27 juillet 2007 5 27 /07 /juillet /2007 20:47
A MES DEUX LECTRICES A et T

Par ordre d'apparition à l'écran.
A tout seigneur tout honneur.
A. A A. Pour A. Je luis dois tout. "Blogosphérement" s'entend. Faut-il dire par A ? D'A ? En A ? (Comme on dit "en Arles" ou "en Avignon", mais curieusement pas "en Albi."...)
Si elle a choisi le prénom d'une héroïne de Michel Leiris, elle aurait tout aussi bien pu choisir celui de "A" tout court, dans l'indispensable roman de Jean d'Ormesson "La Douane de Mer"
D'A, j'aurai mille choses à écrire. Je ne sais pourquoi. J'y reviendrai. Je lui consacrerai un portrait.

T. Comme "Thérèse Desqueyroux" de François Mauriac. Comme Toulouse-Lautrec. Comme Tristan Derême. Comme "Tristan et Tisot".
Je ne sais rien de T, si ce n'est qu'elle plante des tulipes, qu'elle mange des clowns et qu'elle boit aux cascades de rires. Mais ça ne me suffit pas.

De A et de T, qui sont désormais mes lectrices soumises à ma botte, je veux savoir plus.
Je veux qu'elles me disent leur date de naissance, leur lieu de naissance, leur profession, leur groupe sanguin, la date de leur premier flirt, leurs antécedents médicaux ; je veux savoir si elles fument, si elles boivent, si elles se droguent, si elles sont tatouées et où, si elles sont perçées et ou ;
je souhaite connaître leur domicile, leurs mensurations, la couleur de leurs yeux, de leurs cheveux, leur numéro de téléphone, la liste des prénoms des hommes qui ont compté, qui comptent et qui compteront dans leur vie... et toute autre information qu'elles jugeront utile de me communiquer...

C'est pour la dédicace, vous comprennez ?

J

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27 juillet 2007 5 27 /07 /juillet /2007 15:59
LE 5e épisode de "LA FEMME DE MA VIE", écrit mais égaré dans des méandres  insondables.
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27 juillet 2007 5 27 /07 /juillet /2007 14:53
La droguerie de Bessières.
Fallait être gonflé pour une boutique de s'appeler comme ça : "Droguerie". Regardez sur Internet aujourd'hui... Une boutique de drogue ! Je revois l'enseigne : lettres de bois jaunes collées sur des lattes de bois vernis. L'odeur de l'intérieur me revient. M'enivre. Me drogue. Je retrouve, en les convoquant, les regards et les voix atones des marchands. Le père, lubrique ; drogué. La mère, apathique ; droguée. Le fils, tout blanc, devenu comptable ; drogué. La Belle-Fille, toute rouge ; droguée. Ce qu'il reste de la famille va se reconnaître. Tant pis. Il ne me fera pas de procès puisque je ne cite pas de nom.
Ma mère allait y acheter ses drogues : berlingots de Javel, essence de térébenthine... Moi, je reluquais les miennes : des martinets. Parce que j'avais d'autres chats à fouetter.

