18 juillet 2007 3 18 /07 /juillet /2007 18:41
LES BOTTES MAGIQUES
par Joël Fauré

Madame Loyal entre en piste. Queue-de-pie violet, hautes bottes noires.
Elle annonce le prochain numéro du spectacle.
Elle est interrompue par l'arrivée d'un clown.

- Bonjour, Madame. Le directeur du cirque m'a fait une confidence. Il paraît que vous portez des bottes magiques ?
- C'est vrai.
- Il m'a dit aussi qu'il fallait en prendre soin.
- C'est vrai aussi.
- Je suis venu ici pour vous les faire briller. Vous savez, au cirque, elles se salissent facilement, avec la sciure, la poussière...
Il sort un brosse, du cirage, un chiffon.
Madame Loyal tend une botte que le clown nettoie. Il crache sur le chiffon et astique avec ardeur. Il tient délicatement la botte, y dépose un tendre baiser.
Madame Loyal : Merci. Pour vous récompenser, vous pouvez faire un voeu et la botte le réalisera.
Le clown : J'aimerais... être riche.
Madame Loyal (Elle va s'assoir sur le rebord de la piste) : Retirez la botte que vous avez nettoyée.
Le clown s'exécute. Il lève la botte très haut comme un trophée (Noir, projecteur-poursuite sur la botte et musique) puis la renverse : il en tombe une pluie de un centime d'euro. 
Pleine lumière.

- Extraordinaire ! Fabuleux !
Madame Loyal se rechausse.
Le clown : Vous permettez que je fasse pareil à l'autre botte ?
Le portable de Madame Loyal sonne.
Madame Loyal : Je suis désolée. Il y a une urgence en coulisses. Je dois m'absenter une petite minute. Attendez-moi, je reviens.
Madame Loyal sort.

Un autre clown arrive.
- Bonjour, que fais-tu avec tout cet argent ?
Clown 1 : Ecoute, tu veux en gagner autant ?
Clown 2 : Mais bien sûr !
Clown 1 explique à l'oreille ce que Clown 2 doit faire, puis il d'en va.

Madame Loyal revient en piste.
Elle s'est changée. Queue-de-pie rouge, hautes bottes blanches.

Clo
wn 2 : Bonjour, Madame Loyal. J'ai dû remplacer mon frère qui a été appelé. Il m'a laissé des consignes. Alors, à ce qu'on dit, vos bottes sont magiques.
Madame Loyal : Oui, c'est vrai.
Clown 2 : Alors, je vous promets de vous les faire briller, si bien qu'on pourra s'y regarder comme dans un miroir.
Madame Loyal tend une botte. Clown 2 crache sur le chiffon et astique avec ardeur. Il tient délicatement la botte, y dépose un tendre baiser.
Madame Loyal : Merci. Pour vous récompenser, vous pouvez faire un voeu et la botte le réalisera.
Clown 2 : J'aimerais... être riche.
Madame Loyal va s'assoir sur le rebord de la piste et invite le clown à retirer la botte qu'il vient de nettoyer.
Le clown s'exécute. Il lève la botte très haut comme un trophée (Noir, projecteur-poursuite sur la botte et musique) puis la renverse : il en tombe une pluie de confettis !
Pleine lumière. Déception.
Le portable de Madame Loyal sonne.

Madame Loyal : Je vous demande de m'excuser, je suis demandée en coulisses. Attendez-moi, je reviens.
Madame Loyal sort.

Clown 1 revient.
- Alors, ça a marché ?
Clown 2 : Regarde !
Clown 1 : Ah, ça alors ! ... Ecoute, quand Madame Loyal va revenir... (Il dit la suite au creux de l'oreille.)

Madame Loyal revient.
Elle s'est encore changée. Queue-de-pie jaune, une haute botte noire, une haute botte blanche.

Madame Loyal : Je suis heureuse de vous revoir.
Clowns : Et nous donc !
Clown 1 montre la botte droite : Oh, mais dites-donc, vous avez vu où vous avez marché ? Vous êtes allée du côté des éléphants ?
Clown 2 (Il montre l'autre botte) : Oh, et ici aussi... Là, vous êtes allée du côté des chevaux...
Clowns : On va arranger ça.
Les deux clowns se mettent à genoux devant Madame Loyal et lui nettoient ses hautes-bottes, sans oublier d'y déposer de tendres baisers.
Madame Loyal s'assoit sur le rebord de la piste.
Chacun des clowns lui retire une botte ; ils les lèvent très haut comme des trophées (Noir, projecteur-poursuite sur les bottes et musique) puis il les renversent comme des cornes d'abondance : il en tombe une pluie... de farine !
Musique, pleine lumière... Madame Loyal et les deux clowns partent en courant... dans la plus pure tradition clownesque !
A chacun de tirer une morale de cette histoire, s'il y en a une...


