24 juillet 2007 2 24 /07 /juillet /2007 15:56
"LA MAISON (D'EDITION ?) BRULE..."

De Joël Egloff, j'avais tant aimé son "Etourdissement"  (Un livre "à atmopsphère" (Prix du Livre Inter en 2005) -Un ouvrier aux abattoirs, dans un pays imaginaire toujours gris, espère, sans trop y croire, changer un jour de vie- ), que je lui avais écrit, aux bons soins de son éditeur, la maison Buchet-Chastel.
"Toulouse, le 14 juin 2005
Bonjour. Je ne vais pas être original en vous avouant que j'ai adoré "L'Etourdissement". Commencé à 22 h 30. Terminé à 23 h 40. Bien sûr, j'ai établi des passerelles et des résonnances avec mon propre vécu. Le transfert -c'est pas original. Je vous épargnerai un long courrier. Simplement, je serais heureux si vous répondiez, même en bas de page de cette lettre, en note, à ces quelques questions (Je suis d'un naturel curieux...)

- Avez-vous travaillé dans un abattoir ?
- Auriez-vous aimé être pilote d'avion ?
Si vous venez signer votre livre dans une librairie Toulousaine, je ne manquerai pas de venir vous saluer.
Bien à vous.
P.S. : Quel beau prénom vous avez !!!
Re P.S. : J'ai regretté l'absence de 2 mots dans le livre : "ECHINE" et "EQUARISSEUR".
Je ne sais pas vous, mais moi, je suis très heureux quand les écrivains écrivent et répondent.
Voici donc ce que m'a écrit à la main Joël Egloff :
"Paris, le 15.VIII.05
Bonjour.
Ce petit mot simplement pour vous remercier de votre lettre qui m'a vraiment fait très plaisir. Pour répondre à vos questions, je n'ai jamais travaillé dans un abattoir mais j'ai eu l'occasion de travailler sur des images d'abattoir. Il m'en restait quelques souvenirs flous. J'ai également fait quelques recherches en ce qui concerne certains détails techniques. Le nom des machines, notamment. Le reste, il m'a suffit de l'imaginer.
Concernant mon désir d'être pilote d'avion, inutile de m'en défendre, vous avez mis le doigt sur l'une de mes innombrables frustrations.
Je n'ai pas encore de rencontre prévue dans une librairie toulousaine, mais si cela s'organise, un de ces jours, j'espère moi aussi que nous aurons le plaisir d'échanger quelques mots. Encore merci ! Très cordialement.
P.S. : Je trouve que votre prénom n'est pas mal non plus.
Re P.S. : Pour le mot "équarisseur", je dois reconnaître son absence, mais en ce qui concerne "Echine" : Objection ! Il y est page 23..."
Au dos de l'enveloppe, il y avait la contre-adresse. Je n'en ai pas abusé, et j'ai laissé Joël tranquille.
Et voici que Joël m'adresse, en ce vendredi 20 juillet, une carte postale !
Enfin, "m'adresse" est un peu présomptueux ; je devrais plutôt dire qu'il "nous adresse", à nous ses lecteurs, via les colonnes du "Figaro" des nouvelles terrifiantes :
"Nice, le 20 juin 2007.
Cher Vieux,
(...)
Lorsque tu nous a proposé ta maison de la Côte, pour les vacances, cela partait d'une généreuse intention et encore une fois nous t'en remercions. (...)
Ta proposition nous a touchés, mais souviens-toi, je t'ai répondu que nous n'avions pas l'intention de partir, à cause de ce roman que je comptais finir. Tu as insisté pourtant. (...)
Alors au bout du compte, j'ai fini par céder. (...)
La suite, tu la connais. Tu as été prévenu, on t'a expliqué tout en détail. (...)
Ta maison, évidemment, l'assurance te la remboursera. Tu la feras reconstruire, plus belle encore, et pour toi qui semblais t'en lasser, c'est peut-être même une aubaine. Le jardin aussi renaîtra de ses cendres, tout comme les forêts aux alentours. La terre brûlée n'en sera que plus fertile.
Nous pourrions nous estimer heureux, en fait, si seulement j'avais pu sauver mon manuscrit des flammes. Deux ans de travail partis en fumée. Mon meilleur roman, je le pressentais. Celui pour lequel je nourrissais les meilleurs espoirs.
Je ne t'en tiens pas, bien sûr, pour responsable, mais ce manuscrit, dont je n'ai retrouvé que les quelques pages calcinées que le vent, comme pour me narguer, a accrochées dans ce qu'il reste des arbres, personne ne me le rendra jamais et tu imagines à quel point cela me désespère. Comment vais-je m'en remettre ? Que comptes-tu faire ? Comment peut-on s'arranger ? As-tu une idée ?"
Animé d'une authentique compassion, j'ai écrit à Joël Egloff, puisqu'il avait donné son adresse :
"Le 21 juillet 2007.
Bonjour Joël.
J'ai lu dans "Le Figaro" du 20 votre carte postale.
J'ai éprouvé l'irrépressible besoin de prendre la plume.
La perte d'un manuscrit est une épreuve.
La question que je me pose est la suivante :
- Si votre texte est fictionnel, je vous comprends ; si votre texte est autobiographique, je vous comprends et je vous plains. M'en direz-vous plus ?
Cordialement à vous.
P.S. : Et merci d'avoir répondu à ma 1ère lettre."

