25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 14:18

 

 

Bonjour,

 

Je m'appelle « Feuille de papier blanc ».

Certains m'appellent « A 4 », d'autres « 21 X 29,7 ». (Ce sont mes mensurations !)

D'autres encore ont voulu connaître mon poids : je pèse 80 grammes au mètre carré. Un vrai concours de miss...

Mais pour vous, je veux m'offrir simplement, entièrement, toute vierge.

Je serai comme vous le souhaiterez.

 

Vous aimez la nature ?

Vous aimez les mots ?

Vous aimez la nature des mots et les mots de la nature ?

J'imagine que si vous êtes ici dans la forêt de Buzet, il doit y avoir un peu de tout ça ?

Vous croyez que c'est le seul hasard qui a fait nous rencontrer ?

 

Je suis d'humeur changeante. Mais le plus souvent, je veux être joyeuse, drôle, poétique, tendre. Je peux aussi me faire coquine, érotique, et si je suis triste parfois, j'essaie de ne pas trop le montrer.

Vous pouvez écrire sur moi. Sur mon dos.

Vous pouvez me décorer.

Il y a un crayon dans l'enveloppe qui m'habille.

 

Ne croyez pas que mon maître - un écrivain réputé que j'admire beaucoup - m'a abandonnée ici, clouée sur un arbre.

Oh, non ! Je me sens très bien ici, comme une sentinelle, et puis il passe souvent me voir.

Alors, n 'hésitez-pas. Couvrez-moi de vos rêves, de vos mots, de vos dessins, et pourquoi pas de vos photos, et raccrochez-moi sur mon arbre.

Vous pouvez aussi à votre tour faire un vœu, émettre un désir.

L'idée est belle, non ?

Et rien ni personne ni aucune loi ne vous interdit d'accrocher à votre tour votre petite enveloppe personnelle sur un autre arbre.

Peut-être que demain, ou tout à l'heure, c'est vous qui viendrez me consulter ?

 

A très bientôt.

 

 

 

 

 

 

BONNES FEUILLES

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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 17:00

Mes relations avec la parentèle se sont dégradées. A l’évidence, je suis un incompris. Je suis étrange et étranger aux miens. Mes parents ont eu les mots qui tuent. J’ai adopté le mutisme qui est tout aussi douloureux que les frictions d’autrefois. Ma vie est ratatinée.

Lorsque je reviens dans la maison, grise l’hiver, verte l’été car elle est dans son corset de vigne vierge, je me replonge dans le bain à l’eau croupie. C’est l’immersion dans le passé. Tout est si pesant, écrasant.

Avec mes parents, nous nous épions beaucoup.

Savez-vous à quoi je rêve ? A un petit "chez moi" sans prétention, propre, bien tenu, où je pourrais m’installer sans scrupule sur un canapé, regarder la télévision sans angoisse, lire un journal ou un livre sans compulsion, aider ma femme à préparer le repas et faire la vaisselle, et un bureau avec un vrai plan de travail, avec une petite bibliothèque, et surtout avec un coin propret et accueillant pour recevoir mes amis.

En lieu et place de cette normalité qui m’échappe, que trouvons-nous ?

Un minuscule appartement miteux, à la ville, puant, qui me répugne, où les choses se dégradent et s’entassent ; où je m’endors dans des draps crasseux, où le ménage ne peut être fait, où j’élève des moutons.

Une chambre à la campagne, dans la maison grise et verte de mes parents, qui me répugne aussi, qui ressemble à un débarras de sous-préfecture.

Je ne sais plus où j’habite.

J’ai l’impression d’ être un "non-être"

J’aimerais bien, pourtant, qu’on me vît sous un autre angle.

Mes frères ont chacun leur petite maison, leur petite femme, leur petit travail, leurs enfants...

Suis-je un peu jaloux ? Mes deux frères sont-ils heureux ? Enfin, plus heureux que moi ? Je me sens si différent d’eux. Là encore, je suis gêné, oui, gêné quand je leur parle. Quels avis ont-ils sur moi ? Je crois qu’ils sont à cent lieues d’imaginer ce que j’endure.

