31 mai 2007 4 31 /05 /mai /2007 17:15
Dernièrement, j'ai été contacté par une équipe de chercheurs qui m'a proposé une expérience extraordinaire, que j'ai acceptée du reste. Il s'agissait de me miniaturiser et de m'inoculer dans le sang du génial humoriste Raymond Devos.
Vous mesurez l'honneur ? Pouvoir circuler librement dans le sang de Devos ! Librement étant un bien grand mot puisque j'étais à peine sorti de la seringue que j'ai entendu quelqu'un qui criait : Fermez l'aorte, s'il vous plaît."
Puis, j'ai été intercepté par une patrouille. Le chef m'a dit : "Nous sommes chargés de répérer les corps étrangers."
J'ai dit : "Ah, c'est vous les anticorps ?"
Ils m'ont dit : "Non, nous, nous sommes les gardes du corps des anticorps."
J'ai dit : "Pourquoi ne sont-ce pas les anticorps qui répèrent les corps étrangers ?"
Ils m'ont dit : "Parce qu'ils sont contre."
Et ils m'ont dit : "Bon, allez, vous n'avez pas l'air bien méchant. Vous pouvez circuler."
Et puis soudain, alors que je me trouvais dans une artère principale, j'ai été pris dans un grand encombrement. Un mauvais conducteur faisait obstruction. Il y a eu un grand carambolage, et puis un accident. Un accident de la circulation.
Et puis soudain encore, j'ai été aspiré, comme par un trou d'air. Je me suis dit : "Devos se taille ou quoi ?"
Et non ! Non ! Devos était en train de donner son sang ! Quel altruisme ! Quelle générosité !
Et je me suis retrouvé très éprouvé dans une éprouvette de sang que Devos venait de donner !
Les chercheurs ont fait des analyses. Ils ont dit : "Ses résultats sanguins sont riches. Il y a tout pour faire un artiste. Bon sang ne saurait mentir."
" - Et maintenant, m'ont-ils demandé, est-ce que vous acceptez qu'on vous glisse dans un sandwich de Devos ?"
J'ai dit : "Et pour quoi faire ?"
Ils m'ont répondu : "Maintenant, on veut savoir ce qu'il a dans les tripes."

L'expérience n'a pas pu se faire : Devos n'a pas pris son dernier repas...

Joël Fauré
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30 mai 2007 3 30 /05 /mai /2007 20:44
LE MARATHON DES MOTS

Je n'aime pas trop ces "gros machins" démagos, mais là, il se trouve que je vais jouer le jeu et traîner ma vieille carcasse ici et là.
Et puis, pour peu que l'on possède une tribune et hop ! ça y est, on ne sent plus. 
On laisse aller le sang de son coeur et l'humeur de sa bile.
Cette année, je trouve que le visuel semble dire :
"Eh, vous avez vu, au "Marathon des mots, on a le bras long."

Illustration : Emilie Peinchaud
img043.jpg
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30 mai 2007 3 30 /05 /mai /2007 19:10
L'occasion -en or- m'est donnée de légitimer l'existence de ce blog, et surtout sa "ligne éditoriale" : littéraire et érotique ! A la lecture des premiers éditos, on le sait, je suis fétichiste avéré et littéraire épidermique.
Longtemps je me suis cherché une identité sans pouvoir me réaliser. Il me semble que cette "tribune" m'aide à y voir un peu plus clair, et tant pis si j'écris dans le désert, ou pour des inconnu(e)s du hasard (Merci à Angelique et à Théo.) ou encore pour des "happy few"  (Camille, Ondine, Phil. C. et surtout Aurora, fidèle de la première heure, qui m'a donné envie de poser les mots sur la neige d'un ordinateur.)
Or donc, occasion aujourd'hui m'est donnée de mélanger le suc littéraire et érotique, en plein mitan écartelé entre le vice et la vertu, grâce à Jardin père et fils (Pascal et Alexandre.)
J.F.