Celle-ci a été postée hier, le 23 juillet.

Joël Fauré

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Quelques nouvelles de Camille C.

Camille a répondu aux grands sourires des vieilles dames édentées, vêtues de noir jusqu'au cou. Camille a croisé un vieux monsieur, sur un vieux vélomoteur auquel était accroché une remorque, et dans la remorque, il y avait un énorme cochon. Camille l'a croisé plusieurs fois... On lui a dit que le vieux monsieur amenait le cochon "saillir" des truies... C'est un cochon-étalon...
Camille ira samedi à la fête au village, à l'ancienne... 
Camille poussera sa route jusqu'à Lisbonne, où l'on sait maintenant que Fernando Pessoa l'attend...
Je suis heureux de savoir que Camille se trouve actuellemnt dans ce beau pays, même su l'un de ses principaux cours d'eau s'appelle "Sado".


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24 juillet 2007 2 24 /07 /juillet /2007 11:35

A Marie-Madeleine,
une maman importante.


Dans l'Aveyron.
Marthe, Madeleine, Mathilde est née dans l'Aveyron. L'Aveyron est un département Français qui resssemble à une grosse motte de terre qui sent bon après avoir été retournée. Dans l'Aveyron, un couteau n'est pas un couteau, c'est un "Laguiole". Un fromage n'est pas un fromage, c'est un "Roquefort". Quand une ville est ville, elle est franche. Villefranche. Villefranche-de-Panat, Villefranche-de-Rouergue.
Je n'ai jamais compris pourquoi l'Aveyron n'avait pas "son" Pagnol. Si vous voulez, moi, je veux bien le faire. Dans l'Aveyron, il y a mieux que Rome, il y a Saint-Rome. Il y a mieux que l'Afrique, il y a Saint-Affrique
Saints et saintes du paradis semblent s'être donnés le mot et rencart ici, entre les tables, les étables et les rétables.
Le frère tout proche de ma mère, René, ne s'y est pas trompé. C'est ici qu'il a souhaité devenir prêtre.
N'étaient les illustres écrivains qui m'ont précédé, je parlerais bien volontiers du "Journal d'un curé de campagne."

Mon oncle.
Ma mère est la cadette d'une fratrie de dix enfants. Mon père est fils unique. Ca rétablit l'équilibre dans les rassemblements familiaux !
Ainsi donc, au début des années 40, un garçon se dégagea bientôt et se découvrit une vocation. Il entra au Petit, puis au Grand Séminaire et fut ordonné prêtre. 
Avec le solide bon sens de la Terre Aveyronnaise, et le sang volontaire qui court dans ses veines, le frère de ma mère, mon oncle, l'abbé René Trémolières devint le prêtre écouté, respecté, eu égard au sacerdoce qu'il avait embrassé.
A ma mère, il a affectueusement donné le prénom de "Marthou".

Dans les bruyères Rouergates, il aimait chercher des champignons, et surtout en trouver ; dans les clairs ruisseaux de montagne, il aimait pêcher la truite, et parfois -que Dieu le lui pardonne !- la saisir à mains nues à même les cours d'eau, sous les panneaux "Pêche Interdite". A la chaire de vérité, le dimanche, pour expier ses peccadilles, il reconnaissait simplement qu'il était "pecheur" sans trop mettre l'accent, et invitait ses ouailles Saintes-Romaines à prier avec lui. 
A table, on servait des cèpes et du poisson.

Tout me porte à croire "qu'heureux est celui qui croira sans avoir vu", que "Dieu, c'est comme du sucre dans un café : il est là, mais on ne le voit pas, et plus on le cherche, moins on le trouve."
Il est vraiment grand le mystère de la foi.
Mon Dieu que les béatitudes sont belles ! J'ai presque envie de les récrire ici. Mais si Dieu existe, le Diable existe aussi alors ? Les flammes de l'Enfer éclaireraient-elles le Paradis ?
A quoi pensais-je justement, quand, enfant, sagement assis près de ma mère, je levais les yeux vers les voûtes de l'Eglise Saint-Martin, de Buzet-la-Forêt ?
Saint-Martin était un brave type : il donnait un morceau de son manteau à ceux qui avaient froid. Avec l'immensité du ciel pour unique univers et pour unique garde-robe le ruban bleu de Notre-Dame-de-Lourdes, c'était l'époque de tous les "possible".

