17 juillet 2007 2 17 /07 /juillet /2007 17:31

COUP DE CHAPEAU


CARRIE HARVEY : LOYALE DANS SES BOTTES

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Cliché Marie-France Albarède.
S
'il est, au cirque, une silhouette sympathique, c'est bien celle de Monsieur Loyal. Les plus nostalgiques se souviennent de Roger Lanzac, qui donna à la télévision balbutiante sa voix claire et posée dans "La Piste aux étoiles" du regretté Gilles Margaritis.
Chargé d'établir le lien entre les numéros, et de faire valoir les interventions des clowns, Monsieur Loyal, le ringmaster, le Maître de manège, le présentateur n'a laissé -comme le Père Noël- aucune chance aux femmes d'user du privilège de sa panoplie : frac, gants, chapeau et bottes.
Or, voici qu'une petite révolution dans le Cercle Enchanté -plutôt en passe de réussir- nous met sous les yeux une ravissante "Madame Loyale". Mon camarade Pierre Bruel m'a soufflé une petite contrepéterie que je ne peux passer sous silence : Toute en piste avec ces superbes bottes. 
C'est au cirque Amar que l'on doit cette joie sans mélange de tomber à genoux devant les cuissardes de Carrie Harvey. Carrie Harvey, humble sujette de Sa Majesté Elisabeth II, ressortissante de la Perfide Albion, à 38 ans, a déjà touché du spectacle sous ses formes les plus nobles : chanson, comédie musicale, théâtre. La langue de Molière après celle de Cervantès (Carrie a fait une tournée en Espagne) et la maternelle de Shakespeare roulent dans sa bouche.
Jointe en tournée entre Gap et Briançon -le portable semble avoir été inventé pour "les gens du voyage"-, Carrie m'a fait part de son enthousiasme à travailler au cirque. Son bel accent, capté près de son camion et sa caravane en attteste. En guise d'encouragement à rester dans le rond de la piste, fort joliment chaussée, une plume d' "A propos de bottes" s'est envolée pour écrire à son intention et lui offrir cette entrée comique : "Les Bottes Magiques".
Qui a dit qu'on "n'écrivait" plus pour le cirque ? (1)

JF

(1) Les circophiles les plus avertis se devront de trouver "l'introuvable" ouvrage de Tristan Rémy

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16 juillet 2007 1 16 /07 /juillet /2007 16:02

NOTES DE LECTURE

"Comment j'ai vidé la maison de mes parents."
Lydia Flem. (Editions du seuil)

Lydia Flem sait de quoi elle parle quand elle place ce titre en couverture de son livre, très à propos publié au "Seuil".
Ne dit-on pas d'un gardien de discothèque qu'il est "videur" dans une boîte ? 
Les "vide-greniers" ne sont-ils pas à la mode ?
L'ampleur de la tâche est donnée. Elle est rude. Parce que "rien n'est neutre dans une maison."
A la mort de ses parents, Lydia Flem se retrouve face à un inventaire impressionnant. Elle cite Pérec, et ses choses minuscules ; et Pierre Nora et ses "Lieux de mémoire".
Que faut-il garder ? Que faut-il jeter ? En tous cas, il faut "vider" comme on "vide un poulet". Très vite, nous apprenons que Lydia Flem est fille unique (ça a son importance), donc sans conflit avec une fratrie, et que ses parents étaient manifestement des "accumulateurs". Dans la maison, elle retrouve des tickets de métro, des serviettes en papier annotées, et surtout tous ses biberons qui l'alimentèrent bébé.
Les objets donnent ici matière à réflexion, à émotion, et à question. Devant cette "brocante de l'âme", l'héritière l'apprendra à ses dépens. 
Sur le thème, on pense à "Une maison n'est rien" de Michel Besnier ; "La Maison Mélancolie" de François Nourrissier, et surtout à "La Cerisaie" de mon camarade Tchékov.
Le travail de mémoire et de sélection que Lydia devra mener à bien est des plus ardus qui soient... Les "ça peut servir", "ça me rapelle", "Je jette pas, ça porterait malheur" feront écho chez de nombreux obsessionnels et compulsifs.
Lydia Flem signe là un beau livre sans point final, utile et précieux, pour "l'aide à la décision" de celles et ceux qui sont dans l'évitement et la procrastination
Il faut savoir y mettre un point final.
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"Comment j'ai vidé la maison de mes parents ?"
J'ai fait comme j'ai pu, pas comme j'ai voulu.

