22 juillet 2007 7 22 /07 /juillet /2007 15:09
La Maison.
Nous habitions, sur les "Champs Grands", une maison très grise et isolée, en orée de la forêt de Buzet-sur-Tarn.
Buzet-sur-Tarn et Bessières se touchent mais ne se confondent pas.
Je n'ai pas gardé de souvenirs de la ferme où vivaient mes parents avant qu'ils "fassent construire" en 1967. Je n'ai retrouvé que des éclats. M'est avis qu'ils ont emprunté une somme que ma mère a dû qualifier de "colossale" au "Crédit Foncier de France", remboursable sur une bonne partie du XXe siècle, sans que le taux d'intérêt ne changeât d'un centime. Si bien qu'aux derniers temps, ils payaient la dérisoire somme de deux-cents francs mensuels. J'ai toujours associé la maison à ma mère : c'est ma maison-mère...
Mes parents n'avaient ni auto ni permis pour la conduire. Ils se véhiculaient à deux roues. Ma mère me transportait à même le porte-bagages de sa grise "Mobylette".

Nom de lieu.
Buzet-sur-Tarn ne se situe pas dans le département du Tarn, comme son nom semble l'indiquer, mais dans celui de la Haute-Garonne. Pour éviter la confusion, je suggère aux décideurs de rebaptiser Buzet-sur-Tarn Buzet-la-Forêt ; ce serait plus judicieux, vous ne trouvez pas ? C'est comme l'autre Buzet de France : Buzet-sur-Baïse, dans le Lot-et-Garonne. Là encore, une malencontreuse confusion est possible : imaginez que l'on oublie le tréma sur le "i"...

Malle de mère.
Ce serait comme un résumé dans un vieux "Télé 7 Jours", du genre "Si vous avez manqué le début...", avec son petit pictogramme : une chaise vide devant un poste de télévision. Avis de l'Office Catholique : pour tous.
"Sa mère morte, Joël doit précipitemment quitter et vider la maison qui doit être vendue. Il entasse les effets de sa mère dans des malles.
Quelques années plus tard, il rouvre ces malles..."

De la difficulté d'écrire un livre sur sa mère.
"Aujourd'hui, maman est morte." C'est la première phrase du livre d'Albert Camus, "L'Etranger". Un autre Albert, Cohen a écrit un livre puissant et indispensable "Le livre de ma mère".
Comment passer après eux ? Pourquoi passer après eux ? Pourquoi écrire un livre alors que je sais pertinemment que, de nos jours, tout le monde écrit mais plus personne ne lit ? Ma mère me disait : "Ne lis pas ce livre, tu vas devenir fou." Parlait-elle du "Grand et du Petit Albert", le Livre Maudit ? Je suis effectivement devenu fou, mais uniquement parce que je n'ai pas lu assez de livres...
Je ne sais pas écrire. Mais j'essaie. C'est méritoire, non ? Ils vont peut-être le dire au "Masque et la plume", la féroce émission critique de France Inter ?
Et puis, tant pis, je me lance ! Quand j'ai appris que la mère de Philippe Delerm s'appelait Marthe elle aussi, alors là, j'ai pas hésité, j'ai sauté le pas.

Je me suis mis à l'aise tout de suite. Les écrivains sont des gens tellement spéciaux. Et les critiques, paraît-il, des écrivains refoulés... Or, si je suis absolument certain de n'être pas critique, je me suis dit que je n'étais pas tout à fait sûr d'être un écrivain. Mais j'écris peut-être ça pour qu'on me dise le contraire. Des phrases qui commenceraient par : "Mais si..." ou "Là où je ne suis pas d'accord..." Je me suis dit que, avec une histoire derrière moi, je n'aurai peut-être que moi pour unique lecteur, mais au moins, je serai en règle avec ma volonté.
Et puis, tiens, je ne chercherai pas à styler. Si je n'ai pas de talent, il me reste de la mémoire. On placera le livre au rayon "Faits de société". Je vais écrire "décousu".

(A suivre.)

Joël Fauré

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J'ai appris, lu, vu, entendu, pensé cet été...

J'ai entendu cet été... une jeune maman dire à son fils : "Mais qu'est ce que tu fabriques ?"
Si la mère d'Edouard Michelin, avait posé la même question, aux alentours des années 1870
à son fils, ce dernier aurait-il répondu :
"Pour l'instant, rien, mais je songe à fabriquer des pneumatiques." ?