Ma sacro-sainte famille vouait aux Saintes-Régionales de l'étape (Sainte-Germaine à Pibrac ; Sainte-Bernadette à Lourdes) une fervente admiration. On pouvait aller les voir avec le car. (Fatima, c'était plus loin !) On plaignait ces filles pauvres et souffreteuses (terribles écrouelles de Germaine). Parce qu'elles avaient souffert, elles pouvaient comprendre celles et ceux qui souffraient aussi.
On offrait des messes pour les "âmes du Purgatoire" et les défunts, venus et à venir. "Je ne vous promets pas d'être heureux dans ce monde, mais dans l'autre."

Ma mère ne m'a pas vu grandir.
Je n'ai pas vu vieillir ma mère.

Seuil critique.
Quelques phrases toutes faites à l'intention de celles et ceux qui n'aiment pas ce livre :
1) Fauré lance des pistes mais n'en exploite vraiment aucune. On reste sur sa faim.
2) Je n'aime pas ce livre : c'est décousu, déconstruit; déhanché...
3) Encore un livre nombriliste d'un loser de la vie...
4) Fauré passe du coq à l'âne, si vite qu'on ne sait plus qui fait le coq et qui est l'âne...

(A suivre.)

Joël Fauré



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24 juillet 2007 2 24 /07 /juillet /2007 11:25

img075.jpg
"[Des] cas [de fétichisme] peuvent faire sourire. Ils n'en illustrent pas moins un érotisme plus construit, élaboré et finalement civilisé que le sexualité considérée comme "normale" et qui, par son incapacité à dissocier érotisme et procréation, est directement responsable de deux immenses charniers, celui des avortements et celui de la famine dans le Tiers-Monde."
Michel Tournier (Le Fétichiste) - Gallimard.


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23 juillet 2007 1 23 /07 /juillet /2007 18:47
LA SUITE DE  "LA FEMME DE MA VIE"
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22 juillet 2007 7 22 /07 /juillet /2007 20:05

C'est comme ça, je ne me referai pas.
Ce devait être il y a une bonne dizaine d'années. J'effectuais mes premiers séjours dans ce qui allait devenir ma "résidence secondaire", ma "maison de répit" : la clinique psychiatrique "Castelviel", près de Toulouse. J'allais y apaiser le feu de mes dragons, poser un temps ma fatigue physique et psychique...
La vie, le temps, la pudeur m'ont dicté de ne pas dire qui j'y ai côtoyé... 
Ainsi le père de cet homme de télévision, maniaco-dépressif, qui me laissa m'asseoir près de lui, et me parla de Dali, qui, en guise d'autographe, lui offrit un chèque de une péseta ;
Ainsi la fille, adolescente alors, de  cet écrivain réputé dont ma mère a dévoré tous les livres ;
et surtout, ce prof de lettres, qui, par affinité élective, m'écrivit ceci :
"9.VIII
Nouvellement -mais néanmoins cher- ami,
Ce petit mot, pour vous laisser du temps.
Entre autres de vos pièces -et dans un but d'utilisation pédagogique- j'aimerais assez que vous puissiez tenir + ou - moins rapidement un exemplaire de votre pièce "L'Agence". D'après la lecture de votre press-book, c'est l'oeuvre qui m'a semblé la mieux adaptée à celle d'un jeune public, et à son "backround" environnant, mais c'est déjà un pléonasme.
Prenez votre temps ; il y a bien sûr des contraintes matérielles. Mais veuillez-y tout de même.
Je pars demain -croisons les doigts- mais j'ai pu apprécier dans nos quelques rencontres, un homme affable et humaniste, mais surtout un de ces héros de Tournier qui savent transformer un destin négatif en quelque chose de positif.
Ce fut une réelle joie de vous avoir connu, mais quelque chose me dit que nous n'en resterons pas là.
Votre.
D.B."
Je n'ai jamais revu D.B. 
Il m'avait beaucoup parlé de Michel Tournier, dont il était ami. De Michel Tournier, j'avais bien entendu dévoré "Le Fétichiste".
J'ai écrit une lettre à Michel Tournier... que je ne lui ai jamais envoyée.
Et le temps a passé.
Et ce soir, je ne sais pourquoi, j'ai interrogé -comme je l'avais fait avec Jeanne de Berg- les pages blanches de l'annuaire téléphonique, sur Internet maintenant, et j'ai tapé "Michel Tournier" dans l'endroit où je savais qu'il résidait, dans ce presbytère de la vallée de Chevreuse. (Il suffit de vous rendre sur l'excellente encyclopédie "Wikipédia" pour en "savoir" plus.
Comme tous les grands timides, je suis capable de grandes audaces, et j'ai appelé Michel Tounier. Et je lui ai parlé, en direct ! 
Bien entendu, je n'aurais pas voulu apprendre de sa bouche que D.B. s'était suicidé. Je ne compte plus les rencontres de "Castelviel" qui l'ont fait...
Le but de mon appel était précis : je souhaitais avoir son accord pour écrire en façade de ce blog, "JOURNAL EXTIME", terme dont il est l'inventeur.
Non seulement je l'ai eu, cet accord -et j'ai senti son plaisir lorsqu'il a renchéri : "Je suis heureux de voir certains de mes mots inventés dans le dictionnaire- mais nous avons taillé de bout de gras comme deux amis qui se connaissent depuis toujours !
Comme j'étais ému de lui parler, il me dit :
"Vous savez, j'ai laissé mon nom dans l'annuaire... je suis public... le plus ennuyeux, c'est quand on m'appelle parfois pour me vendre des chaussettes..."
Michel Tournier, 83 ans, membre de l'Académie Goncourt, auteur majeur du XXe siècle, a fait une mauvaise chute il y a quelques temps, mais n'a pas perdu le sens de l'humour :
"Je suis plein de métal."
Et comme je lui rappelai ses "anecdotiques" rencontres avec François Mitterrand ("Il est venu 4 fois." -il se posait en hélicoptère devant chez lui-), il me dit tout simplement :
"Vous savez, j'ai fait de mon mieux pour le recevoir. 
Peut-être que Satkozy va se décider ?"