Quant à leurs femmes, on sait, j’en ai parlé.

Il y a celle qui me fit découvrir Brel, qui me considère comme son petit frère, la première en date. Nous pourrions, pour la commodité du récit, la nommer BS1 (Belle-Soeur 1) et il y a l’autre, "celle avec qui les tables ne restent pas planes", que nous pourrions nommer BS2. Je n’invente rien, cette technique a été utilisée par Nathalie Sarraute dans son théâtre (H1, homme 1, F1, femme1, etc...)

Fatalité et destinée. Il est des êtres marqués par le sceau de la malédiction : j’en suis.

Je suis fatigué mais vivant. Il m’arrive de bouger encore. De toute façon, depuis l’âge de 16 mois et de la sinistre méningite, je suis sursitaire. Je peux m’estimer heureux. J’ai dépassé l’âge qu’ont péniblement atteint les artistes maudits.

 

"J'ai l'impression

d'être un non-être

 

 

 

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 17:06

"La baballe, la bouboule, la bibille,

c'est vraiment pas mon truc."

 

Petit bilan de situation. Finalement, les Tocs, c’est pas si grave que ça, puisqu’une maladie grave, c’est une maladie mortelle. Ce qui est grave avec les Tocs, ces sont les complications qui en découlent. Complications. Ah ! Le mot ! Rébarbatif mais aimé des gazetiers.

Les Tocs purs et durs s’adjoignent souvent de comorbidités. Chez moi, il est clairs que la dépression chronique marque des points. La boulimie aussi un peu. Je constate aujourd’hui l’état de ma vieille carcasse, fatiguée, usée. Je suis épuisé, rendu, moulu, éreinté. Les Tocs ont à la fois produit et occulté la somatisation. Les Tocs de relecture m’ont esquinté les yeux.

Avec quinze ans d’absorption de psychotropes, je suis aussi curieux de savoir dans quel état sont mon foie et mon pancréas. En me relisant un peu, je comprends bien des choses.

Je me souviens aussi de flagrante défaillances.

Lorsque, à 15 ou 16 ans, j’allais aider mon oncle charger des remorques de bottes de paille, j’étais tétanisé à l’idée de ne pas pouvoir redescendre du chargement.

Lorsque, à 25 ou 26 ans, je tremblais sur les échelles pour cueillir les fruits, dans les vergers de Notre-Dame... Déjà... Fataliste, ma tante prédisait que si rien n’était fait, j’allais garder le dos tordu. Pessimiste, j’ai toujours pensé qu’elle avait raison, que je deviendrais assez vite une épave.

Aujourd’hui, à l’heure où j’écris ces lignes, des douleurs articulaires et musculaires insistent pour se faire connaître. Rhumatismes ? Arthrose ? (J’aurai une rime riche névrose). Je ne sais. Ce que je sais, c’est que, rond-de-cuir et gratte-papier sédentaire, je suis aussi rebelle à tout exercice physique et sports en tous genres : la baballe, la bouboule et la bibille, le saut, la course etc... c’est vraiment pas mon truc.

Il y aurait bien une autre contingence qui reste à vérifier, mais qui pourrait être le point d’achoppement du problème : on n’a pas oublié que je présente une maladie de peau, le psoriasis. Il existe une forme rare de psoriasis qui se traduit justement par des douleurs rhumatismales.Si c’est rare, c’est sans doute pour moi ! Ben v’là aut’chose ! Quoi qu’il en soit, j’inscris sur mes tablettes un rendez-vous chez un rhumatologue. Et en attendant, souffre ! Souffre bien, petit soldat ! Et "laisse-les te jeter des pierres, ils construisent ta statue." Ce n’est pas rien d’ être un mythe. "Ne me secouez pas, je suis plein de larmes."

Il faudra donc aussi que j’aille "essayer de voir" un ophtalmologue. J’ai très mal aux yeux. Conséquences directes des Tocs de relecture ? Tout est relatif. Tout est lié. Tout est relativement lié.

Y-a-t-il un dermato-rhumato-ophtalmologue ayant quelque connaissance en psychiatrie parmi les lecteurs de ces présents carnets ?

