6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 18:31

"On ne savait plus s'il y avait dix lionnes ou onze, tant elle était arrivée à s'incorporer à ses bêtes"
Pierre Lartigue


Comme un animal en cage.

Avant d'aller plus avant, et pour déblayer une bonne fois pour toutes le stérile débat qui oppose ceux qui ne sont vraiment pas pour et ceux qui ne sont pas contre les animaux sauvages en captivité, une question s'impose, qui réconciliera tout le monde : que faut-il en penser ?
"Capturés, arrachés à leur milieu naturel, ces bêtes vivent un véritable calvaire" martèlent les détracteurs des zoos et des cirques.

"Sans la domestication d'animaux sauvages, certaines espèces auraient été menacées, voire se seraient éteintes" rétorquent les autres.

Qui faut-il croire ?

Dans son livre "Les fauves et leurs secrets", où tout un chapitre est consacré à Jeannette Mac-Donald, Jim Frey a des propos qui se tiennent : "Il faut avoir vu un lion récemment capturé, le poil et la crinière arrachés aux épineux, envahi de tiques et de vermine, efflanqué, le cuir zébré de cicatrices, pour comprendre que les fauves de nos ménageries, et particulièrement ceux de Jeannette Mac-Donald, sont plus heureux que leurs congénères de la brousse.
- Vos lions de ménagerie ? Ce sont des lions de salons, en comparaison des lions "de capture", me disait un jour un piégeur de mes amis."
(1)

 


Peindre ou peigner la girafe.

"Faire ça ou peigner la girafe" entend-on dire pour signifier qu'une activité est inutile, ou impossible. De mémoire d'éléphant, on n'a jamais vu effectuer ce soin corporel sur une piste de cirque. Il y avait pourtant là un créneau à prendre.

Aujourd'hui, la législation française interdit aux établissements itinérants de posséder des girafes : il existe des risques d'écartèlement lors du transport. Certains pays ont purement et simplement proscrits les numéros d'animaux.

Le rapport de l'homme à l'animal a une thématique forte. Tout est imaginable : danser avec les loups, murmurer à l'oreille des chevaux et laisser pisser le mérinos.

 

Jeannette Mac-Donald a mis au point un numéro basé sur la complicité et l'amour porté à ses bêtes. Seule, face à un groupe de dix fauves -neuf lionnes et un lion-, elle exécute avec grâce et élégance des "coups" spectaculaires : elle place sa tête dans la gueule d'un fauve  comme elle examinerait une stalactite dans une grotte ; elle porte sur ses épaules une lionne, comme elle porterait une écharpe ; elle échange un baiser langoureux avec le roi des animaux... Comment ne pas être sous le charme ? Sa prestation a quelque chose de sensuel, d'érotique presque.

Pierre Lartigue, fondateur du Grand Cirque de Toulouse se souvient : "Dompteuse d'une rare élégance, portant culotte de cheval, bottes noires vernies, chemisier de soie blanche, mains gantées de blanc, Jeannette avait une allure princière qui fascinait les fauves et les hommes. Elle était vraiment très belle, et on ne savait plus s'il y avait dix lionnes ou onze, tant elle était arrivée à s'incorporer à ses bêtes."
    
 
 Jeannette Mac-Donald au Cirque d'Hiver, Paris, 1956. Collection particulière JMD

Une lettre d'un admirateur.


C'est une lettre venue de Belgique, de Bruges très exactement. L'expéditeur l'a adressée à Madame J. Mac-Donald - 36, rue des Cordelières, 36 - PARIS 13 FRANCE. Le scripteur, circophile averti, a pris soin de noter dans un coin : "Faire suivre". Il a bien fait. Les gens du voyage voyagent. La lettre a été retournée à l'envoyeur, qui, tenace, l'a renvoyée "chez M. Pardo, agent en douane, à Hendaye". De nouveau, l'agent des postes a biffé la nouvelle adresse et l'a acheminée 64, rue St-Denis, à Aubervilliers (Seine) où elle est enfin parvenue à sa destinataire.
La lettre est dactylographiée sur un papier à en-tête de G. de B., chirurgien-dentiste, Boulevard Elisabeth, 25 - BRUGES.
Elle dit :

"Bruges, le 17 - 10  56

Madame

Permettez moi de me présenter : je suis amateur de fauves et membre du Club du Cirque Français.

Comme amateur de fauves, je collectionne les photos des dompteurs et dompteuses. Puis je vous demander Madame de m'envoyer une photo pour ma collection ?

Je n'ai pas encore eu le plaisir de voir une séance avec vos lions, mais comme je vais assister en qualité de représentant Belge au congrès international des amis du cirque du 16 au 18 novembre à Rouen et à Paris, l'occasion me sera donnée de venir vous applaudir.

