9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 18:59

DR

Horizontal :
I) Cuissardes. II) Urée. - Lue. III) Is. - Liées. IV) Run. - On. - Sot. V) Let. - Edito. VI) Bêtes. - Snob.

Vertical : 1) Cuir. 2) Ursule. 3) Ie. - Net. 4) Sel. - Te. 5) Io. 6) Alène. 7) Rue. - DS. 8) Dessin. 9) Oto. 10) Settob.
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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 19:34

Les mots croisés ont ceci de particulier qu'ils font, sans qu'on y prenne garde, partie intégrante de nos vies, tant pour ceux qui les résolvent que ceux qui les sèchent, les sautent -sans pensée des trésors qu'ils ignorent- dans les "pages froides" des journaux.
Je ne sais plus dans quel film j'ai entendu cette réplique : "Une femme, c'est comme une grille de mots croisés : c'est compliqué mais c'est tellement bien quand "ça" se donne." !

Aujourd'hui, je vous offre de vous pencher sur une grille de mots croisés "que j'ai faite moi-même", non pas en cruciverbiste mais en verbicruciste. Une grille thématique... "à propos de bottes".
Et comme je suis bon prince, je vous donne la définition du I horizontal : CUISSARDES.

 


Horizontal :
I) Grandes pompes.
II) Finit à la fosse. - Parcourue.
III) Finis finis. - Attachées.
IV) Courir à Londres. - Grand faiseur de ragots. - Grand diseur de sornettes.
V) Terme de tennis. - D'une bonne plume d'un canard.
VI) Donnent leurs peaux à la scène.  - Lèche-botte de saison.

Vertical :
1) Matière à luire. - Instant décisif.
2) Prénom.
3) Fin de série. - Sans bavure.
4) Pour relever certaines notes. - Se dit entre amis.
5) Une jolie fleur dans une peau de vache.
6) Le cordonnier est très ennuyé quand il la perd.
7) Parfois arpentée par le I horizontal. - Transportait les chefs d'Etats et les gangsters.
8) Un mouton pour le "Petit Prince".
9) Un véhicule à deux roues bien accidenté.
10) Chaussures mises à l'envers.

JF

Allez, pour vous encourager, en sus, une image forte : "LNA au bain"
DR
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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 18:56


Héléna Noguerra (DR)


Au débotté

Lettre à Jacques Brel

Cher Jacques,

J'ai eu de la chance : il restait un coin de terre "bâtissable" au fond de cette rue qui porte ton nom. J'ai posé mon sac et la première pierre d'une maison qui, un jour, abritera les miens et ceux qui y ressemblent. J'ai creusé les fondations de ma mémoire, de mes mains bâti les murs, j'ai posé dessus tout ça un toit de tuiles bien roses pour influencer le ciel...
Cette maison, je l'ai voulue sincère et honnête : je lui ai ouvert de grandes fenêtres sans jalousies, avec seulement des persiennes cache-pudeur.
Sur le seuil, j'ai mis en garde le visiteur ; j'ai gravé quelques mots  : "Ici, pas de chien méchant ni de cerbère brutal ; seul le chat peut griffer quelquefois."
Mais hélas, cette maison, c'est tout un roman à qui il ne manque que l'héroïne qui viendra l'habiter, qui en sera la palpitation, la respiration. "Une femme fait ou défait une maison." Afin qu'elle ne soit plus vide de sentiments et creuse de sens.
Quand viendra (reviendra)-t-elle, cette douce hôtesse, entrevue dans un mirage ou mal aimée, et partie sur un coup de tête et de talon, ou encore trouvaille livresque, inventée par un écrivaillon qui s'ennuie ?
Pourvu qu'elle nous vienne, une nuit d'orage, apeurée par la pluie et le vent, en larmes décuplées, en bottes remontées, en quête d'un refuge...
Pourvu qu'elle nous revienne, un soir d'été, dans la lumière parfumée, ondulante et sauvage, en bottes retroussées.
Elle pourra s'asseoir et se débotter.
Pourvu qu'elle nous parvienne, intacte et ressemblante au catalogue des tardives amours ; sur sa peau ses cuirs, sur ses cuirs le poinçon du sérail des femmes esquintées...
Pouvu qu'elle vienne nous lire... me lire...
Les mots ne sont-ils pas des briques ? Les phrases des maisons ? Les auteurs des maçons ? Et chaque livre n'est-il pas un pays où chaque page est un village ?
Je te salue.