En sortant de l'école.
Un souvenir ramène à la mémoire du garçonnet que je fus quelque chose de très beau et grandiose : sa vie d'écolier et sa bonne vieille école.
Mais, dire les sensations anciennes, les réminiscences encore, sans utiliser les mots du thème : le cuir du cartable, la craie du tableau, etc... relève de l'exercice de haut vol.
Or, l'école de "Buzet-la-Forêt", ses tuiles, ses briques, son fénestrage en veulent tout autrement, et imposent encore une dictée. Il ne serait pas légitime de s'y soustraire.
Les divisions à virgule et l'ardeur imbécile que mettait le garçonnet à ne pas savoir les résoudre ; les tables de multiplication auxquelles il ne sut jamais s'accouder l'ont à jamais condamné à être quelqu'un "qui ne compte pas".
En revanche, il se souvient des jolies phrases élaborées par Odette et Edouard Bled, éponymes de ce livre-culte qui a élevé bien des élèves.
Depuis, le "Bled" est paumé.
Tout comme les manuels de lecture au motif écossais rouge ou vert, seuls détails rescapés de la transe. Malgré tout, des mots et des formules s'imprimaient dans son cortex d'enfant primaire et sauvage.
Il savait qu'il le resterait.
De la salle des classes, des jours de long cours, subsistent quelques images et quelques cartes-maîtresses. Une maîtresse, ça laisse des traces.
Sur son bureau, il y avait des serre-livres. C'étaient des biches. Ou des éléphants. Non, des biches. Porte-cartes-murales et porte-plumes, tampons-encreurs, jouets tracteurs en plastique, et vous, les biches, dans quelle brocante dormez-vous ? Et au moins, dormez-vous ? Et vous le "Bled" paumé que vainement recherche le garçonnet, que devenez-vous ?
La casquette qu'on lui faisait porter vissée sur le crâne, il se hasardait dans la cour, du bac à sable au dépôt à charbon, de la rigole rouge charriant des emballages de "La Pie qui Chante", au muret protégeant les bicyclettes.
Posée là, une grosse vasque que le petit garçon a toujours vue vide de sens et de primevères. Il y avait aussi une grosse racine d'acacia. Ou de marronnier. Non, c'était un acacia qui avait mangé le goudron et qui servait de promontoire, d'estrade et d'île déserte.
Plus loin, sur l'esplanade, les feuilles d'automne conjuguaient les verbes des poètes : tomber, tournoyer, tourbillonner au présent de l'indicatif et à la forme active. (Voir "Bled") Et ces mêmes bonnes feuilles, envoyées par ces mêmes poètes, invités à Buzet et généreux de vent, parlaient d'elles comme jamais elles n'auraient dû cesser de le faire.
"Voilà la feuille sans sève qui tombe sur le gazon. Voilà le vent qui s'élève et gémit dans le vallon." (Lamartine)
"Les fruits tombant sans qu'on les cueille, le vent et la forêt qui pleurent toutes leurs larmes en automne, feuille à feuille." (Guillaume Apollinaire)
Et j'ai cueilli, en passant, à l'automne qui dort le bouquet des trois feuilles d'or." (Henri de Régnier)

Sous les armoiries de la ville -une buse essorant d'or becquetant une branche sur une terrasse de sinople-, Monsieur Vincent-de-Paul est saintement resté dans sa niche. Sur son coeur, il porte un petit enfant. De sa main dextre, il caresse une petite tête blonde ou brune qui s'est de toute façon un peu fêlée. Il se dit que c'est ici que "Monsieur Vincent" a trempé ses lèvres pour la première fois dans le calice, ensuite bu jusqu'à la lie. Précepteur, il enseignait les bonnes manières. De toute cette histoire, le garçonnet n'a retenu que quelques bribes mais il affirme à qui veut l'entendre qu'un jour la statue du saint lui a lancé un clin d'oeil

Puis l'école a cessé d'être. Des locaux plus vastes et fonctionnels ont vu le jour de l'autre côté du village. Puis l'école est devenue vieille. Elle a donné des murs, imprégnés de l'odeur et de la sueur des compositions silencieuses que se partagent un médecin généraliste et le "Club des Cheveux d'Argent".
Le temps passe.
Le garçonnet est toujours à la recherche de son "Bled" paumé.

(A suivre.)

Joël Fauré


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26 juillet 2007 4 26 /07 /juillet /2007 20:32

Camille s'est informée sur le "méchant" Salazar qui a dirigé la péninsule pendant longtemps.
A Braga, même si elle a voulu atteindre le ciel, telle que je la connais, elle a dû s'arrêter à la troisième des 300 marches qui conduisent à "Bom Jésus do Monte" , un haut lieu de pélerinage (Ma bonne maman, elle, montait à genoux, en égrenant son chapelet les 10 marches d'un calvaire sur le Chemin de Croix, à Lourdes -et après elle s'étonnait que je sois attiré par le Sadomasochisme !-) ; je l'entends s'écrier : "Je préfère rôtir en enfer plutôt que de renoncer aux plaisirs terrestres !" 
Heureusement, le funiculaire était là...
Tout en haut, elle a pris en photo une scène de la flagellation du Christ. Elle a dit : "C'est pour Joël..." Il a fallu qu'elle se perde en explications aux mécréants qui l'accompagnaient...