 
Joël Fauré

PS : Un grand merci à vous, Monsieur Tournier. Vous m'avez dit que vous n'aviez pas d'ordinateur, mais vous avez beaucoup d'amis... Ce qui rétablit amplement "l'équilibre"...

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22 juillet 2007 7 22 /07 /juillet /2007 15:09
La Maison.
Nous habitions, sur les "Champs Grands", une maison très grise et isolée, en orée de la forêt de Buzet-sur-Tarn.
Buzet-sur-Tarn et Bessières se touchent mais ne se confondent pas.
Je n'ai pas gardé de souvenirs de la ferme où vivaient mes parents avant qu'ils "fassent construire" en 1967. Je n'ai retrouvé que des éclats. M'est avis qu'ils ont emprunté une somme que ma mère a dû qualifier de "colossale" au "Crédit Foncier de France", remboursable sur une bonne partie du XXe siècle, sans que le taux d'intérêt ne changeât d'un centime. Si bien qu'aux derniers temps, ils payaient la dérisoire somme de deux-cents francs mensuels. J'ai toujours associé la maison à ma mère : c'est ma maison-mère...
Mes parents n'avaient ni auto ni permis pour la conduire. Ils se véhiculaient à deux roues. Ma mère me transportait à même le porte-bagages de sa grise "Mobylette".

Nom de lieu.
Buzet-sur-Tarn ne se situe pas dans le département du Tarn, comme son nom semble l'indiquer, mais dans celui de la Haute-Garonne. Pour éviter la confusion, je suggère aux décideurs de rebaptiser Buzet-sur-Tarn Buzet-la-Forêt ; ce serait plus judicieux, vous ne trouvez pas ? C'est comme l'autre Buzet de France : Buzet-sur-Baïse, dans le Lot-et-Garonne. Là encore, une malencontreuse confusion est possible : imaginez que l'on oublie le tréma sur le "i"...

Malle de mère.
Ce serait comme un résumé dans un vieux "Télé 7 Jours", du genre "Si vous avez manqué le début...", avec son petit pictogramme : une chaise vide devant un poste de télévision. Avis de l'Office Catholique : pour tous.
"Sa mère morte, Joël doit précipitemment quitter et vider la maison qui doit être vendue. Il entasse les effets de sa mère dans des malles.
Quelques années plus tard, il rouvre ces malles..."

De la difficulté d'écrire un livre sur sa mère.
"Aujourd'hui, maman est morte." C'est la première phrase du livre d'Albert Camus, "L'Etranger". Un autre Albert, Cohen a écrit un livre puissant et indispensable "Le livre de ma mère".
Comment passer après eux ? Pourquoi passer après eux ? Pourquoi écrire un livre alors que je sais pertinemment que, de nos jours, tout le monde écrit mais plus personne ne lit ? Ma mère me disait : "Ne lis pas ce livre, tu vas devenir fou." Parlait-elle du "Grand et du Petit Albert", le Livre Maudit ? Je suis effectivement devenu fou, mais uniquement parce que je n'ai pas lu assez de livres...
Je ne sais pas écrire. Mais j'essaie. C'est méritoire, non ? Ils vont peut-être le dire au "Masque et la plume", la féroce émission critique de France Inter ?
Et puis, tant pis, je me lance ! Quand j'ai appris que la mère de Philippe Delerm s'appelait Marthe elle aussi, alors là, j'ai pas hésité, j'ai sauté le pas.