Le Maçon

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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 19:44


Cuissarde en chocolat
de Joséphine VANNIER
Photo Raphaël Dautigny

Etre chocolat

Si vous voulez me faire plaisir, parlez-moi de cirque. Ils s'appelaient "Footit et Chocolat", c'était deux clowns célèbres qui ont fait les beaux soirs du cirque Médrano, dans les années 1900. Footit était le "clown blanc", et Chocolat... le clown noir. C'est vraiment le cas de le dire. Il était né à Cuba en 1868 ; il est décédé en 1917 et il repose au cimetière de Bordeaux. Un tableau de Toulouse-Lautrec l'a immortalisé. L'expression "être chocolat", c'est-dire "être dupé, frustré" -ce qu'il était dans ses sketchs- viendrait de lui.
Si vous voulez me faire plaisir, parlez-moi de jolies filles. Olivia Ruiz (de son vrai nom Olivia Blanc) est une chanteuse française née à Marseillette, dans l'Aude. C'est elle qui chante : Taille-moi les hanches à la hache / J'ai trop mangé de chocolat. (...) Pétris-moi de baisers / Je deviens la femme chocolat."
Si vous voulez me faire plaisir, parlez-moi de timbres-poste de collection. Tous mes amis épistoliers le savent : lorsqu'ils m'écrivent, ils collent sur l'enveloppe un timbre de collection. (Ca ne coûte pas plus cher et c'est beaucoup plus joli. Je les ai menacés de ne pas ouvrir leurs lettres, de ne pas lire leurs cartes si elles étaient floquées d'un timbre trivial.) Pour célébrer 400 ans de consommation éhontée de chocolat, la Poste, après avoir édité un timbre rond, un timbre ovale, un timbre en coeur, innove. Elle sort "un feuillet indivisible aux bords reproduisant le traditionnel papier aluminium, froissé à l'ouverture..."(Rubrique philatélie de "La Croix" du 30/31 mai 2009) de 10 timbres à valeur faciale de 0,56 € "dont chaque "carré" illustre une étape de la saga [chocolat]"
"Libé"
renchérit : "Ce n'est pas en les léchant qu'on a envie de les croquer, mais plutôt en les reniflant ou en les grattant. L'astuce, c'est une odeur de cacao encapsulée dans l'encre. Dans de bonnes conditions de conservation, l'enchantement peut durer deux ans, promet la Poste".
Si vous voulez me faire plaisir, parlez-moi de cuissardes... en chocolat. Telle celle que vous voyez tout en haut, oeuvre de Joséphine Vannier, présentée au 14e salon du chocolat, qui s'est tenu à Paris en octobre 2008. C'est à croquer !
Le fétichisme, vu sous cet angle, ne sera plus à créditer aux psychanalystes, mais aux nutritionnistes.

JF

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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 18:37

Photo Burkhard Jüttner

Là où les bottes ne sont pas...
S
électionner, c'est déjà créer. Après Flaubert, Joseph Delteil et hier Dominique Quessada, voici un texte de Jean Richepin (1849 - 1926), un peu oublié et pourtant membre de l'Académie Française. Son texte est savoureux. Et drôle. Du genre "un couteau sans manche auquel on aurait supprimé la lame".
Tous sont des amis qui ont fabriqué de véritables petits bijoux, chapelets de mots et de sensations dégottés derrière les fagots de mes bottes les plus secrètes, entreposés dans les hangars de la mémoire.