Dans l'espoir de voir votre représentation à Paris, je vous prie Madame d'agréer avec mes remerciements mes salutations très distinguées."

 

La popularité est indéniable. Jeannette fait imprimer de superbes cartes postales. On la voit dans la cage aux fauves, dans un cirque bondé. De sa main gantée, elle flatte le flanc d'une lionne qui s'avance, féline, sculpturale.

Une légende annonce "Souvenir de passage de Jeannette Macdonald" "L'amie des bêtes". Au dos, il y a de l'espace pour dédicacer, tracer quelque chose, faire un signe que la dompteuse a posé le fouet et retiré le gant pour signer, entre la mention "Photo véritable" et "Adresse permanente : 64, rue Saint-Denis, Aubervilliers (Seine)".

Si l'attraction séduit, c'est en grade partie dû au fait qu'elle est présentée par une femme, jolie qui plus est. Elle dépare dans un milieu d'hommes. La publicité mise sur cette particularité.

Le temps a fait son affaire. Le public d'aujourd'hui, blasé, saturé d'images et de sensations, n'est guère plus impressionné par un lion obéissant, tout obnubilé qu'il est par la neige de ses ordinateurs, et des monstres pixelisés qu'il dompte avec de vulgaires souris !
Mais il ne serait pas étonnant, une fois le tonnerre mécanique et virtuel des nouveaux médias passé, de revenir à des valeurs simples et fortes, véhiculées par des savoir-faire séculaires.

(1) "Les fauves et leurs secrets" Jim Frey. Presses de la Cité. 1957. Page 227

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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 17:04

        Jeannette et Jeanette


Hollywood-sur-Seine

Il est des homonymies heureuses. Jeannette Mac-Donald dompteuse jouira de la célébrité de Jeanette Mac-Donald chanteuse et actrice américaine. Toute sa vie, la question lui sera posée : "Alors, vous êtes bien "la" Jeannette Mac-Donald qui a triomphé dans "Parade d'Amour" ou "La Veuve Joyeuse" dans les bras de Maurice Chevalier ?"

Si elle ne cherche pas coûte que coûte à cultiver l'amalgame, elle se prête volontiers au petit jeu mystérieux des destinées de stars.

Jeannette est née à Montrouge, département de la Seine, France, en 1918.

Jeanette est née à Philadelphie, Pennsylvanie, Etats-Unis d'Amérique, en 1903.

Se sont-elles rencontrées ? Il semble que non.

Auraient-elles pu ? Assurément oui.

Ont-elles des points communs ? Sans aucun doute. Une douce et fulgurante beauté, pas d'enfant, une carrière vouée à une passion exclusive, une vie sentimentale, comme beaucoup de jolies femmes, paradoxalement partagée par très peu d'hommes.

Un homme, justement, les a rencontrées toutes les deux. Et pas des moindres. Maurice Chevalier.
A Hollywood, il partagera l'affiche avec Jeanette dans des comédies musicales qui ont fait date.
A Aubervilliers, au cours d'une émission de télévision, il deviendra le parrain d' Uhlah, une magnifique tigresse de Jeannette.

                       Jeannette et sa tigresse Uhlah, dont le "parrain" est Maurice Chevalier.
                                                             Collection particulière JMD.

Henri Garat.

Acteur, chanteur en vogue ("C'est un mauvais garçon", "Avoir un bon copain"), élégant, beau garçon, Henri Garat, révélé par Mistinguett, connaît une gloire foudroyante, et rend toutes les femmes folles. Il se dit qu'elles vont jusqu'à embrasser les pneus de sa voiture. Il se dit encore qu'Henri Garat aurait demandé Jeannette en mariage. Le père Mac-Donald aurait répondu : "Mais enfin, Jeannette, tu ne vas pas épouser un saltimbanque !"

L'information est invérifiable.

 

Dans les pages "people".

Ce sont deux pages déchirées d'un magazine "pipole", rongées par des souris savantes ou griffées par un lionceau colocataire, impossible à dater donc intemporelles. Jeannette Mac-Donald les a conservées, mais n'a pas pris soin de noter ni le titre ni la date. Les photos sont magnifiques. Emouvants visages de femmes, bouches sensuelles, "rougealèvrisées". Les starlettes d'aujourd'hui peuvent bien aller se rhabiller.
La légende de la grande photo dit : "Cette dompteuse qui cajole un lionceau, c'est Jeannette Mac-Donald dompteuse. Elle exerce ses talents dans un grand cirque français."

En bas de page, une autre photo. La légende dit : "Jeannette Mac-Donald et Maurice Chevalier dans "La veuve joyeuse", grand film musical que les spectateurs du monde entier accueillirent avec enthousiasme."