Je me suis mis à l'aise tout de suite. Les écrivains sont des gens tellement spéciaux. Et les critiques, paraît-il, des écrivains refoulés... Or, si je suis absolument certain de n'être pas critique, je me suis dit que je n'étais pas tout à fait sûr d'être un écrivain. Mais j'écris peut-être ça pour qu'on me dise le contraire. Des phrases qui commenceraient par : "Mais si..." ou "Là où je ne suis pas d'accord..." Je me suis dit que, avec une histoire derrière moi, je n'aurai peut-être que moi pour unique lecteur, mais au moins, je serai en règle avec ma volonté.
Et puis, tiens, je ne chercherai pas à styler. Si je n'ai pas de talent, il me reste de la mémoire. On placera le livre au rayon "Faits de société". Je vais écrire "décousu".

(A suivre.)

Joël Fauré

-----

J'ai appris, lu, vu, entendu, pensé cet été...

J'ai entendu cet été... une jeune maman dire à son fils : "Mais qu'est ce que tu fabriques ?"
Si la mère d'Edouard Michelin, avait posé la même question, aux alentours des années 1870
à son fils, ce dernier aurait-il répondu :
"Pour l'instant, rien, mais je songe à fabriquer des pneumatiques." ?

*

Des nouvelles de Camille C.

Je lève les yeux vers le ciel. Je balaie avec mon regard, comme le ferait une caméra. Je demande à mon ordinateur personnel : "ciel du Portugal". Ponte de Vagos. Je zoome et tu es là. Je te vois.
Alors, quelles nouvelles ?
"Nous sommes à dix kilomètres de l'eau." Celle qu'a connue Vasco de Gama ?
"J'ai vu des cigognes, dans leurs nids, sur les portiques des routes. Notre hôte nous a dit : "Ici, nous avons 20 ans de retard." (Si l'on vous dit : "La fin du monde est dans 10 minutes, que faites-vous ?" Partez-donc au Portugal, vous gagnerez du temps.)
J'ai prêté à Camille un livre de mon grand ami Fernando Pessoa. Elle m'a dit qu'elle irait le saluer de ma part, à Lisbonne où, attablé et écrivant à la terrasse d'un café, il l'attend...


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21 juillet 2007 6 21 /07 /juillet /2007 15:09

A ma mère.
Pour ma mère.
A cause d'elle.
Grâce à elle.

"Chaque homme est seul,
et tous se fichent de tous,
et nos douleurs sont une île déserte."
Albert Cohen (Le livre de la mère)


Premier Acte
L'An mil neuf cent soixante deux, le cinq octobre à dix neuf heures cinq, est né rue Réclusane 78, Joël Alain Claude, du sexe masculin, de Fernand Pierre Guillaume FAURE, né à Buzet sur Tarn Haute-Garonne, le vingt neuf Novembre mil neuf cent vingt deux, agriculteur, et de Marthe Madeleine Mathilde TREMOLIERES, née à Lestrade Thouels Aveyron, le vingt et un novembre mil neuf cent vingt sept, sans profession, son épouse, domiciliés à Buzet sur Tarn Haute Garonne.
Dressé l'an mil neuf cent soixante deux, le huit octobre, sur la déclaration de Simon Salvat, soixante dix ans, employé rue Réclusane 78.
Lecture de l'acte lui a été faite, puis invité à en prendre directement connaissance, il a signé avec Nous, Charles MONFRAIX, Fonctionnaire à la Mairie de Toulouse, délégué.
Mentions au Répertoire Civil : néant.

C'est une photo
C'est une photo. C'est l'été. C'est bien. C'est une fête foraine. C'est à Bessières, près de Toulouse. La photo n'est pas datée. Je la situe vers la fin des années soixante. Le photographe ambulant n'a pas dû beaucoup insister pour que ma mère se laisse figer sur la pellicule avec son petit tardillon non-désiré.
Combien a-t-elle payé ?
Mon Dieu qu'elle est belle, ma mère.
Elle : ensemble noir tombant bien. Ceinture blanche à la taille. Escarpins noirs. 
Moi : casquette noire à visière blanche, pantalon court à bretelles noir, polo blanc, socquettes noires, chaussures spartiates blanches... 
Prise dans le tourbillon des sollicitations de la fête, et aussi, je dois bien l'admettre, cédant à mes caprices d'enfant gâté, elle vient tout juste de m'acheter un jouet qu'elle tient dans sa main gauche. C'est une superbe diligence en matière plastique noire, tirée par deux chevaux blancs. L'attelage est encore sous film de cellophane. Je l'ai sans l'avoir. Je la vois sans l'avoir. Le bras gauche de maman, replié, retient les anses d'un joli sac à main noir.
Une image vaut mille mots. A ce point du texte, où en est la jauge ? 
Cent-quatre vingt dix neuf ? Deux cents ?
J'ai encore de la place pour être juste, complet.