PREFACE (1913)

"Oui, j'avais promis depuis longtemps, à mon confrère et ami Jérôme Doucet, cette petite préface à ce petit livre de charmante érudition et d'art joli. Je trouvais singulier qu'il eût demandé cet avant-propos, à propos de bottes, tout juste au chantre des gueux et des va-nu-pieds ; mais quand même, c'est vrai, j'avais promis.
Il me rappela ma promesse le 5 mars, au moment où je prenais le train pour Moscou.
- Bon, pensai-je, voilà de quoi m'inspirer là-bas, au paradis du cuir de Russie. Et je daterai ma préface comme le décret de Moscou en personne. Excusez du peu !
Mais j'avais compté sans les féeries de la ville sainte, le Kremlin, les coupoles, les souvenirs de Napoléon, et les fêtes, et les banquets, et tout. Et je filai sur Pétersbourg sans avoir écrit une ligne. Et je quittai la Russie tout pareillement.
La Finlande et son Kalevala, la Baltique et ses glaçons flottants (et même Stockholm, malgré la mémoire de Charles XII en bottes fortes), laissèrent ma Muse préfacière un pied nu, l'autre sans chaussure.
A Christiania, la vue d'un bateau wiking, merveilleux de conservation, faillit me faire chanter une ode à la jolie reine exhumée de cette tombe fantastique ; non pas une grande et blonde Walkyrie, mais une Cléopâtre du Nord, brunette, mignonne, au tout petit peton, que ganta sans doute un gant-de-pied en peau de phoque. Oh ! Pourquoi ne lai-je pas fait, ce poème ?
Mais je repartais le soir où je vis cette merveille pour Copenhague, puis, de là, en bolide fol, et d'une traite, pour Tunis. Va te faire, lanlaire, la pauvre préface !
Eh ! Non, voyons ! Ici, sous le ciel bleu où fleurit la rose du cuir rouge, ici, dans les souks où je voyais les bottes et les babouches naître devant mes regards, elle allait germer aussi, et s'épanouir, la préface !
Au diable ! Deux yeux ne pouvaient suffire à emmagasiner tant de visions lumineuses, tout ce feu d'artifice oriental, et l'Algérie après Tunis, et les splendeurs de ma patrie retrouvée ; et il m'eût fallu avoir une tête de mouche toute en facettes, pour regarder tant de couleurs ; et je pensais à bien d'autres joies qu'à celle des pieds orgueilleux de leur pourpre !
Et ainsi je revins sans la préface, et l'esprit hanté surtout par des pieds nus de danseuses tourbillonnantes, de gamins courant, puis de marins dans les cordages. Et voilà pourquoi cette préface, qui fut commencée en intention le 5 mars, s'acheva en réalité le 30 avril, et ne parlera de bottes que pour dire :
- Au fond, le poète qui est toujours un chemineau, ne chausse vraiment qu'une seule sorte de bottes, les bottes de sept lieues, que lui donne le train quand il a de quoi le prendre, et son imagination quand il n'a pas le sou."

Jean Richepin

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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 19:11

DR

Dispositif spectaculaire de séduction.
C
'est aujourd'hui Dominique Quessada qui est l'invité d'"A propos de Bottes".
Né en 1955 à Lyon, homme de plume et d'esprit (Il est essayiste et philosophe), il s'interroge notamment sur la publicité ("L'esclavemaître : l'achèvement de la philosophie dans le discours publicitaire", Verticales, 2002), le nombril des femmes ("Le nombril des femmes", Seuil, 2006)...
Mais c'est surtout un texte remarquable, publié le 18 septembre 2001 dans un cahier spécial du "Figaro" -mon flair m'avait dicté de l'ouvrir- "Le règne de l'accessoire" qui m'a empêché d'oublier son nom.
Ce texte, je l'ai lu comme une bible ; comme un acteur apprendrait le texte de sa brochure avant d'entrer en scène, tant il reflète - vulgarité et grosse artillerie du fétichisme mis à part- ce que peuvent être les cuissardes aux femmes et les femmes aux cuissardes.
Aujourd'hui, je suis vraiment très heureux que Dominique Quessada m'ait donné son accord pour publier ses phrases qui sont pour moi d'une monumentale clairvoyance.
Il revient bien entendu aux femmes de ne pas la partager ... Quoique...