(Je dédie ce texte à Betty Bario, qui a été une trop sporadique Madame Loyal, et surtout à son père, Freddy Bario, que j'aimais énormément, qui m'a fait rire comme jamais je n'ai plus ri depuis, et pleuré comme je l'ai souvent fait, après.)

-----

QUELQUES MOTS D'AILES

Camille C. possède un style universel qui s'adresse à tous et à chacun, tout en finesse, en délicatesse. Ses textes sont des "attentes" où jamais l'on ne s'ennuie, où le réél se drape se fabuleux, mais sans ostentation. On reconnaît à sa "patte" que l'auteure est proche des enfants, comme des adultes, et c'est un énorme pari "à la Michel Tournier".
J'aime sa phrase musclée comme l'épaule d'une nageuse et frêle comme la fontanelle d'un nouveau-né.

JF

LA FEMME QUI MURMURAIT A L'OREILLE DES OISEAUX
par Camille C.


"Ce matin, je sors de chez moi,
Il m'attendait, il était là,
Il sautillait sur le trottoir,
Mon Dieu qu'il était drôle à voir,
Le p'tit oiseau de toutes les couleurs."
(Maurice Vidalin - Gilbert Bécaud)

Je ne pensais à rien, ou plutôt j'étais trop occupée à laisser vagabonder mon esprit vers les interdits de mon coeur, pour entendre ces incessants piaillements de détresse. Ce n'est que lorsque mon regard se tourna en direction de la terrasse que je compris que ce tapage durait depuis un moment.
J'ouvris la porte-fenêtre qui me séparait de lui et je le vis : c'était un passereau dodu, à demi caché par le bouquet de lavande odorante, dignement juché sur une vieille pierre fissurée en forme de crapaud et qui appelait à s'en égosiller.
Je m'accroupis et m'approchai à pas de canard, soutenant son regard de velours qui ne lâchait pas mes yeux. Je lui parlai doucement, l'interrogeai sur ce qui l'inquiétait ainsi, pauvre naïve, comme s'il eu pu me le dire, scrutai son plumage afin d'y déceler quelque blessure.
C'est alors qu'il se prit à pépier après chacune de mes courtes phrases, de telle sorte qu'un véritable dialogue (du moins, y ai-je cru) s'installa entre l'oiseau et moi.
Quel merveilleux cadeau !
A ce moment, tout fut oublié, les troubles de ma journée, les gestes manqués, bloqués, évités ; les désarrois de ma peine et de ma solitude cachée, les larmes ravalées, mes lectures avortées, mes maux rentrés, et toi, si loin...
Je n'ai pas regardé à l'horloge combien de temps ce manège enchanté avait duré...
Une éternité, je crois. En tous cas, cet instant de partage me donna plus de joies que bien des conversations convenables avec des rencontres con-venues.
Mais au fait, maintenant j'y pense, où était passé mon chat à ce moment-là ? Et celui du voisin, ce gros courtaud poiliu et malodorant qui prend pour pissotière mes parterres de pensées, ma Barbe de Jupiter et mon thym citronné...
L'oiseau s'est envolé.
Ce matin, en ouvrant la fenêtre, j'ai cru l'entendre mais je ne l'ai pas vu.
Dommage.

----
PROCHAINEMENT SUR CET ECRAN :
"LA FEMME DE MA VIE"
Une confession bouleversante et drôle de Joël Fauré consacrée à la femme qui a le plus compté dans sa vie.

Repost 0
17 juillet 2007 2 17 /07 /juillet /2007 19:53
DEMAIN SUR CET ECRAN :
"LES BOTTES MAGIQUES"

PROCHAINEMENT SUR CET ECRAN :
"LA FEMME DE MA VIE"
Une confession bouleversante et drôle de Joël Fauré consacrée à la femme qui a le plus compté dans sa vie.
Repost 0
17 juillet 2007 2 17 /07 /juillet /2007 17:31