Joël Fauré

"Vous savez, une maison où on a passé quarante-cinq ans, c'est quelque chose, vous connaissez toutes les pierres, tous les grains de sable, toutes les bosses des champs. Ce n'est pas comme ici où chaque geste demande réflexion et où, quand vous vous réveillez la nuit, vous restez à vous demander dans quel mauvais rêve vous êtes tant que vous ne vous reconnaissez pas, puis vous comprenez que vous êtes réveillé, la mélancolie vous prend, la pire de toutes les maladies pour un vieux, et où vous enfuir ?"
Inès Cagnati "Mosé ou le lézard qui pleurait" - Denoël - 1979


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Brèves:

Quid Doc Gynéco

Je n'ai jamais compris qui était vraiment Doc Gynéco. Docteur ? Gynécologue ? (Un gynécologue, c'est quelqu'un qui travaille là où les autres s'amusent.)
Son nom ne m'est pas étranger puisqu'il est parvenu jusqu'à moi. Dans les colonnes de "La Dépêche du Dimanche" d'hier, la journaliste Françoise Cariès semble le connaître aussi. Et elle rapporte ses propos receuillis au milieu des "sarkozysés" du 14 juillet "nouvelle fourmule" : "Je préfère les femmes en uniforme plutôt qu'en bas résille." Fétichiste avec ça ?

*

Dialogue

Echange.
J'ai croisé chez l'épicier une amie que je n'avais pas vue depuis longtemps.
Moi : "Alors, qu'est-ce que tu deviens ? Tu travailles toujours là ?"
Elle : "Et oui ! Je suis toujours dans mon donjon !"
Moi : "Dans ton donjon sadomasochiste ?"
Elle : "Oh non ! De princesse. Moi, je suis plutôt princesse."

JF

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PROCHAINEMENT SUR CET ECRAN
"LA FEMME DE MA VIE"
Une confession bouleversante et drôle de Joël Fauré consacrée à la femme qui a le plus compté dans sa vie.




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15 juillet 2007 7 15 /07 /juillet /2007 16:14
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Photos d'identité sexuelle...
Sur les photos d'identité, le "sujet" devra être tête nue, (visage tout blanc ?)  sans signe ostentatoire, mais pourra-t-il arborer un attribut qui lui tient à coeur (et au pied)
(Avec le concours de Photomaton)
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15 juillet 2007 7 15 /07 /juillet /2007 15:04
A Eric-Pierre Vigouroux,
Que j'ai perdu de vue.
Au mieux qu'il ait pu devenir.

Nous vous offrons en "bonus" à "J'AI TRES BIEN CONNU JACQUES BREL", ce texte qu'il aurait été dommage de mettre au rebut.

Un courrier pour "Brel, Poste Restante"
Eric-Pierre, à Rennes, poursuit ses études pour obtenir un brevet de peintre en lettres. Il a eu connaissance de mon opération "Poste Restante". Sa lettre à Jacques Brel, d'un lyrisme torride, est saisissante.

Tendre Jacques,
Jacques, je te connais et tu ne me connais pas.
Qu'importe, je vais t'écrire ces mots insensés que tu comprendras.
Tu es la cathédrale de vie où j'aime à me recueuillir.
J'y ai entendu ton psautier inspiré d'ombres bleues, rouges, vertes et de saphir.
Tu me mènes par les rivières rouges et noires,
Sur un vaisseau qui ne vogue pas par hasard
Vers les landes hermétiques du pays Perdu,
Au lointain jardin où vivent et chantent les élus.
Par l'éclatement de ton horizon,
Tu m'ouvres les portes de la perception.
O fulgurante errance cométée de mille couleurs ;
Tes chansons, jouissance vibrée qu'Ostendaise bombe et pleure
Aux rêves de pierre de tes lacs bleutés ;
Tes chansons, cathédrales bruissantes d'oraisons tourmentées ;
Tes chansons, cratères de spires, vivaces d'émotions dissertes,
Vivaces comme une mer d'écumes alertes ;
Tes chansons, dévalantes sur moi en oriflammes
Comme des bombances acides de rousses flammes ;
Tes chansons me sont un éther d'émeraude enivrante,
Sens désarimés des litanies délirantes ;
Tes chansons, vaisseaux cristallins qu'ambre brise.
Tes chansons sont des senteurs neuves qu'hantent et grisent
Les saveurs anciennes aux narines pelliculées ;
Tes chansons ourlent l'aube grège aux luminaires incendiés ;
Tes chansons, conscience mienne, désunie, divine,
Qu'un matin diamanté en pluie bruine ;
Tes chansons, délirances nacrées, sanglotantes, vrillées ;
Tes chansons, glacis de rubis de l'Olympe tombé ;
Tes chansons, marbrures altières d'émeraudes galères
Qu'avironnent de malins soldats fiers ;
Tes chansons, casques dorés, nuits de plomb,
Tes chansons que j'attellerai au char de Junon ;
Tes chansons, cycle drastique d'ersatz d'argenterie ;
Tes chansons, vibrato de lumière qu'ombre scie ;
Tes chansons, bois d'onde noire, viriles, fécondes ;
Tes chansons où mes rêves aux cimes abondent ;
Tes chansons, perception vibrante d'argent luisant
Planent sur les lacs abimés, ruisselants, dormants ;
Tes chansons, anges blonds, clairs, de feux ;
Tes chansons, en rangs serrés, sur nous fondent des cieux ;
Tes chansons, comme des rubis au coeur, en perles gouttent ;
Tes chansons, au cimetière, en filet vermeil dégouttent ;
Tes chansons où le sang de vie dévale en vasques ;
Tes chansons, ombrelles de vie, oeuvres d'or, pâles, pures ;
Tes chansons, poudre de grêle, blanches, dures ;
Tes chansons, de femmes, visages ovales de turquoise souriante ;
Tes chansons, corps graciles d'ondines éblouissantes ;
Tes chansons, saouleries marines d'embruns chauds
Tes chansons, cascades ruisselantes, perles de mots ;
Tes chansons ruissellent en flammèches d'ocre carminé ;
Tes chansons, aurores du monde, boréales, apurées ;
Tes chansons, royaume lumineux, clair, prafumé.