Pascal Jardin, romancier, dialoguiste, a laissé une oeuvre attachante. Ce touche-à-tout de talent a d'abord été touché dans sa prime enfance par les bottes de sa gouvernante. Il raconte cet épisode dans "La guerre à neuf ans". (Les Cahiers Rouges - Grasset)

Florence est restée ma référence sensuelle. Si elle n'a pas réussi à me façonner aux goûts et aux jeux de la douleur, elle a imprimé tout au fond de moi une fascination sexuelle formidable pour les bottes. Mon premier désir d'homme fut provoqué par cette rousse charnue, bottée haut, fin, cambré, et je sais que, si demain je rencontre une fille à mon goût qui porte des bottes, il y aura quelque chose en moi qui battra plus vite. Pas seulement dans mon ventre, mais aussi dans mon coeur.
A titre de symbole et de schéma, je dirai que, peu de  temps après notre mariage, ma première femme commença à refuser de porter des bottes pour me plaire. Ce fut le début pour moi d'un processus d'échec irréversible. J'étais incapable de séduire un être qui partageait ma vie et de l'amener réellement à admettre un goût, plus qu'un goût pour moi, un moyen, une approche, un passage. Cela signifiait en fin de compte que j'étais impuissant à la faire sortir d'elle-même pour la mener jusqu'à moi.
Il n'y a pas de détail dans l'alchimie qui porte un être vers un autre. Porter des bottes, pour elle, c'était être réduite à l'idée de ne me plaire que sous une certaine apparence. Mon travers la plaçait dans un porte-à-faux qui la dépossédait d'elle-même. Elle ne se retrouvait plus en face de moi. Elle se sentait objet. Et moi, de mon côté, je ne parvenais pas à comprendre que l'on refuse un geste.
De gestes refusés en gestes refusés, nous nous sommes acheminés vers une immobilité qui s'avéra être un jour une paralysie. Et quand je divorçai, je ne ressentis rien. On venait de m'amputer d'un membre déjà mort.
Ma seconde femme m'apporta les bottes, la liberté de mouvement et de pensée. La liberté tout court. Elle dissipa mes fantasmes comme le vent chasse la fumée, tout en les entretenant sous un feu de cendres qui ne s'éteint jamais. Avec elle, j'ai trouvé ma guerre sainte. Nous nous démolissons, nous nous reconstruisons. Pas côte à côte, mais face à face, sans tendresse, front contre front comme des taureaux.

... ET ALEXANDRE, RAYON EQUITATION

Alexandre Jardin (le fils de Pascal), après avoir écrit des romans à succès (Le zèbre, Fanfan..) qu'il qualifie lui-même de "bon garçon", a semble-t-il trouvé sa "veine" avec une écriture libérée de tous carcans, en publiant "Le roman des Jardin". (Grasset)
La presse, les autres ont remarqué ce tournant.
Au nom de la littérature et de l'érotisme encore, qu'il me soit beaucoup pardonné de reprendre in-extenso le chapitre du "Roman des Jardin" intitulé : "La cravache de Monsieur et Madame F."
J.F.

Pour des raisons hautement morales, l'Arquebuse tenait donc à recevoir chez elle les couples illégitimes. Vilipender l'adultère lui paraissait un manque indéniable de savoir-vivre. Elle regardait toute liaison -érotiquement valable- comme un acte de résistance contre l'affalement contemporain. Les entraves à l'amour, même minimes, la révulsaient. Lorsqu'on sollicitait son avis sur la question du mariage des prêtres catholiques (...) elle répondait invariablement avec la dernière indignation : "S'ils s'aiment entre eux, pourquoi s'opposer à leur union ?"
Or il arriva un événement qui m'en apprit plus long sur la folie des couples que toutes les confidences des Jardin. Nous possédions dans nos relations deux êtres fringants, très mariés et lustrés de culture, qui se trompaient l'un l'autre avec constance : leur mariage était une très ancienne habitude. M.F., diplomate patiné par les popos niaiseux d'ambassade, venait chez nous se requinquer en compagnie d'une rousse sévère ; tandis que de son côté Mme F. se consolait de temps à autre (...) de son rôle d'Ambassadrice potiche avec un coquet Mexicain. A chaque fois, l'Arquebuse prêtait au couple désassemblé notre fameux petit cabanon, charmante bâtisse érigée à cet effet au bout du jardin. Soucieuse du détail, orfèvre en tromperie, elle réservait au mari et à l'épouse les mêmes draps fleuris, comme pour les réunir dans leurs extases séparées.
Naturellement, ces culbutes illégales enchantaient les enfants de la famille. A dix ans, j'escaladais avec mes cousins le toit du cabanon en toute occasion et me postais au bord du Velux qui surplombait la literie. La première fois que j'espionnai M.F., il se déshabilla avec soin, sans manifester de hâte. Puis, déroutant tous nos pronostics, il sortit une paire de menottes (comme dans les séries policières), s'attacha lui-même à la tête de lit et pria -fort courtoisement- la rousse divine de lui administrer de virulents coups de cravache. A mon grand étonnement, je vis soudain le diplomate éprouver une vive et très visible satisfaction... Mes cousins et moi en restâmes ébaubis, comme des cornichons.
Quand vint le tour de Mme F., quelques semaines plus tard, nous étions tous au rendez-vous, juchés sur le toit du cabanon. Se produisit alors un événement tout à fait extraordinaire : Mme F. ôta methodiquement son tailleur, sortit des liens de cuir et somma le Mexicain de l'attacher au lit ; puis elle lui ordonna de la fouetter à la cravache ! Plus les coups cinglaient sa chair d'ambassadrice plus elle réclamait ces friandises inattendues, avec une insistance qui nous rappela aussitôt... celle de M.F. Mes cousins et moi, en demeurâmes estomaqués.
Comment était-il possible que M. et Mme F. partageassent les mêmes désirs, à l'insu de l'autre ? Que ne se fouettaient-ils pas en famille ? Ce détour compliqué pour obtenir les béatitudes identiques me fit bien saisir que les couples étaient des machines à ne pas se comprendre et à consommer du rêve. De toute évidence, M. et Mme F. avaient besoin de se raconter une fable adultère ; même si la cravache utilisée était de même facture.