A y regarder mieux, l'oeil -mon oeil- donc reculé, y voit, au second plan, une volée de six marches qui conduit au kiosque à musique, désert à cette heure, mais où l'orchestre, tout-à-l'heure, lorsque nous serons partis, fera danser celles et ceux qui savent. Près de là, un haut-parleur atteste que cette photo est très parlante.
Quelle est la marque de la voiture blanche, dont on aperçoit un morceau, garée derrière le kiosque ? Une fausse-amie 6 Citroën ?
Mais je m'égare, je digresse, je dilue.
Ce qui est important, c'est le bras droit de ma mère, tendu vers l'arrière. Il semble me tracter, tant je suis en retrait. Nous sommes main dans la main. Pour le bras gauche, ça ira, il y a ma mère. Mais le bras droit est crispé, tendu comme une arbalète. Le poing est serré. 
Je crois que c'est la faute de ce satané photographe qui nous a empêchés de nous déssouder...

Mes genoux semblent vouloir se toucher ; mes chevilles s'écarter : on appelle ça un génu-valgum. Vais-je passer ma vie sur les premiers ? N'y-a-t-il pas de risque de voir enfler les secondes ?

L'attaque de la diligence...
Pour l'instant encore, elle est protégée. En garde rapprochée. Mais lorque nous serons à la maison, mon père me dire : "Oh, avec toi, elle sera vite cassée... Brise-Fer..."
img073.jpg

(A suivre.)

Joël Fauré

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20 juillet 2007 5 20 /07 /juillet /2007 19:44

"A PROPOS DE BOTTES" : LE LIVRE !

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J'ai déniché dans un "vide-grenier" un livre insolite.
Il s'intitule "A PROPOS DE BOTTES"
Il ne pouvait donc pas échapper à ce qu'il reste de mon acuité visuelle.
L'auteur est un certain "Antoine de Gravillon". Le dépôt légal date de 1865.
L'ouvrage, broché, est édité chez "Achille FAURE", libraire-éditeur à Paris.
Il est copieusement illustré d'une splendide "eau forte" et de nombreux croquis à la plume de l'auteur, tous très beaux eux aussi.
Comment dépeindre cette rareté ?
Ce n'est ni un roman ni un essai.
C'est une "déambulation réflexive" au gré des pas de l'auteur.
Une chose est sûre : ses bottes l'ont beaucoup inspiré !
La prose est racée ; la sensualité affleure le texte.
Le mieux encore est de vous livrer les premières lignes.

"Quel excellent titre, -bien que proverbialement vulgaire,- si je voulais m'en servir comme de passe-port ou de port d'arme pour battre la campagne en votre compagnie, lecteur de bonne volonté qui ouvrez ce livre prêt à suivre à l'abandon un chasseur imaginaire ou un touriste sentimental !
Ne semble-t-il pas que je vais, ainsi chaussé, vous entraîner sur l'heure par monts et par vaux, dans les lointains domaines de la fantaisie et vous exposer, -hors de tous propos,- aux hasards d'un voyage en zigzag, tantôt à pied avec les bottes de sept lieues  du petit Poucet, tantôt sur monture fantastique avec la Folie en croupe et ses grelots en collier ? -Dieu nous garde d'une semblable divagation !
Permis sans doute de digresser et de prendre tel ou tel détour de la route , auparavant faut-il savoir où l'on va quand on part, et où l'on abordera lorsqu'on s'embarque. Ce monde est grand ; on s'égare dans ses bois ; on se noie dans ses ondes. Encore n'est-il rien, -sous le soleil-, comparé à celui où, -en dessus de la lune-, vagabonde l'esprit.
C'est pourquoi, vous rattrapant vite par le pan de votre manteau, et tournant bride à toute illusion, je vous ramène au vrai sens de mon intitulé ; et dussiez-vous tomber de haut, je vous invite, vous voyant venir, à prendre sans façon mes bottes pour ce qu'elles sont réellement, au pied de la lettre et à la lettre ou mesure de votre pied, -à supposer toutefois que ma forme vous convienne. Il ne s'agit point, en effet, de bottes chimériques ou figurées, mais de de celles que m'a bel et bien livrées, ce matin même, au saut du lit, mon cordonnier, habile faiseur entre tous, et dont je voudrais, si ce n'était réclame, crier le nom des pavés au toit, à corps perdu."

