20 juin 2007 3 20 /06 /juin /2007 21:33

Un problème technique nous oblige à reporter à demain la publication du 15e épisode de "J'AI TRES BIEN CONNU JACQUES BREL"


Brèves :

"A PROPOS DE TONGS"

Demain, premier jour de l'été. Eté. Participe passé du verbe  d'état "être". On devrait pouvoir dire "étant". 
"L'Etant". Participe pressant. Ou pressé.
Mais pas de sémantique. "Les cahiers au feu et les maîtres et maîtresses au beau milieu."
Mon Dieu que les pieds de femme sont jolis ! Qu'ils soient Egyptiens (le gros orteil est plus long que les autres.), Grecs (c'est le deuxième orteil qui est plus avancé.), ongles laqués, talons ensanglantés par ces fichues chaussures neuves à sangles, ils feront trempette dans la mer de Chine (N'est-ce pas, Zita ?) ou dans une bassine d'eau salée, le soir, à la fraîche. 
Et ce sera si bon...
Le fétichiste des cuissardes que je suis est un fétichiste 'raisonné". (Du moins, j'ai la faiblesse de le croire.)
Aussi, je ne débaptiserai pas l'enseigne de mon blog pour le renommer "A propos de tongs", mais j'attendrai sagement l'automne et l'arrivée des nouvelles collections.
J'ai acheté à ma dulcinée une paire... de nu-pieds en prévision des beaux jours.
Sur la boîte (utile, une boîte pour ranger ces petits "riens" à la Prévert), j'ai écrit :
"Ceci, ces va-nu-pieds spartiates pour te prouver que je suis un fétichiste "raisonné" ;
Attendu que tes jolis petons prendront l'air et verront l'herbette du "Champ du Signe" et des "Beaux Ares" ;
Le Tribunal de l'Eté,
Par ces motifs,
Et afin que nul n'en ignore
Condamne
les bottes et les cuissardes à être pendues.
Dans la penderie."

JF

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20 juin 2007 3 20 /06 /juin /2007 20:52

I et 3 ne font pas 4. Ni 13. Mais I3 comme le I3 de I3rel.

Faisons un rêve...

"Le plus court chemin d'un point à un autre, ce n'est pas la ligne droite ; c'est le rêve." (Entendu dans un film.)
La maison de Buzet est un navire qui, la nuit, s'enfonce dans le sol et vogue sur des ondes magiques, et, au petit matin, regagne sa place isolée, à l'orée de la forêt.

Dans le même bateau.
France, la fille de Brel, et Maddly Bamy, sa compagne, sont fâchées. Elles avaient embarqué avec Brel sur l'Askoy, un voilier. A bord, la cohabitation se passe mal. Le capitaine demande à l'une des femmes de débarquer... Alors, forcément...

Méningite.
Réactions méningées.

Je suis né le 5 octobre 19.., dans cette bonne ville de Toulouse, où l'on trouve, comme dans toutes les villes du Sud de la France, un peu de soleil, beaucoup de lumière et deux ou trois monuments romains.
Après avoir été agriculteur, mon père travaillait dans une manufacture de caoutchouc et de bottes.

Toulouse est un port.
Si on construit un petit bateau en papier et qu'on le met à flot Port de la Daurade, il voguera jusqu'à Bordeaux. Le Château d'Eau est un phare. Au pied du mur du musée des Augustins, sous la gouttière, il y a des bêtes effrayantes, qui ont la bouche ouverte en permanence ; elles semblent avoir la dalle ; en fait, elles dégueulent les eaux de pluie... Personne ne semble vraiment s'en soucier...

Avec I3rel, c'est bien commode. Il suffit de reprendre ses phrases pour construire des textes. Difficile d'y échapper. Permettez-moi de ne pas éviter de tomber dans le piège et de choisir cette facilité. Parler de Brel sans employer certains mots relève de l'exercice de style.

1978 : l'année de la disparition de Jacques Brel.
L'année où nous avons connu 3 papes.
Depuis, en bientôt 30 ans, nous n'en avons connu que 2.
Le trop et le peu gâtent le jeu.

Ecrire.
Ecrire, c'est pas bien difficile. Tous les mots sont dans le dictionnaire.
Ecrire est une activité de coucou qui consiste à remarquer, retenir et replacer des mots.
Je vais essayer d'écrire une chanson :

"Toi, tu répares les voitur'
Toi, tu grimpes sur les toitur'
Et toi tu construis un mur
La la la la la la la la
La la la la la la la la..."

Bon , je reconnais, finalement, c'est pas si facile...

Je suis jaloux de Philippe Delerm.
Pourquoi Philippe Delerm a du succès et pas moi ? Ce qu'il a écrit sur Brel dans "La première gorgée de bière", j'aurais pu l'écrire moi aussi. Je suppose que Philippe Delerm n'a pas trop de mal à payer son loyer, ses factures, ses assurances... Moi, si. Je suis jaloux. Par contre, si je le rencontre un jour, par exemple dans une foire aux livres et aux cucurbitacées, je crois que lui dirai quand même : "J'aime beaucoup ce que vous faites." Parce que... On sait jamais... Dans notre pays, on doit compter 30 millions d'hypocrites et 30 millions d'égoïstes, qui permutent leurs rôles, quand ils ne cumulent pas.
Par contre, vous croyez que je pourrais lui avouer ce que j'ai fait de son livre  "La première gorgée..." ? J'ai surligné le mot "on" chaque fois qu'il apparaissait dans les pages...
On en trouve beaucoup : ...
Ca m'a rappelé une histoire que m'a raconté ma mère. Al 'école, elle avait écrit une rédaction. Ca commençait comme ça : "On tue le cochon... On fait ceci... On fait cela... On... On... On... On...On... On... Ca faisait joli sur la feuille, tous ces ronds...

A Toulouse, nous avons le sens de l'allitération. N'avons-nous pas le Pont Pompidou ?

(A suivre...)

Joël Fauré.