Eric-Pierre Vigouroux


PROCHAINEMENT SUR CET ECRAN
 "LA FEMME DE MA VIE"
Une confession bouleversante et drôle de Joël Fauré sur la femme qui a le plus compté dans sa vie.


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Brèves:

Linda

Linda Lemay, jolie frimousse et bonne plume, chante ce qu'elle écrit et écrit ce qui lui chante. Par exemple : "Les souliers verts"
"Il y a un lien très étroit entre les pieds, le sexe et l'imagination."
dit-elle.
Payse de Félix Leclerc, l'auteure Québecoise marche ainsi sur les traces de son illustre aîné : n'a-t-il pas écrit : "Moi, mes souliers ont beaucoup voyagé..." ?

Anita

Anita Noël, aussi parfaitement lisible dans "Play-boy" que dans "La vie Catholique" a consacré quelques lignes à notre ami Raoul Jefe, dans le numéro 47 de "Play-boy" sus-cité.
Dans les colonnes du magazine de charme, Raoul Jefe est dépeint sous le double aspect qui le caractérise : fétichiste des bottes et sociétaire-rédacteur-fondateur d'"A propos de bottes"

Sarah

Sarah Biasini, fille de Romy Schnei
der, a répondu aux yeux doux de la télévision, qui lui a offert le rôle éponyme de "Julie, chevalier de Maupin".
A la question d'un journaliste "Comment entre-t-on dans la peau d'une jeune fille du VVIIe siècle ?", elle a répondu : "Les décors et les costumes participent beaucoup. Porter des habits d'époque et chausser des cuissardes, ça vous change une démarche, ça vous donne une autre allure !"

Monica

Botte Italienne.
Monica Bellucci, dans un entretien accordé à un tabloïd, s'est ainsi déchaussée et révélée spécialiste des logotypes et autres visuels : "Nous, les Italiennes, nous sommes nées pour susciter le désir, déclencher le plaisir. Regardez la forme de notre pays : ne dirait-on pas une cuissarde stylisée ?"

JF


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14 juillet 2007 6 14 /07 /juillet /2007 17:38

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Quand "Le Monde des Livres" s'interesse aux pissotières...
(Voir les "brèves" du 14 juillet.)

Personnellement, si j'y ai si et trop souvent agité mon sexe, c'est bien parce que j'étais sous l'emprise d'un Trouble Obessionnel Compulsif, et que j'avais une peur bleue du Sida.

Joël Fauré.

(Cliché JF)


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14 juillet 2007 6 14 /07 /juillet /2007 15:31
A Pierrot,
L'Horloger.

Une lettre à Olivier Todd.
Cher Monsieur,
J'ai longtemps hésité à vous écrire.
La sortie de votre livre "Carte d'identités" me donne l'occasion de le faire, et je remettrai ce pli aux bons soins de votre éditeur.
J'apprécie la justesse et la finesse de votre regard et de vos propos. Et j'en sais aussi le courage que vous assumez.
Aussi me permettez-moi d'aller droit au but.
Je suis un fervent inconditionnel de Jacques Brel, et il va sans dire que j'ai lu -et relu plus d'une fois- la biographie que vous lui avez consacré.
Or, si exhaustif qu'il soit, ce texte, dense et riche, bien étayé, me laisse, avec le nécessaire recul du temps, insatisfait et gêné.
Pourquoi ?
(Il ne serait pas si bon, je n'aurais pas pris la plume, mais il se trouve qu'il fait référence.)
La phrase qui va suivre m'embarrasse, et pourtant, baste ! je me lance...
Jamais vous n'évoquez une rencontre importante dans la vie de Brel : celle qu'il fit avec Paul Touvier.
Ouis, je sais le soufre qui l'entoure...
Pourtant, il suffit d'utiliser les outils dont nous disposons aujourd'hui pour savoir que Brel s'est pris de sympathie pour l'ancien milicien et a notamment participé à l'élaboration d'un disque "L'amour et la vie" destiné à l'Education Sexuelle, pour "expliquer l'amour et la naissance aux jeunes." - dont l'écoute m'aurait personnellement évité, à l'époque, une belle carence affective et les nombreux TOC que je présente aujourd'hui- et édité par Philips, je crois.
Bien sûr, j'imagine que les hâtifs de la polémique se seraient empressés de servir du "Brel collabo" ?
Est-ce pour cela que vous avez fait l'impasse sur cet épisode important de la vie d'une figure marquante du XXe siècle ?
Ou bien y-a-t-il eu pression de la famille ? Omission volontaire ? Que sais-je encore ?
Que Brel et Touvier se soient approchés ne me dérangent absolument pas. Ceci n'enlève rien à la forte action-attraction de Brel, ni n'entâche son image. Ce qui me dérange plus, c'est -dans le souci de détail qui a été le vôtre- que vous n'en ayez pas rendu écho.
Si cette lettre vous gêne, jetez-la, oubliez-la...
Mais je serais content si vous y répondiez, simplement.
Je vous prie de croire, cher Monsieur, en l'expression de mes sentiments les meilleurs.
Joël Fauré
P.S. : Au moment où je rédigeai ces lignes, j'avoue que je n'avais pas lu votre livre, et surtout le passage qui répond en partie à ma question.
Tant pis ! Je poste quand même et aurais peut-être le plaisir de recevoir en retour quelques éclaircissements de plus ?
Enveloppe timbrée jointe.

