Mes nuits commencèrent à être animées de rêves dans lesquels tantôt j'aidais
Cendrillon à retrouver ses bottes en cuir, tantôt je chaussais moi-même les bottes de sept lieues. Dans tous les cas de figure, ces rêves m'amenaient inéluctablement à la
pollution nocturne : sensation forte, agréable, insoupçonnée. Je ne pouvais que constater sans y rien comprendre le spectacle qu'offrait mon sexe, avachi dans sa liqueur gluante, en d'autres
endroits sources de vie.
Mais qu'était-ce ? Qu'était-ce donc ? Que m'arrivait-il ? Un nettoyage hâtif avait toujours raison de ce que je considérais être une étrangeté, un mystère, et il ne restait plus q'une auréole
au beau milieu de mes beaux draps, beaux draps dans lesquels j'étais et allais rester longtemps encore, innocent aux mains vides et inactives.
Elles devinrent savantes, un soir, pourtant. A travers les barreaux de mon lit-cage, guidées par je ne sais quel instinct, elles saisirent la hampe de mon pénis et jouèrent avec jusqu'à "la
petite mort" comme se plaisent à le dire les italiens. L'Orgasme 1er, premier de la série, obtenu sur commande. Une véritable petite révolution que cette découverte archéologique enfouie
par toute une civilisation de tabous.
Ludiquement, j'acquis pour me chausser une paire de bottes "gardian" en cuir fauve, "au déballage américain". Elles devinrent les accessoires de mes premiers films de
sous-préfecture : botté à la "John Wayne", en selle de mon vélomoteur, et à la manière de Brigitte Bardot, enfourchant de ses cuissardes sa Harley-Davidson "quand je
sentais en chemin les trépidations de ma machine, il me montait des désirs jusqu'au creux de mes reins". Ou bien encore les "gardians" glissées sur des collants chipés dans un
placard, pour jouer un remake de "Certains l'aiment chaud". Ou encore une pâle copie de "Zorro" avec bottes et fouet de chien de supermarché.
"... avec bottes et fouet
de chien de supermarché."