*

Des nouvelles de Camille C.

Je lève les yeux vers le ciel. Je balaie avec mon regard, comme le ferait une caméra. Je demande à mon ordinateur personnel : "ciel du Portugal". Ponte de Vagos. Je zoome et tu es là. Je te vois.
Alors, quelles nouvelles ?
"Nous sommes à dix kilomètres de l'eau." Celle qu'a connue Vasco de Gama ?
"J'ai vu des cigognes, dans leurs nids, sur les portiques des routes. Notre hôte nous a dit : "Ici, nous avons 20 ans de retard." (Si l'on vous dit : "La fin du monde est dans 10 minutes, que faites-vous ?" Partez-donc au Portugal, vous gagnerez du temps.)
J'ai prêté à Camille un livre de mon grand ami Fernando Pessoa. Elle m'a dit qu'elle irait le saluer de ma part, à Lisbonne où, attablé et écrivant à la terrasse d'un café, il l'attend...


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21 juillet 2007 6 21 /07 /juillet /2007 15:09

A ma mère.
Pour ma mère.
A cause d'elle.
Grâce à elle.

"Chaque homme est seul,
et tous se fichent de tous,
et nos douleurs sont une île déserte."
Albert Cohen (Le livre de la mère)


Premier Acte
L'An mil neuf cent soixante deux, le cinq octobre à dix neuf heures cinq, est né rue Réclusane 78, Joël Alain Claude, du sexe masculin, de Fernand Pierre Guillaume FAURE, né à Buzet sur Tarn Haute-Garonne, le vingt neuf Novembre mil neuf cent vingt deux, agriculteur, et de Marthe Madeleine Mathilde TREMOLIERES, née à Lestrade Thouels Aveyron, le vingt et un novembre mil neuf cent vingt sept, sans profession, son épouse, domiciliés à Buzet sur Tarn Haute Garonne.
Dressé l'an mil neuf cent soixante deux, le huit octobre, sur la déclaration de Simon Salvat, soixante dix ans, employé rue Réclusane 78.
Lecture de l'acte lui a été faite, puis invité à en prendre directement connaissance, il a signé avec Nous, Charles MONFRAIX, Fonctionnaire à la Mairie de Toulouse, délégué.
Mentions au Répertoire Civil : néant.

C'est une photo
C'est une photo. C'est l'été. C'est bien. C'est une fête foraine. C'est à Bessières, près de Toulouse. La photo n'est pas datée. Je la situe vers la fin des années soixante. Le photographe ambulant n'a pas dû beaucoup insister pour que ma mère se laisse figer sur la pellicule avec son petit tardillon non-désiré.
Combien a-t-elle payé ?
Mon Dieu qu'elle est belle, ma mère.
Elle : ensemble noir tombant bien. Ceinture blanche à la taille. Escarpins noirs. 
Moi : casquette noire à visière blanche, pantalon court à bretelles noir, polo blanc, socquettes noires, chaussures spartiates blanches... 
Prise dans le tourbillon des sollicitations de la fête, et aussi, je dois bien l'admettre, cédant à mes caprices d'enfant gâté, elle vient tout juste de m'acheter un jouet qu'elle tient dans sa main gauche. C'est une superbe diligence en matière plastique noire, tirée par deux chevaux blancs. L'attelage est encore sous film de cellophane. Je l'ai sans l'avoir. Je la vois sans l'avoir. Le bras gauche de maman, replié, retient les anses d'un joli sac à main noir.
Une image vaut mille mots. A ce point du texte, où en est la jauge ? 
Cent-quatre vingt dix neuf ? Deux cents ?
J'ai encore de la place pour être juste, complet.

A y regarder mieux, l'oeil -mon oeil- donc reculé, y voit, au second plan, une volée de six marches qui conduit au kiosque à musique, désert à cette heure, mais où l'orchestre, tout-à-l'heure, lorsque nous serons partis, fera danser celles et ceux qui savent. Près de là, un haut-parleur atteste que cette photo est très parlante.
Quelle est la marque de la voiture blanche, dont on aperçoit un morceau, garée derrière le kiosque ? Une fausse-amie 6 Citroën ?
Mais je m'égare, je digresse, je dilue.
Ce qui est important, c'est le bras droit de ma mère, tendu vers l'arrière. Il semble me tracter, tant je suis en retrait. Nous sommes main dans la main. Pour le bras gauche, ça ira, il y a ma mère. Mais le bras droit est crispé, tendu comme une arbalète. Le poing est serré. 
Je crois que c'est la faute de ce satané photographe qui nous a empêchés de nous déssouder...