L'inévitable guirlande autour du sapin de décembre...
Savez-vous pourquoi le sapin a les boules ? Parce qu'il s'est fait enguirlander...

Noël 2003 : Falloir mourir.
Mon père, Fernand, Pierre, Guillaume est mort le 25 décembre 2003, jour de Noël, à midi et quart, après avoir pris son repas, assis sur une chaise, dans la cuisine, en douceur, d'un arrêt du coeur, rose des vents sud-sud-est, juste en vis-à-vis du sapin qu'il m'avait aidé à planter. A tout jamais, mon père sera un Père Noël et le sapin de Pif un sapin de Noël. Il a rejoint Charlot, qui lui aussi, s'est éteint un jour de Noël...

Dire que Fernand est mort...

Noël 2004 : Faillir mourir.
Je ne supporte plus Noël et tout ce qui va avec. L'inévitable guirlande, installée dès fin octobre, m'étouffe. Les boules m'étranglent. Je n'aimais pas les rendez-vous convenus, les joies obligatoires, le sucre concentré, les jours fériés, les débordements festifs ; je déteste Noël. Les serpentins, les langues de belle-mère... c'est dans ces moments-là que j'éprouve presque de la sympathie pour le Père Fouettard...
Donc, c'est le Noël d'après le Noël de la mort de mon père. Il est presque 19 heures. Nous sommes entre chien et loup. Comme souvent, la mélancolie surgit et m'enveloppe de son manteau morbide. De ses puissantes mâchoires, elle me tenaille le cerveau. Mais il y a plus que ça. Je sens la terre se dérober sous moi, la tension monte, le coeur palpite ; je sens mon cerveau se bloquer, prêt à exploser : je me vois mourir.

La mort est féminine. Je la voudrais brune aux longs cheveux, portant de longues cuissardes noires à talon-aiguille...

"Avec Brel, j'ai pas de TOC..."
Toutes mâchoires absentes, Brel mort est pour moi beaucoup plus fréquentable et moins polluant que bien des vivants qui m'entourent. Lorsqu'une angoisse -qui est très humaine, finalement- cherche à devenir une obsession, je fais appel à lui. Et ça marche ! N'y voyez-là aucun mysticisme. Je vous répète que je me sens très proche de Jacques Brel.

A l'angle de la rue Pharaon et de la place des Carmes, il y a toujours une femme qui attend. Elle a ses bras de plâtre dans la chair.
Ma mère ne fait plus d'interview de chanteur à domicile. Elle est rentrée de plain-pied dans la chanson de Brel "Les Vieux" et passe "du lit au fauteuil,  puis du fauteuil au lit et puis du lit au lit".
Le sapin de Pif doit bien mesurer de 8 à 10 mètres.
L'éditeur a été très gentil avec moi : nous avons choisi ensemble la police de caractère.
Place Esquirol, la marquise de "Midi-Caoutchouc" s'est refait une beauté.
Sur la colonne Morris, il y a une affiche du dernier film avec Monica Bellucci.
Or, il se trouve que je connais très bien Monica Bellucci.

FIN

Joël Fauré

Ce texte a été créé le 11 février 2006 par Roger Borlant, au Théâtre de Poche de Toulouse, dans le cadre du "Gueuloir de Poche"

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Brèves:

Madonna et Michael Jackson ont des problèmes de logement.