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19 juin 2007 2 19 /06 /juin /2007 18:04
Cher Jacques,
Je viens de vivre une bien singulière aventure. De celles dont tu es friand, et dont on fait des films ou des chansons... Laisse-moi donc te la conter, tant elle m'obsède comme une comptine lancinante. "Ainsi font, font, font..." Tu le sais, j'ai quitté Paris pour m'installer dans ce village dont tu as pu lire le nom sur le tampon de la poste. Un de ces villages où il ne se passe jamais rien. J'habite sous les toits, dans une grande maison avec des tas de fenêtres, une maison sage posée sur une place, tout au bout d'une longue avenue qui conduit à la gare.
Ma fenêtre surplombe tout ça...
C'était avant-hier soir. Ecartant le rideau, j'ai lancé mes yeux tout au fond, sur la façade de la vieille gare. L'horloge accusait dix-"neuves" heures (c'est la nouveauté qui apporte parfois la certitude.) Un train arrivait... Puis, par un travelling arrière arrière du regard, j'ai remonté l'avenue qu'éclairaient par taches les réverbères. Il faisait sombre, le ciel était bas et chargé ; les hirondelles rasaient le sol. L'orage menaçait... "Ainsi font, font, font..." Et a nouveau, vue plongeante sur la gare : quelqu'un en sortait... D'ici, je ne pouvais distinguer qu'une ombre... L'ombre a emprunté l'avenue... Qui cela pouvait-il être ? Le train, ici, s'arrête si peu. Un fugueur repenti ? Il serait revenu par une nuit plus noire. Un libéré de prison qui a purgé sa peine ? Il aurait une démarche plus lente.
A la faveur du premier réverbère, j'ai vu. Et un éclair a cisaillé le ciel. J'ai vu : c'était une femme, jeune sans doute, aussi jeune que l'éloignement me permettait de le croire... Pour tout bagage, elle portait une valise à la main. Qui était-elle ? Le tonnerre a grondé, la grosse soupape qui obstruait le ciel allait bientôt s'actionner sous l'effet des pistons... "Ainsi font, font, font..."
Au deuxième réverbère, j'ai observé. Oui, la voyageuse était jeune, mais elle avait vieilli de cinq minutes. Et je crois aussi qu'elle était jolie. Aussi jolie que la lueur du réverbère voulait bien me le faire miroiter. Où allait-elle ? Elle n'était pourtant pas imprudente : ses bottes étaient bien trop hautes ; elle n'était pourtant pas dangereuse : son bagage était trop léger...
D'ici, le nez collé au carreau, j'ai essuyé un peu de buée, et, quelques réverbères plus loin, j'ai contemplé : elle était effectivement sublime de beauté. Grande, grâcieusement galbée, éclairée d'un visage harmonieusement habité, couronné d'une luxuriante chevelure brune...
C'est alors que le déluge est tombé. Et la longue chevelure a coulé en cascade jusqu'aux reins ; la pluie a ruisselé sur le doux visage en perles rares... Ainsi font les orages sur les jolies bergères d'entre chien et loup. "Ainsi font, font, font..."
La fille a ouvert plus grand le compas de ses jambes fuselées pour éviter les flaques.
J'ai repoussé le rideau.
Mais les rideaux sont aux fenêtres ce que les draps sont aux lits : des écrans fantasmagoriques pour ceux qui s'ennuient.
J'ai pris mon parapluie et j'ai dévalé l'escalier pour abriter la belle. Parvenu sur la place, il n'y avait plus personne. Plus personne sur cette putain de place, dans ce putain de village, avec ses maisons aux fenêtres fermées. La mienne sanglotait, fouettée par les rafales de pluie.
"Ainsi font, font, font... Trois petits tours et puis s'en vont."

Mon cher Jacques,
"Voiture rouge, blouse blanche et bottes noires" Ce pourrait être le titre d'un livre ou d'une série télévisée à petit budget. Tu y es presque. Ce triptyque résume à merveille l'histoire que j'ai suscitée. Elle n'est pas tout à fait achevée, du fait que je la joue tout en l'écrivant, car je fais aussi partie de la distribution.
Parvenu non sans douleur à un carrefour crucial de l'intrigue, je me permets de venir te solliciter et quêter quelques conseils.
Mais auparavant, pour que tu saisisses bien le sens du film, faisons ensemble un petit retour en arrière et dressons le résumé des chapitres précédents.
Je... L'écrivain pleure de joie... Son premier livre est un succès. Dans cette librairie où il dédicace son ouvrage, une femme s'approche de lui... "J'aime beaucoup ce que vous écrivez." lui murmure-t-elle d'une voix fruitée. Je... Il relève les yeux vers l'inconnue. Elle est jeune, elle est jolie. Et ce qu'il remarque d'abord, c'est son visage souriant et tranquille sous la pluie d'une brune chevelure ébène.
C'est le choc.
Il est irradié par une multitude de sensations : un parfum, d'abord, enivrant, captivant, qu'il a l'impression de bien connaître depuis toujours sans doute, une blouse blanche sous le bras (il apprendra plus tard qu'elle est infirmière) et des bottes. Elle porte des bottes. Noires, belles et hautes. Elle est grande, grâcieusement galbée, un visage harmonieusement habité. Là, devant lui, l'image bien nette, l'héroïne de son roman, la "phemme" qui lui a expliqué toutes les autres "phemmes" - une "phemme", c'est trop compliqué pour ne s'écrire qu'avec un "f" - est incarnée...
Je... Il en tremble de tous ses membres. Elle, elle a remarqué l'effet produit. Elle a appris à le connaître à la lecture de son livre où elle s'est reconnue. Elle a lu, elle s'est reconnue, elle est venue. Et bien sûr, elle va en jouer pour le capturer...
Pourtant, je... Il parle. Il dit n'importe quoi mais il arrive quand même à l'inviter au restaurant pour le soir même. Bien sûr, elle accepte. C'est dans son jeu. Au dessert, ils se connaissent depuis un demi-siècle. Leur rencontre était écrite.
Et la passion s'installe, exclusive, possessive, sublime d'intensité. ELLE est la femme-égérie qui nourrit ses romans ; LUI devient servant-faire-valoir de sa superbe et presque insolente beauté. Ces deux-là se complètent le plus harmonieusement du monde, tous deux très à l'aise dans des rôles taillés à leur mesure. Elle s'évertue à le guérir de sa timidité maladive à l'égard des femmes, qui, très souvent, malgré elles, sont blessantes. C'est son apostolat d'infirmière : si bobo alors calin bisou...
Mais cela n'empêche pas qu'elle aussi domine, chapitre, menace, gendarme, punit... Moi... Lui, il supplie, il se prosterne jusqu'à devenir l'ombre de ses bottes.
Il lui en achète une collection : des noires, des rouges, des blanches, des bleues...
Je... Il lui offre une belle voiture. Rouge, confortable et sûre. Une belle voiture fambant neuve, des chromes luisants aux fauteuils de cuir, pour qu'elle puisse se véhiculer. Autant de cadeaux pour la garder. Mais elle, elle prend ça pour des cadeaux à s'échapper. Les bottes, c'est bien fait pour marcher ? Une voiture, pour voyager ? Alors un jour, elle s'est échappée. Elle a enfilé ses bottes. Noires, belles et hautes. Elle s'est engouffrée dans sa voiture. Rouge, confortable et sûre. Elle a quand même laissé la blouse blanche suspendue au perroquet. Elle est vraiment partie parce qu'un lèche-bottes lui a promis de les lui lècher que mieux que lui... que moi. Elle lui... Elle m'a juste dit : "Je vais voir, attends-moi là..."
Un peu de musique pendant que la voiture s'éloigne.
Arrêt sur image.
Coupez !

C'est donc vers toi, mon cher Jacques, que je me tourne à présent. Ton expérience va m'être utile.
Je me souviens d'un autre triptyque : tu as attendu Madeleine, tu as cherché après Titine, et c'est Mathilde qui est revenue.
Trois cas de figure se présentent à moi : dois-je l'attendre ? Faut-il la chercher ? Va-t-elle revenir ?
Je m'en remets à toi...

(A suivre.)

Joël Fauré

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Brèves :


Aujourd'hui, je donne carte blanche à Camille, pour au moins trois raisons.
L'une d'elles est qu'elle a été une rencontre providentielle.