Ma déchéance physique a-t-elle déjà commencé ?

 

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 17:03

A côté de quoi suis-je passé  ?

Ma vie est un immense malentendu. 

 

Tant que j’y pense, je voudrais vous entretenir de l’incomplétude. Ce sentiment si fort, si riche de tout ce qui lui manque par toutes ses absences, ses non-dits, arqueboutés jusqu’au jusqu’auboutisme non consommé est un maître-mot chez l’obsessionnel. L’obsession de ne pas savoir, de ne pas assez savoir, de n’avoir pas assez fait, assez dit, assez vu, assez lu, d’être incomplet. Et donc d’être en faille, en brèche ouverte où vont venir se nicher de grouillantes compagnies de spectres audacieux.

Le dictionnaire est l’un des grands fantassins de l’incomplétude. Combien de fois ai-je eu du mal à le refermer parce que, par analogie, association d’idées ou de voisinage de page, en recherchant un mot, je tombai sur cinq ou six autres qui me renvoyaient en cascade vers d’autres sources de savoir. D’où, vous qui savez maintenant, compulsion.

Compulsion et évitement, j’y viens, forcément. L’évitement : conduite sans lâcheté, seulement dictée par l’épuisement et celui à venir. C’est ce qui explique, il me semble, tout ce que je n’ai pas pu faire, non par fainéantise mais par incapacité physique et psychique (lire, écrire, dire, voir, faire, penser, échanger, rencontrer, vivre...).

Un exemple : le coucher s’est souvent trouvé retardé, reporté pour un accent à recontrôler sur un emballage de calmant ou d’hypnotique (un comble !), un logo à analyser, une couleur à interpréter. Car il faut faire très attention : il y a des "1" mal écrits qui ressemblent à des "7" et des "4" à des "9". Le sort du Monde en dépend incontestablement, non ?

L’évitement est l’une des conséquences directes des Tocs, l’une des plus cruelles peut-être.

A côté de quoi suis-je passé ? Ma vie est un immense malentendu.

 

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 18:45

Je n’ai pas la prétention de me substituer aux neurologues, mais je voudrais vous faire partager mes réflexions et observations. C’est du vécu, du ressenti, associés à des lectures assez bien digérées. Voici.

Et pardonnez-moi d’être un peu technique - je vais essayer de fleurir mon propos.

Il se trouve que c’est notre tête - la boîte à idées, la salle des machines - qui nous gouverne. Dans le cerveau, il existe une zone qui est le siège de notre pensée. Très riche, ce bassin fourmille de mille et une choses que nous avons engrangées depuis que nous sommes. Le cortex visuel associatif saisit les informations qui nous entourent pour les interpréter ensuite. Si par exemple vous voyez des petites masses vertes mobiles, vous vous dites "c’est un arbre" ou "ce sont des feuilles". Vous n’avez pas tout à fait tort. Vous croisez un visage dans la rue et vous vous dites : "je le connais "ou "il me semble avoir déjà vu ce visage quelque part."

Rentre ensuite en jeu un neurotransmetteur, que nous pourrions assimiler à un fil conducteur, qui transmet une information d’un point A vers un point B.

Ce neurotransmetteur, qui répond au joli nom de sérotonine est directement impliqué dans le cadre des TOCS.

Cette sérotonine fonctionne exagérément, un peu comme si elle était un pont drainant un intense trafic, un pont sur lequel filles et garçons danseraient, à en faire frémir les fondations. Cette effervescence phosphorescente, ce jaillissement explique que bien des obsessionnels versent dans la création artistique, avec plus ou moins de bonheur il est vrai. La vivacité, la fécondité de leur imagination donnent de surprenants résultats.

La lecture des informations est brouillée par une vision "effet de miroir" ; l’esprit établit des résonances et brûle les étapes des stades de perception.

Depuis que Pierre Janet a parlé, dans sa nosographie, de folie raisonnante, nous les "néo-névropathes", dans notre "charte", nous ne voulons plus de la fatalité, du psychiatre considéré comme un sphinx. Et même si nous sommes demandeurs, du mauvais côté du bureau, nous avons notre mot à dire. Nous sommes capables d’auto-analyse et de finesses de contemplateurs de synapses.