Mes genoux semblent vouloir se toucher ; mes chevilles s'écarter : on appelle ça un génu-valgum. Vais-je passer ma vie sur les premiers ? N'y-a-t-il pas de risque de voir enfler les secondes ?

L'attaque de la diligence...
Pour l'instant encore, elle est protégée. En garde rapprochée. Mais lorque nous serons à la maison, mon père me dire : "Oh, avec toi, elle sera vite cassée... Brise-Fer..."
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(A suivre.)

Joël Fauré

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20 juillet 2007 5 20 /07 /juillet /2007 19:44

"A PROPOS DE BOTTES" : LE LIVRE !

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J'ai déniché dans un "vide-grenier" un livre insolite.
Il s'intitule "A PROPOS DE BOTTES"
Il ne pouvait donc pas échapper à ce qu'il reste de mon acuité visuelle.
L'auteur est un certain "Antoine de Gravillon". Le dépôt légal date de 1865.
L'ouvrage, broché, est édité chez "Achille FAURE", libraire-éditeur à Paris.
Il est copieusement illustré d'une splendide "eau forte" et de nombreux croquis à la plume de l'auteur, tous très beaux eux aussi.
Comment dépeindre cette rareté ?
Ce n'est ni un roman ni un essai.
C'est une "déambulation réflexive" au gré des pas de l'auteur.
Une chose est sûre : ses bottes l'ont beaucoup inspiré !
La prose est racée ; la sensualité affleure le texte.
Le mieux encore est de vous livrer les premières lignes.

"Quel excellent titre, -bien que proverbialement vulgaire,- si je voulais m'en servir comme de passe-port ou de port d'arme pour battre la campagne en votre compagnie, lecteur de bonne volonté qui ouvrez ce livre prêt à suivre à l'abandon un chasseur imaginaire ou un touriste sentimental !
Ne semble-t-il pas que je vais, ainsi chaussé, vous entraîner sur l'heure par monts et par vaux, dans les lointains domaines de la fantaisie et vous exposer, -hors de tous propos,- aux hasards d'un voyage en zigzag, tantôt à pied avec les bottes de sept lieues  du petit Poucet, tantôt sur monture fantastique avec la Folie en croupe et ses grelots en collier ? -Dieu nous garde d'une semblable divagation !
Permis sans doute de digresser et de prendre tel ou tel détour de la route , auparavant faut-il savoir où l'on va quand on part, et où l'on abordera lorsqu'on s'embarque. Ce monde est grand ; on s'égare dans ses bois ; on se noie dans ses ondes. Encore n'est-il rien, -sous le soleil-, comparé à celui où, -en dessus de la lune-, vagabonde l'esprit.
C'est pourquoi, vous rattrapant vite par le pan de votre manteau, et tournant bride à toute illusion, je vous ramène au vrai sens de mon intitulé ; et dussiez-vous tomber de haut, je vous invite, vous voyant venir, à prendre sans façon mes bottes pour ce qu'elles sont réellement, au pied de la lettre et à la lettre ou mesure de votre pied, -à supposer toutefois que ma forme vous convienne. Il ne s'agit point, en effet, de bottes chimériques ou figurées, mais de de celles que m'a bel et bien livrées, ce matin même, au saut du lit, mon cordonnier, habile faiseur entre tous, et dont je voudrais, si ce n'était réclame, crier le nom des pavés au toit, à corps perdu."

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Brèves :

ROBES DE CHAMBRES

Personnellement, c'est ce que j'aurais titré, jeudi,  pour la série du cahier d'été de Libé consacré aux objets -du fil à couper le beurre au crucifix- . Mais je ne suis pas titreur à Libé, et ce dernier a choisi "Apparat chic".
"Elle produit une impression sur celui qui la voit, mais aussi sur celui qui la porte."
Qui "elle" ? 
Une botte-cuissarde ?
Non... une robe... d'avocat !

*

DELACAGE  HORAIRE ?