"J'ai ce désir,
Connais-tu ?
De toi à moi...
Tu me regardes, tu souris, tout commence.
Tu regardes, tu envies, tu commences,
Tu regardes, tu enfles, tu te gonfles,
Tes caresses, de toi, sur moi, tout le long...
Des rivières, de frissons, langoureux, de soupirs
De ce corps, qui te manque, tu l'appelles
                                       Il te répond et tout recommence.
De ton corps, sur mon corps,
Dessous, dessus,
Dedans, dehors, qui va qui vient
                                        Tu me retiens.
Ton regard...
Tu demandes, tu suggères, tu supplies, tu désires...
Venir, parcourir, entrer, sortir, entrer, rester, rester, rester, rester ; S'ATTARDER...
J'aime ton désir, je te désire, tu soupires,
J'entends, ton coeur,
Je sens, ton corps,
Qui s'apaise, qui respire, qui transpire
Jusqu'à ce que tout recommence,
Toi, qui viens, vers moi..."


"Caractères" de Camille
(inédit)

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18 juin 2007 1 18 /06 /juin /2007 17:29
A Marden,
que je ne connais pas très bien.
Mais quelqu'un qui partage la vie de celle qui m'a donné envie de créer un blog
et qui a rencontré Jean-Charles Aschéro ne doit pas être entièrement mauvais.



Une lettre qui a du cachet...

J'ai très bien connu Jacques Brel. Je lui ai même écrit une lettre, là bas, dans son île, en 1996. Comment ? Qu'est-ce que vous dites ? Qu'il était déjà mort ? Je voulais simplement m'en assurer. On vous dit n'importe quoi, à la télé, surtout place Esquirol à Toulouse. Je lui écrit : "Cher Jacques, voyons un peu si la Poste, même si tu n'es plus parmi nous, prend soin de toi. Je te serre cordialement la main." Je poste la lettre à Toulouse le 8 septembre 1996 et je l'adresse à "Monsieur Jacques Brel. Atuona. Iles Marquises. Polynésie Française." Je crois bon de rajouter en diagonale : "Faire suivre en cas de départ." Je n'oublie pas au dos la contre-adresse. Je colle un timbre de collection. Ca coûte pas plus cher et ça fait joli.
Quelques jours plus tard, la lettre m'est retournée. Au dos, il y a le cachet couronne qui dit dans son arrondi : "Atuona - Hiva-oa - Marquises" et sous une étoile sur deux lignes :
11 - 9
1996
Sur la face de l'enveloppe, l'adresse est rayée d'un grand trait rouge. Quel est l'homme de lettres de malheur qui a rajouté, toujours en rouge : "Décédé. Retour à l'envoyeur." ?

Correspondances.
J'entretiens, depuis bientôt vingt ans, avec Ludovique Lefrêne, depuis qu'elle a répondu à "Brel, poste restante", une relation épistolaire de belle qualité. Elle me parle de sa belle Bretagne, du gris, du vent, de la pluie, de nature, de tartes aux pommes et de rouges-gorges ; j'aime ses mots bleus, son bon sens, sa finesse d'esprit, sa sagesse et son élégance de propos. Je ne connais pas le son de sa voix. Je ne l'ai jamais vue. Quand je demande à mon père s'il y a du courrier, il me répond invaraiblement : "Y'a une lettre de cette femme qui t'écrit..."
Le 2 novembre 1999, elle me poste une lettre qui dit ceci :
"En ce début du mois de novembre, date particulière nous reliant plus fortement à ceux qui nous ont quittés,... pour toujours, je pense aussi, en ce moment, à Jacques Brel. De son coin du ciel, il doit observer, d'un oeil amusé, nos échanges de correspondances, en étant, sans le vouloir à l'origine, cela fait quelques années maintenant."

Tu le regretteras...
"Ecrivez. Conservez les lettres. Relisez les. Laissez-les travailler dans l'ombre. Votre, (Jean Cocteau.)
" - César, une lettre de Marius. Elle est lourde." (Marcel Pagnol)
Ce n'est pas parce qu'il n'est plus à France Inter que j'en oublie l'ami Jean-Charles Aschéro. En octobre 1999, il m'écrit :
"Un matin, c'était en 77, Gréco téléphone à la radio sur le coup de 4 heures du matin et me propose de venir prendre le petit déjeûner chez elle avant de rentrer chez moi. (...) je décline en prétextant la fatigue. (...) "Tu le regretteras" m'a dit Juliette. Eh bien j'ai été grandement puni dans ma fatuité d'homme, lorsque j'ai appris, quelques jours plus tard que Brel, qui plus est insomniaque, et qui aurait bien aimé me rencontrer, avait pris pension chez elle... C'était au moment où il enregistrait son dernier disque. Or, il lui avait fait promettre de ne pas signaler sa présence en ces lieux. De ne révéler à personne l'endroit où il se terrait. Soupçonnant même les journalistes d'avoir placé les lignes téléphoniques de ses amis sous écoute...
Bien fait pour moi !"

(A suivre.)

Joël Fauré.
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18 juin 2007 1 18 /06 /juin /2007 16:43

"La Dépêche du Midi"
Dimanche 3 septembre 1962

Merci à Laurent de "MICRO" (29, rue Pharaon, Toulouse), qui est né avec un ordinateur dans la tête, et qui a enfin résolu le problème de la publication d'images.

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17 juin 2007 7 17 /06 /juin /2007 19:00
A Michel Chalvet,
qui a mis sous mes yeux une citation de Saint-Exupéry
qui a secoué ma vie...

Un avion nommé Jojo.
Ainsi donc, Jojo n'est pas la raison sociale d'une compagnie aérienne, mais bel et bien un vibrant hommage à un ami. C'est un "Twin Bonanza". Ainsi donc, Brel n'a pas trouvé en qualité de jouets un avion et un bateau dans un paquet de lessive Bonux. Ainsi donc, il a joint l'utile à l'agréable sur les eaux et dans les airs. Il a appris à tenir le manche et la barre, lui qui se disait déjà vieux ; lui, "vieille tige" et vieux boucanier qui signait ses lettres "A tout à l'heure."
Voler est un vieux rêve.

J'ai retrouvé dans mes papiers une coupure de presse intéressante. Il y est question d'un film, semble-t-il avorté. Ca me paraît bien dommage.
"France Soir" du 26 mars 1969 annonce :
"Jacques Brel sera Jean Mermoz et Saint-Exupéry au cinéma. A la lance et au bouclier de Don Quichotte, au théâtre, Jacques Brel préfère, au cinéma, la combinaison des aviateurs de l'époque héroïque. Entre deux représentations de "L'Homme de la Mancha", le chanteur-comédien va tourner un film retraçant les débuts de l'aviation commerciale : il y sera successivement Mermoz, Saint-Exupéry, Guillaumet et Daurat, quatre pionniers de l'Aéropostale..."
Jamais, moi qui connais très bien Jacques Brel, je n'ai lu, vu, entendu une suite à cette alléchante proposition. J'aurais très bien vu Brel dire ce que Guillaumet perdu dans les Andes a di : "Ce que j'ai fait, je le jure, aucune bête ne l'aurait fait." Ou bien encore ces mots si beaux de Saint-Exupéry : "Si je suis descendu, je ne regretterai rien. La termitière future m'épouvante et je hais leurs vertus de robot. Moi, j'étais fait pour être jardinier."
Dans le même ordre d'idées, mais là, pas de coupure de presse pour me mettre l'eau de mer à la bouche, j'aurais très bien imaginé Brel incarner Vasco de Gama.