Quant aux médecins, en qui on remet nos neurones, ils font ce qu’ils peuvent. J’en connais de bons. C’est pour tout pareil. Les psychiatres ne se déplacent pas en soucoupe-volante et n’ont pas de baguette magique. Ils connaissent - et c’est tant mieux ! - les mêmes confrontations à la vie que vous et moi. Tout doit se placer dans la confiance accordée à son thérapeute. Je dis parfois maintenant à qui veut m’entendre : "Si vous le pouvez, liez-vous d’amitié avec un psy la retraite. Vous avez tout à y gagner. Il vous accordera plus de temps ; sa pratique lui a permis d’entendre suffisamment d’histoires pour que l’une d’elles ressemble la vôtre..."

Ne prenez pas un psy de gauche si vous êtes de droite. Prenez une femme si vous êtes un homme et n’ayez pas peur d’en changer si la couleur du papier peint de la salle d’attente ne vous convient pas."

Mais surtout, n’oubliez pas ces deux axiomes, assez parlants et profonds, je trouve :

"Ne parlez pas de votre santé à un médecin : il pourrait vous asservir" et "Le névrosé construit des châteaux en Espagne, le psychotique y habite, et le psychiatre encaisse le loyer".

 

"Le névrosé construit

des châteaux en Espagne ;

le psychotique y habite,

et le psychiatre encaisse le loyer."

 

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 17:38

"Laissez-moi passer !

Je veux retourner dans

le ventre de ma mère..."

 

Petit regard dans le rétroviseur pour dire que l’histoire se renouvelle. Que la petite histoire rejoint la grande. Une compulsion à grande échelle ?

Mai 1995. Le Gaulliste Jacques Chirac est élu Président de la République. Il est très imprégné, très inspiré par le Général. Aux élections législatives suivantes, l'hémicycle de la Chambre des Députés change de couleur de papier peint. Lionel Jospin, parlementaire socialiste "parachuté" à Cintegabelle, est nommé Premier Ministre. Ça crée une seconde. Une seconde cohabitation. Fidèle, moi je cohabite avec les tocs. Là, la gauche doit désormais cohabiter avec la droite. Droite-gauche. Gauche-droite. Au milieu de n’importe quoi...

J’ai expliqué où j’en suis de mes carrefours politiques, à cause de la valse des étiquettes. Oui, j’ai voté Chirac. Enfin, je crois. Dans le secret des isoloirs, une compulsion est si vite arrivée lors des "glissades" dans l’enveloppe.

Début janvier 1996, François Mitterrand s’éteint après avoir "régné" durant deux septennats ; après quelques mensonges et quelques enfants bien naturels.

 

Laissez-moi passer ! Je veux retourner dans le ventre de ma mère ! C’est bien simple, le soir, après avoir consacré ma journée à l’essentiel - gagner ma vie - je ne peux plus rien toucher. Tous les gestes sont trop chargés. Vous me croyez ou vous ne me croyez pas ?

Mon amie bretonne, empathique, décrit ainsi cet état : "la tête, pleine de douleurs et de chagrins, n’est plus disponible". Toujours à propos des tocs, elle m’a écrit un jour : "On m’a conseillé de "conscientiser" toutes mes actions..."

Epuisé de fatigue, après les divers cérémoniaux, je me réfugie dans les draps. Je me couche en position foetale.

La prise des médicaments "anti-toc" est elle-même devenue une compulsion. Tout comme les formules expiatoires et conjuratoires du style "ABCDE TOC... Je veux dire que..." assimilés aux "123 soleil !".

J’ai bien essayé de me dire : Bon, à partir de maintenant, j’ai plus de TOCS." Tu parles, Charles ! Un jour, j’ai fait une expérience. Arrêt brutal sur une image. La première venue. C’était un bateau. Le bateau - le thème de l’eau (noyade) - était ainsi devenu un véhicule d’angoisse et avait grossi les rangs d’oignons anxiogènes. Allez-donc chercher à comprendre. Cette idée, cette représentation que j’avais voulu chasser s’était musclée, avivée.