Elle a vu un petit potier avec un chapeau de papier sur la tête. Et sur le chapeau, il y avait écrit : "Soulevez-moi !" Curieuse Camille a soulevé. Et sous le couvre-chef, savez ce qu'il y avait ?
Un énorme phallus tenu dans une main.
Le petit potier s'est mis à rire de toutes ses trois dents. Et Camille aussi.

Au bord de l'eau -et c'est pas ce qui manque le plus-, Camille s'est approché d'un navigateur qui s'appelle "Alfonso".  Mais ici, tous les naigateurs s'appellent "Alfonso". Et comme il portait de hautes bottes, elle lui a demandé si elle pouvait le prendre en photo. Elle lui a dit : "C'est pour Joël..."
Mais il paraît que la photo est floue.

Demain, Camille retournera en prendre une.
"Alfonso" aura toujours ses hautes bottes : il dort avec.

JF

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26 juillet 2007 4 26 /07 /juillet /2007 12:13
Une volonté de diariste.
Chaque année, pour son "Petit Noël", j'offre à ma mère un agenda... Au jour le jour, elle y note des micro-événements, des méga-anecdotes, des nano-aventures.
Pendant 20 ans, de 1978 à 1998, elle a "tenu rubrique" dans une publication à tirage unique... Au jour le jour, elle a consigné les menus fretins qui composaient sa vie. "Untel est venu nous voir." "Une telle est morte." "Allés au loto. Rien gagné."
Rien d'historique, mais tout d'authentiquement touchant : les menus détaillés, les maladies et les décès de l'entourage, les résultats des élections, les comptes-tenus et les tenus pour comptes. Les traces d'une vie modeste, et d'un train de vie qui n'a rien de pharaonique. Pas de grandes phrases, pas de grands discours, mais une vraie velléité de diariste.
Je garde et je regarde ces annales comme les reliques d'une Sainte.
Gazetière, échotière des menues choses. Delerm bien avant Delerm.

Ephémérides.
Morceaux choisis.
Samedi 3 mai 1978 : semé maïs.
Samedi 15 juillet 1978 : séjour à Lourdes, hôtel Terminus. 184 F.
Dimanche 6 août 1978 : Mort du Pape Paul VI. Crise cardiaque. 81 ans. 15 ans de papauté.
Lundi 14 août 1978 : acheté poulettes cou plumé. 45 F la paire - arrosoir : 18,50 F
Mercredi 13 septembre 1978 : passé commande Mobylette à Coueilles : 2 120,00 F
Samedi 2 novembre 1978 : payé denier du Culte 100,00 F

Par dessus le marché.
C'est comme un lundi. Comme tous les lundis. C'est immuable depuis des temps immémoriaux. A Bessières, le lundi, c'est jour de marché. Il est inconcevable de l'imaginer autrement. Le fragile et délicat Marcel Proust, que j'ai très bien connu, n'aurait aucun mal à me dire pourquoi je rattache le jour du marché au lundi. Par contre, saurait-il m'expliquer pourquoi je rattache ce jour-là à une panière d'osier ? Sans aucun doute en ferait-il sortir divers animaux de basse-cour. Il me faut vous dire que mes parents firent pondre quelques poules, engraissèrent un cochon, élevèrent des canards, des vaches, des lapins et leurs trois enfants. Leurs trois enfants ?

Les jumeaux.
Je viens de m'apercevoir que je n'ai pas parlé de mes frères... de douze ans mes aînés. Voilà ce qui arrive aux écrivains qui n'ont pas de plan de travail...