Lu sur une note d'entreprise :
"Urgent à vérifier.
Attention, veuillez vérifier si vous n'avez pas commis d'erreur de saisie (dépalcement de virgules ou ajout de zéros) qui fait dépasser l'enveloppe des frais."

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18 juillet 2007 3 18 /07 /juillet /2007 21:25
LES BOTTES MAGIQUES
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(Photo DR)

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18 juillet 2007 3 18 /07 /juillet /2007 18:41
LES BOTTES MAGIQUES
par Joël Fauré

Madame Loyal entre en piste. Queue-de-pie violet, hautes bottes noires.
Elle annonce le prochain numéro du spectacle.
Elle est interrompue par l'arrivée d'un clown.

- Bonjour, Madame. Le directeur du cirque m'a fait une confidence. Il paraît que vous portez des bottes magiques ?
- C'est vrai.
- Il m'a dit aussi qu'il fallait en prendre soin.
- C'est vrai aussi.
- Je suis venu ici pour vous les faire briller. Vous savez, au cirque, elles se salissent facilement, avec la sciure, la poussière...
Il sort un brosse, du cirage, un chiffon.
Madame Loyal tend une botte que le clown nettoie. Il crache sur le chiffon et astique avec ardeur. Il tient délicatement la botte, y dépose un tendre baiser.
Madame Loyal : Merci. Pour vous récompenser, vous pouvez faire un voeu et la botte le réalisera.
Le clown : J'aimerais... être riche.
Madame Loyal (Elle va s'assoir sur le rebord de la piste) : Retirez la botte que vous avez nettoyée.
Le clown s'exécute. Il lève la botte très haut comme un trophée (Noir, projecteur-poursuite sur la botte et musique) puis la renverse : il en tombe une pluie de un centime d'euro. 
Pleine lumière.

- Extraordinaire ! Fabuleux !
Madame Loyal se rechausse.
Le clown : Vous permettez que je fasse pareil à l'autre botte ?
Le portable de Madame Loyal sonne.
Madame Loyal : Je suis désolée. Il y a une urgence en coulisses. Je dois m'absenter une petite minute. Attendez-moi, je reviens.
Madame Loyal sort.

Un autre clown arrive.
- Bonjour, que fais-tu avec tout cet argent ?
Clown 1 : Ecoute, tu veux en gagner autant ?
Clown 2 : Mais bien sûr !
Clown 1 explique à l'oreille ce que Clown 2 doit faire, puis il d'en va.

Madame Loyal revient en piste.
Elle s'est changée. Queue-de-pie rouge, hautes bottes blanches.

Clo
wn 2 : Bonjour, Madame Loyal. J'ai dû remplacer mon frère qui a été appelé. Il m'a laissé des consignes. Alors, à ce qu'on dit, vos bottes sont magiques.
Madame Loyal : Oui, c'est vrai.
Clown 2 : Alors, je vous promets de vous les faire briller, si bien qu'on pourra s'y regarder comme dans un miroir.
Madame Loyal tend une botte. Clown 2 crache sur le chiffon et astique avec ardeur. Il tient délicatement la botte, y dépose un tendre baiser.
Madame Loyal : Merci. Pour vous récompenser, vous pouvez faire un voeu et la botte le réalisera.
Clown 2 : J'aimerais... être riche.
Madame Loyal va s'assoir sur le rebord de la piste et invite le clown à retirer la botte qu'il vient de nettoyer.
Le clown s'exécute. Il lève la botte très haut comme un trophée (Noir, projecteur-poursuite sur la botte et musique) puis la renverse : il en tombe une pluie de confettis !
Pleine lumière. Déception.
Le portable de Madame Loyal sonne.

Madame Loyal : Je vous demande de m'excuser, je suis demandée en coulisses. Attendez-moi, je reviens.
Madame Loyal sort.

Clown 1 revient.
- Alors, ça a marché ?
Clown 2 : Regarde !
Clown 1 : Ah, ça alors ! ... Ecoute, quand Madame Loyal va revenir... (Il dit la suite au creux de l'oreille.)

Madame Loyal revient.
Elle s'est encore changée. Queue-de-pie jaune, une haute botte noire, une haute botte blanche.