En vertu des pouvoirs qui ne me sont pas conférés...
Je, soussigné, livre la liste des artifices tenus secrets qui aident à vivre :
- Alcool
- Amour
- Drogue (dont tabac)
- Ecriture
- Fétichisme
- Jardinage
- Lecture
- Sadomasochisme
- Tendresse
- Travail
Brel a utilisé au moins deux de ces artifices.
J'utilise les autres.


Je ne sais pas pourquoi ces gens
Pour mieux célébrer ma défaite
Pour mieux suivre l'enterrement
Ont le nez collé aux fenêtres.


Et la guerre arriva...
"Je regrette que la guerre ait duré aussi longtemps..." disait Brel. Quand les troupes allemandes entrent en Belgique, sur les ordres d'un aquarelliste contrarié, Jacques a une petite dizaine d'années. Mon père est envoyé au STO. J'ai retrouvé un carnet à petits carreaux jaunis. La couverture est manquante. Mon père y a recopié diverses chansons. Il avait "ses" Brel. Il y a aussi écrit :
"souvenir du bonbardement de cologne de la nuit du samedi 3 a dimanche 4 juillet 1943
lalerte a commencé a 12 heure 30 après avoir attendu plusieur minute d'angoisse a 1 heure les avion arrive et commence a bombarde san répi le camp ou nous logion est bruler les usine degringole et brûle une bombe tombe a un metre de l'abri
tout le monde saute un sur lautre des femmes pleures un coin de l'abri tombe plusieur son blésé le bombardemen continue il dure 1 heure 1/4 l'usine qui était sur l'abri est completemen détruite tiens le gens safale. une fois 1 alerte fini tous les homme on l ordre de sortir pour deblaiyer. sous un pont de chemin de fer on decouvre plusieur mor dont 2 de mes copin dans un abri on en decouvre 300 s'est la plus forte alerte que l'on a subi la moitie de cologne est detruit sest la ruine le jour arrive tout le monde sorte de l abri a lentour tou brule on se dirai un vrai four on continue a deblayer on decouvre des mort on les compte par centaine le nombre est monte a 6 mille
a 10 heure nouveaus alerte la desea commence a tire sans répi mais les avion ne lance rien
un depot de minission saute
nous avions la frousse car on ne savait pas si on reverait la France
a 11 heure on se deside a partir quitte la ville pour la campagne on part avec les valise charge comme des anes on fait 6 kilometre dans la ville puis on fait 10 K dans la campagne partou on trouve des gens qui se sauve sest la debagcle on ne voit que des ruine pui on trouve un petit vilage la on prend le train direction la Belgique on sarrete a wesseling la ou nous sommes car on nous avait dit qu'il i avait un camp la on est bien reçu on nous fait souper car on navai rien manger de la journée le soir venue on se couche a 1 heure
de nouveaux alerte mais se nest rien. Le jours venu on va deblayer pour chercher les mort car la ville etait bombarde. Le segond jour on fait des trous pour enterres les mort le soir venue de nouveaux alerte mais cette fois se n'est rien"
En 1977, Brel écrit et enregistre l'une de ses dernières grandes chansons : "Mai 40".

(A suivre.)

Joël Fauré.

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Brèves :

Le Marathon des mots
Toulouse, la ville "prose"

Le Marathon des mots s'est clôturé ce soir au Cloître des Jacobins, avec le spectacle-hommage donné par une petite à une grande.
Après Juliette et son "Nougaro", Higelin et son "Ferré", c'est la juvénile Jeanne Cherhal qui a voulu dire (et chanter) Monique Serf, dite Barbara.
Jeanne Cherhal a été vraiment bien  trop petite, et Barbara vraiment trop grande.
Dites, l'année prochaine, je verrai bien Maurane lire Brel. (Je dis ça comme ça en passant...)

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C'est dommage qu'on ne puisse pas photographier et publier les gens sans leur accord. J'ai eu devant moi ce soir un plan fabuleux. Un vieux monsieur à cheveux blancs faisait face à une vieille dame.
Champ / contre-champ.
Le vieux monsieur était tout de bleu vêtu, et la dame tout de rose.

JF



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16 juin 2007 6 16 /06 /juin /2007 20:39
A Camille.
Qui dit avoir perdu le goût des mots.
On ne perd jamais le goût des mots.
La preuve : elle le retrouve...

Lecture suivie.

Je me vois contraint de porter à la connaissance de tous l'indiscrétion dont fit preuve madame Avy. Un jour, elle nous distribua le texte du Plat Pays, polycopié sur une machine qui puait l'alcool à plein nez. Elle nous intima l'ordre de porter en marge quelques annotations, que je reproduis ici bien volontiers.
Près de "Où des diables en pierre décrochent les nuages", elle nous fit souligner diables en pierre et noter : gargouilles. (Périphrase.)
"Avec un ciel si bas qu'il fait l'humilité." : près d'humilité, elle tint à ce qu'on accole modestie.
"Avec un ciel si gris qu'un canal s'est pendu." : elle nous infligea : idée de suicide.
Elle nous intima l'ordre d'englober par une accolade les vers :
"Avec un ciel si gris qu'il faut lui pardonner,
Avec le vent du Nord qui vient s'écarteler
Avec le vent du Nord, écoutez-le craquer."
et de noter le mot : litanie.

Elle nous fit remarquer une implacable évidence : "il est le jouet des vents."

Enfin, elle nous fit comprendre que par "Quand le vent est au rire, quand le vent est au blé, quand le vent est au Sud, écoutez-le chanter, le plat pays qui est le mien", le Belge voulait évoquer le renouveau des blés.
Mais ce n'est pas tout. Sur la copie simple gros carreaux deux trous sans oeillet, je lis, à la date du 19.3.77, souligné deux fois en rouge une indiscrète question : Dites ce que vous pensez de ce texte : parlez des paroles, des idées, de la musique.
Avec le savoir de mes quinze ans, je réponds :
"Les paroles sont nostalgiques. Elles montrent que l'auteur aime son pays. Il veut faire ressortir à travers ces paroles la lutte perpétuelle de ce pays contre la mer et il souhaite que ce pays réussisse dans son entreprise."

Madame Avy tient à une bonne correction collective en vert. Elle me fait rajouter "et poétiques" après nostalgiques. Et en marge : "Elles présentent le pays avec tous ses défauts et toutes ses qualités.
Des comparaisons et des personnifications très réussies. Une musique triste."
Et pendant que nous planchons sur son texte, je suis sûr que Brel, en mars 77, aux îles Marquises, pour faire la nique à ses canaux esquintés qui n'ont pas le moral, flatté malgré tout qu'on se renifle ses vents dans les collèges, doit se réconforter avec un bon cassoulet qu'il a fait venir de métropole.