COUP DE CHAPEAU


CARRIE HARVEY : LOYALE DANS SES BOTTES

img012-copie-1.jpg
Cliché Marie-France Albarède.
S
'il est, au cirque, une silhouette sympathique, c'est bien celle de Monsieur Loyal. Les plus nostalgiques se souviennent de Roger Lanzac, qui donna à la télévision balbutiante sa voix claire et posée dans "La Piste aux étoiles" du regretté Gilles Margaritis.
Chargé d'établir le lien entre les numéros, et de faire valoir les interventions des clowns, Monsieur Loyal, le ringmaster, le Maître de manège, le présentateur n'a laissé -comme le Père Noël- aucune chance aux femmes d'user du privilège de sa panoplie : frac, gants, chapeau et bottes.
Or, voici qu'une petite révolution dans le Cercle Enchanté -plutôt en passe de réussir- nous met sous les yeux une ravissante "Madame Loyale". Mon camarade Pierre Bruel m'a soufflé une petite contrepéterie que je ne peux passer sous silence : Toute en piste avec ces superbes bottes. 
C'est au cirque Amar que l'on doit cette joie sans mélange de tomber à genoux devant les cuissardes de Carrie Harvey. Carrie Harvey, humble sujette de Sa Majesté Elisabeth II, ressortissante de la Perfide Albion, à 38 ans, a déjà touché du spectacle sous ses formes les plus nobles : chanson, comédie musicale, théâtre. La langue de Molière après celle de Cervantès (Carrie a fait une tournée en Espagne) et la maternelle de Shakespeare roulent dans sa bouche.
Jointe en tournée entre Gap et Briançon -le portable semble avoir été inventé pour "les gens du voyage"-, Carrie m'a fait part de son enthousiasme à travailler au cirque. Son bel accent, capté près de son camion et sa caravane en attteste. En guise d'encouragement à rester dans le rond de la piste, fort joliment chaussée, une plume d' "A propos de bottes" s'est envolée pour écrire à son intention et lui offrir cette entrée comique : "Les Bottes Magiques".
Qui a dit qu'on "n'écrivait" plus pour le cirque ? (1)

JF

(1) Les circophiles les plus avertis se devront de trouver "l'introuvable" ouvrage de Tristan Rémy

Repost 0
16 juillet 2007 1 16 /07 /juillet /2007 16:02

NOTES DE LECTURE

"Comment j'ai vidé la maison de mes parents."
Lydia Flem. (Editions du seuil)

Lydia Flem sait de quoi elle parle quand elle place ce titre en couverture de son livre, très à propos publié au "Seuil".
Ne dit-on pas d'un gardien de discothèque qu'il est "videur" dans une boîte ? 
Les "vide-greniers" ne sont-ils pas à la mode ?
L'ampleur de la tâche est donnée. Elle est rude. Parce que "rien n'est neutre dans une maison."
A la mort de ses parents, Lydia Flem se retrouve face à un inventaire impressionnant. Elle cite Pérec, et ses choses minuscules ; et Pierre Nora et ses "Lieux de mémoire".
Que faut-il garder ? Que faut-il jeter ? En tous cas, il faut "vider" comme on "vide un poulet". Très vite, nous apprenons que Lydia Flem est fille unique (ça a son importance), donc sans conflit avec une fratrie, et que ses parents étaient manifestement des "accumulateurs". Dans la maison, elle retrouve des tickets de métro, des serviettes en papier annotées, et surtout tous ses biberons qui l'alimentèrent bébé.
Les objets donnent ici matière à réflexion, à émotion, et à question. Devant cette "brocante de l'âme", l'héritière l'apprendra à ses dépens. 
Sur le thème, on pense à "Une maison n'est rien" de Michel Besnier ; "La Maison Mélancolie" de François Nourrissier, et surtout à "La Cerisaie" de mon camarade Tchékov.
Le travail de mémoire et de sélection que Lydia devra mener à bien est des plus ardus qui soient... Les "ça peut servir", "ça me rapelle", "Je jette pas, ça porterait malheur" feront écho chez de nombreux obsessionnels et compulsifs.
Lydia Flem signe là un beau livre sans point final, utile et précieux, pour "l'aide à la décision" de celles et ceux qui sont dans l'évitement et la procrastination
Il faut savoir y mettre un point final.
img009.jpg

"Comment j'ai vidé la maison de mes parents ?"
J'ai fait comme j'ai pu, pas comme j'ai voulu.

Joël Fauré

"Vous savez, une maison où on a passé quarante-cinq ans, c'est quelque chose, vous connaissez toutes les pierres, tous les grains de sable, toutes les bosses des champs. Ce n'est pas comme ici où chaque geste demande réflexion et où, quand vous vous réveillez la nuit, vous restez à vous demander dans quel mauvais rêve vous êtes tant que vous ne vous reconnaissez pas, puis vous comprenez que vous êtes réveillé, la mélancolie vous prend, la pire de toutes les maladies pour un vieux, et où vous enfuir ?"
Inès Cagnati "Mosé ou le lézard qui pleurait" - Denoël - 1979


-----
Brèves:

Quid Doc Gynéco

Je n'ai jamais compris qui était vraiment Doc Gynéco. Docteur ? Gynécologue ? (Un gynécologue, c'est quelqu'un qui travaille là où les autres s'amusent.)
Son nom ne m'est pas étranger puisqu'il est parvenu jusqu'à moi. Dans les colonnes de "La Dépêche du Dimanche" d'hier, la journaliste Françoise Cariès semble le connaître aussi. Et elle rapporte ses propos receuillis au milieu des "sarkozysés" du 14 juillet "nouvelle fourmule" : "Je préfère les femmes en uniforme plutôt qu'en bas résille." Fétichiste avec ça ?