----
Brèves :

ROBES DE CHAMBRES

Personnellement, c'est ce que j'aurais titré, jeudi,  pour la série du cahier d'été de Libé consacré aux objets -du fil à couper le beurre au crucifix- . Mais je ne suis pas titreur à Libé, et ce dernier a choisi "Apparat chic".
"Elle produit une impression sur celui qui la voit, mais aussi sur celui qui la porte."
Qui "elle" ? 
Une botte-cuissarde ?
Non... une robe... d'avocat !

*

DELACAGE  HORAIRE ?

Lu sur une note d'entreprise :
"Urgent à vérifier.
Attention, veuillez vérifier si vous n'avez pas commis d'erreur de saisie (dépalcement de virgules ou ajout de zéros) qui fait dépasser l'enveloppe des frais."

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18 juillet 2007 3 18 /07 /juillet /2007 21:25
LES BOTTES MAGIQUES
img071.jpg
(Photo DR)

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18 juillet 2007 3 18 /07 /juillet /2007 18:41
LES BOTTES MAGIQUES
par Joël Fauré

Madame Loyal entre en piste. Queue-de-pie violet, hautes bottes noires.
Elle annonce le prochain numéro du spectacle.
Elle est interrompue par l'arrivée d'un clown.

- Bonjour, Madame. Le directeur du cirque m'a fait une confidence. Il paraît que vous portez des bottes magiques ?
- C'est vrai.
- Il m'a dit aussi qu'il fallait en prendre soin.
- C'est vrai aussi.
- Je suis venu ici pour vous les faire briller. Vous savez, au cirque, elles se salissent facilement, avec la sciure, la poussière...
Il sort un brosse, du cirage, un chiffon.
Madame Loyal tend une botte que le clown nettoie. Il crache sur le chiffon et astique avec ardeur. Il tient délicatement la botte, y dépose un tendre baiser.
Madame Loyal : Merci. Pour vous récompenser, vous pouvez faire un voeu et la botte le réalisera.
Le clown : J'aimerais... être riche.
Madame Loyal (Elle va s'assoir sur le rebord de la piste) : Retirez la botte que vous avez nettoyée.
Le clown s'exécute. Il lève la botte très haut comme un trophée (Noir, projecteur-poursuite sur la botte et musique) puis la renverse : il en tombe une pluie de un centime d'euro. 
Pleine lumière.

- Extraordinaire ! Fabuleux !
Madame Loyal se rechausse.
Le clown : Vous permettez que je fasse pareil à l'autre botte ?
Le portable de Madame Loyal sonne.
Madame Loyal : Je suis désolée. Il y a une urgence en coulisses. Je dois m'absenter une petite minute. Attendez-moi, je reviens.
Madame Loyal sort.

Un autre clown arrive.
- Bonjour, que fais-tu avec tout cet argent ?
Clown 1 : Ecoute, tu veux en gagner autant ?
Clown 2 : Mais bien sûr !
Clown 1 explique à l'oreille ce que Clown 2 doit faire, puis il d'en va.

Madame Loyal revient en piste.
Elle s'est changée. Queue-de-pie rouge, hautes bottes blanches.

Clo
wn 2 : Bonjour, Madame Loyal. J'ai dû remplacer mon frère qui a été appelé. Il m'a laissé des consignes. Alors, à ce qu'on dit, vos bottes sont magiques.
Madame Loyal : Oui, c'est vrai.
Clown 2 : Alors, je vous promets de vous les faire briller, si bien qu'on pourra s'y regarder comme dans un miroir.
Madame Loyal tend une botte. Clown 2 crache sur le chiffon et astique avec ardeur. Il tient délicatement la botte, y dépose un tendre baiser.
Madame Loyal : Merci. Pour vous récompenser, vous pouvez faire un voeu et la botte le réalisera.
Clown 2 : J'aimerais... être riche.
Madame Loyal va s'assoir sur le rebord de la piste et invite le clown à retirer la botte qu'il vient de nettoyer.
Le clown s'exécute. Il lève la botte très haut comme un trophée (Noir, projecteur-poursuite sur la botte et musique) puis la renverse : il en tombe une pluie de confettis !
Pleine lumière. Déception.
Le portable de Madame Loyal sonne.

Madame Loyal : Je vous demande de m'excuser, je suis demandée en coulisses. Attendez-moi, je reviens.
Madame Loyal sort.