Madame Loyal : Je suis heureuse de vous revoir.
Clowns : Et nous donc !
Clown 1 montre la botte droite : Oh, mais dites-donc, vous avez vu où vous avez marché ? Vous êtes allée du côté des éléphants ?
Clown 2 (Il montre l'autre botte) : Oh, et ici aussi... Là, vous êtes allée du côté des chevaux...
Clowns : On va arranger ça.
Les deux clowns se mettent à genoux devant Madame Loyal et lui nettoient ses hautes-bottes, sans oublier d'y déposer de tendres baisers.
Madame Loyal s'assoit sur le rebord de la piste.
Chacun des clowns lui retire une botte ; ils les lèvent très haut comme des trophées (Noir, projecteur-poursuite sur les bottes et musique) puis il les renversent comme des cornes d'abondance : il en tombe une pluie... de farine !
Musique, pleine lumière... Madame Loyal et les deux clowns partent en courant... dans la plus pure tradition clownesque !
A chacun de tirer une morale de cette histoire, s'il y en a une...


(Je dédie ce texte à Betty Bario, qui a été une trop sporadique Madame Loyal, et surtout à son père, Freddy Bario, que j'aimais énormément, qui m'a fait rire comme jamais je n'ai plus ri depuis, et pleuré comme je l'ai souvent fait, après.)

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QUELQUES MOTS D'AILES

Camille C. possède un style universel qui s'adresse à tous et à chacun, tout en finesse, en délicatesse. Ses textes sont des "attentes" où jamais l'on ne s'ennuie, où le réél se drape se fabuleux, mais sans ostentation. On reconnaît à sa "patte" que l'auteure est proche des enfants, comme des adultes, et c'est un énorme pari "à la Michel Tournier".
J'aime sa phrase musclée comme l'épaule d'une nageuse et frêle comme la fontanelle d'un nouveau-né.

JF

LA FEMME QUI MURMURAIT A L'OREILLE DES OISEAUX
par Camille C.


"Ce matin, je sors de chez moi,
Il m'attendait, il était là,
Il sautillait sur le trottoir,
Mon Dieu qu'il était drôle à voir,
Le p'tit oiseau de toutes les couleurs."
(Maurice Vidalin - Gilbert Bécaud)

Je ne pensais à rien, ou plutôt j'étais trop occupée à laisser vagabonder mon esprit vers les interdits de mon coeur, pour entendre ces incessants piaillements de détresse. Ce n'est que lorsque mon regard se tourna en direction de la terrasse que je compris que ce tapage durait depuis un moment.
J'ouvris la porte-fenêtre qui me séparait de lui et je le vis : c'était un passereau dodu, à demi caché par le bouquet de lavande odorante, dignement juché sur une vieille pierre fissurée en forme de crapaud et qui appelait à s'en égosiller.
Je m'accroupis et m'approchai à pas de canard, soutenant son regard de velours qui ne lâchait pas mes yeux. Je lui parlai doucement, l'interrogeai sur ce qui l'inquiétait ainsi, pauvre naïve, comme s'il eu pu me le dire, scrutai son plumage afin d'y déceler quelque blessure.
C'est alors qu'il se prit à pépier après chacune de mes courtes phrases, de telle sorte qu'un véritable dialogue (du moins, y ai-je cru) s'installa entre l'oiseau et moi.
Quel merveilleux cadeau !
A ce moment, tout fut oublié, les troubles de ma journée, les gestes manqués, bloqués, évités ; les désarrois de ma peine et de ma solitude cachée, les larmes ravalées, mes lectures avortées, mes maux rentrés, et toi, si loin...
Je n'ai pas regardé à l'horloge combien de temps ce manège enchanté avait duré...
Une éternité, je crois. En tous cas, cet instant de partage me donna plus de joies que bien des conversations convenables avec des rencontres con-venues.
Mais au fait, maintenant j'y pense, où était passé mon chat à ce moment-là ? Et celui du voisin, ce gros courtaud poiliu et malodorant qui prend pour pissotière mes parterres de pensées, ma Barbe de Jupiter et mon thym citronné...
L'oiseau s'est envolé.
Ce matin, en ouvrant la fenêtre, j'ai cru l'entendre mais je ne l'ai pas vu.
Dommage.

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PROCHAINEMENT SUR CET ECRAN :
"LA FEMME DE MA VIE"
Une confession bouleversante et drôle de Joël Fauré consacrée à la femme qui a le plus compté dans sa vie.