Le Plat Pays.
J'en connais qui auraient eu bien besoin de faire leurs classes avec madame Avy. Brel rapporte souvent cette anecdote qui le poursuit. Un illustrateur le sollicite. Il veut mettre en images "Le Plat Pays". A la deuxième strophe, le canal perd ses eaux pour endosser les plumes d'un canard. Sur la prose des vents, on voit un canard se perdre et se pendre !... Ces considérations cynégétiques mettent Brel dans l'embarras. Il confie à François Rauber : "Tu vois, j'articule mal..."
Autre atteinte fatale à ce pays auquel certains donnent des vallonnements : une petite brochure reproduit le texte. Ce qui nous donne à la troisième strophe : "avec un ciel si bas qu'il "feint" l'humilité." en lieu et place de "fait" l'humilité.
On ne peut constater cette confusion, bien effective, que dans les fontionnariats d'Etat... Mais il est loin d'être heureux de se tromper ainsi de verbe d'action qui dénature la réalité d'un chef-d'oeuvre de la chanson Belge. Qu'il est difficile de se faire comprendre !
Je comprends que Brel ait dit souventes fois : "Les gens n'ont rien compris à mes chansons."
Souvent encore, je ne saisis pas un mot dans une chanson,  pourtant aimée, entendue souvent. Et puis un jour, c'est la révélation : les tympans se dégagent et le mot s'éclaircit jusqu'à briller enfin.

Voulez-vous devenir éléctronicien ?
Pour l'examen C.A.P. spécialité Eléctronicien, une académie bien de chez nous, dans un cartouche en bas de page, soumet aux sujets-candidats, en épreuve d'expression française, dont le temps alloué est de 1 h 30 minutes, coefficient 1, le texte suivant :

On est deux mon amour
Et l'amour chante et rit
Mais à la mort du jour
Dans les draps de l'ennui
On se retrouve seul.

On est dix à défendre
Les vivants par des morts
Mais cloué par leurs cendres
Au poteau du remords
On se retrouve seul.

On est cent qui dansons
Au bal des bons copains
Mais au dernier lampion
Mais au premier chagrin
On se retrouve seul.

On est mille contre mille
A se croire les plus forts
Mais à l'heure imécile
Où ça fait deux mille morts
On se retrouve seul.

On est million à rire
Du million qui est en face
Mais deux millions de rires
N'empêchent que dans la glace
On se retrouve seul.

On est mille à s'asseoir
Au sommet de la fortune
Mais dans la peur de voir
Tout fondre sous la lune
On se retrouve seul.

On est cent que la gloire
Invite sans raison
Mais quand meurt le hasard
Quand finit la chanson
On se retrouve seul.

On est dix à coucher
Dans le lit de la puissance
Mais devant ces armées
Qui s'enterrent en silence
On se retrouve seul.

On est deux à vieillir
Contre le temps qui cogne
Mais lorsqu'on voit venir
En riant la charogne
On se retrouve seul


Le texte est signé Jacques Brel. Une fois encore, l'Education Nationale, inquisitrice, met à la question les futurs impétrants-tripoteurs de câbles, transistors, circuits et autres résistances.
Elle se permet de leur demander :
1°) Ce texte est celui d'une chanson. La musique est d'abord faible, puis de plus en plus forte, puis elle diminue jusqu'à la fin.
Montrez que le texte impose ces changements de volume sonore.
A quel moment, dans quelle strophe la musique sera-t-elle la plus forte ?
Pourquoi ? (4 pts)
2°) Dans le premier couplet, l'auteur fait allusion au couple.
Expliquez les situations évoquées dans deux autres couplets que vous aurez choisis librement. (4 pts)
3°) Dégagez les idées essentielles. (4 pts)
4°) Developpement personnel : Le refrain d'une autre chanson affirme "La solitude, ça n'existe pas." Comparez cette affirmation à celle de Jacques Brel : "On se retrouve seul."  Quelle est l'affirmation qui vous semble la plus juste ?
Développez votre argumentation. (8 pts)
Certains candidats, devant leur page blanche, ont dû se sentir bien seuls. Ce qui leur a donné un formidable avantage...

(A suivre.)

Joël Fauré

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Brèves :

Le marathon des mots
Toulouse, la ville "prose"

J'avais presque oublié que Jules renard était aussi drôle et qu'il avait cherché à me ressembler en "tenant" un "blog"...
Le Marathon des Mots me l'a rappelé d'éblouissante manière. Et de la bouche même de Clémentine Célarié. Et dans quel cadre ! Rien moins que le Cloître des Jacobins. Je n'en demandais pas tant !
Joie. Joie donc. Joies. Devant tant de beautés, épargné par le syndrome de Stendhal (Tiens, au fait, pourquoi donc n'est-il pas "l'invité absent" du prochain marathon des mo(r)ts, lui qui trouvait Toulouse très laide, et avait écrit "qu'on y marche très mal sur des pavés comme des rognons en brochettes." (Pardon pour l'approximation, je cite de mémoire) Ce serait vraiment drôle, n'est-il pas mon cher Gauthier Morax ?
Or donc, joie. Avec ce florilège de mots assemblés par mon ami Jules Renard, sur la vie, l'amour, les femmes, l'adultère, la mort.
J'avais aussi oublié que c'était un grand ami des bêtes.
Bref, tout pour me plaire.
Et maintenant, cadeau. C'est du Renard.

"Le mot renard m'effraie quand il n'est pas précédé de Jules."

"- Je n'ai pas parlé à ma femme depuis 2 ans.
- Vous êtes fâchés ?
- Non, mais je n'ose pas l'interrompre."

"Je mets de l'argent de côté. Mais pas du bon côté."

"- Pourquoi écrivez-vous sur votre père ?
- Vous voudriez que j'écrive sur Venise ? Mais je ne suis jamais allé à Venise."

Le 22 mai 1910, mort de Jules Renard, à 46 ans.
"- Faudra-t-il parler devant votre tombe ?
- Vous ferez comme vous voudrez, mais je ne vous répondrais pas."





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15 juin 2007 5 15 /06 /juin /2007 16:11
A madame Avy.
Avec toute ma reconnaissance.


Toute une salle nommée Jacques Brel.