Alexandre Jardin sera l'invité du "Marathon des mots" à Toulouse, le vendredi 15 juin à 14 h 30. Une lecture dans le noir et en langue des signes du "Roman des Jardin"  se fera, petite salle du TNT.



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29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 16:59
Lettre à Nina Bourraoui ("Mes mauvaises pensées", Stock)


Bonjour,

J'ai lu, à petits bonds, dans vos pensées, que vous estimez mauvaises... presque 300 pages de lignes sans découpages en chapitres, une écriture nerveuse, musclée et parfumée...
Il se trouve que je suis un obsessionnel-compulsif de carrière, et je vais d'emblée vous le prouver : j'ai commencé la lecture de votre ouvrage avant qu'il ne soit distingué par le prix Renaudot. Je ne l'ai  pas acheté, mais je suis revenu tous les soirs en lire dix ou vingt pages dans la même librairie.
Lorsque le prix a été attribué, une nouvelle impression a été faite, ceinte du bandeau tant convoité.
Votre jolie frimousse a été réduite de moitié, mais bon, on va dire que c'est pour la bonne cause.
J'ai ainsi pu faire un rapprochement entre les deux tirages. J'étais parvenu à la page 157. Trois lignes avant la fin de la page, le mot "aveu" est suivi de deux points. (Les deux points sont des points de suspension qui ont su s'élever et prendre de la hauteur...:)
Or, dans le retirage "post-récompense", les deux points ont disparu ! L'anecdote en dit long. Deux points, c'est tout !

Ceci posé, permettez-moi maintenant de vous dire tout le bien que je pense de votre livre que j'ai adoré.
Cette longue confession dans le secret d'un cabinet de spécialiste des maladies d'au dessus du cou, a les qualités du genre, sans tomber dans le pathos ou la mièvrerie, souvent relevée dans le domaine.
Ces aveux de l'intranquillité m'ont touché. Vous avez choisi la littérature et vous avez bien fait.
"La littérature prouve que la vie ne suffit pas." écrit Pessoa.
Vos lieux et vos gens donnent à votre jeune vie matière à propos. Et vous savez les modeler avec talent.

Je lis peu, mais je lis fort. Les TOC m'invalident à ce point qu'ils me freinent au cours de la lecture.
Or, j'ai bu votre livre jusqu'à la dernière goutte.
Finalement, je m'en tire bien, puisque, contrairement à ce que disait Emmanuel Berl -
"J'ai beaucoup lu, mais je ne me souviens de rien"-, ce que je lis reste bien gravé dans mon "disque dur".
Ainsi, votre parentèle, qui est si heureuse de vous voir réussir dans les lettres ;
Ainsi l'amie, la chanteuse ;
Ainsi Hervé Guibert qui "danse sur les bouches"
Ainsi surtout l'Algérie, blanche, lumineuse ; et la France, Rennes, Paris, ses rues X ou Y...
m'ont accompagné avec un ton, un univers que j'ai effleuré...
N'est-ce pas là le vrai pouvoir d'un livre : donner à voir et à penser, surprendre et étonner, émouvoir et rassembler ?
Ainsi vos "mauvaises pensées", vos phobies d'impulsion, vos TOC (le mot vient d'entrer dans le Petit Larousse en 2006 !) me parlent en frère d'âme et j'y suis très sensible.