Mercredi 22 novembre 1950, onze heures

1er jumeau
Le vingt deux novembre mil neuf cent cinquante onze heures est né au hameau des Rouquiès Jean Pierre, du sexe masculin, de Fernand Pierre Guillaume Fauré, né le vingt neuf novembre mil neuf cent vingt deux à Buzet-sur-Tarn, Haute-Garonne, agriculteur, et de Marthe Madeleine Mathilde Trémolières, née le vingt et un novembre mil neuf cent vingt sept à Lestrade-Thouels Aveyron, sans profession, son épouse, domiciliés comme dessus. Dressé le vingt trois novembre mil neuf cent cinquante ; dix heures, sur la déclaration du père, qui, lecture faite, a signé avec nous, Joseph Constans, Maire de Buzet-sur-Tarn.

Mercredi 22 novembre 1950, onze heures une minute

2e jumeau
Le vingt deux novembre mil neuf cent cinquante onze heures une minute est né au hameau des Rouquiès Bernard, Emile, du sexe masculin, de Fernand Pierre Guillaume Fauré, né le vingt neuf novembre mil neuf cent vingt deux à Buzet-sur-Tarn, Haute-Garonne, agriculteur, et de Marthe Madeleine Mathilde Trémolières, née le vingt et un novembre mil neuf cent vingt sept à Lestrade-Thouels Aveyron, sans profession, son épouse, domiciliés comme dessus. Dressé le vingt trois novembre mil neuf cent cinquante ; dix heures (1), sur la déclaration du père, qui, lecture faite, a signé avec nous, Joseph Constans, Maire de Buzet-sur-Tarn.

Or donc, par dessus le marché.
Une -la-panière d'osier était solidement amarrée avec des tendeurs sur le porte-bagages de la grise Mobylette. Je trouvais encore un peu de place pour m'y amarrer aussi , et bien tenir ma mère par les hanches, comme dans une danse incestueuse ; les seules hanches qu'il me fût donné de toucher sans rougir, sans trembler. Nous laissions la Mobylette sous le "Marché aux veaux" et nous marchions vers celui de plein vent.
Bessières a ceci de particulier : la place est ourlée sur un côté d'une sorte de déambulatoire qui la surplombe. Vus de là, les parapluies multicolores des camelots semblent composer un costume d'Arlequin. Il y a une belle photo à faire. Si vous allez à Bessières un lundi, pensez à prendre votre téléphone portable qui fait aussi des photos. Vous penserez à moi.

Ce lundi-là, quel mauvais esprit rôde entre les étals ? Grouillante est la plèbe qui fréquente le marché. Ca parle fort et patois. Ca se reconnaît. Moi, j'aime bien le long camion de bazar "Tout à cent francs" où l'on trouve des petits jouets, des cages à grillons, des attrape-mouches et des objets indescriptibles, rebelles à se retrouver en liste chez un écrivain mélancolique, sauf Delerm.
Tout le reste m'effraie assez. Les forts en gueule qui vous alpaguent pour vous refourguer de la poudre de perlimpinpin, et d'autres qui s'égosillent pour vous vendre leurs salades.
Mais ce que j'ai pris en grippe surtout, ce sont les marchands forains qui vendent des chaussures et des habits.
Rien ne parle mieux que la façon de se vêtir. Tout petit, on me tricota des chandails à toute épreuve, et surtout, on me fit porter la casquette. On s'en est beaucoup servi pour se moquer de moi. Interrogée sur cet attribut, ma mère répondait : "C'est ta grand-mère qui veut que tu la portes. Elle dit que tu risques de prendre froid à la tête."
Ma mère se chargea de me vêtir de pied en cap, à son goût, et je ne voyais en cette tradition de s'alourdir d'oripeaux qu'une contrainte de plus. J'usais les étoffes sur l'auge aux poissons rouges et les salissais de terre glaise ou d'herbe écrasée. Mais quand le bon sens maternel me conduisait chez les boutiquiers de "prêt-à-porter", c'était pire qu'une corvée, c'était un calvaire. Il me fallait prêter mon flanc aux dégoulinants commentaires d'une vendeuse qui se permettait de me taper sur l'épaule comme si nous avions gardé les vaches ensemble... "Tourne, retourne-toi...Marche... Ca serre pas trop ?"
Et moi, pauvre de moi, toujours gêné aux emmanchures, aux entournures, aux encolures et aux pointures, je faisais pivoter ma carcasse comme à Tabarin, en me taisant, sur un socle que la Terre m'avait réservé bancal.

