quelques secrets. A qui le ferai-je sinon à mon "journal extime" ?
Je suis heureux de savoir que mon réveil va sonner demain matin. D'abord, parce que ça prouvera que je suis encore vivant. Ensuite, parce que ça prouvera que j'ai un travail. Et il se trouve que j'aime mon travail. Oui, je sais, ce n'est pas le cas de tout le monde... Et ça n'a pas toujours été le cas, me concernant, loin de là... Mais je suis de ceux qui pensent qu'on peut trouver de l'agrément dans le travail. Mon grand ami Denis, Denis Diderot disait justement : "Ne fît-on que des allumettes, il faut être enhousiaste de son métier pour y exceller."  Et là, toute la donne change...
Enfin, je travaille pour gagner de l'argent. Et je ne connais aucun  autre dicton plus bête que celui-ci : "L'argent ne fait pas le bonheur" (Mais il y contribue). Je suis désolé, mais "L'argent fait le bonheur."
Avec quoi coyez-vous que j'ai acheté cet ordinateur ?

P.S. : En me relisant -j'ai écrit ce texte d'un seul jet, "à même le clavier"- je m'aperçois que mes phrases ont une certaine odeur politique. Je n'ai pas voté Sarkozy. Je n'aime pas du tout ce type, et je suis dans un pays où j'en ai parfaitement le droit. Mais je crois aux valeurs et aux vertus du travail (tant que la tête et le corps sont en mesure de travailler) et je suis bien entendu d'accord pour que ceux qui travaillent plus gagnent plus.

Joël Fauré


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5 août 2007 7 05 /08 /août /2007 12:19

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"Deux dictées de Pivot et deux coups au Scrabble"
(Montage JF)

La dictée de Pivot.
Ma mère aurait pu être une femme de lettres. Son goût pour les mots n'a pas été "travaillé". Elle a fait "agriculture" au lieu de "culture". Ma mère a peu lu, mais elle a terminé certains livres. Elle était adhérente de "France Loisirs". Chaque année à pareille époque, un homme nous réunissait devant la petite lucarne, et nous l'écoutions religieusement. Cet homme, c'était Bernard Pivot qui se délectait de soumettre la France à la dictée. Maman et moi prenions plume et papier, sous les grommellements de mon père, qui disait à propos de Pivot : "Je peux pas le voir, ce type."  Je n'ai jamais su pourquoi. 
Le 13 octobre 1990, l'élève Marthe Fauré et l'élève Joël Fauré, sur les chaises dures de la cuisine, font la dictée de Pivot.
Je livre pour la postérité des jeunes fautifs et fauteurs les deux versions mère/fils, fautes comprises bien entendu, du texte de la dictée.

La dictée de ma mère :
Les rues.
Asphaltées ou non, bordées d'Eucalyptus, d'accacias ou de thuyas, les rues quelles-quelles soient, de Rabat à Stockolm, ont toutes un air de famille.
Combien de touristes et de quidams y pullulent ! pour s'y retrouver, ils décryptent, avec forces difficultés, les panonceaux bleu marine porteurs de noms célèbres : Georges Sand, Georges Clémenceau ou Théophile Gautier.
On n'y compte plus les dédales obscurs où se sont promenés des curieux cosmopolites, où se sont engouffrés des vents pénétrants, tel l'alizée ou l'aquilon.
Combien, ici, de liens d'amitié se sont noués, puis défaits ! Combien de mots câlins, choquants provocants y ont été sussurés, marmonnés ou lancés à la cantonnade ! Les rues sont un théâtre permanent.
Des quartiers huppés aux places populacières, du levant au ponant, quels chiens, du setter au mastiff, n'ont pas hanté les rues ? Quels badauds ne se sont point délectés languissamment du charme de ses enseignes à demi-effacées, de ses effourceaux délabrés et de ses échopes d'antan ? Dans certaines rues trônent des abbatiales aux pierres épofrées, et dans d'autres, que remarque-t-on ? Des hauts-reliefs sur des frontons lézardés, des trompe-l'oeil à foison.
Ces voies ont des frères et des soeurs : les venelles, les ruelles, les cours, les mailles, et, en forêt, les laies. Des clochards s'y sont plû. Des noctambules s'y sont égarés des poètes s'en sont inspirés, et d'ailleurs "leurs chansons courent encore dans les rues."