"Viens chez moi, j'habite chez un fan."
Deux entrefilets dans la presse régionale ("La Depêche du Midi" et "Le Petit Journal") m'ont alarmé sur la situation de Madonna et Michael (deux régionaux de l'étape !) quand à leur maison. Si on peut faire quelque chose pour eux, contactez-moi.
"La Dépêche du Midi" du 27 juin : "La chanteuse Madonna a acheté une nouvelle propriété pour 9 millions d'euros, contiguë à la maison qu'elle possède à Marylebone, quartier central et huppé de Londres. La pop star posséderait au moins 5 propriétés dans la métropole où les prix de l'immobilier atteignent les plus hauts sommets du monde : la hausse est telle que les maisons se font rares dans le centre-ville et atteignent des prix faramineux."
"Le Petit Journal"
du 13 juillet : "Le chanteur de Thriller a emménagé à Las Vegas. Michael Jackson a choisi une luxueuse propriété, dont la valeur a été estimée à environ 40 millions d'euros. Le chanteur a été contraint de quitter son manoir de 10 pièces qui se trouvait non loin de Sin City, dans le Nevada, parce que le bail de location était arrivé à son terme."

*

"Des urinoirs et des souris blanches."

Bon, je sais, le titre est un "à-peu-près" mais c'est pour ouvrir cette "brève" et faire mieux "passer" le "cru" qui suit.
"Le Monde des Livres"
d'hier a titillé ma libido, et ses instincts refoulés, et sa face noire, avec un grand papier, éloge d'un livre sur les "pissotières" et ce qui s'y passe parfois.
Il fait écho à une tranche des "carnets de Raoul Jefe" publiée dans ces colonnes le 28 mai dernier.
"En argot anglais, "tearoom" désigne les "tasses", c'est-à-dire les pissotières. L'ouvrage s'attache donc aux pratiques sexuelles entre hommes dans les toilettes publiques." écrit Louis-Georges Tin. Qui poursuit : "Entre avril et octobre, c'est "la période de chasse". Les tasses les plus courues se reconnaissent aisément au nombre de voitures garées à proximité. (...) L'interaction sexuelle est un jeu où chacun joue son rôle. S'y rencontrent les pointeurs et les pointés (selon la fonction qu'ils adoptent dans l'acte fellatoire), les guetteurs (poireaux, onanistes ou voyeurs), les hétéros de passage, les loubards et la police. Mais les rôles sont souvent instables : ainsi, quand arrive l'âge critique (autour de 35 ans), ceux qui se faisaient "sucer" acceptent de plus en plus l'autre position ; de même l'hétéro d'aujourd'hui est souvent le pointeur de demain ; les loubards aiment bien se faire sucer de temps en temps, avant de casser du pédé ; et les policiers n'hésitent pas à faire du chantage comme les loubards, pour alimenter... les fonds de charité. (...) Quel est le public des tasses ? C'est M. Tout-le-Monde. Les pissotières sont des lieux démocratiques, auxquels chacun peut accéder sans payer, et s'y retrouvent des hommes noirs ou blancs, de tous milieux, de toutes religions. Loin d'être des marginaux, les participants sont souvent des citoyens rangés, voire plus conservateurs que la moyenne."

Ah ! J'ai oublié de vous dire le titre du livre : "Le commerce des pissotières. Pratiques homosexuelles anonymes dans l'Amérique des années 1960. (Tearoom Trade)
Mais en France aussi nous avons des pissotières et nous sommes en 2007. Pour celles et ceux qui souhaiteraient écrire un livre...

"Le commerce des pissotières. Pratiques homosexuelles anonymes dans l'Amérique des années 1960. (Tearoom Trade) de Laud Humphreys. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Henri Peretz. Préface d'Eric Fassin, postace de Henri Peretz, La Découverte, "Textes à l'appui/genre et sexualité", 202 pages, 20 €

JF



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13 juillet 2007 5 13 /07 /juillet /2007 20:55
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"LU" Lefèvre-Utile sait faire parler de "lui" autrement que lors des licenciements ou des rachats. Vu sur les panneaux 4 par 3. Pour une "force de vente" ?
(Cliché JF)

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13 juillet 2007 5 13 /07 /juillet /2007 19:34
A Henri.

Mélancolie.
Entre chien et loup, quand la mélancolie surgit et m'enveloppe de son manteau morbide, ou que, de ses puissantes mâchoires, elle me tenaille le cerveau, je sais que je n'ai qu'une seule chose à faire : laisser agir le temps naturel. Ou bien il s'arrêtera ou bien il désserrera l'étau et me dégagera la tête et le corps qui semblent vouloir s'écrouler...
Je ne sais pas si c'était pareil pour Brel...

Ebauche d'intrigue.
J'...

Début d'histoire.
Tu...

Amorce d'une chanson.
Ne...

Départ de pièce.
Nous pourrions envisager :...

J'écris un livre.

Incipit.
(Mot latin : il commence.)
Premiers mots d'un ouvrage.

Incipits de 7 chansons de Brel.
1) Avec...
2) Adieu...
3) Le...
4) J'...
5) Je...
6) Tu...
7) Nous...