Ce lundi-là donc, quel mauvais esprit éparpilleur rôde entre les étals du marché de Bessières ?
C'est au moment où on ne les redoute plus que les événements redoutés surviennent. Que peut-il m'arriver alors que je suis auprès de la seule personne au monde qui ait su m'apprivoiser ? La perdre. Mais il est si saugrenu de l'imaginer. La perdre. Me perdre. Se perdre. Impossible tant la fusion est forte.
La marionnette ne peut plus exister sans marionnettiste...
Par quel hasard, ou sort mauvais nous sommes-nous dessoudés ? Il suffit d'une seconde, le temps d'un pas trop peu ou pas assez écarté, d'un "surplace" déplacé, ou d'un regard, pas au même moment, pas au même endroit porté ; ou encore d'un de ces intrus zigzaquant, de ces mouches qui changent d'âne pour se retrouver perdu.
Il faut croire que ma mère devait me tenir mal : je me retrouve perdu.
Comme Guillaumet dans les Andes, je me retrouve dans une effrayante odyssée, entre des montagnes de salopettes de Tergal, des terrils de pantalons de velours côtelé, des tumulus de chemises, des dômes de courgettes, des dunes de carottes et bassins d'aulx. Extra-Terrestre veut retrouver maman et rentrer maison.
Je laisse au lecteur le soin d'imaginer quels furent mes sentiments lors de l'épisode. Je lui laisse ci-dessous un espace pour qu'il rédige à son tour, grâce à ses propres ressentis et ses réminiscences scolaires, avec ses propres mots qui disent la peur et toutes les déclinaisons qui vont avec :
:
:
:
:
:
:
:
:

Ma mère n'a jamais été douée pour l'illusionnisme. Pour l'exemple, quand il n'y avait qu'un lapin dans la panière d'osier, elle ne savait pas en faire sortir deux.
Par contre, elle savait parfois se faire magicienne et retrouver son fils perdu.
C'est avec une joie sans mélange que je revis la panière d'osier.

Chic ! J'allais échapper à l'essayage d'un nouvel habit.
Son fils retrouvé, ma mère vendit de joie son lapin pas du tout angora et, avec l'argent du végétarien, me traîna chez "Dulac" m'acheter un pull plus voyant, pour éviter à l'avenir de me perdre sur les marchés. Pour un peu, elle y aurait volontiers cousu des clochettes !

Ma mère ne m'a pas vu grandir.
Je n'ai pas vu vieillir ma mère.
Nous nous aveuglions mutuellement.

(A suivre.)

(1) Et pas dix heures une ?

Joël Fauré












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24 juillet 2007 2 24 /07 /juillet /2007 20:27
SI TOUT LE MONDE S'Y MET...

J'ai comme l'impression que, cet été, tout le monde se débride et parle sexe.
Remarquez que je n'y voie aucun inconvénient.
Un instant, j'ai eu peur que l'arrivée du "Caudillo" à l'Elysée ne laissât augurer d'une "contre-movida", à l'inverse de nos amis Espagnols, et un retour des poignets ligotés entravant toute branlette et de la masturbation redevenue coupable de surdité.
Or, si ma vue s'affaiblit -de loin, tant mieux !-, j'ai l'ouïe assez fine.
Et ce matin même sur "France Inter" qu'entends-je ?
Dans "Cha cha tchatche" d'Olivia Gesbert, deux joyeuses filles -je ne sais si elles sont jolies- riantes et osantes sur le plaisir, le clitoris, le point G, etc....
"Une femme est-elle clitoridienne ou vaginale ? Oh, mais vous savez, elle est les deux. Le clitoris se charge de parler au vagin.
Et le plaisir de l'homme ? Oh, mais vous savez
(rires), il n'est pas que dans l'éjaculation."
Que faut-il que je pense que "54 % des femmes simulent le plaisir" ?
Je pensais qu'on en resterait là. Ma mère en avait assez entendu.
Mais non ! "Maintenant, on va à Lyon !" dit l'ex-prude "Paris-Inter". "Au "Luxor", un haut lieu du libertinage." Ben voyons !
Et là, j'entends quoi ?
Une voix me dire, comme le ferait José Sétien annonçant les résultats du loto : "Et là, c'est un donjon. Dans tous les donjons, il y a une croix de Saint-André. La partenaire y est attachée puis fouettée." (Bruit de fouet.)
"Vous écoutez France-Inter, il est onze heures. Les informations : Odile Martin... Un car de touristes Polonais..."

