13 février 2008 3 13 /02 /février /2008 16:34

(La chroniqueuse tend le feuillet à la jeune femme.
Cette dernière s'en saisit, donne son livre en échange, et lit :)

La jeune femme : "A vous les miens,
mes gentils assassins,
Qui ne m'avez pas désiré ;
Qui avez répondu à mes questions par des questions ;
Qui m'avez fait évoluer dans un univers étroit, figé, englué.
A vous qui, à trop vouloir m'élever comme un mouton de Panurge m'avez transformé en chien sauvage, battu, apeuré et traqué.
A vous qui, sectaires et intolérants, sans le savoir, sans le vouloir, m'avez etouffé.
Qui avez permis aux dragons et aux autres de me faire subir des humiliations, des vexations, des avanies ;
Qui m'avez promu chevalier de l'hypocondre et de l'atrabile ;
A vous je dis : "J'en ai marre de vivre pour souffrir et je veux mourir.
Tellement naufragés que la mort paraît blanche."

(Elle rend le feuillet à la chroniqueuse, reprend son livre et y plonge de nouveau ses yeux.)

La chroniqueuse : "Tellement naufragés que la mort paraît blanche."

Le peseur d'eau : C'est une très belle phrase. C'est la seule qui ne soit pas de moi. Elle est de Jacques Brel. Elle est tellement belle que je l'ai faite mienne.

(A suivre.)

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commentaires

Joël Fauré 14/02/2008 18:42

Ils ont effectivement bu à la même source.

AURORA 14/02/2008 02:24

Hum! Hum! Il me vient à l'esprit que ce "peseur d'eau" doit être de ceux qui "ont très bien connu Jacques Brel"...
Me trompé-je?

;-))

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