*

Dialogue

Echange.
J'ai croisé chez l'épicier une amie que je n'avais pas vue depuis longtemps.
Moi : "Alors, qu'est-ce que tu deviens ? Tu travailles toujours là ?"
Elle : "Et oui ! Je suis toujours dans mon donjon !"
Moi : "Dans ton donjon sadomasochiste ?"
Elle : "Oh non ! De princesse. Moi, je suis plutôt princesse."

JF

-------------------------------------------------------------------------------------------------------
PROCHAINEMENT SUR CET ECRAN
"LA FEMME DE MA VIE"
Une confession bouleversante et drôle de Joël Fauré consacrée à la femme qui a le plus compté dans sa vie.




Repost 0
15 juillet 2007 7 15 /07 /juillet /2007 16:14
img066-copie-1.jpg
Photos d'identité sexuelle...
Sur les photos d'identité, le "sujet" devra être tête nue, (visage tout blanc ?)  sans signe ostentatoire, mais pourra-t-il arborer un attribut qui lui tient à coeur (et au pied)
(Avec le concours de Photomaton)
Repost 0
15 juillet 2007 7 15 /07 /juillet /2007 15:04
A Eric-Pierre Vigouroux,
Que j'ai perdu de vue.
Au mieux qu'il ait pu devenir.

Nous vous offrons en "bonus" à "J'AI TRES BIEN CONNU JACQUES BREL", ce texte qu'il aurait été dommage de mettre au rebut.

Un courrier pour "Brel, Poste Restante"
Eric-Pierre, à Rennes, poursuit ses études pour obtenir un brevet de peintre en lettres. Il a eu connaissance de mon opération "Poste Restante". Sa lettre à Jacques Brel, d'un lyrisme torride, est saisissante.

Tendre Jacques,
Jacques, je te connais et tu ne me connais pas.
Qu'importe, je vais t'écrire ces mots insensés que tu comprendras.
Tu es la cathédrale de vie où j'aime à me recueuillir.
J'y ai entendu ton psautier inspiré d'ombres bleues, rouges, vertes et de saphir.
Tu me mènes par les rivières rouges et noires,
Sur un vaisseau qui ne vogue pas par hasard
Vers les landes hermétiques du pays Perdu,
Au lointain jardin où vivent et chantent les élus.
Par l'éclatement de ton horizon,
Tu m'ouvres les portes de la perception.
O fulgurante errance cométée de mille couleurs ;
Tes chansons, jouissance vibrée qu'Ostendaise bombe et pleure
Aux rêves de pierre de tes lacs bleutés ;
Tes chansons, cathédrales bruissantes d'oraisons tourmentées ;
Tes chansons, cratères de spires, vivaces d'émotions dissertes,
Vivaces comme une mer d'écumes alertes ;
Tes chansons, dévalantes sur moi en oriflammes
Comme des bombances acides de rousses flammes ;
Tes chansons me sont un éther d'émeraude enivrante,
Sens désarimés des litanies délirantes ;
Tes chansons, vaisseaux cristallins qu'ambre brise.
Tes chansons sont des senteurs neuves qu'hantent et grisent
Les saveurs anciennes aux narines pelliculées ;
Tes chansons ourlent l'aube grège aux luminaires incendiés ;
Tes chansons, conscience mienne, désunie, divine,
Qu'un matin diamanté en pluie bruine ;
Tes chansons, délirances nacrées, sanglotantes, vrillées ;
Tes chansons, glacis de rubis de l'Olympe tombé ;
Tes chansons, marbrures altières d'émeraudes galères
Qu'avironnent de malins soldats fiers ;
Tes chansons, casques dorés, nuits de plomb,
Tes chansons que j'attellerai au char de Junon ;
Tes chansons, cycle drastique d'ersatz d'argenterie ;
Tes chansons, vibrato de lumière qu'ombre scie ;
Tes chansons, bois d'onde noire, viriles, fécondes ;
Tes chansons où mes rêves aux cimes abondent ;
Tes chansons, perception vibrante d'argent luisant
Planent sur les lacs abimés, ruisselants, dormants ;
Tes chansons, anges blonds, clairs, de feux ;
Tes chansons, en rangs serrés, sur nous fondent des cieux ;
Tes chansons, comme des rubis au coeur, en perles gouttent ;
Tes chansons, au cimetière, en filet vermeil dégouttent ;
Tes chansons où le sang de vie dévale en vasques ;
Tes chansons, ombrelles de vie, oeuvres d'or, pâles, pures ;
Tes chansons, poudre de grêle, blanches, dures ;
Tes chansons, de femmes, visages ovales de turquoise souriante ;
Tes chansons, corps graciles d'ondines éblouissantes ;
Tes chansons, saouleries marines d'embruns chauds
Tes chansons, cascades ruisselantes, perles de mots ;
Tes chansons ruissellent en flammèches d'ocre carminé ;
Tes chansons, aurores du monde, boréales, apurées ;
Tes chansons, royaume lumineux, clair, prafumé.