Bon, moi, demain, je file acheter une cravache. J'adore fouetter la crème.

Joël Fauré

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24 juillet 2007 2 24 /07 /juillet /2007 15:56
"LA MAISON (D'EDITION ?) BRULE..."

De Joël Egloff, j'avais tant aimé son "Etourdissement"  (Un livre "à atmopsphère" (Prix du Livre Inter en 2005) -Un ouvrier aux abattoirs, dans un pays imaginaire toujours gris, espère, sans trop y croire, changer un jour de vie- ), que je lui avais écrit, aux bons soins de son éditeur, la maison Buchet-Chastel.
"Toulouse, le 14 juin 2005
Bonjour. Je ne vais pas être original en vous avouant que j'ai adoré "L'Etourdissement". Commencé à 22 h 30. Terminé à 23 h 40. Bien sûr, j'ai établi des passerelles et des résonnances avec mon propre vécu. Le transfert -c'est pas original. Je vous épargnerai un long courrier. Simplement, je serais heureux si vous répondiez, même en bas de page de cette lettre, en note, à ces quelques questions (Je suis d'un naturel curieux...)

- Avez-vous travaillé dans un abattoir ?
- Auriez-vous aimé être pilote d'avion ?
Si vous venez signer votre livre dans une librairie Toulousaine, je ne manquerai pas de venir vous saluer.
Bien à vous.
P.S. : Quel beau prénom vous avez !!!
Re P.S. : J'ai regretté l'absence de 2 mots dans le livre : "ECHINE" et "EQUARISSEUR".
Je ne sais pas vous, mais moi, je suis très heureux quand les écrivains écrivent et répondent.
Voici donc ce que m'a écrit à la main Joël Egloff :
"Paris, le 15.VIII.05
Bonjour.
Ce petit mot simplement pour vous remercier de votre lettre qui m'a vraiment fait très plaisir. Pour répondre à vos questions, je n'ai jamais travaillé dans un abattoir mais j'ai eu l'occasion de travailler sur des images d'abattoir. Il m'en restait quelques souvenirs flous. J'ai également fait quelques recherches en ce qui concerne certains détails techniques. Le nom des machines, notamment. Le reste, il m'a suffit de l'imaginer.
Concernant mon désir d'être pilote d'avion, inutile de m'en défendre, vous avez mis le doigt sur l'une de mes innombrables frustrations.
Je n'ai pas encore de rencontre prévue dans une librairie toulousaine, mais si cela s'organise, un de ces jours, j'espère moi aussi que nous aurons le plaisir d'échanger quelques mots. Encore merci ! Très cordialement.
P.S. : Je trouve que votre prénom n'est pas mal non plus.
Re P.S. : Pour le mot "équarisseur", je dois reconnaître son absence, mais en ce qui concerne "Echine" : Objection ! Il y est page 23..."
Au dos de l'enveloppe, il y avait la contre-adresse. Je n'en ai pas abusé, et j'ai laissé Joël tranquille.
Et voici que Joël m'adresse, en ce vendredi 20 juillet, une carte postale !
Enfin, "m'adresse" est un peu présomptueux ; je devrais plutôt dire qu'il "nous adresse", à nous ses lecteurs, via les colonnes du "Figaro" des nouvelles terrifiantes :
"Nice, le 20 juin 2007.
Cher Vieux,
(...)
Lorsque tu nous a proposé ta maison de la Côte, pour les vacances, cela partait d'une généreuse intention et encore une fois nous t'en remercions. (...)
Ta proposition nous a touchés, mais souviens-toi, je t'ai répondu que nous n'avions pas l'intention de partir, à cause de ce roman que je comptais finir. Tu as insisté pourtant. (...)
Alors au bout du compte, j'ai fini par céder. (...)
La suite, tu la connais. Tu as été prévenu, on t'a expliqué tout en détail. (...)
Ta maison, évidemment, l'assurance te la remboursera. Tu la feras reconstruire, plus belle encore, et pour toi qui semblais t'en lasser, c'est peut-être même une aubaine. Le jardin aussi renaîtra de ses cendres, tout comme les forêts aux alentours. La terre brûlée n'en sera que plus fertile.
Nous pourrions nous estimer heureux, en fait, si seulement j'avais pu sauver mon manuscrit des flammes. Deux ans de travail partis en fumée. Mon meilleur roman, je le pressentais. Celui pour lequel je nourrissais les meilleurs espoirs.
Je ne t'en tiens pas, bien sûr, pour responsable, mais ce manuscrit, dont je n'ai retrouvé que les quelques pages calcinées que le vent, comme pour me narguer, a accrochées dans ce qu'il reste des arbres, personne ne me le rendra jamais et tu imagines à quel point cela me désespère. Comment vais-je m'en remettre ? Que comptes-tu faire ? Comment peut-on s'arranger ? As-tu une idée ?"
Animé d'une authentique compassion, j'ai écrit à Joël Egloff, puisqu'il avait donné son adresse :
"Le 21 juillet 2007.
Bonjour Joël.
J'ai lu dans "Le Figaro" du 20 votre carte postale.
J'ai éprouvé l'irrépressible besoin de prendre la plume.
La perte d'un manuscrit est une épreuve.
La question que je me pose est la suivante :
- Si votre texte est fictionnel, je vous comprends ; si votre texte est autobiographique, je vous comprends et je vous plains. M'en direz-vous plus ?
Cordialement à vous.
P.S. : Et merci d'avoir répondu à ma 1ère lettre."