Le surtitre dit : "De parade d'amour" à la parade des lions ; le titre : "JEANNETTE MACDONALD GARDE SON SECRET".

Le journaliste, qui pourrait aujourdhui "piger" dans bon nombre d'illustrés qu'on feuillette dans les salons de coiffure, feint de s'interroger :

"En 1927, une jeune artiste débutait dans une revue de Broadway. Quelques années plus tard, son nom envahissait les façades des cinémas. Parade d'Amour qu'elle tournait avec Maurice Chevalier acheva de consacrer la vedette Internationale qu'était devenue Jeannette Macdonald.

Et, soudan, son nom disparut. On l'avait oublié lorsqu'il y a quelque temps, un grand cirque international le remit à son affiche, dans un numéro de... dompteuse de lions.

Que s'était-il passé ? S'agissait-il bien d'une seule et même personne ou bien d'un de ces hasards dont la "vie d'artiste" a le secret ? Pour le savoir, j'ai essayé de lui rendre visite.
J'ai de la peine à retrouver l'héroïne des films d'autrefois dans l'élégante personne qu'un écuyer me dit être Mme Macdonald. L'accent américain a presque totalement disparu  
[NDA : !] et, surtout, sa voix est rauque et cassée.
Est-ce en perdant sa voix que le rossignol s'est fait dompteur ?
"- Mon grand-père, mon père étaient déjà dompteurs en Ecosse et je suis rentrée dans la cage à six ans avec mon père, et seule à quatorze ans. Maintenant, j'ai une école de dressage à Neuilly, la seule existant en France.
Sur ce sujet, Mme Macdonald est intarissable. Il faut me résoudre à poser une question indiscrète :
- Avez-vous fait du cinéma ?
- Oui. Récemment, j'ai tourné dans deux films : "La paix dans la jungle" et "Jacques et Jacqueline".
- Des films documentaires ?
- Oui et non.
- Auparavant, quels ont été vos derniers films ?
Pas de réponse. Un lion, fort à propos, mène grand tapage et la dompteuse court s'assurer qu'il ne se passe rien d'extraordinaire.
Je n'en saurai pas davantage. Et dans le tohu-bohu des cirques ambulants, je confronte une fois de plus l'image de la partenaire de Maurice Chevalier et celle de la femme aux lions. Aucun doute, les deux images se ressemblent , mais il y a pour ainsi dire un monde entre elles, celui qui sépare les créatures de rêve dont l'écran multiplie les grâces et les êtres posés comme nous à même la réalité. Le mystère demeure. Faut-il vraiment s'en plaindre ?"
(1)

 

Deux photos complètent l'article. L'une représente Jeannette avec des chimpanzés. La légende dit : L'amour pour les lions ne contrarie en rien les sentiments que nourrit Jeannette pour les autres protégés du cirque, les chimpanzés par exemple."

La seconde représente Jeannette, dans la cage aux fauves, devant une pyramide de lions. Elle donne le repas à une lionne qui porte une serviette autour de l'encolure. La legende dit : Dans la cage, Jeannette fait preuve d'un courage extraordinaire. Peu de femmes dans le monde peuvent se vanter d'exercer un métier aussi périlleux."

 


(1) Gilbert Chapallaz

 

 "En l'état", peut-être rongée par des souris savantes ou un lionceau colocataire, l'une des deux pages d'un illustré, consacrées à Jean(n)ette Mac-Donald. Collection Particulière JMD.

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4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 19:20

Fais-moi peur, Shérif !


Née dans la sciure, Jeannette est l'enfant de la balle type : l'itinéraire est tracé d'avance. Elle ne sera jamais pharmacienne ou fonctionnaire.
Elle n'aurait pu être qu'une de ces nombreuses filles de cirque, au destin vibrant, trépidant, certes, mais anonyme.

C'était sans compter sur l'intervention du déjà cité Shérif Amar, de quelques fleurs son aîné, cadet d'une fratrie issue d'Ahmed Ben Amar et de Marie Bonnefous, fille du directeur de la "Ménagerie Lozerienne" qui joua un rôle décisif dans la vie de la fille Mac-Donald.

Jouissant d'une grande popularité, les frères Amar, astucieux et roués, avaient lancé sur les routes de France des attractions fort prisées du public.
Jeannette,  si on la retrouve déjà adulescente, était un beau brin de fille, et avait déjà du "métier" derrière elle : loups, hyènes, serpents, ours, lions avaient été dressés par elle, et lui avaient sans doute livré bien des secrets.