Eric-Pierre Vigouroux


PROCHAINEMENT SUR CET ECRAN
 "LA FEMME DE MA VIE"
Une confession bouleversante et drôle de Joël Fauré sur la femme qui a le plus compté dans sa vie.


----
Brèves:

Linda

Linda Lemay, jolie frimousse et bonne plume, chante ce qu'elle écrit et écrit ce qui lui chante. Par exemple : "Les souliers verts"
"Il y a un lien très étroit entre les pieds, le sexe et l'imagination."
dit-elle.
Payse de Félix Leclerc, l'auteure Québecoise marche ainsi sur les traces de son illustre aîné : n'a-t-il pas écrit : "Moi, mes souliers ont beaucoup voyagé..." ?

Anita

Anita Noël, aussi parfaitement lisible dans "Play-boy" que dans "La vie Catholique" a consacré quelques lignes à notre ami Raoul Jefe, dans le numéro 47 de "Play-boy" sus-cité.
Dans les colonnes du magazine de charme, Raoul Jefe est dépeint sous le double aspect qui le caractérise : fétichiste des bottes et sociétaire-rédacteur-fondateur d'"A propos de bottes"

Sarah

Sarah Biasini, fille de Romy Schnei
der, a répondu aux yeux doux de la télévision, qui lui a offert le rôle éponyme de "Julie, chevalier de Maupin".
A la question d'un journaliste "Comment entre-t-on dans la peau d'une jeune fille du VVIIe siècle ?", elle a répondu : "Les décors et les costumes participent beaucoup. Porter des habits d'époque et chausser des cuissardes, ça vous change une démarche, ça vous donne une autre allure !"

Monica

Botte Italienne.
Monica Bellucci, dans un entretien accordé à un tabloïd, s'est ainsi déchaussée et révélée spécialiste des logotypes et autres visuels : "Nous, les Italiennes, nous sommes nées pour susciter le désir, déclencher le plaisir. Regardez la forme de notre pays : ne dirait-on pas une cuissarde stylisée ?"

JF


Repost 0
14 juillet 2007 6 14 /07 /juillet /2007 17:38

img041-copie-1.jpg
Quand "Le Monde des Livres" s'interesse aux pissotières...
(Voir les "brèves" du 14 juillet.)

Personnellement, si j'y ai si et trop souvent agité mon sexe, c'est bien parce que j'étais sous l'emprise d'un Trouble Obessionnel Compulsif, et que j'avais une peur bleue du Sida.

Joël Fauré.

(Cliché JF)


Repost 0
14 juillet 2007 6 14 /07 /juillet /2007 15:31
A Pierrot,
L'Horloger.

Une lettre à Olivier Todd.
Cher Monsieur,
J'ai longtemps hésité à vous écrire.
La sortie de votre livre "Carte d'identités" me donne l'occasion de le faire, et je remettrai ce pli aux bons soins de votre éditeur.
J'apprécie la justesse et la finesse de votre regard et de vos propos. Et j'en sais aussi le courage que vous assumez.
Aussi me permettez-moi d'aller droit au but.
Je suis un fervent inconditionnel de Jacques Brel, et il va sans dire que j'ai lu -et relu plus d'une fois- la biographie que vous lui avez consacré.
Or, si exhaustif qu'il soit, ce texte, dense et riche, bien étayé, me laisse, avec le nécessaire recul du temps, insatisfait et gêné.
Pourquoi ?
(Il ne serait pas si bon, je n'aurais pas pris la plume, mais il se trouve qu'il fait référence.)
La phrase qui va suivre m'embarrasse, et pourtant, baste ! je me lance...
Jamais vous n'évoquez une rencontre importante dans la vie de Brel : celle qu'il fit avec Paul Touvier.
Ouis, je sais le soufre qui l'entoure...
Pourtant, il suffit d'utiliser les outils dont nous disposons aujourd'hui pour savoir que Brel s'est pris de sympathie pour l'ancien milicien et a notamment participé à l'élaboration d'un disque "L'amour et la vie" destiné à l'Education Sexuelle, pour "expliquer l'amour et la naissance aux jeunes." - dont l'écoute m'aurait personnellement évité, à l'époque, une belle carence affective et les nombreux TOC que je présente aujourd'hui- et édité par Philips, je crois.
Bien sûr, j'imagine que les hâtifs de la polémique se seraient empressés de servir du "Brel collabo" ?
Est-ce pour cela que vous avez fait l'impasse sur cet épisode important de la vie d'une figure marquante du XXe siècle ?
Ou bien y-a-t-il eu pression de la famille ? Omission volontaire ? Que sais-je encore ?
Que Brel et Touvier se soient approchés ne me dérangent absolument pas. Ceci n'enlève rien à la forte action-attraction de Brel, ni n'entâche son image. Ce qui me dérange plus, c'est -dans le souci de détail qui a été le vôtre- que vous n'en ayez pas rendu écho.
Si cette lettre vous gêne, jetez-la, oubliez-la...
Mais je serais content si vous y répondiez, simplement.
Je vous prie de croire, cher Monsieur, en l'expression de mes sentiments les meilleurs.
Joël Fauré
P.S. : Au moment où je rédigeai ces lignes, j'avoue que je n'avais pas lu votre livre, et surtout le passage qui répond en partie à ma question.
Tant pis ! Je poste quand même et aurais peut-être le plaisir de recevoir en retour quelques éclaircissements de plus ?
Enveloppe timbrée jointe.