Jacques m'a dit...
... qu'il buvait moins qu'avant. Qu'il fumait beaucoup, mais qu'il travaillait beaucoup. Et qu'il adorait tituber de fatigue, et que, les soirs où il s'écroulait plus qu'il ne se couchait, il se disait que c'était une bien belle journée.

Service des admissions.
Novembre 2006. J'ai appelé l'Hôpital Franco-Musulman de Bobigny, qui s'appelle maintenant "l"Hôpital Avicenne" -on se demande bien pourquoi- et j'ai demandé la chambre 305. On me l'a passée. J'ai demandé à parler à Monsieur Brel. On m'a demandé d'épeler : B, R, E, L.
"Comme le chanteur ?" On m'a dit qu'il n'était pas là. On m'a demandé : "Et son prénom ?" Au dernier moment, je me suis dégonflé et j'ai dit : "Henri". De toute façon, il était entré sous un nom d'emprunt. On m'a repassé le standard. Une dame très avenante m'a dit : "Je vais vous donner un numéro où sont centralisées toutes les admissions hospitalières. Peut-être retrouverez-vous votre ami ?"

Actuellement, si vous voulez vous humaniser, désactualisez-vous !
"Je renie mon époque." dit Brel.
Je renie la miennne. J'aurais voulu vivre au XVIIe siècle, bien connaître Molière, me faire faire une saignée en cas d'hypertension, porter des bottes hautes et me mettre de la poudre de riz...

(A suivre...)

Joël Fauré

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Brèves :

Blandine Le Callet : "Une deuxième pièce montée" ?

Blandine Le Callet saurait mettre de la poésie dans un clou rouillé. Invitée par "Le Figaro" à adresser une carte postale à ses lecteurs, l'auteur d' "Une pièce montée" (que je tiens comme l'un des trois meilleurs livres que j'ai lus depuis longtemps.) a choisi une belle allégorie de la tolérance au progrès, facilement décryptable entre les lignes. Voyez comme elle écrit :
"Je n'arrive pas à détester ce pylône.
Je vous écris d'un coin de campagne où il ne vient jamais paersonne : à part deux ou trois chapelles de village et quelques arbres séculaires, il n'y a rien à voir. (...) ...J'ai choisi une carte postale qu'on ne verra jamais sur aucun présentoir. Une image qui n'appartient qu'à moi. Un paysage. Je suis dans cette maison où je viens chaque été. (...) Et pour compléter le tableau, campée en plein milieu sur ses pâtes* de fer, LA CHOSE, l'ignominie, l'horreur qui depuis des lustres défigure la carte postale : un pylône trapu soutenant la sextuple rangée de câbles d'une ligne à haute tension. Ma grand-mère Madeleine était la seule à ne pas s'en offusquer. (...) C'est moi qui occupe sa chambre aujourd'hui, et son regard  a converti le mien : malgré sa laideur, je n'arrive pas à détester ce pylône planté là en plein milieu. Je le vois comme un genre de tour, de vieil arbre, une silhouette familière dont la disparition ôterait au tableau son caractère et son harmonie. Je le regarde et je pense à elle."
Un texte à faire lire aux détracteurs d'éoliennes, de relais pour téléphones, de châteaux d'eau ?

* Une "coquillette" du "Figaro" ?  (Qui, de toute manière retombera toujours sur ses pattes !)

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Les murs ont de la mémoire.

Je regrette de ne pas avoir photographié la publicité peinte sur le mur qui surplombe la place du Parlement, à Toulouse. Deux réclames se superposaient : "Peugeot' et "Suze". J'essaierai de les garder en mémoire. "Boire ou conduire" : le temps n'a pas laissé choisir. Mais un enduit moderne a mis tout le monde d'accord.
Un "beau livre" vient de sortir aux éditions "Ouest-France" : "Anciennes publicités murales", de Marc Combier, préfacé par Pierre Bonte. Je l'ai feuilleté avec plaisir. J'y ai retrouvé une publicité pour le "Café Quotidien" à Gaillac dans le Tarn. (Et là, j'ai la photo, prise il y a déjà longtemps !)
Autres temps, autres murs... On me pardonnera de toujours beaucoup aimer les images, les slogans, les marques, les signes, les logos, que j'associe à des oeuvres d'art. (Je vous promets ici une rubrique qui s'appellera "Faites-moi un signe"...) et on me pardonnera aussi d'associer à cette imagerie mes marottes : les bottes !
Je vous promets un image.

_

Camille et Joël.

"On" a prétendu que j'étais égoïste, narcissique et exhibitionniste. Ce blog tendrait à faire penser que c'est vrai.
Mais aujourd'hui, nous sommes le vendredi 13 juillet. Et le calendrier prouve que je ne suis pas si égoïste que ça, puisque je partage le Saint du jour avec Henri. (Henri comme Henri de Régnier, de Toulouse-Lautrec, IV et Joël comme Joël Fauré !)
Demain, je suis fier de savoir que l'élue de mon coeur, Camille, confond sa fête avec la Fête Nationale. Excusez du peu... Et dimanche, c'est un canard : Donald.