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17 juillet 2007 2 17 /07 /juillet /2007 19:53
DEMAIN SUR CET ECRAN :
"LES BOTTES MAGIQUES"

PROCHAINEMENT SUR CET ECRAN :
"LA FEMME DE MA VIE"
Une confession bouleversante et drôle de Joël Fauré consacrée à la femme qui a le plus compté dans sa vie.
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17 juillet 2007 2 17 /07 /juillet /2007 17:31

COUP DE CHAPEAU


CARRIE HARVEY : LOYALE DANS SES BOTTES

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Cliché Marie-France Albarède.
S
'il est, au cirque, une silhouette sympathique, c'est bien celle de Monsieur Loyal. Les plus nostalgiques se souviennent de Roger Lanzac, qui donna à la télévision balbutiante sa voix claire et posée dans "La Piste aux étoiles" du regretté Gilles Margaritis.
Chargé d'établir le lien entre les numéros, et de faire valoir les interventions des clowns, Monsieur Loyal, le ringmaster, le Maître de manège, le présentateur n'a laissé -comme le Père Noël- aucune chance aux femmes d'user du privilège de sa panoplie : frac, gants, chapeau et bottes.
Or, voici qu'une petite révolution dans le Cercle Enchanté -plutôt en passe de réussir- nous met sous les yeux une ravissante "Madame Loyale". Mon camarade Pierre Bruel m'a soufflé une petite contrepéterie que je ne peux passer sous silence : Toute en piste avec ces superbes bottes. 
C'est au cirque Amar que l'on doit cette joie sans mélange de tomber à genoux devant les cuissardes de Carrie Harvey. Carrie Harvey, humble sujette de Sa Majesté Elisabeth II, ressortissante de la Perfide Albion, à 38 ans, a déjà touché du spectacle sous ses formes les plus nobles : chanson, comédie musicale, théâtre. La langue de Molière après celle de Cervantès (Carrie a fait une tournée en Espagne) et la maternelle de Shakespeare roulent dans sa bouche.
Jointe en tournée entre Gap et Briançon -le portable semble avoir été inventé pour "les gens du voyage"-, Carrie m'a fait part de son enthousiasme à travailler au cirque. Son bel accent, capté près de son camion et sa caravane en attteste. En guise d'encouragement à rester dans le rond de la piste, fort joliment chaussée, une plume d' "A propos de bottes" s'est envolée pour écrire à son intention et lui offrir cette entrée comique : "Les Bottes Magiques".
Qui a dit qu'on "n'écrivait" plus pour le cirque ? (1)

JF

(1) Les circophiles les plus avertis se devront de trouver "l'introuvable" ouvrage de Tristan Rémy

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16 juillet 2007 1 16 /07 /juillet /2007 16:02

NOTES DE LECTURE

"Comment j'ai vidé la maison de mes parents."
Lydia Flem. (Editions du seuil)

Lydia Flem sait de quoi elle parle quand elle place ce titre en couverture de son livre, très à propos publié au "Seuil".
Ne dit-on pas d'un gardien de discothèque qu'il est "videur" dans une boîte ? 
Les "vide-greniers" ne sont-ils pas à la mode ?
L'ampleur de la tâche est donnée. Elle est rude. Parce que "rien n'est neutre dans une maison."
A la mort de ses parents, Lydia Flem se retrouve face à un inventaire impressionnant. Elle cite Pérec, et ses choses minuscules ; et Pierre Nora et ses "Lieux de mémoire".
Que faut-il garder ? Que faut-il jeter ? En tous cas, il faut "vider" comme on "vide un poulet". Très vite, nous apprenons que Lydia Flem est fille unique (ça a son importance), donc sans conflit avec une fratrie, et que ses parents étaient manifestement des "accumulateurs". Dans la maison, elle retrouve des tickets de métro, des serviettes en papier annotées, et surtout tous ses biberons qui l'alimentèrent bébé.
Les objets donnent ici matière à réflexion, à émotion, et à question. Devant cette "brocante de l'âme", l'héritière l'apprendra à ses dépens. 
Sur le thème, on pense à "Une maison n'est rien" de Michel Besnier ; "La Maison Mélancolie" de François Nourrissier, et surtout à "La Cerisaie" de mon camarade Tchékov.
Le travail de mémoire et de sélection que Lydia devra mener à bien est des plus ardus qui soient... Les "ça peut servir", "ça me rapelle", "Je jette pas, ça porterait malheur" feront écho chez de nombreux obsessionnels et compulsifs.
Lydia Flem signe là un beau livre sans point final, utile et précieux, pour "l'aide à la décision" de celles et ceux qui sont dans l'évitement et la procrastination
Il faut savoir y mettre un point final.
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"Comment j'ai vidé la maison de mes parents ?"
J'ai fait comme j'ai pu, pas comme j'ai voulu.