L'inévitable guirlande autour du sapin de décembre...
Savez-vous pourquoi le sapin a les boules ? Parce qu'il s'est fait enguirlander...

Noël 2003 : Falloir mourir.
Mon père, Fernand, Pierre, Guillaume est mort le 25 décembre 2003, jour de Noël, à midi et quart, après avoir pris son repas, assis sur une chaise, dans la cuisine, en douceur, d'un arrêt du coeur, rose des vents sud-sud-est, juste en vis-à-vis du sapin qu'il m'avait aidé à planter. A tout jamais, mon père sera un Père Noël et le sapin de Pif un sapin de Noël. Il a rejoint Charlot, qui lui aussi, s'est éteint un jour de Noël...

Dire que Fernand est mort...

Noël 2004 : Faillir mourir.
Je ne supporte plus Noël et tout ce qui va avec. L'inévitable guirlande, installée dès fin octobre, m'étouffe. Les boules m'étranglent. Je n'aimais pas les rendez-vous convenus, les joies obligatoires, le sucre concentré, les jours fériés, les débordements festifs ; je déteste Noël. Les serpentins, les langues de belle-mère... c'est dans ces moments-là que j'éprouve presque de la sympathie pour le Père Fouettard...
Donc, c'est le Noël d'après le Noël de la mort de mon père. Il est presque 19 heures. Nous sommes entre chien et loup. Comme souvent, la mélancolie surgit et m'enveloppe de son manteau morbide. De ses puissantes mâchoires, elle me tenaille le cerveau. Mais il y a plus que ça. Je sens la terre se dérober sous moi, la tension monte, le coeur palpite ; je sens mon cerveau se bloquer, prêt à exploser : je me vois mourir.

La mort est féminine. Je la voudrais brune aux longs cheveux, portant de longues cuissardes noires à talon-aiguille...

"Avec Brel, j'ai pas de TOC..."
Toutes mâchoires absentes, Brel mort est pour moi beaucoup plus fréquentable et moins polluant que bien des vivants qui m'entourent. Lorsqu'une angoisse -qui est très humaine, finalement- cherche à devenir une obsession, je fais appel à lui. Et ça marche ! N'y voyez-là aucun mysticisme. Je vous répète que je me sens très proche de Jacques Brel.

A l'angle de la rue Pharaon et de la place des Carmes, il y a toujours une femme qui attend. Elle a ses bras de plâtre dans la chair.
Ma mère ne fait plus d'interview de chanteur à domicile. Elle est rentrée de plain-pied dans la chanson de Brel "Les Vieux" et passe "du lit au fauteuil,  puis du fauteuil au lit et puis du lit au lit".
Le sapin de Pif doit bien mesurer de 8 à 10 mètres.
L'éditeur a été très gentil avec moi : nous avons choisi ensemble la police de caractère.
Place Esquirol, la marquise de "Midi-Caoutchouc" s'est refait une beauté.
Sur la colonne Morris, il y a une affiche du dernier film avec Monica Bellucci.
Or, il se trouve que je connais très bien Monica Bellucci.

FIN

Joël Fauré

Ce texte a été créé le 11 février 2006 par Roger Borlant, au Théâtre de Poche de Toulouse, dans le cadre du "Gueuloir de Poche"

-----
Brèves:

Madonna et Michael Jackson ont des problèmes de logement.

"Viens chez moi, j'habite chez un fan."
Deux entrefilets dans la presse régionale ("La Depêche du Midi" et "Le Petit Journal") m'ont alarmé sur la situation de Madonna et Michael (deux régionaux de l'étape !) quand à leur maison. Si on peut faire quelque chose pour eux, contactez-moi.
"La Dépêche du Midi" du 27 juin : "La chanteuse Madonna a acheté une nouvelle propriété pour 9 millions d'euros, contiguë à la maison qu'elle possède à Marylebone, quartier central et huppé de Londres. La pop star posséderait au moins 5 propriétés dans la métropole où les prix de l'immobilier atteignent les plus hauts sommets du monde : la hausse est telle que les maisons se font rares dans le centre-ville et atteignent des prix faramineux."
"Le Petit Journal"
du 13 juillet : "Le chanteur de Thriller a emménagé à Las Vegas. Michael Jackson a choisi une luxueuse propriété, dont la valeur a été estimée à environ 40 millions d'euros. Le chanteur a été contraint de quitter son manoir de 10 pièces qui se trouvait non loin de Sin City, dans le Nevada, parce que le bail de location était arrivé à son terme."