JF

"Sainte Nitouchepas"

"Une femme en cuissardes n'est pas une proie. Elle appartient au camp d'en face, celui du prédateur, chasseur ou plutôt pêcheur, celui qui s'avance à pied sec là où vit le frétillant objet de sa convoitise, sûr du pouvoir d'attraction de la mouche épinglée au bout de son hameçon.
Une femme a donc parfois quelque chose en commun avec les pêcheurs, et même avec les égoutiers, autres grands porteurs de cuissardes, ni mouillés, ni souillés par l'élément dans lequel ils évoluent. Pour une femme, la finalité technique du port des cuissardes est la même : être dans le bain sans trop se mouiller.
Les cuissardes sont un élément d'étanchéité qui, telle l'étrave d'un bateau, permet à une femme d'avancer dans la ville en conquérante, colorant d'une connotation sexuelle le moindre de ses gestes. Ainsi équipée, elle peut y être sans y être, éprouver le trouble d'être plongée dans ce bain citadin sans qu'il puisse véritablement l'atteindre, marcher avec un périmètre de sécurité autour de ses jambes : cette Sainte Nitouchepas arpente à grands pas un monde, le nôtre, celui où règne la libido, sans pouvoir être touchée par lui, et aime ça.
Donnant à voir l'espace entre le cuir et la peau -et le déclarant infranchissable-, les cuissardes provoquent le désir pour qu'il vienne se briser sur leur paroi verticale. Dispositif spectaculaire de la séduction qui, comme toujours, cache ce qu'elle prétend dévoiler, elles autorisent aux femmes un jeu délicieusement pervers : à la fois appel et retrait, elles invitent et interdisent en même temps, armures de cuir constituant un rempart au désir même qu'elles provoquent, bottes de sept lieues qui renient les hommes coureurs, certes, mais toujours battus d'avance.

Dominique Quessada

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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 19:31


 Magali Noël  Photo Bernard Leguay


Une botte peut-elle être une "madeleine de Proust" ?

Puisque nous sommes dans le rouge, restons-y, et puisque cet espace s'appelle "A propos de bottes", parlons-en.
Je vous ramène le vendredi 31 mai 1985, dans les années du "tout argent" où Tapie rachetait des usines en pagaille et en faillite, et où Patrick Sabatier faisait accoucher ce qu'on n'appelait pas encore "people" dans "Le jeu de la vérité".
Le vendredi 31 mai 1985, TF1 diffuse, en deuxième partie de soirée, un téléfilm qui, s'il n'a pas cassé les "Mont-Blanc" des petits marquis de la critique, a nourri un dossier que je viens de ressortir à l'instant de mes archives. Est-ce Magali Noël, principale interprète de cette fiction, "Les bottes rouges" de Jeannette Hubert qui m'a fait ouvrir la boîte à mémoire ? Magali Noël, entendue la nuit passée sur France Inter parler de celui qu'elle servit si bien dans "Fais moi mal, Johnny, Johnny....", et dont on célèbre le 50e anniversaire de sa disparition : mon grand ami Boris Vian, OVNI de la littérature et de la musique.
A vrai dire, ces "bottes rouges" ne valent que par les bottes rouges et l'esthétique qui s'en dégage.
Que raconte l'histoire ? Le mieux encore est de recopier, sans être éhonté, ce qu'a écrit,  maintenant dans le petit carré jaunissant découpé dans "Libé" Mlle HH007 :
"Les bottes sans le pied
Au pied d'un hôtel borgne, des dames habillées en putes-SFP. Une jeune fille passe en robe du soir, s'approche de l'une : "c'est combien ?". Pendant la montée, elle mate les bottes rouges de la dame. La dame, c'est Magali Noël. La jeune fille, c'est Fabienne Gozlan. Qui se dégonfle en haut, qui en fait n'a pas d'argent, qui va avaler des cachets pour mourir, et avoir une crise de flashbackite aigüe : petite, elle danse avec des bottes rouges. Magali Noël fait son grand possible pour tirer le tout vers un peu de vraisemblance, mais, elle ne réussit même pas à sauver le tout de la tartitude absolue."
(Libération, vendredi 31 mai 1985.)