Mes années-collège, je les passai à Montastruc-la-Conseillère. Passer du Cours très moyen 2 à la sixième et du Lieu-Dit au Chef-Lieu de canton me procura bien des nuits agitées. Le collège, massive bâtisse, flanquée d'un fenestrage de persiennes rouillées, se trouvait près de la Halle aux Grains, transformée en salle des fêtes, où l'on donnait des bals. Un slogan faisait fureur dans les années 60 : "A Montastruc, on y danse, on y danse..." (air connu.)
Le collège ? Il s'appelait "Collège" tout simplement. C.E.G plus précisement, trois lettres marronasses si j'ai bonne mémoire sur fond crème : "C.E.G comme Collège d'Enseignement Général." Au fil des ans, les troupes d'élèves grossissant, des salles de classe furent improvisées dans des préfabriqués. C'était la grande mode. De la salle 14, je pouvais voir le mur de la salle des fêtes. Au mois de septembre, il y avait de grandes affiches collées dessus qui donnaient le programme des Grandes Fêtes Générales de Jour et de Nuit de Lavaur.
Les préfabriqués poussaient comme des champignons. Pour aller en cours d'Anglais, il fallait même traverser une route en tête d'épingle très dangereuse...
C'est d'ailleurs pour ça que j'ai quitté le collège : parce que j'avais peur de me faire écraser. Je ne vous mens pas. Vous pouvez vous transporter sur les lieux. Garante de mes dires, la brigade de gendarmerie a été construite juste là, dans la courbe difficile à négocier...
Je quittai le collège sans nom pour un destin sans perspective, sauf celle de devenir apprenti...
Le temps passa. Un nouveau collège fut construit. Il prit le nom de Georges Brassens.
Je ne suis jamais allé danser dans la vieille Halle aux grains devenue salle des Fêtes, elle aussi sans nom. Ce serait bien de lui en donner un...
En 89 (19), la municipalité décide de rafraîchir l'édifice, qui présente des signes de faiblesse.
Je m'enhardis d'une audace : celle de demander audience au maire et lui soumettre l'idée de donner à cette salle le nom de Jacques Brel. Il est séduit. Le Conseil Municipal l'est aussi. Un tramway est nommé désir, toute une salle peut bien être nommée Jacques Brel...
Le 12 mai 1990, c'est l'adresse d'un ami sûr, fidèle et fiable qui est dévoilée sur une plaque de marbre. Au moment de couper le ruban tricolore, un esprit badin trouve le moyen de glisser : "Savez-vous comment font les Belges pour inaugurer leurs machines à écrire ? Ils coupent le ruban."
Il y a là le maire, un sous-préfet, deux ou trois députés, quatre ou cinq costumes trois-pièces qui rêvent de l'être, un président d'un Conseil territorial, qui se targue d'avoir très bien connu Jacques Brel, et Maddly, la compagne des années insulaires...
Madame Jacques Brel, sollicitée, nous a donné son accord pour que feu son époux habite désormais dans l'ancienne halle aux grains de la commune...

C'est un petit classeur noir...
qui fait des choses quand on le touche. A la pince"Dymo", très en vogue dans les années septante, j'ai gravé sur un ruban rouge "Français". Je l'ai collé dessus. C'est à cause de madame Avy. Qu'est devenue madame Avy ? Si elle lit ces lignes, où qu'elle soit, même si elle est très vieille, même si elle est très laide, même si elle sent mauvais, même si elle est clouée sur un lit de souffrance, je souhaiterais qu'elle se manifestât.

Et oui, je suis devenu un grand écrivain ! Un de ceux qu'elle me fit rencontrer, dans un préfabriqué, à Montastruc, toutes fenêtres ouvertes -il fait déjà très chaud et les lattes du plancher étouffent-. Madame Avy me professe le Français. Même qu'un jour, monsieur, elle se paie le luxe de grèver le budget de l'Education Nationale (Ministre de l'époque oublié : voir Quid.) et elle amène un électrophone. Elle pose un disque dessus et alors, monsieur...

Elle m'interroge sur Brel comme si je ne connaissais que lui, comme si je n'avais que ça à afire, à écouter un chanteur, à vivre un peu... Elle avait fait le même coup avec Zola. Elle prétendait enquêter sur les mines de charbon et Germinal...
Madame Avy me met sous le nez et dans l'oreille "Le Plat Pays." Alors, vous comprenez, monsieur, c'est normal que ma tête se dégage et que je ne pipe plus mot.

(A suivre)

Joël Fauré

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Brèves

Le marathon des mots
Toulouse, la ville "Prose"


La réponse à la lettre que j'ai adressée à Alexandre Jardin le 13 mai 2002 m'est parvenue aujourd'hui même vendredi 15 juin 2007, et de la bouche même du destinataire, excusez du peu, venu lire "himself" (et avec quel talent devant un théâtre plein comme un oeuf dans le cadre du Marathon des mots.) des extraits de son dernier livre "Le roman des Jardin"
Voici d'abord la lettre suivie de la réponse.
La lettre :
"Bonjour Alexandre,
C'est le souvenir de votre père qui me dit aujourd'hui de vous approcher pour échanger quelques points de vue.
Il se trouve que je suis, moi aussi, autant -si ce n'est plus, tant pis pour cet orgueil- fétichiste des bottes qu'il a bien voulu le dire dans "La guerre à neuf ans."
Cet aspect de la personnalité m'a longtemps tourmenté, et ce n'est qu'après de longues réflexions que j'ai pu m'échapper du doute et de la curiosité qu'il suscitait.
Les mots de Michel Tournier : "(Des) cas (de fétichisme) peuvent faire sourire. Ils n'en illustrent pas moins un érotisme plus construit, élaboré et finalement civilisé que la sexualité considérée comme "normale" et qui, par son incapacité à dissocier érotisme et procréation, est directement responsable de deux énormes charniers, celui des avortements et celui de la famine dans le Tiers-Monde." (Michel Tournier, "Le Fétichiste") ont fini de m'éclairer sur le sujet et de me "laver" de tout souçon.
Je viens donc vers vous aujourd'hui, non pas pour quémander l'absolution, mais pour avoir votre avis sur la question.
Pour avoir lu certains de vos livres, il ne me semble pas que le fétichisme soit héréditaire mais je me trompe peu-être...
Si vous avez une minute, dites-moi objectivement ce que vous pensez de tout ça...
Je vous serre la main, salue au passage votre travail, et vous assure de mes meilleurs sentiments."
La réponse :
"Mon père ? Oui, c'était un fétichiste. Mais un fétichiste joyeux. Il déboulait à la maison avec plein de paires de bottes. C'était flamboyant."
Réponse réjouissante.
PS : Je confirme la sympathie naturelle d'Alexandre Jardin, et les rires qui ponctuent son discours...
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Mon égo hypertrophié a été très flatté, dans le hall du TNT où l'on attendait, toujours dans le cadre du Marathon des mots l'auteur Laurent Mauvignier (pour son très remarqué "Dans la foule")
Un responsable "marathonien" s'est approché de moi :
" - Excusez-moi ? Vous êtes Laurent Mauvignier ?"
Ca y est ! C'est un signe... Je sens que je vais enfin "percer"...

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Bonnes nouvelles de Delphine Mélèze, artiste "encagée" dont je vous ai dit beaucoup de bien dans mon billet du 25 mai dernier.
Après la Pologne, où elle a remporté un franc succès, son spectacle "universel" sera présenté cet été en Corée.

JF



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14 juin 2007 4 14 /06 /juin /2007 18:54
A Ludovique Lefrêne,
à notre relation épistolaire sans faille depuis 20 ans.
"De son coin de ciel, il doit observer d'un oeil amusé nos échanges de correspondances, en étant, sans le vouloir, à l'origine."



Brel, poste restante.

1988. Brel a 10 ans de tombeau. Il me manque. J'ai une idée.
Imaginez qu'il vienne rechercher en poste restante les lettres que vous lui auriez envoyées. 
La presse relate la nouvelle.
"Ouest-France" est le premier à rendre écho de ma lubie.
Le fondateur de "MIDI-CAoutchouc", place Esquirol à Toulouse, aime bien mon idée. Il dirige une revue qui relaie mon initiative. Je ne lui ai pas dit que ma mère a acheté un coq en matière plastique pour moi, dans son magasin. Je ne lui ai pas dit non plus que Brel, pour moi, était mort juste à côté de chez lui. Je ne sais pas s'il aurait compris...