*

"Des urinoirs et des souris blanches."

Bon, je sais, le titre est un "à-peu-près" mais c'est pour ouvrir cette "brève" et faire mieux "passer" le "cru" qui suit.
"Le Monde des Livres"
d'hier a titillé ma libido, et ses instincts refoulés, et sa face noire, avec un grand papier, éloge d'un livre sur les "pissotières" et ce qui s'y passe parfois.
Il fait écho à une tranche des "carnets de Raoul Jefe" publiée dans ces colonnes le 28 mai dernier.
"En argot anglais, "tearoom" désigne les "tasses", c'est-à-dire les pissotières. L'ouvrage s'attache donc aux pratiques sexuelles entre hommes dans les toilettes publiques." écrit Louis-Georges Tin. Qui poursuit : "Entre avril et octobre, c'est "la période de chasse". Les tasses les plus courues se reconnaissent aisément au nombre de voitures garées à proximité. (...) L'interaction sexuelle est un jeu où chacun joue son rôle. S'y rencontrent les pointeurs et les pointés (selon la fonction qu'ils adoptent dans l'acte fellatoire), les guetteurs (poireaux, onanistes ou voyeurs), les hétéros de passage, les loubards et la police. Mais les rôles sont souvent instables : ainsi, quand arrive l'âge critique (autour de 35 ans), ceux qui se faisaient "sucer" acceptent de plus en plus l'autre position ; de même l'hétéro d'aujourd'hui est souvent le pointeur de demain ; les loubards aiment bien se faire sucer de temps en temps, avant de casser du pédé ; et les policiers n'hésitent pas à faire du chantage comme les loubards, pour alimenter... les fonds de charité. (...) Quel est le public des tasses ? C'est M. Tout-le-Monde. Les pissotières sont des lieux démocratiques, auxquels chacun peut accéder sans payer, et s'y retrouvent des hommes noirs ou blancs, de tous milieux, de toutes religions. Loin d'être des marginaux, les participants sont souvent des citoyens rangés, voire plus conservateurs que la moyenne."

Ah ! J'ai oublié de vous dire le titre du livre : "Le commerce des pissotières. Pratiques homosexuelles anonymes dans l'Amérique des années 1960. (Tearoom Trade)
Mais en France aussi nous avons des pissotières et nous sommes en 2007. Pour celles et ceux qui souhaiteraient écrire un livre...

"Le commerce des pissotières. Pratiques homosexuelles anonymes dans l'Amérique des années 1960. (Tearoom Trade) de Laud Humphreys. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Henri Peretz. Préface d'Eric Fassin, postace de Henri Peretz, La Découverte, "Textes à l'appui/genre et sexualité", 202 pages, 20 €

JF



Repost 0
13 juillet 2007 5 13 /07 /juillet /2007 20:55
img064.jpg
"LU" Lefèvre-Utile sait faire parler de "lui" autrement que lors des licenciements ou des rachats. Vu sur les panneaux 4 par 3. Pour une "force de vente" ?
(Cliché JF)

Repost 0
13 juillet 2007 5 13 /07 /juillet /2007 19:34
A Henri.

Mélancolie.
Entre chien et loup, quand la mélancolie surgit et m'enveloppe de son manteau morbide, ou que, de ses puissantes mâchoires, elle me tenaille le cerveau, je sais que je n'ai qu'une seule chose à faire : laisser agir le temps naturel. Ou bien il s'arrêtera ou bien il désserrera l'étau et me dégagera la tête et le corps qui semblent vouloir s'écrouler...
Je ne sais pas si c'était pareil pour Brel...

Ebauche d'intrigue.
J'...

Début d'histoire.
Tu...

Amorce d'une chanson.
Ne...

Départ de pièce.
Nous pourrions envisager :...

J'écris un livre.

Incipit.
(Mot latin : il commence.)
Premiers mots d'un ouvrage.

Incipits de 7 chansons de Brel.
1) Avec...
2) Adieu...
3) Le...
4) J'...
5) Je...
6) Tu...
7) Nous...

Jacques m'a dit...
... qu'il buvait moins qu'avant. Qu'il fumait beaucoup, mais qu'il travaillait beaucoup. Et qu'il adorait tituber de fatigue, et que, les soirs où il s'écroulait plus qu'il ne se couchait, il se disait que c'était une bien belle journée.