Si je n'éprouve aucun regret de n'être pas de la distribution, j'éprouve celui de n'avoir pas été l'assistant de la costumière !

JF

"Les bottes sans le pied"
Magali Noël et Fabienne Gozlan
DR

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2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 18:59

DR

"Si je suis fétichiste,
c'est plutôt du côté des chaussures"
Catherine
Deneuve dans "Elle", octobre 1991

Des jupes qui dansent avec des bottes dessous... 


Jean Streff est scénariste et écrivain. Il est notamment l'auteur d'un livre culte "Le masochisme au cinéma" (Henri Veyrier, 1978). On le retrouve  aussi, témoignant, avec Jeanne de Berg, dans le DVD "Maîtresse" de Barbet Schroeder. (Carlotta). Dans "Traité du fétichisme à l'usage des jeunes générations" (Denoël) Prix Sade 2005, il évoque cette anecdote dont je lui avais fait part.

"A propos de bottes, souligné "Art et fétichisme", est un fanzine édité par Joël Fauré qui, on s'en doute, est un fervent adepte de ce dont il parle. Après avoir fait de longues confidences fétichistes chez Macha Béranger sur France Inter, il reçut le lendemain sur son répondeur un message aussi étonnant qu'émouvant : "Bonjour, je suis Elisabeth. J'appelle de la région parisienne, près de Versailles. Je vous ai entendu hier soir chez Macha, enfin cette nuit, et vraiment, je pourrai dire que que j'ai eu une séance de psychanalyse. Il se trouve que j'adore les bottes, et depuis très très longtemps, et j'ignorais que c'était un signe de domination. [NDLR : !]  Je comprends maintenant pourquoi j'aime tant les bottes. Mon père était militaire et avait un profond mépris pour les femmes. "Sois belle et tais-toi, fais des enfants, honore ton mari", etc. Ma mère était très misogyne . N'ayant jamais été acceptée comme fille, elle ne m'a pas aimée. Elle a adoré ses fils, mais pas moi. Je me suis retrouvée à épouser un militaire, hélas, qui, lui aussi, méprise pas mal les femmes. Et... bon, j'ai enfin compris pourquoi j'ai toujours aimé porter des bottes. Par autodéfense. Quand j'étais jeune, j'en ai beaucoup porté avec des robes courtes l'hiver. Et je me souviens qu'en été j'avais des sandales -c'était en 1968- mais avec de grands lacets qu'on nouait aux genoux. Aujourd'hui, j'ai cinquante ans. Ma vie est complètement catastrophique. Heureusement que j'ai mes bottes. Depuis deux hivers, je porte une paire absolument superbe qui m'a coûté très cher, mais elles sont très belles, très fines, très élégantes. Et je porte des jupes mi-mollet. J'adore ces jupes qui dansent avec ces bottes dessous..."

Jean Streff, in "Traité du fétichisme à l'usage des jeunes générations" (Denoël) page 356.

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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 19:29

"Adieu Curé, je t'aimais bien
Adieu Curé, je t'aimais bien, tu sais
On n'était pas du même bord
On n'était pas du même chemin
Mais on cherchait le même port."

Jacques Brel (Le Moribond)

Je ne reviendrai pas sur la vie de Casy Rivière -s'il était toujours parmi nous, les églises ne se videraient pas autant- que j'ai très bien connu (Voir page du 10 juin 2007 de ce présent blog).

Casy Rivière et Jacques Brel entretenaient une amitié profonde. Ils se sont rencontrés souvent.

J'ai visité Casy, à la fin de sa vie, et c'est toujours l'âme lavée et parfumée que je prenais congé de lui. Je le revois, du haut de l'escalier, me dire : "Tu reviendras me voir, dis, tu reviendras me voir ?"
Je quittai cet homme à qui je venais de faire l'accolade, accolade qu'il avait lui-même donnée à Claudel, Montherlant, Mauriac, Kessel... J'étais l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours.

Jacques Arlet, qui a consacré une biographie à Casy Rivière ("Curé en Ariège et ami des poètes. La vie de Casy Rivière. Editions Loubatières, 1992), m'a dit regretter que  Casy Rivière, bien que grand épistolier, n'ait pas plus écrit, romans s'entend...