Celle-ci a été postée hier, le 23 juillet.

Joël Fauré

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Quelques nouvelles de Camille C.

Camille a répondu aux grands sourires des vieilles dames édentées, vêtues de noir jusqu'au cou. Camille a croisé un vieux monsieur, sur un vieux vélomoteur auquel était accroché une remorque, et dans la remorque, il y avait un énorme cochon. Camille l'a croisé plusieurs fois... On lui a dit que le vieux monsieur amenait le cochon "saillir" des truies... C'est un cochon-étalon...
Camille ira samedi à la fête au village, à l'ancienne... 
Camille poussera sa route jusqu'à Lisbonne, où l'on sait maintenant que Fernando Pessoa l'attend...
Je suis heureux de savoir que Camille se trouve actuellemnt dans ce beau pays, même su l'un de ses principaux cours d'eau s'appelle "Sado".


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24 juillet 2007 2 24 /07 /juillet /2007 11:35

A Marie-Madeleine,
une maman importante.


Dans l'Aveyron.
Marthe, Madeleine, Mathilde est née dans l'Aveyron. L'Aveyron est un département Français qui resssemble à une grosse motte de terre qui sent bon après avoir été retournée. Dans l'Aveyron, un couteau n'est pas un couteau, c'est un "Laguiole". Un fromage n'est pas un fromage, c'est un "Roquefort". Quand une ville est ville, elle est franche. Villefranche. Villefranche-de-Panat, Villefranche-de-Rouergue.
Je n'ai jamais compris pourquoi l'Aveyron n'avait pas "son" Pagnol. Si vous voulez, moi, je veux bien le faire. Dans l'Aveyron, il y a mieux que Rome, il y a Saint-Rome. Il y a mieux que l'Afrique, il y a Saint-Affrique
Saints et saintes du paradis semblent s'être donnés le mot et rencart ici, entre les tables, les étables et les rétables.
Le frère tout proche de ma mère, René, ne s'y est pas trompé. C'est ici qu'il a souhaité devenir prêtre.
N'étaient les illustres écrivains qui m'ont précédé, je parlerais bien volontiers du "Journal d'un curé de campagne."