Il n'en fallait pas plus. Shérif ne demeura point insensible aux charmes de la belle et de ses bêtes. Et comme il savait y faire, il lui donna très vite les dernières "clefs" pour un domptage "en pelotage", c'est-à-dire en douceur (Jeannette a toujours refusé de "travailler" avec les bêtes "en férocité") et l'amena très vite dans la lumière du célèbre chapiteau vert.
Le public, semble-t-il, apprécia fort cette jeunesse, insolente de beauté, qui faisait ramper les lions à ses pieds et menait les ours à la baguette.

Le miracle des loups.

 


"Au XVe siècle, les amours de Jeanne Hachette et Robert Cottereau, contrariées par le Seigneur du Lau, que Jeanne a repoussé.
Après sa capture par les soldats de Charles le Téméraire, une horde de loups va la libérer et la protéger."

Telle est l'intrigue du roman d'Henry Dupuy-Mazuel, "Le miracle des loups", que Raymond Bernard, en 1924, veut adapter au cinéma. Il s'entoure d'une belle brochette d'acteurs : Gaston Modot, Charles Dullin, Yvonne Sergyl et Albert Préjean.

Reste le plus dur à trouver pour parachever la distribution : les loups !
Les frères Amar se targuent de fournir à la production des bêtes magnifiques.
Sur le tournage, dans les sommets neigeux du col de la Porte de Lautaret, au dessus de Grenoble, ils mandatent un "type formidable" pour encadrer et dresser les Ysengrin.
"Le type formidable, écrit Albert Préjean (1), nous rejoignit quarante-huit heures plus tard. C'était un colosse, moustachu et ventru, qui nous arriva botté et pris dans un vêtement d'allure militaire, dont le noir originel était devenu d'un gris tirant par places sur le verdâtre. Sur son dolman à brandebourgs, on distinguait la trace de médailles qu'il avait dû retirer durant le voyage.

Il se présenta :
- Mac-Donald, dompteur en férocité."
De multiples péripéties et rebondissements jalonnent le tournage.

Pour les plus curieux, il faut bien sûr se rendre dans une confortable cinémathèque voir le long-métrage, mais surtout lire les mémoires d'Albert Préjean, où il relate, avec force détails savoureux, les coulisses, ce qu'on appellerait aujourd'hui un makinf-off.

 

Gaston et Gustave.

Gaston Rossignol est doreur sur cuir. A-t-il gravé des abeilles sur des sous-mains ? Des arabesques et des grotesques sur des harnachements d'éléphants ? Des volutes sur des selles de chevaux ? A-t-il dessiné sur des fouets, des chambrières et des "Perpignan" des scènes érotiques qui n'auraient pas déplu au Marquis de Sade ? Quoi qu'il en soit, c'est un grand amateur de fauves et de ménageries.
Gustave Soury, lui, est peintre animalier. Son trait, fin et précis, restitue un bestiaire au réalisme saisissant. Des têtes de fauve, où pas un poil ne manque, aux jambes des chevaux, où pas un muscle n'est pas saillant pour rien, son art est parfait. On lui doit de très nombreuses affiches pour les cirques et les ménageries. Pour les frères Amar, et à l'occasion de la sortie dans les salles obscures du "Miracle des loups", il signe une magnifique composition : une meute de onze loups est matée par un seul homme qui se permet de jouer au cerceau avec les carnivores, tandis que le texte annonce que "les superbes loups des frères Amar sont ceux qui figurent dans le grand film historique français "Le miracle des loups".

Gaston et Gustave se retrouvent chez Mac-Donald, boulevard Richard Lenoir, à la foire du Trône ou à la fête à Neu-Neu.

Ce mélange odorant de cuir, d'urine de fauve, de paille, de sciure mouillée a quelque chose de viril. On est dans une photo de Doiseau. Noir et blanc.
Dans les odeurs de vin chaud et de châtaignes grillées ; au milieu des forains qui chahutent et montent leurs "métiers", Jeannette s'échappe de la roulotte et va donner la main à une liseuse en ligne ou une jeteuse de sorts pour monter son entresort. Avec un intérêt à la clef. C'est qu'elle est dégourdie, la fille à Louis. A la femme à barbe-à-papa, elle dit : "Je t'aide un peu, mais tu me donnes une cigarette ou un peu de tabac."

C'est normal, elle vient d'avoir six ans, Jeannette.

 

C'est comme au cinéma.

Elle vient d'avoir six ans, Jeannette, et son père l'emmène au cinéma. Voir "Le Miracle des Loups".

Le cinéma, ça change un peu du cirque. Le cirque, c'est pas du cinéma. Tout ça, hein ? c'est du cinéma. Quel cirque !

En rentrant, Louis Mac-Donald, belluaire de la Belle Epoque, médaillé du titre de champion des dompteurs de 1906 à 1922, dit à sa fille : "Ca t'a plu, le film ? Un jour, tu verras, le cinéma, tu l'auras chez toi."