La mienne :
Les rues.
Asphaltées ou non, bordées d'eucalyptus, d'accacias ou de thuyas, les rues quelles qu'elles soient, de Rabath à Stockolm, ont toutes un air de famille.
Combien de touristes et de quidams y pululent ! Pour s'y retrouver, ils décryptent avec force difficultés, les panonceaux bleu marine porteurs de noms célèbres : George Sand, Georges Clémenceau ou Théophile Gauthier.
On n'y compte plus les dédales obscurs où se sont promené des curieux cosmopolites, où se dont engouffré des vents pénétrants, tel l'alizé et le l'aquilon.
Combien, ici, de liens d'amitiés se sont noués, puis défaits ! Combien de mots câlins, choquants, provocants y ont été sussurés, marmonnés ou lancés à la cantonnade ! Les rues sont un théâtre permanent.
Des quartiers huppés aux places populacières, du Levant au Ponant, quels chiens, du setter au mastif, n'ont pas hanté les rues ? Quels badauds ne se sont point délecté languissament du charme de ses enseignes à demi-effacées, de ses effourseaux délabrés et de ses échoppes d'antan ? Dans certaines rues trônent des abbatiales aux pierres épaufrées, et dans d'autres, que remarque-t-on ? Des hauts-reliefs sur des frontons lézardés, des trompe-l'oeil à foison.
Ces voies ont des frères et des soeurs : les venelles, les ruelles, les cours, les mails, et, en forêt, les lais. Des clochards s'y sont plu. Des noctambules s'y sont égarés des poètes s'en sont inspirés, et d'ailleurs "leurs chansons courent encore... dans les rues"

12 : c'est le même nombre de fautes commises par la mère et le fils ! Encore et toujours ce lien cérébral, ce patrimoine génétique. Jouez à Pivot. Retrouvez-les à l'aide d'un bon dictionnaire, et redonnez à ce texte la perfection qui vous honorera.


On fait un scrabble ?
Le jeu de "Scrabble" est le plus célèbre jeu de lettres du Monde. Il a été inventé dans les années 30, par un architecte Américain, Alfred Mosher Butts.
Tandis que dans la télévision, après la virgule de 20 heures 30, dans la salle à manger de la maison grise et verte, défile le générique d'une émission sur les chansons, je demande à celle qui vient à peine de terminer de laver la vaisselle et de passer un coup de balai : "On fait un scrabble ?" Après Pivot, c'est Alfred qui s'y colle. Il nous invite, ma mère et moi, à "entrer dans son jeu" et "tripatouiller les caramels". Nous entamons la partie alors qu'une jeune chanteuse s'assoit dans le canapé, au milieu de la télévision. Elle va avoir droit à une surprise. Nous piochons dans le sac. Ca y est ! Nous avons les jetons... T,T encore, Blanc joker, O, R, E, I. C'est moi qui commence : le sort m'a désigné quand j'ai sorti la lettre qui se rapproche le plus du début de l'alphabet. Je vois une étoile. Scrabble : BOTTIER. Une prime de cinquante points d'un seul coup. La fille de la télé se met à pleurer. Tout ça parce que le présentateur lui montre une série de photos en noir et blanc, où on la voit, petite, dans la verdure, avec sa mère, son père, son chien... Puis elle se lève et se met à chanter.
Derrière elle, il y a des danseuses qui se trémoussent en pivotant dans des cuissardes. Ce coup-ci, je m'arrête, fixe une oeillade plus appuyée, mais pas trop. Il ne faut pas que ma mère s'aperçoive du secret objet du désir. Elle me dit : "Allez, c'est à toi, joue longuagne !..."
Je mets une lettre chère sur une case rouge de confusion. "Ka". Un classique du scrabble. Une particule élementaire. Ma mère rajoute un "O" devant le "Ka". "Oka". Elle en fait tout un fromage ! A mon tour, je surenchéris avec un "M". "Moka". C'est un peu fort de café. Et le public applaudit...

Le spectacle continue. Ma mère compose "repas" sous"moka". Verticalement, ça colle aussi. "Ma" et "Os". Beau maçonnage. C'est pas pour rien qu'Alfred Butts était architecte. Les mots s'étalent, prennent des couleurs. Ressemblent à des échafaudages. Dans la télé, un jeu permet de gagner beaucoup d'argent. Le présentateur se fait aider pour appeler quelqu'un au téléphone, qui doit lui donner une quelconque combinaison. Et comme le téléphone ne sonne pas dans notre salle à manger, nous poursuivons de faire rapporter notre petit capital à nous : les lettres "chères" bien placées sur notre plateau de carton-pâte à nous... De nouveau, retour sur celui de la télé. C'est Mireille Mathieu et Mike Brant qui chantent en duo. Alors là, c'est ma mère qui s'arrête , se suspend... : "Elle change pas, Mireille."
Lorsque, absorbés devant notre chevalet, nous ne les regardons plus, ni elle ni moi, je suis sûr que ce sont eux qui nous regardent...

L'inventeur du scrabble est mort.
C'est une coupure de presse de "Centre Presse", quotidien du département de l'Aveyron, en date du 8 avril 1993 :
L'inventeur du scrabble est mort.
Alfred Moscher Butts, architecte et inventeur du jeu de Scrabble, est mort dimanche à Rhinebeck (New York), à l'âge de 93 ans.
Butts, qui était également artiste et photographe, est mort de mort naturelle à l'hôpital.
L'architecte avait inventé le célèbre jeu de société pendant la dépression, alors qu'il y avait peu de travaux d'architecture.

(A suivre.)

Joël Fauré

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