Je conseille la lecture de votre livre aux membres de l'AFTOC (Association Française de personnes souffrant de Troubles Obsessionnels Compulsifs.) qui y trouveront, outre un écho à leur souffrance, une très agréable source de lecture...

Voici. Cette lettre de pose pas de question ; pourtant, je serais content si vous m'adressiez quelques mots de vous : si je suis obessionnel-compulsif, je suis aussi fétichiste du papier et des phrases réussies.

Bien cordialement à vous.

Joël Fauré

"Mes mauvaises pensées"
est publié en poche, chez Folio.

Dernier ouvrage paru de Nina Bourraoui : "Avant les hommes" chez Stock

Extrait de la critique de Marie-Laure Delorme, dans "Le Journal du Dimanche" du 20 mai 2007 :
" Elle [Nina Bourraoui] est double. A la fois précieuse et sauvage. Mais en pleine nuit, face aux lumières dansantes de son ordinateur, elle retrouve son état d'antan. Elle descend en apnée. Ecrit et écrit : regagne son enfance."
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29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 16:55
Lettre à Nina Bourraoui
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28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 09:55
Avec ces "carnets", écrits dans l'urgence et la compulsion (à partir de 1993), Raoul Jefe a voulu rebrousser sa route pour en comprendre les cahots.
Ces textes sont nés d'un premier jet et n'ont subi aucune retouche.
Parce qu'il lui a semblé que son expérience de vie pouvait avoir valeur de témoignage, et servir de révélateur à d'autres, il a assez vite déblayé le scrupule de paraître narcissique ou exhibitionniste.


LES BOTTES SECRETES

Fétichisme : remplacement de l'objet sexuel par un fétiche.
Fétiche : objet inanimé ou partie de corps non sexuelle capables de devenir à eux seuls objets de sexualité. (Petit Larousse)
Le fétichisme va remplacer la sexualité absente. Le cuir, son contact sur la peau, les jambes, les genoux, les cuisses s'est substitué aux grains de peau auxquels j'aurais dû veiller.
Le cuir, les bottes, les cuissardes... Comme dans mes premiers rêves-pollutions nocturnes où j'enfilais les bottes de septs lieues. Les bottes-cuissardes : d'Artagnan, Scaramouche, Fanfan le Tulipe, Michel Fugain, Francis Lalanne en sont porteurs : pourquoi pas moi ? Et Monsieur Loyal, au cirque, n'a-t-il pas les tarses calés dans des bottes carénées comme des paquebots de croisière ? N'avais-je pas fait du théâtre ? Et du cirque ? Où est le plaisir ? Où était le porte-à-faux ? Bien sûr, porter des bottes me rappellerait leur connotation sexuelle ; porter des bottes, cela équivalait à jouer : peu importe le théâtre, le cirque, la piste ou la scène : c'était jouer à se faire plaisir.
Encore une fois, je ne me posai aucune question. Comme d'autres s'offrent en cadeau une planche à voile ou un camescope, je fis confectionner chez un bottier toulousain une paire de bottes-cuissardes en cuir souple de veau. En les enfilant, à quoi pensais-je ? Qu'elles me procuraient l'agréable sensation d'une matière noble et sensuelle, placebo de la douce peau des femmes ? Ou qu'elles me promulguaient mousquetaire, pirate ou maître de manège ? Attributs dérisoires et morbides, substituts de seconde classe, j'aimais les porter, ces bottes-cuissardes dans lesquelles je glissais le pantalon.
Toutefois, je ne les portais jamais en présence de mon entourage ou de connaissances. Mais de temps à autre, je les faisais marcher et leur faisais prendre l'air et fouler des lieux où je savais qu'il serait surprenant de rencontrer père, mère, oncle ou cousin.