Il ne croyait pas si bien dire...

 

Scène de ménagerie.

L'homme est un loup pour l'homme. Il en résulte à se demander si, finalement, les bêtes les plus féroces de la création ne sont pas celles qui sont devant les cages.

La "contrecarre" qui sévissait à l'époque en dit long sur les pratiques des établissements forains.

En témoigne cette anecdote, que rapporte Paul Adrian, historien du cirque, anecdote qu'il tenait de la bouche même de Gustave Soury.

"C'était en octobre 1913 à la fête du boulevard Richard Lenoir. Il fut souvent écrit que c'était entre les Bouglione et les Amar que cette scène avait été vécue ; or, c'était Mac-Donald, qu'un placier -peut-être facétieux- avait fait installer près de la ménagerie Amar ! A l'heure de la parade, c'était homérique : sur chaque estrade, chaque aboyeur soutenu par des orchestres tonitruants, des claquements de fouets et des coups de carabine, essayait de couvrir le boniment de l'autre..." (2)

C'était sans doute de bonne guerre.

 

Entre mômes.

La rue est un théâtre. La rue est un cirque. La rue est un music-hall. Jeannette s'encanaille dans le ruisseau, avec des mômes de son âge. La petit Edith Giovanna Gassion et la petite Jeanne Louise France Corfdir font à elles deux les huit cents coups. Deux fois quatre cents. Edith et Jeanne s'inventent des scènes et des pistes à la lueur d'un réverbère. Le père Mac-Donald arpente le pavé, à la recherche des fugueuses. Il ramène Edith chez son père, contorsionniste, et sa mère, chanteuses des rues.
Elle va encore l'entendre chanter.
Elle deviendra Edith Piaf.

(1) "Le Cirque dans l'Univers" n° 117
(2) "L'Inter-Forain" n° 800

                           Louis Mac-Donald. Collection particulière JMD

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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 19:36

Ca se passe comme ça
chez Mac-Donald

 

                                                   HORS PERIODE

"Quand je rentrais dans sa caravane et que je m'asseyais où je pouvais, entre un macaque et un porc-épic..."
Il suffit que j'écrive cette phrase pour que ma mémoire me transporte dans un univers extraordinaire.


                                               PREMIERE PERIODE

                                                    (1918 - 1973)
En piste.

 


Le trois mai mil neuf cent dix-huit, dix heures et demie du matin, est née au domicile de ses père et mère, Jeanne, Louise, France, du sexe féminin, de Louis Marie Corfdir, né à Plounez, Côtes-du-Nord, le quatre juin mil huit cent soixante-seize, dompteur, qui déclare la reconnaître, et de Ernestine, Marie, Joséphine Couture, trente ans, foraine, domiciliés en cette ville, rue Carvès (Champ de fête). Dressé le quatre mai courant, onze heure du matin, sur présentation de l'enfant et déclaration faite par le père. En présence de Azélie Toutain veuve Driancourt, foraine, rue Carvès (Champ de fête) et de Marguerite Braun femme Courvoisier, marchande de vins, rue Carvès 59, toutes deux en cette ville qui, lecture faite, ont signé avec le déclarant et Nous, Louis, Ulysse Lejeune, Maire de Montrouge.

Se choisir un nom.

 


Un nom de guerre. Un pseudonyme. Un nom de scène. Un nom de piste. Un alias. Un "dit".

Comme Roman Gary, qui nous a bien eus. Par deux fois, il a obtenu le prix Goncourt. La première sous sa véritable identité. La seconde sous le masque d'Emile Ajar. C'est fort.
Ou, pour rester dans les livres, comme Anne Desclos, alias Dominique Aury, alias encore Pauline Réage, auteur de la cultissime "Histoire d'O", écrite par amour pour un homme.
A quel moment et pourquoi Louis, Marie Corfdir à l'Etat-Civil, est-il devenu Louis Mac-Donald ?
Du sang écossais coule-t-il vraiment dans les veines de cette famille, ou bien est-ce l'une de ces géniales inventions "à la Barnum", un chiqué d'aboyeur d'estrade ?

Quoi qu'il en soit, "Mac-Donald", c'est bien trouvé. Ca claque comme un fouet de manège.
Et c'est surtout d'une notoriété bien antérieure à celle d'un morceau de boeuf entre deux tranches de pain.

La ménagerie Mac-Donald.