Des lettres arrivent par dizaines, à mon guichet...
Première de cordée, Ludovique Lefrêne, de Breteil :
"24/2/88
"La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil.
René Char.

... ainsi ! Mr Brel, vous voici de retour parmi nous, quittant quelque temps votre terre d'adoption située dans : "le vent sucré des îles nacrées" comme le chante si joliment votre ami Pierrot.
Parmi nous, cela ne vous est pas facile d'échapper, comme vous le souhaitez tant ! au terrible envahissement et à l'indiscretion de toute une meute journalistique, qui ne cesse de vous poursuivre et de vous traquer !
Le chanteur Antoine est revenu aussi sur scène, étant en France actuellement. C'est lui qui, à l'époque, par ses bavardages intempestifs, sur son bateau, vous ayant rencontré sur votre bataeu, et situé dans votre nouvelle vie, avait permis aux journalistes de vous débusquer dans votre retraite et paix des Marquises, jusqu'alors privilégiée.
Oui ! Comme c'est difficile d'avoir un nom  et une notoriété, et d'échapper à la rançon d'une indépendance et d'une intimité de vie très grignotée, sinon volée !
De même qu'il a été écrit : "Tu peux m'ouvrir cent fois les bras, c'est toujours la première fois.", de mon côté j'ajoute en plagiant :
"Je peux relire ces mots cent fois
C'est toujours la première fois !"
Pour terminer, ici, en France, l'hiver, cette année a été fort timide, et dans notre région, la nature, en cette fin février, a des coquetteries de Printemps, bien affirmées.
J'en parle car le ciel, le soleil, les arbres, les champs sont en eux-mêmes Poësie, et Poësie chaque jour renouvelée, et là où je vis, je manque rarement ce genre de rendez-vous.
Et pour terminer, si "l'année a douze fils, qui portent au visage la nuance du ciel et la couleur du vent, et tous d'un pas égal, fidèle et vigilant, ils font de par le monde un éternel voyage", en cette fin février, il reste dix fils en 1988 et vers lesquels nous allons chaque jour à la rencontre. Mr Brel, je vous souhaite des rencontres fort heureuses avec eux. Et merci pour tous ces mots et musiques que vous nous avez fait rencontrer."
L. Lefrêne.

Bruxelles : un stage à la Fondation...
En vue d'obtenir mon CAP d'employé de bureau, il est prévu d'effectuer des stages en entreprises. Devinez pourquoi je choisis la Fondation Jacques Brel, à Bruxelles ?
La Fondation Jacques Brel a été créée en 1981 par la deuxième fille de Jacques, France. Elle s'est donnée pour mission de regrouper les nombreuses traces laissées ici et là par son père à travers le Monde, pour les mettre à la disposition du grand public, et de soutenir des démarches caritatives, notamment la recherche sur le cancer, qui a emporté Grand'Jacques.

L'abbé Casy aimerait rencontrer France, la fille de son ami Jacques.
France, de son côté aimerait rencontrer l'abbé Casy, l'ami de son père.

Quand je prenai congé du bon curé casy, dans sa maison de retraite Saint-Augustin à Toulouse, du haut de l'escalier, il me disait : "Tu reviendras me voir, dis, tu reviendras me voir ?"
Je suis heureux d'avoir pu organiser la première et seule rencontre entre Casy et France, à Toulouse.
France offre des bonbons. France est accompagnée de son fiancé.
Casy leur dit : "Je pourrai vous marier si vous voulez ?"
Casy Rivière nous a quittés le 2 août 1987. Ironie du calendrier, il s'éteint le lendemain de mon départ de Bruxelles. France écrit : "Casy Rivière est parti. Que dire au delà de cette tristesse qui coloria ce lundi matin d'août dès l'annonce de son départ par sa gentille nièce ? Désormais, il n'ouvrira plus les portes de son presbytère comme celles de son coeur qu'il avait démesurément grand.
Ceux qui ont eu la chance de le rencontrer n'oublieront plus la vivacité de son intelligence et l'océan de chaleur humaine qui émanait de lui."

La place de Broukère à Bruxelles ressemble à la place Esquirol à Toulouse. Même rectangle presque parfait.

(A suivre.)

Joël Fauré

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Brèves :

Il fait bachot en ce moment...

Jubilatoire lecture du "Figaro" d'aujourd'hui. Le quotidien a demandé à cinq grandes plumes de se prêter au jeu du bac philo.
Ma mention "Très Bien"
ira au facétieux Jean d'Ormesson qui est, à mon humble avis, le seul écrivain français vivant qui, même lorsqu'il veut bâcler son travail ("Je partirai à 11 heures.") n'y parvient pas. Sa copie a été jugée "incorrigible" !
Il faut dire qu'il la côture comme suit :

"Nous savons depuis Socrate que la vraie philosophie se moque de la philosophie et que le vrai philosophe, bien loin de répondre aux questions qui lui sont posées par les philosophes, va plutôt tremper ses doigts de pied dans le fleuve Ilissos et danser avec les loups."

Moi qui suis resté à bac moins 2, vous ne pouvez pas savoir comme ces phrases m'ont soulagé.
Et j'ai repensé au petit ruisseau de mon enfance...

JF

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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 17:02
A la mémoire de Philippe Ramard, "Fiston".
Foudroyé par la Maladie du Légionnaire.
Lui qui ne l'a jamais été.


Rennes.
Je suis à Rennes. Je me remets sur les bancs de l'école pour passer mon CAP de gratte-papier. Il n'est jamais trop tard. L'école est gérée par l'Office National des Anciens Combattants. Moi qui n'ai jamais combattu. Ou si mal.
A l'école, on trouve des êtres endommagés par la vie, mais ennoblis de courage : du membre manquant à l'allergie aux cosmétiques. Toutes, tous avec un "prière d'insérer" dans le Journal de la Vie.
Mon voisin de banc est un petit Breton pas plus haut que trois pommes Normandes. Vif, anxieux, très abimé par l'existence (il a perdu sa mère de bonne heure, il a subi un crânopharingiome). Je l'appelle "Fiston. C'est un excellent joueur de scrabble ; il me bat à tous les coups. Il habite Plancoët, célèbre pour ses eaux, dans les Côtes du Nord, qui ont été rebaptisées Côtes d'Armor, après avoir failli s'appeler Côtes d'Amour. Un jour, il m'embarque dans sa petite Peugeot 104, direction la côte de granit rose... Saint-Malo, Audierne, Saint-Cast.
"Jojo, moi je t'entends rugir quelques chansons marines où des Bretons devinent que Saint-cast doit dormir tout au fond du brouillard..."