Mon oncle.
Ma mère est la cadette d'une fratrie de dix enfants. Mon père est fils unique. Ca rétablit l'équilibre dans les rassemblements familiaux !
Ainsi donc, au début des années 40, un garçon se dégagea bientôt et se découvrit une vocation. Il entra au Petit, puis au Grand Séminaire et fut ordonné prêtre. 
Avec le solide bon sens de la Terre Aveyronnaise, et le sang volontaire qui court dans ses veines, le frère de ma mère, mon oncle, l'abbé René Trémolières devint le prêtre écouté, respecté, eu égard au sacerdoce qu'il avait embrassé.
A ma mère, il a affectueusement donné le prénom de "Marthou".

Dans les bruyères Rouergates, il aimait chercher des champignons, et surtout en trouver ; dans les clairs ruisseaux de montagne, il aimait pêcher la truite, et parfois -que Dieu le lui pardonne !- la saisir à mains nues à même les cours d'eau, sous les panneaux "Pêche Interdite". A la chaire de vérité, le dimanche, pour expier ses peccadilles, il reconnaissait simplement qu'il était "pecheur" sans trop mettre l'accent, et invitait ses ouailles Saintes-Romaines à prier avec lui. 
A table, on servait des cèpes et du poisson.

Tout me porte à croire "qu'heureux est celui qui croira sans avoir vu", que "Dieu, c'est comme du sucre dans un café : il est là, mais on ne le voit pas, et plus on le cherche, moins on le trouve."
Il est vraiment grand le mystère de la foi.
Mon Dieu que les béatitudes sont belles ! J'ai presque envie de les récrire ici. Mais si Dieu existe, le Diable existe aussi alors ? Les flammes de l'Enfer éclaireraient-elles le Paradis ?
A quoi pensais-je justement, quand, enfant, sagement assis près de ma mère, je levais les yeux vers les voûtes de l'Eglise Saint-Martin, de Buzet-la-Forêt ?
Saint-Martin était un brave type : il donnait un morceau de son manteau à ceux qui avaient froid. Avec l'immensité du ciel pour unique univers et pour unique garde-robe le ruban bleu de Notre-Dame-de-Lourdes, c'était l'époque de tous les "possible".

Ma sacro-sainte famille vouait aux Saintes-Régionales de l'étape (Sainte-Germaine à Pibrac ; Sainte-Bernadette à Lourdes) une fervente admiration. On pouvait aller les voir avec le car. (Fatima, c'était plus loin !) On plaignait ces filles pauvres et souffreteuses (terribles écrouelles de Germaine). Parce qu'elles avaient souffert, elles pouvaient comprendre celles et ceux qui souffraient aussi.
On offrait des messes pour les "âmes du Purgatoire" et les défunts, venus et à venir. "Je ne vous promets pas d'être heureux dans ce monde, mais dans l'autre."

Ma mère ne m'a pas vu grandir.
Je n'ai pas vu vieillir ma mère.

Seuil critique.
Quelques phrases toutes faites à l'intention de celles et ceux qui n'aiment pas ce livre :
1) Fauré lance des pistes mais n'en exploite vraiment aucune. On reste sur sa faim.
2) Je n'aime pas ce livre : c'est décousu, déconstruit; déhanché...
3) Encore un livre nombriliste d'un loser de la vie...
4) Fauré passe du coq à l'âne, si vite qu'on ne sait plus qui fait le coq et qui est l'âne...

(A suivre.)

Joël Fauré



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24 juillet 2007 2 24 /07 /juillet /2007 11:25

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"[Des] cas [de fétichisme] peuvent faire sourire. Ils n'en illustrent pas moins un érotisme plus construit, élaboré et finalement civilisé que le sexualité considérée comme "normale" et qui, par son incapacité à dissocier érotisme et procréation, est directement responsable de deux immenses charniers, celui des avortements et celui de la famine dans le Tiers-Monde."
Michel Tournier (Le Fétichiste) - Gallimard.


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23 juillet 2007 1 23 /07 /juillet /2007 18:47
LA SUITE DE  "LA FEMME DE MA VIE"
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c'est passer d'un espace à un autre
en essayant le plus possible
de ne pas se cogner."

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