J'étais souvent passé, sans m'arrêter, devant une aire de repos, sur la Route Nationale : cet espace me paraissait tout indiqué pour marcher à mon aise et faire jouer mes jambes dans les grandes bottes.
Je garai ma voiture sur l'aire, près des latrines, où j'entrai, pour satisfaire une instance de la nature.
Les murs étaient recouverts d'inscriptions obscènes et d'offres de service peu ragoûtantes. Je sortis de l'édicule, écoeuré. Plus loin, un camion stationnait ; son chauffeur était au volant. J'entrepris de faire quelques pas. Ce que voyant, le routier descendit de son véhicule pour venir dans ma direction, à ma rencontre. Lorsqu'il arriva à ma hauteur, il me regarda furtivement et, devant mon étonnement, sembla gêné. Je tournai les talons pour remonter dans ma voiture et quitter les lieux.
Très intrigué par ce manège et par ce lieu, une curiosité me ramena sur le terrain. Le camion était toujours là ; son chauffeur était remonté dans la cabine. Je garai ma voiture et entrai de nouveau dans les lieux d'aisance. Et là, je pus enfin m'apercevoir de la confusion : là, sur le mur qui n'avait pas que des oreilles, le routier avait ripoliné ses ambitions : il invitait ceux qui le souhaitaient à venir le retrouver sur la banquette pour des "choses" qui se laissent aisément imaginer. Tout-à-l'heure persuadé que j'y donnais suite, il s'était sans doute empressé de prendre les devants.
Il va sans dire que je repris aussitôt ma voiture et la route, tout honteux de cette mésaventure.
Le routier repartit à son tour et remit son camion sur la Nationale.

Raoul Jefe

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28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 08:14
A titre exceptionnel, toute l'équipe d'A PROPOS DE BOTTES a accepté d'insérer cette petite annonce.
Nous nous portons garants sur la qualité du pédigrée.

Chat Botté rech. d'autres chats à fouetter.

Faire offre au blog qui transmettra.
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27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 11:18
Que de titres, de magazines, de revues sur les gondoles et les linéaires des marchands de journaux !
Il n'est pas un domaine qui ne soit exploité. Il ne serait pas étonnant de voir naître la revue, le bulletin, l'organe des sculpteurs de noyaux de cerise...
Hier à peine, je me souviens de la vieille échoppe mal éclairée de mon village, où Télé 7 jours voisinait avec le quotidien La dépêche. Deux ou trois titres-phares, deux ou trois pensées politiques, philosophiques. Et c'est tout. Ah si ! Un jour, un peu rougissant, j'ai acheté Union, la "revue internationale des rapports humains.", pas encore sous cellophane protecteur.
Mais c'est vraiment tout.
Aujourd'hui, les avis de naissance se bousculent ; les publications encombrent les kiosquiers qui ne savent plus où donner des yeux, quand ils ne sont pas envahis par des produits dérivés, gadgets qui gonflent les piles et les rendent branlantes.
Les technologies et les idées nouvelles fournissent matière à propos et à papier : qu'en est-il du tirage presque confidentiel de certaines publications ?
Le lecteur potentiel est perdu dans une forêt de logos, rouges, clinquants, accrocheurs, vendeurs, raccoleurs. Ici, il fend la tranche d'un ouvrage vite re-glissé sans l'écorner. Là, il s'attarde, le pourpre au front, sur un encadré aguichant. Mieux encore, il est interpellé par une "publication judicaire" devenu argument de vente !
S'il sort indemne et pressé de la paperasserie maison de la presse, il n'a qu'une hâte : revenir dans son grenier feuilleter un vieil exemplaire de Rustica.
"Molière est nouveau ce matin, et rien n'est plus ancien que le journal d'aujourd'hui."

PS : Semblable sort est dévolu à "la presse sans Gutenberg". Les blogs, chats, forums et autres vecteurs de communication n'échappent pas à l'encombrement.