JF





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12 juillet 2007 4 12 /07 /juillet /2007 19:41

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"Et la Petite Poucette chaussa ses bottes de sept lieues..."

(Cliché JF)




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12 juillet 2007 4 12 /07 /juillet /2007 17:45
Phénomène d'usure.
On passe la moitié du temps à s'entretenir et l'autre moitié à se détruire. Avant d'entrer en scène, Jacques Brel cire impeccablement ses chaussures. C'est pour mieux mordre la poussière. Quand il a terminé son tour de chant, il a marché dans l'urine du port d'Amsterdam, s'est emboué dans des chemins de pluie, a usé ses semelles à faire les cent pas pour attendre une femme qui ne viendra pas...
Et tout reste à recommencer...

Un mémorable repas avec Jacques Brel, Emile Verhaeren, Jérôme Bosch chez la famille Bruegel.
C'est Bruegel l'Ancien qui était en bout de table. Savez-vous qu'aux deux bouts de la table, une légende dit qu'on plaçait un évèque et un andouille. Moi, j'étais à l'autre bout. Ce n'était ni un dîner de têtes, ni un dîner de cons. Avaient donc pris place pour rompre la mie les deux fils Bruegel, Emile Verhaeren, Jérôme Bosch, Jacques Brel et moi. René Magritte, Paul Nougé et Caroline Lamarche nous rejoignirent pour le dessert.
A celles et ceux qui ne me croieraient pas, je les taxerais d'ignorer le surréalisme Belge. Bruegel l'Ancien nous parla du tableau qu'il achevait de peindre : un couple de paysans dodus, lors d'une fête de village, couraient danser... Je voyais Brel très intéressé. Je le soupçonne de s'être inspiré de la scène pour écrire "Les Flamandes". Emile Verhaeren nous fit l'honneur de lire ce poème :
"Il neige blanc sur l'Escaut Jaune,
Tout est déteint, brouillé, fondu
Et par les bois et les chemins perdus
Les mendiants n'arrivent plus chercher l'aumône.
L'âpre et mordant hiver
Enserre les hameaux.
Les vieux, autour des feux,
Se racontent leurs maux
A gestes lents et péremptoires.
On jette un charbon rare
Au ventre des fourneaux
Tandis que les enfants
Font claquer leurs sabots
Violemment, aux carrefours, sur les glissoires.
Et le mur est humide, et le sable est mouillé
Qui festonne les pieds de l'armoire en noyer
Où le pain dort, non loin du beurre.
Et le jardin précis de houx et de palmiers
Qu'inscrivit sur la vitre un givre régulier
Dans son châssis de bois se dissout d'heure en heure.
La tour d'église au coeur du bourg ne se voit pas
Si drus sont les flocons qui s'égrennent par tas.
Tuiles rouges et vernissées, et vous, pignons,
Vous vous cachez sous les frimas.
A peine un aboiement s'entend, torpide et las
Là-bas où le chien veille en sa niche glacée.
Dans sa cage d'osier, l'oiseau boude et se tait.
Près des fournils déserts grincent dans l'air muet
Les verrous durs d'une poterne.
Et pour l'heure du soir où la traite se fait
Parmi les bidons gras et les luisants baquets
La servante épand l'huile en de creuses lanternes.
Et la nuit tombe. Et se ferment les lourds volets.
Et le docteur tapi dans son cabriolet
Revient, au petit trot, du fond de la bruyère
Et l'on parle du mort lointain
Qu'il faudra bien porter en terre, demain
Dieu sait par quels chemins
Dans la fange compacte et la neige livide."
Du coin de l'oeil, je surveillais Brel qui écoutait religieusement. Je le soupçonne de s'être inspiré d'Emile pour écrire "Il neige sur Liège".
Bosch dit qu'il aimerait bien dessiner pour un quotidien, et Bruegel le jeune se complaisait à peindre des sols glacés et des paysages d'hiver où il faisait glaner des faiseurs de fagots...

(A suivre.)

Joël Fauré

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Brèves:

J'aurais bien aimé connaître Emmanuel Berl.