Service des admissions.
Novembre 2006. J'ai appelé l'Hôpital Franco-Musulman de Bobigny, qui s'appelle maintenant "l"Hôpital Avicenne" -on se demande bien pourquoi- et j'ai demandé la chambre 305. On me l'a passée. J'ai demandé à parler à Monsieur Brel. On m'a demandé d'épeler : B, R, E, L.
"Comme le chanteur ?" On m'a dit qu'il n'était pas là. On m'a demandé : "Et son prénom ?" Au dernier moment, je me suis dégonflé et j'ai dit : "Henri". De toute façon, il était entré sous un nom d'emprunt. On m'a repassé le standard. Une dame très avenante m'a dit : "Je vais vous donner un numéro où sont centralisées toutes les admissions hospitalières. Peut-être retrouverez-vous votre ami ?"

Actuellement, si vous voulez vous humaniser, désactualisez-vous !
"Je renie mon époque." dit Brel.
Je renie la miennne. J'aurais voulu vivre au XVIIe siècle, bien connaître Molière, me faire faire une saignée en cas d'hypertension, porter des bottes hautes et me mettre de la poudre de riz...

(A suivre...)

Joël Fauré

----
Brèves :

Blandine Le Callet : "Une deuxième pièce montée" ?

Blandine Le Callet saurait mettre de la poésie dans un clou rouillé. Invitée par "Le Figaro" à adresser une carte postale à ses lecteurs, l'auteur d' "Une pièce montée" (que je tiens comme l'un des trois meilleurs livres que j'ai lus depuis longtemps.) a choisi une belle allégorie de la tolérance au progrès, facilement décryptable entre les lignes. Voyez comme elle écrit :
"Je n'arrive pas à détester ce pylône.
Je vous écris d'un coin de campagne où il ne vient jamais paersonne : à part deux ou trois chapelles de village et quelques arbres séculaires, il n'y a rien à voir. (...) ...J'ai choisi une carte postale qu'on ne verra jamais sur aucun présentoir. Une image qui n'appartient qu'à moi. Un paysage. Je suis dans cette maison où je viens chaque été. (...) Et pour compléter le tableau, campée en plein milieu sur ses pâtes* de fer, LA CHOSE, l'ignominie, l'horreur qui depuis des lustres défigure la carte postale : un pylône trapu soutenant la sextuple rangée de câbles d'une ligne à haute tension. Ma grand-mère Madeleine était la seule à ne pas s'en offusquer. (...) C'est moi qui occupe sa chambre aujourd'hui, et son regard  a converti le mien : malgré sa laideur, je n'arrive pas à détester ce pylône planté là en plein milieu. Je le vois comme un genre de tour, de vieil arbre, une silhouette familière dont la disparition ôterait au tableau son caractère et son harmonie. Je le regarde et je pense à elle."
Un texte à faire lire aux détracteurs d'éoliennes, de relais pour téléphones, de châteaux d'eau ?

* Une "coquillette" du "Figaro" ?  (Qui, de toute manière retombera toujours sur ses pattes !)

-

Les murs ont de la mémoire.

Je regrette de ne pas avoir photographié la publicité peinte sur le mur qui surplombe la place du Parlement, à Toulouse. Deux réclames se superposaient : "Peugeot' et "Suze". J'essaierai de les garder en mémoire. "Boire ou conduire" : le temps n'a pas laissé choisir. Mais un enduit moderne a mis tout le monde d'accord.
Un "beau livre" vient de sortir aux éditions "Ouest-France" : "Anciennes publicités murales", de Marc Combier, préfacé par Pierre Bonte. Je l'ai feuilleté avec plaisir. J'y ai retrouvé une publicité pour le "Café Quotidien" à Gaillac dans le Tarn. (Et là, j'ai la photo, prise il y a déjà longtemps !)
Autres temps, autres murs... On me pardonnera de toujours beaucoup aimer les images, les slogans, les marques, les signes, les logos, que j'associe à des oeuvres d'art. (Je vous promets ici une rubrique qui s'appellera "Faites-moi un signe"...) et on me pardonnera aussi d'associer à cette imagerie mes marottes : les bottes !
Je vous promets un image.

_

Camille et Joël.

"On" a prétendu que j'étais égoïste, narcissique et exhibitionniste. Ce blog tendrait à faire penser que c'est vrai.
Mais aujourd'hui, nous sommes le vendredi 13 juillet. Et le calendrier prouve que je ne suis pas si égoïste que ça, puisque je partage le Saint du jour avec Henri. (Henri comme Henri de Régnier, de Toulouse-Lautrec, IV et Joël comme Joël Fauré !)
Demain, je suis fier de savoir que l'élue de mon coeur, Camille, confond sa fête avec la Fête Nationale. Excusez du peu... Et dimanche, c'est un canard : Donald.

JF





Repost 0

Présentation

BIENVENUE

ESPACE LITTERAIRE ET EROTIQUE

Soyez les bienvenus sur cet "égoblog",
petit jardin virtuel.

N'oubliez pas, quand même, d'aller vous aérer.

"Vivre,
c'est passer d'un espace à un autre
en essayant le plus possible
de ne pas se cogner."

Georges PEREC



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Recherche

Liens