A sa manière, Casy Rivière, curé atypique, a construit son oeuvre. Jacques Chancel ne s'y est pas trompé. Il lui a consacré l'une de ses fameuses "Radioscopies" le 8 avril 1977. C'est au cours de cette émission qu'a été lu ce texte maginifique de Joseph Delteil, que je souhaite mettre en valeur et partager avec vous.

"Qui n'a rêvé d'un prêtre qui aurait des ailes, mais des ailes dans sa poche, et qui en réalité marcherait à pied à coté de nous la main dans la main, d'un prêtre qui porterait auréole et sacrée houlette, mais aussi qui saurait nous accueillir en sandales et les yeux clos, et nous offrir le sel et le miel les plus terrestres, quand nous rentrons au bercail peut-être une épine en travers de la gorge et la tête basse, et que ruisselle sur nous je ne sais quelle grâce plus bénite que toutes les eaux bénites, plus physique et métaphysique. Quand j'ai connu l'abbé Casy Rivière, il m'a semblé trouver le prêtre absolu. Ce que j'ai senti d'emblée dans mon âme et comme un rare événement, c'est la fraternelle confiance, la sainte foi, la communion. J'ai su, par illumination que, lui, avait choisi entre la lettre et l'esprit. Qu'importe la pieuse formule bureaucratique, le formalisme de la parole et de l'encre quand il s'agit des choses du coeur. C'est la bataille entre le brave scribe, prisonnier du texte, et le libre héros de l'aventure et de l'amour. L'abbé Casy Rivière à mes yeux a toujours fait fi des apparences, et des menues prescriptions de la Sacrée Congrégation des Rites, pour courir droit au but, c'est-à-dire au salut. A grands pas. Ce n'est pas une étiquette que l'homme de Dieu mais un homme complet avec tous ses apanages. Ce n'est pas un simple numéro de la liste mais un tempérament authentique avec des épaules de quoi nous faire la faire la courte-échelle d'ici bas au très haut paradis (les couleurs de la gorge présagent les couleurs du Ciel), avec escale s'il y a lieu dans les jardins de l'art et de la pensée. Mais soyez sûr que si l'abbé Casy a eu le privilège de fréquenter des hommes comme le grand Claudel, Jacques Brel et Montherlant, c'est pour en butiner les valeurs et en enrichir son étendard. J'aime la joue joufflue et le pas astral quand il s'agit d'escalader les commandements de Dieu Et la main la plus tendre pour bercer les misères et les infortunes humaines."

Joseph Delteil
http://josephdelteil.net

PS : "Qu'importe la pieuse formule bureaucratique, le formalisme de la parole et de l'encre quand il s'agit des choses du coeur" : cette phrase est toujours accrochée en évidence près de mon bureau, et là où je travaille, elle prend tout son sens...


Fac-similé de la couverture du livre de Jacques Arlet.

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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 18:57

 

Philippe Camalot
"Patrick Bertrand, Editeur d'art"

Philippe Camalot (Cam- Halot) est né le 10 février 1955 à La Rochelle.
Il a été élève aux Beaux-Arts de l'Académie de Toulouse.

"Camalot, influencé par le Pop-Art, consacre son oeuvre à son sujet favori  : LA FEMME. Il crée pour elle des univers exclusifs et l'y transpose telle qu'il aime se l'imaginer au quotidien. Son style dépouillé traduit une impressionnante maîtrise technique.
Il s'attache également à réaliser des compositions plus complexes qui traduisent la crainte, la haine, la peur, l'amour... Avec acuité."

Extrait de l'annuaire des peintres et sculpteurs de France.


Dans l'oeuvre ci-dessus aux couleurs toniques, la femme cosmopolite de Camalot, hiératique, asymétrique donc universelle, à la vêture d'héroïne "bédéesque", glissée dans des cuissardes rouges, semblant maîtriser les cylindrées d'une puissante décapotable (à la plaque minéralogique désormais historique), ne pouvait échapper à l'acuité visuelle de notre thématique.

JF

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