Grâce à la plume de Philippe Lançon, dans le cahier "Livres" de "Libé" d'aujourd'hui, j'en sais un peu plus sur celui que j'avais effleuré, pour au moins deux raisons. D'abord, parce que, primesautier,je voyais en Berl l'anagramme de Brel, ce qui, il faut bien l'admettre, ne pouvait pas me conduire où je voulais vraiment, et ensuite par le "petit" livre paru chez Grasset dans la collection des "Cahiers Rouges", "Tant que vous penserez à moi." que j'avais feuilleté et acheté. Et lu. Ma mémoire me restituait bien des sonorités sans doute entendues à la télévision dans ma jeunesse, la voix fluette (si je ne me trompe) et intelligente (là, je ne me trompe pas) du compagnon de Mireille, du "Petit Conservatoire de la Chanson.", mais c'est tout. Dans "Tant que vous penserez à moi", Emmanuel Berl (1892 - 1976) s'entretient avec Jean d'Ormesson. Cet homme, injustement oublié, avait des saillies remarquables.
Issu d'un milieu bourgeois, il avait voulu le fuir.
En admiration devant le vainqueur de la bataille de Verdun, il avait écrit des discours pour Pétain.
Elève (et semble-t-il parent) de Marcel Proust, il en avait "bavé" devant ce "maître" qui lui reprochait d'être bête, mais bête... et qui un jour, lui jeta une pantoufle au visage !
Ce que j'avais retenu de lui aussi, c'est sa modestie, lorsque, répondant à Jean d'Ormesson, il avoua : "Ah ! J'ai beaucoup lu dans ma vie. La lecture a tenu une énorme place dans ma vie. D'abord parce que j'ai été souvent malade. Et ensuite parce que j'ai le goût de la lecture. Seulement l'ennui, c'est qu'on oublie ce qu'on a lu. De sorte qu'on a l'impression de n'avoir rien lu. C'est triste parce qu'on est dans une époque* où l'on ne peut suivre aucune chose. On est débordé. J'aimerais suivre un certain nombre de petites choses, en tous cas l'histoire, et puis la psychanalyse, et la génétique, et un peu l'ethnologie : il n'y a pas moyen !"
Deux ouvrages réhabilitent ce brillant esprit : Philippe Lançon, après avoir tancé "les logorrhées spontanéistes de l'internet" cite Bernard Franck : "Achetez Berl, munissez-vous d'un crayon et, comme dans votre jeunesse, soulignez dans son livre les "bonnes phrases". L'ennui, avec Berl, c'est qu'il ne reste pas de blancs."

D'Emmanuel Berl, je conseille "Sylvia".

* Printemps 1968

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"Celui d'Alice."

J'ai reçu aujourd'hui dans ma boîte aux lettres "physique" une enveloppe toute rouge d'Alice. Or, je ne connais d'Alice que les paroles de la magnifique chanson de Pierre Perret : "Moi, mon seul complice, c'est celui d'Alice, c'est de la réglisse, du petit sucrin... Que la cicatrice si jolie d'Alice jamais ne guérisse mes amis sinon, dans ce monde triste de baiseurs centristes qui jouent en solistes je me sens si con." où il fait l'apologie du sexe féminin.
Mais alors, là : Alice ! Dans une enveloppe cardinalice.
Si ma mère était de ce monde, elle m'aurait demandé : "Qui est cette "Alice" qui t'écrit ?"
Troublé, angoissé même, j'ai réussi à ouvrir l'enveloppe ; il y avait sa photo, cheveux au vent comme je les aime, et j'ai lu : "A 24 € 95 par mois tout compris, Alice est vraiment unique ! Cher monsieur, Depuis qu'Alice est installée dans votre région, vous n'avez pas eu le temps de faire sa connaissance." Et non, c'est vrai... mais il faut dire que je suis un peu sauvage...
Et en poursuivant ma lecture, j'ai tout compris. Savez-vous qui est "Alice" ? Une entremetteuse ! une "adsl wi-fi box modem"...
Ouf ! Heureusement que ma bonne mère, qui n'aurait rien compris, a quitté ce monde de fous. J'aurais encore dû fournir des explications...

*

QUELQUES MOTS D'ELLE

"A propos de barres"

On se souvient qu'hier, Camille C. avait été effrayée par des barres mystérieuses.
J'ai tenu à la rassurer.

"Je ne regrette pas d'avoir terrassé cet objet mauvais qui a effrayé mon amphitryonne.
Je ne le voyais plus. Il s'était fondu dans le paysage comateux où venaient peindre, parfois, quelques faiseurs de croûtes.
Quand elle me fit part que ce vieux rossignol, dont j'avais moi-même oublié l'usage, lui enfonçait des clous dans sa chair et son esprit, mon sang ne fit qu'un quart de tour. Et je boutai l'intrus hors du nouveau pays de ma nouvelle géographie.
Des idées vinrent. Ainsi, ces faux-fers mal encloqués dans du plastique "vogue année soixante" avaient pu prendre le visage de monstres froids et sadiques ?
Il fallait séance tenante laver son linge sale en famille. Or, je n'en avais plus.
Et ce claudicant repoussoir n'était rien d'autre qu'un agrès pour slips kangourous trapézistes, où mon petit Arthur languisait péniblement.
Heureusement, Fripounette me saisit le fouet des mains, me cingla de propos caustiques et m'administra une potion magique.
Je redevins le colosse aux pieds d'argile, et la Petite Poucette chaussa ses jolies bottes de sept lieues."

JF



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