Joël Fauré

______

PROCHAINEMENT SUR CET ECRAN :
DES EXTRAITS EXCLUSIFS DES "CARNETS" de Raoul Jefe
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26 mai 2007 6 26 /05 /mai /2007 11:23
L'homme qui plantait des arbres.
(Cliché PC)
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25 mai 2007 5 25 /05 /mai /2007 17:08
"Le mime, c'est l'art de la concentration silencieuse. C'est l'art de jouer sans dire un mot."
La phrase, attribuée à Charlie Chaplin, sied à merveille à cette jeune comédienne douée, dont la prestation, sous les frondaisons du parc de Ramonville (à la réputation maintenant bien assise d'une ville vouée au théâtre de rue.) tient de la performance.
Seulement quelques mots dans le journal, agrémentés d'une photo, m'avaient permis de flairer un spectacle insolite. Les mots choisis de l'argument : "La cage est un conte féerique, une fantaisie à l'air libre, une fable à géométrie variable.
Silence et immobilité : un personnage mi femme - mi félin dans une cage au centre des spectateurs.
Surprise et instants magiques : regards échangés sans retenue, sans arrière-pensée, droit au but.
Un spectateur entre dans la cage : liens crées au coeur de la respiration, de la sensation, de l'émotion qui chavirent.
Voyage au centre de l'être humain."
auguraient du meilleur.
Et puis, j'étais en "plein dans les cages" avec la rédaction du livre sur la dompteuse Jeannette Mac-Donald.
Et puis, si sur ce blog, on ne sait pas encore "l'horrible perversion" sadomasochiste qui m'habite, c'est qu'on n'a pas les fesses en face du fouet.
Et puis si, ici encore, on n'a pas compris la réalité de la pathologie de l'auteur de ces lignes (les troubles obsessionnels compulsifs), je rends mon tablier.
Je ne veux absolument pas faire une récupération malsaine à des fins de prosélytisme. Or, il se trouve que le travail de Delphine Mélèse m'a bouleversé.
Son jeu subtil et périlleux la place sur le droit chemin de l'improvisation, sans le gênant défaut de la langue en pareil cas, qui peut se faire verbiage, et déboucher sur le meilleur comme sur le pire.
Ici, tout est dans la gamme d'émotions fortes mais muettes. Voici vraiment, à mon avis, l'un des rares spectacles vivants où le cinéma pourrait avoir sa place, tant les gros plans ne seraient pas superflus.
Mais les seules caméras qui tournent, ce sont les regards des spectateurs agglutinés autour de cette fameuse cage d'un zoo improbable.
Certains pensent à "La planète des singes".
D'autres se souviennent que le journaliste Georges de Caunes avait fait l'expérience de se laisser enfermer dans une cage.
On se dit que c'est peut-être du nouveau cirque, et qu'un dompteur va débouler, le fouet à la main.
On pense aussi à Kafka, à "La métamorphose".
J'ai même entendu quelqu'un dire : "Là-bas, y'a un mec dans une cage..." (sic)
Interrogé, le public se fait libre voyeur de cette femme qui, pour l'instant est assoupie dans sa cage ; une vraie femme de la race des humains devenue bête de foire. Mais pourquoi ?
Certains pensent aux exhibitions foraines du début du siècle dernier. La femme à barbe, la lilliputienne...
Mais dans le cas qui nous intéresse, rien de tout cela. La femme est jolie, sans autre curiosité que d'être enfermée. Alors ?
J'ai soufflé dans l'oreille de ma compagne que ce spectacle allait forcément être bon, puisqu'il permettait  toutes les déclinaisons du questionnement sur la condition humaine.
Et je ne me suis pas trompé.
Ce sont les enfants, plus spontanés, qui ont manifesté d'abord de la curiosité face à cette "bête humaine" suscitant pitié, peur, mystère comme dans les meilleurs contes de fées.
Le but premier de la manoeuvre étant de redonner la liberté à ce spécimen.
S'instaure alors, avec la femme sortie de sa léthargie, un contact ténu avec le hasard.
Les regards se croisent, se soutiennent, se fuient ; les gestes se dérobent puis s'affirment ; le visage s'apeure, s'émeut, sourit... la pensée travaille...  le corps entier reste à domestiquer, à apprivoiser.
Tout est possible. Le meilleur étant de sortir de la cage, de l'enfermement, et, grâce à de la solidarité, de la compréhension, de l'empathie, de l'amour, de partager 50 minutes durant une expérience de vie unique.
Pari réussi pour la comédienne Delphine Mélèse.

Joël Fauré

PS : Si le fétichiste que je suis peut se permettre une suggestion, je verrais bien Delphine Mélèse porter, sous son manteau de vison, des bottes-cuissardes. Il me semble que cela ajouterait au jeu (déjà excellent) une autre dimension.
Organisateurs de spectacles, n'hésitez pas en "encager" Delphine Mélèse, de la Compagnie "Les p'tites marguerites".

Contact :

lesptitesmarguerites@free.fr
0033 (0) 871 10 79 55
0033 (0) 607 14 55 93







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