C'est une photo. Il ne paraît pas incohérent de la dater du début des années 1900. A l'époque, le public était friand d'exhibitions d'animaux exotiques.
Que voit-on ? Au fronton de la baraque foraine, mi-baroque, mi-rococo, s'étalent grâce à une police de sacré caractère, les lettres MAC-DONALD en lettres de feu, brûlées jusqu'à moitié, entre une hure de lion et une hure d'ours. Ca a de la gueule. Sur des calicots, des lions peints arborent une crinière volontaire. Derrière, dans la fosse, se trouvent les vrais.
Une fine équipe fait palpiter l'estrade : le maître de céans, superbe, en bottes de cuir et brandebourgs dorés ; son épouse Ernestine dite Anietta, plantureuse partenaire qui sait manier le fouet ; le bonimenteur Gorge-Rouge, qui aboie à s'en rompre les cordes vocales : "Approchez, bonnes gens, et vous verrez. Vous verrez le plus grand dompteur du monde affronter à mains nues les terribles fauves mangeurs d'hommes ! L'honneur de votre présence et l'on commence à l'instant-même. Demi-tarif pour les militaires, les bonnes et les enfants. Approchez... Approchez... Approchez !...." Anietta, copieusement bottée, tient en laisse et en respect un ours, sans doute devenu savant, qui embouche une trompette ou tète un biberon de lait tandis que Louis tient sur ses genoux une guenon.
Pour la parade encore, un jeune garçon, sans trop de complexes, plastronne de toute sa morgue : Shérif Amar !
Derrière la baraque, dans la roulotte, une nouvelle-née gigote plutôt bien : le petit nez rose de Jeanne, Louise, France Corfdir dite Mac-Donald se frotte volontiers au mufle des loups.
Ca se passe comme ça chez Mac-Donald !

 

 La ménagerie Mac-Donald. Collection particulière JMD.

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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 18:49

La vie extraordinaire de Jeannette Mac-Donald

                                   (et un peu de la mienne)

"Née dans la sciure" des ménageries foraines le 3 mai 1918, Jeannette Mac-Donald a été l'une des premières femmes dompteuses à entrer dans la cage aux fauves avec 10 lions. Avec une grande classe, belle comme une héroïne de Hitchcock, très appréciée du public, elle a présenté son numéro sur les pistes des cirques les plus prestigieux, dont elle fit les beaux soirs.
Epouse de Shérif Amar, elle créa son propre établissement itinérant.
Au cours d'une tournée en Afrique du Nord, le drame : un incendie ravage le cirque.
Sa vie bascule. Elle est ruinée.
En 1973, elle trouve refuge, avec les quelques bêtes qu'elle a pu sauver du sinistre, dans un petit parc animalier, dans la forêt de Buzet-sur-Tarn, près de Toulouse.
Là, elle vivra plus de 25 ans, dans des conditions spartiates : sans électricité, sans eau courante et sans téléphone.
Ces lignes retracent le parcours, émaillé de nombreuses vicissitudes, d'un destin exceptionnel à plus d'un titre : celui d'une femme de caractère, injustement oubliée, où l'amour des bêtes se confond avec des rencontres inattendues : Edith Piaf, Maurice Chevalier, Achille Zavatta, l'abbé Pierre et... Brigitte Bardot !
"Je suis née dans une caravane, je mourrai dans une caravane.

Le jour où j'ai plus de bêtes, moi je me flingue." disait Jeannette Mac-Donald.

Elle est morte le 1er mai 1999, dans une maison de retraite, un lion en peluche sur le coeur.

JF


Illustration RUDDY - Imprimerie Chabrillac
Collection particulière JMD.

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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 19:14

Je ne connais Olivier Voutch que pour avoir échangé trois mots avec lui au téléphone -Moi : "Me donnez-vous l'autorisation de reproduire l'un de vos dessins sur mon blog ?" Lui : "S'il n'y a rien de mercantile, je n'y vois pas de problème"-. Olivier Voutch s'est lancé dans le dessin humoristique en 1995. Il est publié "un week-en sur deux" entre une beauté bottée et quelques échantillons d'eau de toilette assujetis jusqu'à usage sur des pages qui collent entre elles dans "Madame Figaro". Mon blog ne rapportant pas un kopeck et ne disposant que d'une fidèle lectrice et quelques inconnus du hasard, il n'a aucun souci à se faire. Merci à lui donc.
J'ai gardé une page où son trait et sa phrase se plaisent à descendre dans la nature... humaine, saisi surtout comme on peut l'être en art lorsqu'il y a projection et transfert.
Le brave paysan descendu de son tacteur, c'est mon père.
Le tracteur, c'est celui de mon père.
Le chemin herbeux, c'est celui qui conduit à la maison où j'ai grandi. (Voir "preuve à l'appui", photo ci-dessous-dessous)
L'arbre, le rideau de peupliers au lointain, il me semble les reconnaître aussi.
Et le psychiatre perdu qui tient son sabir devant "mon père" éberlué, il ne m'est pas étranger.
Et tout est à l'avenant...
Ce dessin, avec sa véracité de situation, me fait hurler de rire. Puisse-t-il en faire de même pour vous.
Mais, c'est promis, monsieur Voutch, si mon blog fait crever le plafond du "statistiquomètre", nous ferons appel à un psy !