Clown 1 revient.
- Alors, ça a marché ?
Clown 2 : Regarde !
Clown 1 : Ah, ça alors ! ... Ecoute, quand Madame Loyal va revenir... (Il dit la suite au creux de l'oreille.)

Madame Loyal revient.
Elle s'est encore changée. Queue-de-pie jaune, une haute botte noire, une haute botte blanche.

Madame Loyal : Je suis heureuse de vous revoir.
Clowns : Et nous donc !
Clown 1 montre la botte droite : Oh, mais dites-donc, vous avez vu où vous avez marché ? Vous êtes allée du côté des éléphants ?
Clown 2 (Il montre l'autre botte) : Oh, et ici aussi... Là, vous êtes allée du côté des chevaux...
Clowns : On va arranger ça.
Les deux clowns se mettent à genoux devant Madame Loyal et lui nettoient ses hautes-bottes, sans oublier d'y déposer de tendres baisers.
Madame Loyal s'assoit sur le rebord de la piste.
Chacun des clowns lui retire une botte ; ils les lèvent très haut comme des trophées (Noir, projecteur-poursuite sur les bottes et musique) puis il les renversent comme des cornes d'abondance : il en tombe une pluie... de farine !
Musique, pleine lumière... Madame Loyal et les deux clowns partent en courant... dans la plus pure tradition clownesque !
A chacun de tirer une morale de cette histoire, s'il y en a une...


(Je dédie ce texte à Betty Bario, qui a été une trop sporadique Madame Loyal, et surtout à son père, Freddy Bario, que j'aimais énormément, qui m'a fait rire comme jamais je n'ai plus ri depuis, et pleuré comme je l'ai souvent fait, après.)

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QUELQUES MOTS D'AILES

Camille C. possède un style universel qui s'adresse à tous et à chacun, tout en finesse, en délicatesse. Ses textes sont des "attentes" où jamais l'on ne s'ennuie, où le réél se drape se fabuleux, mais sans ostentation. On reconnaît à sa "patte" que l'auteure est proche des enfants, comme des adultes, et c'est un énorme pari "à la Michel Tournier".
J'aime sa phrase musclée comme l'épaule d'une nageuse et frêle comme la fontanelle d'un nouveau-né.

JF

LA FEMME QUI MURMURAIT A L'OREILLE DES OISEAUX
par Camille C.


"Ce matin, je sors de chez moi,
Il m'attendait, il était là,
Il sautillait sur le trottoir,
Mon Dieu qu'il était drôle à voir,
Le p'tit oiseau de toutes les couleurs."
(Maurice Vidalin - Gilbert Bécaud)

Je ne pensais à rien, ou plutôt j'étais trop occupée à laisser vagabonder mon esprit vers les interdits de mon coeur, pour entendre ces incessants piaillements de détresse. Ce n'est que lorsque mon regard se tourna en direction de la terrasse que je compris que ce tapage durait depuis un moment.
J'ouvris la porte-fenêtre qui me séparait de lui et je le vis : c'était un passereau dodu, à demi caché par le bouquet de lavande odorante, dignement juché sur une vieille pierre fissurée en forme de crapaud et qui appelait à s'en égosiller.
Je m'accroupis et m'approchai à pas de canard, soutenant son regard de velours qui ne lâchait pas mes yeux. Je lui parlai doucement, l'interrogeai sur ce qui l'inquiétait ainsi, pauvre naïve, comme s'il eu pu me le dire, scrutai son plumage afin d'y déceler quelque blessure.
C'est alors qu'il se prit à pépier après chacune de mes courtes phrases, de telle sorte qu'un véritable dialogue (du moins, y ai-je cru) s'installa entre l'oiseau et moi.
Quel merveilleux cadeau !
A ce moment, tout fut oublié, les troubles de ma journée, les gestes manqués, bloqués, évités ; les désarrois de ma peine et de ma solitude cachée, les larmes ravalées, mes lectures avortées, mes maux rentrés, et toi, si loin...
Je n'ai pas regardé à l'horloge combien de temps ce manège enchanté avait duré...
Une éternité, je crois. En tous cas, cet instant de partage me donna plus de joies que bien des conversations convenables avec des rencontres con-venues.
Mais au fait, maintenant j'y pense, où était passé mon chat à ce moment-là ? Et celui du voisin, ce gros courtaud poiliu et malodorant qui prend pour pissotière mes parterres de pensées, ma Barbe de Jupiter et mon thym citronné...
L'oiseau s'est envolé.
Ce matin, en ouvrant la fenêtre, j'ai cru l'entendre mais je ne l'ai pas vu.
Dommage.

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PROCHAINEMENT SUR CET ECRAN :
"LA FEMME DE MA VIE"
Une confession bouleversante et drôle de Joël Fauré consacrée à la femme qui a le plus compté dans sa vie.

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