Joël Fauré

"Vous savez, une maison où on a passé quarante-cinq ans, c'est quelque chose, vous connaissez toutes les pierres, tous les grains de sable, toutes les bosses des champs. Ce n'est pas comme ici où chaque geste demande réflexion et où, quand vous vous réveillez la nuit, vous restez à vous demander dans quel mauvais rêve vous êtes tant que vous ne vous reconnaissez pas, puis vous comprenez que vous êtes réveillé, la mélancolie vous prend, la pire de toutes les maladies pour un vieux, et où vous enfuir ?"
Inès Cagnati "Mosé ou le lézard qui pleurait" - Denoël - 1979


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Brèves:

Quid Doc Gynéco

Je n'ai jamais compris qui était vraiment Doc Gynéco. Docteur ? Gynécologue ? (Un gynécologue, c'est quelqu'un qui travaille là où les autres s'amusent.)
Son nom ne m'est pas étranger puisqu'il est parvenu jusqu'à moi. Dans les colonnes de "La Dépêche du Dimanche" d'hier, la journaliste Françoise Cariès semble le connaître aussi. Et elle rapporte ses propos receuillis au milieu des "sarkozysés" du 14 juillet "nouvelle fourmule" : "Je préfère les femmes en uniforme plutôt qu'en bas résille." Fétichiste avec ça ?

*

Dialogue

Echange.
J'ai croisé chez l'épicier une amie que je n'avais pas vue depuis longtemps.
Moi : "Alors, qu'est-ce que tu deviens ? Tu travailles toujours là ?"
Elle : "Et oui ! Je suis toujours dans mon donjon !"
Moi : "Dans ton donjon sadomasochiste ?"
Elle : "Oh non ! De princesse. Moi, je suis plutôt princesse."

JF

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PROCHAINEMENT SUR CET ECRAN
"LA FEMME DE MA VIE"
Une confession bouleversante et drôle de Joël Fauré consacrée à la femme qui a le plus compté dans sa vie.




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15 juillet 2007 7 15 /07 /juillet /2007 16:14
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Photos d'identité sexuelle...
Sur les photos d'identité, le "sujet" devra être tête nue, (visage tout blanc ?)  sans signe ostentatoire, mais pourra-t-il arborer un attribut qui lui tient à coeur (et au pied)
(Avec le concours de Photomaton)
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15 juillet 2007 7 15 /07 /juillet /2007 15:04
A Eric-Pierre Vigouroux,
Que j'ai perdu de vue.
Au mieux qu'il ait pu devenir.

Nous vous offrons en "bonus" à "J'AI TRES BIEN CONNU JACQUES BREL", ce texte qu'il aurait été dommage de mettre au rebut.

Un courrier pour "Brel, Poste Restante"
Eric-Pierre, à Rennes, poursuit ses études pour obtenir un brevet de peintre en lettres. Il a eu connaissance de mon opération "Poste Restante". Sa lettre à Jacques Brel, d'un lyrisme torride, est saisissante.