Ca vous dit quelque chose ?


 
www.voutch.com


 


Une personne fétichiste des bottes-cuissardes, à forte tendance shizophrénique, sujette à des crises d'angoisses épisodiques, avec un surmoi terriblement castrateur compliqué par un syndrome mélancolico-maniaque d'allure cyclique, dans les alentours, ça vous dit quelque chose ?

 

Le chemin herbeux, le voici. Le tracteur est à la ferraille. Mon père est mort, un jour de Noël. Mon psy se trouve à  25 kms de là. Avec un bon GPS, vous n'aurez pas trop de mal à le rencontrer.
Je suis toujours aussi fétichiste des bottes-cuissardes
.
Photos JF

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 18:21
Anita, Linda, Monica, Sarah

Anita

Anita Noël, aussi parfaitement lisible dans "Play-boy" (Vous savez, le petit lapin !) que dans "La Vie" a consacré quelques lignes, dans le numéro 47 (Juin 2004, page 86) du premier cité à "A propos de bottes", au temps où il n'était qu'un fanzine clandestin et au fétichisme des cuissardes de votre serviteur. Il n'est pas impossible que ce magazine de charme se retrouve, en cherchant bien, sous vos yeux et votre main, chez un bouquiniste ou sur un étal de marchand de "vieux papiers".


Linda

Linda Lemay, jolie frimousse et bonne plume, chante ce qu'elle écrit et écrit ce qu'elle chante. Par exemple, "Les souliers verts". "Il y a un lien très étroit entre les pieds, le sexe et l'imagination" dit-elle.
Payse de Félix Leclerc, l'auteure québécoise marche ainsi sur les traces de son illustre aîné : n'a-t-il pas écrit : "Moi, mes souliers ont beaucoup voyagé..."



Monica

Monica Bellucci, dans un entretien accordé à un tabloïd, s'est ainsi déchaussée et révélée spécialiste des logotypes et autres visuels : "Nous, les italiennes, nous sommes nées pour susciter le désir, déclencher le plaisir. Regardez la forme de notre pays : ne dirait-on pas une cuissarde stylisée ?"

 


Sarah

Sarah Biasini, fille de Romy Schneider, a répondu aux yeux doux de la télévision, qui lui a offert le rôle de "Julie, chevalier de Maupin".

A la question d'un journaliste : "Comment entre-t-on dans la peau d'une jeune fille du XVIIe siècle ?", elle a répondu : "Les décors et les costumes y participent beaucoup. Porter des habits d'époque et chausser des cuissardes, ça vous change une démarche, ça vous donne une autre allure."

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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 21:54

La crainte de glisser "par erreur" un document pornograhique dans une enveloppe :
l'un des facteurs aggravants des troubles obsessionnels compulsifs ?

Je vous l'enveloppe ?

Fétichiste en diable, j'ai un jour découpé, à seule fin de conservation et de collectionnite aiguë (Cf "Carnets") -manoeuvre puérile et immature ?-, dans un illustré sur papier glacé une jolie créature en bottes-cuissardes.
A l'époque, l'amour n'était que des idéaux de chanson et les femmes des silhouettes de papier. Puis, j'ai glissé les vignettes obtenues dans une enveloppe, que j'ai ensuite remisée avec mon nécessaire à courrier.
Ayant à donner de mes nouvelles à mes parents, j'ai pris la première enveloppe venue sans en vérifier le contenu -elles sont en général vendues vides !-. Grande fut la surprise des destinataires quand ils aperçurent que là, dans les plis, dormait une amazone qui n'était pas une sainte ne portant que des sabots. Comme ils me le firent remarquer, je fus désagrégé de honte.
A partir de cet épisode-là, j'ai eu la crainte tenace de glisser par erreur un document pornographique dans une enveloppe du ministère qui m'emploie, et j'ai développé des Troubles Obsessionnels Compulsifs très invalidants.
La création du fanzine "A propos de bottes" d'abord puis de ce blog ensuite m'a permis de réparer, d'assumer, de déculpabiliser et d'abolir cette torture.
Ce blog se pose plus en gérant de stimuli qu'en forceps de l'habitus.
Voilà pourquoi à "la ligne éditoriale" j'accorde un peu de littérature et d'humour qui reste "la politesse du désespoir."
Pour illustrer ce billet, j'ai choisi l'image de ce cheval et de sa cavalière. Quitte pour vous d'apprécier le magnétisme sensuel qu'elle dégage et la force vive qu'il véhicule.