 

 

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4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 20:48

Avec ces "carnets", écrits dans l'urgence et la compulsion (à partir de 1993), Joël Fauré a voulu rebrousser sa route pour en comprendre les cahots. Ils font suite à ceux déjà publiés ici-même.
Ces textes sont nés d'un premier jet et n'ont subi aucune retouche.
Parce qu'il lui a semblé que son expérience de vie pouvait avoir valeur de témoignage, et servir de révélateur à d'autres, il a assez vite déblayé le scrupule de paraître narcissique ou exhibitionniste.

 

Prochainement sur cet écran.

 

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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 20:29

Il écran ce petit...

 

11 avril 2007 - 11 avril 2014. Hier, ce blog a eu sept ans.

Sept ans. De réfléxion ? De malheur ?

Je dépose ici symboliquement une pierre, un peu comme celle, bien réelle, que je vois près de mon ordinateur, alors que je rédige ces lignes : elle est ronde, noire et volcanique... elle a été ramassée près de la tombe de Jacques Brel, à Atuona, île d'Hiva-Oa, aux îles Marquises...

J'y vois comme une invitation à reprendre ce "Journal Extime". 

Je dédie ces lignes à Xavier Pareille.

 

Joël Fauré

 

 

 

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 19:00

LES CHÊNES ROUGES DE LUCIEN ONT 20 ANS

 

"Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent."

 

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                         La chênaie de Lucien en 2012. (Photo JF)

 

Nous nous étions, ici-même, promis de nous revoir.1992. 1997. 2002. 2007. 2012. Le compte est bon. Ici-même, défiant le temps, tous les cinq ans depuis vingt ans, nous sommes fidèles au rendez-vous. La chênaie de Lucien, comptable des tempêtes qui ne l’ont pas atteinte, archiviste de miscellanées se prête au jeu de notre toise. Mais pour la première fois, Lucien Sigaudès, "l’homme qui plantait des arbres", nous laissera mesurer seuls. 84 ans aux prochains glands, il a quitté sa propriété des Bardis. "Tu n’auras qu’ dire que je suis en Foyer Logement" depuis 3 mois, glisse-t-il au téléphone, où on l’a joint. Il ne viendra pas sur place pour la photo habituelle. On comprend. Il dit des choses où il est question de coeur. Mais pas de naufrage. On se sent un peu synchrones mais on fait celui qui n’a pas entendu. "Fais-le quand même, ton article, que veux-tu, c’est la vie."

Comme une ironie, le quinquennat politique est venu se calquer sur le quinquennat sylvestre.

Ceinte par des fossés herbeux où s’improvisent, par temps de pluie, des petites cascades, la chênaie est belle, tout en majesté. A l’heure où l’on bétonne à tout va, Lucien a gagné son pari : une oasis. On ne sait si quelque bolet pousse de sa tête têtue l’humus folioté des années. Ce qu’on voit, c’est qu’entre les branches qui s’écartent comme des bras, des ronciers semblent se chercher une identité. Les intrus ! Pour l’instant, pas de trace de gui sur les troncs. Mais à la cime de l’un, comme un mât de misaine, un nid de pie atteste que l’endroit est tout a fait fréquentable. La biodiversité est respectée, cher Lucien. On pourra le confirmer sur les ordinateurs, ceux-là même sur lesquels on voit la chênaie vue d’en haut. C’est très impressionnant. On est comme un petit oiseau... et on voit presque le nid. Eh oui, mon vieux Lucien, il faut vivre avec son temps. Ce qui n’empêchera pas de découper dans "La Dépêche" ce petit carré de journal. Il ira rejoindre les autres dans les archives du souvenir.

Voir "La Dépêche", édition Nord-Est du 2 janvier 1992, 4 janvier 1997, 5 septembre 2002 et 23 octobre 2007.

 

Joël Fauré

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                                                     Le nid de pie (Photo JF)

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L'article publié dans La Dépêche, édition Nord-Est, le 4 février 2012.

 

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 21:37

A PROPOS DE BOTTES

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POUR 2013

 

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