Saint-Cast
A Saint-Cast, je tiens absolument à me recueillir sur la tombe de Jojo. Il faut enfin que je vous présente Jojo. Lui aussi a très bien connu Jacques Brel. Jojo, Georges Pasquier à l'état-civil, c'était l'ami, le confident, le secrétaire, le chauffeur, le compagnon de presque toutes les intimités... Impossible aujourd'hui pour une jeune curieuse qui se documente sur Brel parce qu'il l'a émue jusqu'aux ovaires, de ne pas croiser Jojo.
Quand Jojo meurt d'un cancer, Brel est anéanti. Il n'a plus de terre sous les pieds. Il s'en est trop servi pour recouvrir son immense chagrin à grandes pelletées : "Six pieds sous terre, Jojo, tu n'es pas mort, six pieds sous terre, tu frères encore ; six pieds sous terre, je t'aime encore..."
Sur une petite route venteuse, avec Fiston, nous croisons une femme que ma mémoire me restitue déjà vieille :
" - S'il vous plaît, madame, où se trouve le cimetière ?"
La Bretonne, la Bretonne, la Bre la Bre la Bretonne ne semble pas s'étonner qu'on lui demande sa propre prochaine adresse. Elle tend son bras qui touche presque le mur de la nécropole :
" - C'est tout droit..." C'est tout juste si elle ne nous dit pas : "Suivez-moi..."
En entrant dans le champ de fleurs, Jojo est là qui se repose. "Le vrai tombeau des morts, c'est le coeur des autres." a dit Cocteau. Cocteau, que je n'ai pas très bien connu, a sans doute raison...

Cher Jacques,
Je técris depuis mon dernier automne Breton. Un automne comme je les aime : doux et pluvieux. L'air sent bon, les femmes sont jolies, et pourtant j'ai bien envie de me jeter dans la Vilaine... L'ouragan d'octobre n'est plus qu'un vilain souvenir. Il faut pourtant te dire que je n'ai pu m'empêcher de retourner sur les chemins de pluie dans la forêt de Brocéliande : des géants déracinés gisent ça et là comme des pantins grotesques. Ca en est triste à mourir... Les Korrigans en ont pleuré. Quelle idée a eu la Terre, ici, de s'aventurer en pleine mer, exposée aux quatre vents et aux caprices de Dame Nature ? Malgré tout, je l'ai aimée, cette parcelle de terre trempée où il fait bon marcher, où il fait doux respirer, où les gens, parce que plus vulnérables, y sont plus chaleureux, et plus entiers aussi... Je l'ai aimée parce qu'elle m'a adopté comme un des siens et qu'elle m'a donné une de ses plus jolies filles... Je me suis promené sur sa géographie variée, j'ai croqué dans son soleil, j'ai bu à même sa ruisselante source d'amour, j'ai veillé au grain de peau velouté de ses reins balayés par les vents et les embruns... Et c'est ce même vent qui me l'a emportée comme fétu de paille...
Une pelote de laine dans la gorge, une plaque de marbre sur la poitrine : je crois qu'on appelle ça déjà de la nostalgie, ou si c'est pas de la nostalgie, c'est quelque chose qui y ressemble...
Demain, un peu poivrot, un peu poète, j'irai une dernière fois saluer mes amis à "La Taverne de la Touche", chez Yvette et André. Il y aura là le Brestois Jean-Louis qui, plongé dans les mots croisés d'Ouest-France, me demandera, faussement ingénu : "En quatre lettres, commençant par B : n'a pas voulu qu'on le quitte et il nous a bien quittés." ; il y aura là l'abominable Doum, monument de cynisme et d'ironie, et pourtant si tendre et chaleureux, qui me lancera haut et fort : "Où en est ta blenno ?" ; il y aura là l'immense Bernard, discret et tranquille, superbe de bonhomie et de bonté, qui jouera encore avec le feu ; il y aura Petit-Louis le Bordelais, avec ses théories et ses envolées lyriques. Il ne faudra pas beaucoup insister pour que Jean-Claude entonne "Fleur de blé noir" de Théodore Botrel ; il y aura l'imperturbable Loïc, le sympathique adjudant-chef en retraite et puis bien sûr Fiston...
Je leur dirai : "Mes amis, je pars... Je n'ai plus rien à faire ici... Je n'irai plus au bois, l'ouragan a coupé les lauriers et m'a coupé l'herbe sous le pied... Il m'a un peu secoué sans doute... Il a fait de mon coeur une avenue déserte entre canal et cimetière..." Je sais que Doum me dira : "Elle peut encore servir ton avenue gros malin ; les greluches, elles aiment bien lècher les vitrines..."
"Oui, mais des vitrines, y'en beaucoup de brisées, et c'est l'époque des soldes." que j'y répondrai. Et je replongerai dans la bière.
La bière, c'est comme le chagrin : ça mousse... La bière, c'est comme l'amitié, ça réchauffe...
Alors dans le chaud petit nid des amis, quand ils me verront mal à l'âme, oiseau blessé, ils feront comme font toutes les mamans de la Terre quand leurs enfants pleurent : ils me montreront les jouets que je préfère ; ils me chanteront les berceuses qu'il faut, ils me rediront les mots que j'aime : "Parle-nous encore de Brel..."
"Dites-moi mes amis si Saint-Cast dort toujours au fond du brouillard ?"
Et ce sera reparti pour la nuit...
Mais il n'empêche, demain, je prendrai le premier train, parce qu'ici, tout est vraiment fini. A Nantes, quand je traverserai la Loire et que je redeviendrai Méridional, je pourrai me dire : "Quand même, ils sont chouettes, ces Bretons !" Peut-être que cette lettre que je t'envoies sera déjà en poste restante ? Il fallait que je me confie à quelqu'un, tu comprends ?
Au revoir, Jacques. Kénavo.

(A suivre.)

Joël Fauré

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Brèves


Un air de famille.

"Qu'il fasse beau, qu'il fasse laid, c'est mon habitude d'aller vers les cinq heures du soir me promener au Palais Royal. C'est moi qu'on voit, toujours seul, rêvant sur le banc d'Argenson.
Je m'entretiens avec moi-même de politique, d'amour, de goût ou de philosophie. J'abandonne mon esprit à tout son libertinage. Je le laisse maître de suivre la première idée sage ou folle qui se présente, comme on voit dans l'allée de Foy nos jeunes dissolus marcher sur les pas d'une courtisane à l'air eventé, au visage riant, à l'oeil vif, au nez retroussé, quitter celle-ci pour une autre, les attaquant toutes et ne s'attachant à aucune. Mes pensées, ce sont mes catins."
Le Neveu de Rameau (Denis Diderot)

Je partage une chose avec Diderot. Nous sommes nés le même jour. Le 5 octobre. Lui en 1713 et moi en 1962.
Je n'ai pas très bien connu Denis Diderot.
Par contre, mon amitié avec celui qui le sert, le met en bouche, le comédien Roger Borlant, est indéfectible.
N'a-t-il pas été le créateur, au Théâtre de Poche, du rôle principal de ma pièce "Orbe" ? Et avec quel brio !
Toujours sur les planches du Théâtre de Poche, revoici Roger Borlant, homme-Protée, glissé avec une remarquable aisance dans les peaux de la famille Rameau, et de quelques satellites, au siècle des Lumières.
Comme l'écrit Patrick Calsou :
"Roger Borlant se saisit de ce texte riche de tous ses double-fonds, il taille, il coupe, il colle et nous le restitue, encore plus riche d'une dimension supplémentaire, celle du théâtre."

JF


"Le Neveu de Rameau"
de Denis Diderot.
Mise en scène de Michel Lataste.
Jusqu'au 16 juin.
Théatre de Poche
10, rue d'El Alamein
31500 TOULOUSE
Réservations : 05.61.48.25.52


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