Joël Fauré

DR

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Solution de "l'énigme" d'hier :
CEDILLES

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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 18:50
 

 

De bon aloi...
(Toutes en piste avec ces bottes)

S
'il en est un à qui ma chronique d'hier aurait pu être dédiée, c'est bien à lui. Jacques Capelovici, Maître Capelo, a gagné ses galons de notoriété à la force de sa langue.
Professeur agrégé... d'anglais -c'est en tous cas ce que je lis sur le tampon appliqué sur la lettre que je reçus de lui, en réponse à la mienne, et confirmé ce jour par Wikipédia, qui n'écrit donc pas que des sornettes-, ce personnage familier popularisé par le petit écran, m'a toujours fasciné. Sa trombine, qui n'a pas réussi à dépasser son ton faussement apprêté, son érudition non feinte, les mots qui n'étaient pourtant pas les siens et avec qui il se délectait de jouer (Jeuuuuuuuuuu de mots !), l'index levé,  son clin d'oeil malicieux pour mieux faire passer une formule (Allez donc en jeter un, d'oeil, sur notre bon net, en tapotant "Jeux de 20 heures" par exemple) l'ont définitivement placé au panthéon des parfaits ajusteurs de la phrase.
Je serais un fieffé menteur si je disais que je ne suis pas un grand nostalgique du "Francophonissime" et des susdits "Jeux de 20 heures", émissions où le français moyen prenait de l'altitude, tout en conservant un aspect ludique, quand les grands fous rires ne l'emportaient pas...
Je n'allume plus la télévision que les jours où j'y passe (!) mais je suis prêt à le faire si quelqu'un d'important place sur sa grille de programmes une demi-heure, une demi-heure seulement de rattrapage de ce chef-d'oeuvre en péril qui se paupérise : la langue française !
Ce ne sera pas trop demander à  Maître Jacques d'y apporter sa contribution...
Ce ne sera pas plus un distique, dont Maître Capelo s'était fait une spécialité, qui va clore ce court billet, mais cette définition que je vous soumets et que je tiens de la bouche même de notre homme aujourd'hui mis en valeur :
Les garçons français en ont deux qui pendouillent, et les filles de France n'en ont pas.
Je vous aide un peu :
C . . ILLES

JF

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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 19:09

Une notice du Petit Larousse, dans les années 50

Vous prendrez bien quelques entrées ?

L'adul
escent, devenu mobinaute car il avait du décohabiter -il avait trop fumé la moquette- créa un buzz pipolisant.
Qu'a donc cette phrase de si particulier ? Réponse à la fin de ma chronique.

J'aime les dictionnaires. Ils sont "Les raisins de la colère" et "Madame Bovary", "Sur la route" et "J'ai très bien connu Jacques Brel", "La vie mode d'emploi", le mode d'emploi du sèche-linge et les pages jaunes...
Les nouveaux canaux de communication les ignorent souvent, hélas, et entre autres les blogs. Enfin, pas tous...
Leur contenu est une mine d'or pour qui aime les mots et leurs sens, démultipliés et pour les puristes de la langue ("Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément" disait Boileau) ; c'est une source pourtant tarissable, mais avant de le devenir, combien de rus, de rivières, de fleuves, de geysers auront coulé, jailli (Georges Pérec -homme de lettres sauf une !- ne souhaitait-il pas "l'exhaustiver" ? -oui, je sais, c'est un néologisme- ?)
J'ai gardé tous mes dictionnaires. De celui du cours (très) moyen 2, rouge et noir, d'un format petit, que je pouvais glisser dans mon cartable au gros pavé qui, immanquablement me fait penser à Colette, dans "Le Fanal bleu" , lorsqu'elle évoque la lampe qu'elle doit déplacer : "Qu'est-ce qu'elle a pu manger, celle-là, pour être si lourde ?", ce grand Petit Larousse Illustré à la jaquette en lambeaux, et où, entre ses pages se trouvent des pétales de roses, des plumes d'émeu et de la fougère séchée, en passant par celui qui m'accompagne aujourd'hui, et que j'aime. Pas un jour sans que je lui donne une caresse.

 

Alors, vous avez trouvé la particularité de ma première phrase ?

Allez, je vous donne encore un indice : ces quelques rimes que je suggère à Francis Cabrel pour l'une de ses prochaines chansons : "Et maintenant pour te plaire / Pas besoin de formulaire / Je suis dans le dictionnaire."

Ca y est! Il me semble vous sentir comme une page rose d'émotion.

Adulescent, mobinaute, décohabiter, fumer la moquette, buzz, pipolisant font leur entrée...
Le Petit Larousse 2010 est sorti !

JF

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