Tendre Jacques,
Jacques, je te connais et tu ne me connais pas.
Qu'importe, je vais t'écrire ces mots insensés que tu comprendras.
Tu es la cathédrale de vie où j'aime à me recueuillir.
J'y ai entendu ton psautier inspiré d'ombres bleues, rouges, vertes et de saphir.
Tu me mènes par les rivières rouges et noires,
Sur un vaisseau qui ne vogue pas par hasard
Vers les landes hermétiques du pays Perdu,
Au lointain jardin où vivent et chantent les élus.
Par l'éclatement de ton horizon,
Tu m'ouvres les portes de la perception.
O fulgurante errance cométée de mille couleurs ;
Tes chansons, jouissance vibrée qu'Ostendaise bombe et pleure
Aux rêves de pierre de tes lacs bleutés ;
Tes chansons, cathédrales bruissantes d'oraisons tourmentées ;
Tes chansons, cratères de spires, vivaces d'émotions dissertes,
Vivaces comme une mer d'écumes alertes ;
Tes chansons, dévalantes sur moi en oriflammes
Comme des bombances acides de rousses flammes ;
Tes chansons me sont un éther d'émeraude enivrante,
Sens désarimés des litanies délirantes ;
Tes chansons, vaisseaux cristallins qu'ambre brise.
Tes chansons sont des senteurs neuves qu'hantent et grisent
Les saveurs anciennes aux narines pelliculées ;
Tes chansons ourlent l'aube grège aux luminaires incendiés ;
Tes chansons, conscience mienne, désunie, divine,
Qu'un matin diamanté en pluie bruine ;
Tes chansons, délirances nacrées, sanglotantes, vrillées ;
Tes chansons, glacis de rubis de l'Olympe tombé ;
Tes chansons, marbrures altières d'émeraudes galères
Qu'avironnent de malins soldats fiers ;
Tes chansons, casques dorés, nuits de plomb,
Tes chansons que j'attellerai au char de Junon ;
Tes chansons, cycle drastique d'ersatz d'argenterie ;
Tes chansons, vibrato de lumière qu'ombre scie ;
Tes chansons, bois d'onde noire, viriles, fécondes ;
Tes chansons où mes rêves aux cimes abondent ;
Tes chansons, perception vibrante d'argent luisant
Planent sur les lacs abimés, ruisselants, dormants ;
Tes chansons, anges blonds, clairs, de feux ;
Tes chansons, en rangs serrés, sur nous fondent des cieux ;
Tes chansons, comme des rubis au coeur, en perles gouttent ;
Tes chansons, au cimetière, en filet vermeil dégouttent ;
Tes chansons où le sang de vie dévale en vasques ;
Tes chansons, ombrelles de vie, oeuvres d'or, pâles, pures ;
Tes chansons, poudre de grêle, blanches, dures ;
Tes chansons, de femmes, visages ovales de turquoise souriante ;
Tes chansons, corps graciles d'ondines éblouissantes ;
Tes chansons, saouleries marines d'embruns chauds
Tes chansons, cascades ruisselantes, perles de mots ;
Tes chansons ruissellent en flammèches d'ocre carminé ;
Tes chansons, aurores du monde, boréales, apurées ;
Tes chansons, royaume lumineux, clair, prafumé.

Eric-Pierre Vigouroux


PROCHAINEMENT SUR CET ECRAN
 "LA FEMME DE MA VIE"
Une confession bouleversante et drôle de Joël Fauré sur la femme qui a le plus compté dans sa vie.


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Brèves:

Linda

Linda Lemay, jolie frimousse et bonne plume, chante ce qu'elle écrit et écrit ce qui lui chante. Par exemple : "Les souliers verts"
"Il y a un lien très étroit entre les pieds, le sexe et l'imagination."
dit-elle.
Payse de Félix Leclerc, l'auteure Québecoise marche ainsi sur les traces de son illustre aîné : n'a-t-il pas écrit : "Moi, mes souliers ont beaucoup voyagé..." ?

Anita

Anita Noël, aussi parfaitement lisible dans "Play-boy" que dans "La vie Catholique" a consacré quelques lignes à notre ami Raoul Jefe, dans le numéro 47 de "Play-boy" sus-cité.
Dans les colonnes du magazine de charme, Raoul Jefe est dépeint sous le double aspect qui le caractérise : fétichiste des bottes et sociétaire-rédacteur-fondateur d'"A propos de bottes"

Sarah

Sarah Biasini, fille de Romy Schnei
der, a répondu aux yeux doux de la télévision, qui lui a offert le rôle éponyme de "Julie, chevalier de Maupin".
A la question d'un journaliste "Comment entre-t-on dans la peau d'une jeune fille du VVIIe siècle ?", elle a répondu : "Les décors et les costumes participent beaucoup. Porter des habits d'époque et chausser des cuissardes, ça vous change une démarche, ça vous donne une autre allure !"

Monica

Botte Italienne.
Monica Bellucci, dans un entretien accordé à un tabloïd, s'est ainsi déchaussée et révélée spécialiste des logotypes et autres visuels : "Nous, les Italiennes, nous sommes nées pour susciter le désir, déclencher le plaisir. Regardez la forme de notre pays : ne dirait-on pas une cuissarde stylisée ?"

JF


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en essayant le plus possible
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